‹ Cours de mécanique appliquée aux machines (volume 2)Chapitre 66 sur 93 · MACHINES MARINES · texte numérisé non relu

MACHINES MARINES

117. — La résistance au mouvement d'un flotteur dépend de ses dimensions et de ses formes, mais elle augmente avec la vitesse suivant une progression plus rapide que celle du mouvement sur roues. Le transport par eau, extrêmement économique à faible vitesse, devient impraticable pour des vitesses analogues à celles que Ton réalise sur les voies ferrées. Les bâtiments à allure extrêmement rapide ne transportent que des cargaisons insignifiantes, et la vitesse de 30 milles marins à l'heure (56 kilomètres environ) n'est atteinte que par les contre-torpilleurs très légers se trouvant dans des conditions tout à fait spéciales, qui ne conviendraient nullement à un service commercial prolongé.

Nous n'avons pas à envisager ici dans toute sa généralité le problème de la navigation à vapeur ; nous nous proposons simplement de discuter d'une manière élémentaire l'influence des divers éléments de la question afin de poser quelques principes fondamentaux qui doivent servir de guide dans tout problème de propulsion, et qui suffiront à préserver le mécanicien des utopies dans lesquelles il est facile de verser. Comme conclusion de cette étude, nous ferons ressortir d'une manière générale les caractères des machines marines modernes.

118. — Conditions auxquelles doit satisfaire le navire. — Le navire doit satisfaire aux conditions de stabilité des corps flottants ; la flottaison s'établit de manière à ce que la poussée du liquide qui s'exerce au centre de gravité du volume déplacé, ou centre de carène, soit égale au

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poids total du flotteur et de sa cargaison appliqué au centre de gravité général du système. Le centre de carène et le centre de gravité sont sur la même verticale, Tétude des formes et la répartition des poids s'influencent donc mutuellement ; une erreur sur ce point a pour effet de donner au navire une flottaison différente de celle qui est prévue .

Il faut aussi que le navire ne chavire pas sous l'influence des forces auxquelles il est soumis, qu'il ne prenne qu'une inclinaison limitée sous l'action de sa voilure, et qu'il revienne à sa flottaison normale lorsqu'il en est écarté par une cause accidentelle. En outre, les mouvements de roulis produits parla houle ne peuvent dépasser une certaine amplitude, ni avoir une période trop courte qui serait accompagnée pour tous les objets se trouvant à bord d'accélérations très grandes. La lenteur du roulis est une qualité particulièrement recherchée pour les paquebots à passagers et encore plus pour les bâtiments militaires au point de vue du tir.

C'est par le choix des proportions et des formes que Ton satisfait autant que possible aux conditions de stabilité ; celle-ci est aussi influencée par la répartition des poids de construction et par l'arrimage de la cargaison, mais cette répartition donne peu de latitude, chaque bâtiment ayant à satisfaire à un programme bien déterminé.

Les formes doivent être choisies de manière à diminuer autant que possible la résistance à la marche ; cette condition est toute relative, car raffinement des formes de la carène diminue le déplacement, et par conséquent la capacité de transport du navire.

Enfin, le flotteur doit résister avec une sécurité suffisante aux forces qui tendent à le rompre, et qui sont de la même nature que celles qui sollicitent une poutre. Elles sont dues, en effet, à la différence qui existe pour chaque tranche transversale entre le poids de cette tranche et la poussée qui s'exerce sur elle. Lorsque le flotteur est dans sa position normale, les forces infléchissantes sont dans le plan médian, mais elles •changent de sens par suite du mouvement relatif du navire par rapport à la houle. Comme le navire peut prendre des inclinaisons prononcées en roulant d'un bord sur l'autre, le plan de flexion est mobile. Ces conditions imposent à elles seules la nécessité de ne pas dépasser pour le rapport de la longueur au creux ni pour le rapport de la longueur à la largeur certaines valeurs limites au delà desquelles les renforts nécessaires augmenteraient les poids de coque dans une forte mesure.

Pour les navires servant aux transports pondéreux, qui doivent pou-

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