TOUAGE
passant de la profondeur de 7",50 à celle de 2 mètres. Les expériences de M. Caméré (rapportées par M.M. PoUard et Dudebout dans l'ouvrage cité), ont été faites au moyen d'une barque chargée de manière à présenter des tirants d'eau croissants de 0^,25 à 1°*,20, elle était remorquée dans une même section du canal de Bourgogne; à la vitesse de l^^^OO par seconde, la valeur du coefficient K de la formule, ou résistance du mètre carré de B en kilogrammes :
a varié de 0^,244 à 1.474, le rapport de la section transversale du canal au maitre-couple immergé étant 16.4 dans le premier cas, et 3,45 pour le fort tirant d'eau.
Le matériel de la batellerie est d'ailleurs tout à fait spécial au point de vue des formes, qui sont dictées par d'autres considérations que la résistance à la marche (*).
127. — Raison d'être du louage. — Dans les rivières à fort courant, comme le Rhône, la pente de surface est loin d'être négligeable; le bateau qui remonte le fil de Teau doit vaincre outre la résistance due à la vitesse relative, le travail dû à l'élévation de son centre de gravité ; MM. Alheilig et Roche font remarquer que l'ascension totale depuis Saint-Louis-du-Rhône jusqu'à Lyon est de 160 mètres; il y a donc de ce chef une résistance supplémentaire. En eau calme on peut toujours diminuer la résistance en acceptant une marche assez lente, tandis que pour remonter un courant, la .vitesse minimum relative est celle du courant lui-même, pour laquelle le navire serait encore au repos.
Si l'on considère que les bateaux de rivière ont uii tirant d'eau très variable entre l'état lège et celui de plein chargement, et que leur résistance est accrue dans des proportions considérables par les raisons développées plus haut, on voit, par la théorie de la propulsion exposée dans le § 1*% que l'hélice y serait condamnée à un recul très grand, et par conséquent à un rendement très faible ;les roues à aubes ne conviennent guère mieux, puisqu'elles demandent une immersion à peu près constante. Les divers systèmes de touage, dans lesquels le bateau remor-
1, Navigation dans les canaux à faible section, ^blv M. Saint- Yves {Annales des Ponts et Chaussées, 1889, 1^'^ semestre). Recherches expérimentales ^ar le matériel de la batellerie, par F. B. de Mas.
queur agit sur un câble ou sur une chaîne noyée, sont affranchis de ces inconvénients puisque le rendement du propulseur est remplacé par celui du treuil, qui échappe à toutes les pertes hydrauliques signalées.
Ije mode de touage le plus connu est celui dans lequel un câble dormant ou une chaîne sont immergés au fond, où le frottement les empêche de céder à la traction du treuil que porte le toueur. Les particularités du système consistent surtout dans les dispositions prises pour que le toueur puisse s'insérer sur le câble en un point quelconque ou s'en dégager. Une entreprise de touage sur le Rhin a démontré que le système ne convient pas pour les rivières à coudes très prononcés.
Indépendamment des difficultés d'exploitation, les systèmes de touage sur câble ou sur chaîne ont à vaincre certaines difficultés techniques, ils ne se sont pas en somme beaucoup étendus (').