‹ Cours de mécanique appliquée aux machinesChapitre 55 sur 65 · OR · texte numérisé non relu

OR

APPLIQUÉE AUX MAGHIIUS.' 3l|

dans laquelle on a substitué k a eib' leurs valeurs 3,i4i6 et o,oo36, et remplacé ■ , .- par i/x.

En faisant Tapplication numérique de cette formule au cas déjà considéré de la turbine de Mulbach, on trouve que la perte dont il s'agit a pour valeurs respectives o,iai à ioi,5 tours de roue par minute, et o,o35 à la vitesse de 62,8 tours, qui correspond au maximum d'effet relatif. Ces résultats sont bien loin, comme on voit, de suffire pour rendre compte de la yterie croissante d'effet éprouvée par la turbine Fourneyron, à mesure que sa vitesse augmente, et Ton en doit conclure que la principale cause de cotte perte provient, non pas de la résistance même du liquide extérieur, mais bien des remous, des courants occasionnés par la présence de la capacité de la roue, qui n'est pas soumise directement à l'action du fluide moteur.

Note relative an calcnl des pressions dans le cylindre

des machines à vapeur (').

L'objet principal de celte Note est d'exposer les équations différentielles qui peuvent servir à calculer, dans les machines à vapeur, les pertes de travail et de pression résultant du rétrécissement des conduits et orifices d'admission et d'évacuation du fluide, équations auxquelles j'étais parvenu dès 1828, et qui ont été mentionnées par M. Morin dans un- Mémoire sur la machine à vapeur de la fonderie de Douai, inséré, en i83o, au Mémorial de i'Jrtiilerie, n° 3, p. 5oi et suiv.

Nommons P la pression par unité de surface, n le poids de l'unité de volume de la vapeur dans la chaudière, quantités qui peuvent être supposées sensiblement constantes pendant la durée entière de l'écoulement ou de l'admission du fluide dans le cylindre de la machine. Soient, en outre, au bout du temps / de l'introduction de la vapeur, p la pression dans ce cylindre, x la longueur de la course du piston moteur à partir de sa position initiale pour laquelle a: = o, A et n les aires constantes de la section transversale du cylindre et du tuyau d'amenée de la vapeur, Y la vitesse de cette vapeur à son arrivée dans le cylindre et au sortir de l'orifice d'admission, dont l'aire &>, variable ou constante, est déterminée par lo mouvement de Texcentrique de la machine.

Pour arriver aux équations qui lient entre elles les pressions P et p, nous considérerons le fluide comme sensiblement incompressible ou à la densité constante II de la chaudière pendant son trajet au travers des

(*) Comptes rendus des séances de V Aca<iémie des Sciences ^ séance du i3 novembre 1843.

3l2 COURS DE MÉGAMIQUK

conduits, et son mouvement comme sensiblement permanent pendant li durée de chacun des éléments elt du temps : on y est suffisamment autorisé diaprés les nombreux exemples où de pareilles hypothèses, appli* quées à Técoulemcnt variable des liquides et des gaz, ont conduit à des résultats conformes à ceux de Texpérience, dans tous les cas où les conditions du mouvement ne changeaient pas d'une manière trop brusque, et où les vases contenant le fluide avaient des dimensions très-grandes relativement à celles des orifices et tuyaux par lesquels il s*écoulait.

En admettant donc ces suppositions, îe principe des forces vives conduit immédiatement à celte première équation, qui exprime, à un instant donné, la loi du mouvement au travers du conduit d'amenée lorsqu'on néglige Finfluence peu sensible de la vitesse possédée par les molécuks fluides dans Tintérieur de la chaudière et du cylindre,

g représentant, à l'ordinaire, la vitesse d'accélération de la gravité, et R un facteur purement numérique fonction : i^ des coefficients de contraction relatifs aux divers orifices ou passages; 2** des rapports mutuels des aires ou sections transversales de ces passages; 3** enfin dn coefficient relatif au frottement de la vapeur dans les tuyaux et conduits divers, ainsi que des dimensions de ces conduits. Ce facteur K, qui se rapporte aux pertes diverses de force vive, se calcule d'ailleurs approximativement, pour chaque nature d'appareils, d'après des règles fixas fondées sur les données de l'expérience et vérifiées, pour les liquides, dans de nombreuses circonstances.

(*) Lorsque je posai cette équation et les suivantes dans mes Leçons de 1838, le Mémoire de M. Navier Sur V écoulement des fluides éiastiçues n'aTtit point encore paru, et j'admettais, sans difficulté, l'hypothèse qui suppose It densité du (luidc sensiblement constante jiendant la courte durée de son trajet au travers des orifices et conduits. Celte manière d'envisager la question était justifiée dès lors par le résultat des] expériences de M. I^gerhjelm, en Soède, et de M. d'Aubuisson, en France, du moins pour de faibles différences enti^les pressions extrêmes; mais j'ai pu également en faire de nombreuses TériAcations en l'appliquant à l'établissement de formules relatives au jeu des machines soufllantps des usines à iVr, machines dans lesquelles la pression svr> passe quelquefois de j la pression extérieure, et dont les élèves de l'École d'AppIication^de Metz ont à faire annuellement le levé et les calculs pour ai confronter les résultats avec ceux de l'expérience, c'est-à-dire avec les données manométriques recueillies sur place aux divers points des conduits.

Les formules de M. Navier, fondées sur l'hypothèse inverse, que le ùmtâê te

APPLIQCfiB AUX MAGlilNES. 3l3

^expression ci-dessus mettrait , comme on voit, en état de calculer à un instant donné la vitesse V au moyen de la différence de pression P — />, si p était connu en fonction du temps; et, par suite, on obtiendrait la valeur Q du volume de vapeur, à la densité n ou à la pression P dans la chaudière, qui s'écoule pendant la durée du temps quelconque r, au moyen, de l'intégrale définie

wrf/.

dans laquelle /x représente le coefficient de contraction relatif à l'orifice d'admission extérieur, &) et /? pouvant élre à la fois fonction du temps ou de la vitesse variable du piston.

Or le volume de vapeur Q est censé à la pression P de la chaudière, et, par hypothèse, il ne se dilate, dans la capacité variable comprise entre les bases du cylindre et du piston, qu'en perdant par les tourbillonnements l'excès de sa vitesse d'affluence Y sur celle du piston, qu'on doit ici négliger vis à-vis de la précédente. De plus, le rayonnement du piston et de la chemise du cylindre, etc., suffisant ici encore pour entretenir la vapeur à une température à peu près constante et égale à celle qui a lieu dans la chaudière, à cause de l'extrême lenteur de la marche du piston au commencement de sa course ou pendant la durée de l'admission, on doit admettre, comme une hypothèse suffisamment justifiée par l'expérience, que, d'après la loi de Mariette , on a constamment, sauf peut-être à l'origine du mouvement, l'égalité

A(a:-+-tf)/? = OP;

A repr&entant Taire de la section transversale du cylindre , et ^ la por-

détend complètement, d'après la loi de Mariette, avant son arrivée dans l'espace extérieur, ce qui annule le travail des pressions extrêmes pour le remplacer par celui qui est dû à la simple détente, ces formules, comme on le sait aujourd'hui, et celles par lesquelles subséqucmment on a cherché à tenir compte de l'influence des changements de densité et de température jusqu'ici encore inobservés ne paraissent guère mieux s'adapter aux phénomènes que les anciennes formules qui, tout en présentant moins d'incertitude et de paradoxe, sont plus appropriées aux applications pratiques, où il conviendra toujours de négliger la considération des quantités ou éléments qui n'exercent qu'une très-faible influence sur les résultats : le moindre inconvénient des méthodes où Ton prétend introduire de tels éléments dans les questions qui réclament une solution purement approximative et usuelle, c'est de compliquer inutilement les équations, si même elles ne les rendent tout à fait insignifiantes et inapplicables sous leur forme purement implicite.

3l4 COUftS DB MÊGAMIQOK

tion de la hauteur de ce dernier qui répond à ce que l'on nomme Vespace nuisible au jeu indispensable conservé entre le fond du cylindre et le piston à la un et au commencement de la course de celui-ci , ainsi qu'aux vides des conduits compris entre ce fond et la boite à vapeur.

En différentiant cette équation de condition par rapport au temps et y substituant la valeur de Q ou de ciQ, elle devient

A(x-+- f) dp -4- Xpdx . - P^Q := P^ ^ /-^?AÏ. — f^y-t^dt.

D'après la disposition ordinaire du mécanisme de Texcentrique qui donne le mouvement aux valves ou tiroirs servant à régler Touverture de l'oriGce &>, on peut partager la durée entière de l'admission de la vapeur en trois périodes distinctes, dont celle du milieu, la plus longue à beaucoup près, répond aux instants où cet orifice reste complètement ouvert et &) constant, tandis que, pour les extrêmes relatives aux instants mêmes où l'ouverture et la fermeture s'opèrent, la valeur de u varie suivant une loi déterminée par le jeu de Texcentrique et qu'il est facile, dans chaque cas, d'exprimer en fonction do la variable x qui fixe la position du piston au-dessus de sa position initiale.

L'ouverture et la fermeture dont il s'agit s'opérant en général dans un temps très-court et à des époques où le mouvement du piston est comparativement très-lent, on peut, dans beaucoup de cas, négliger la considération de la variabilité de », et supposer sa valeur sensiblement égale à celle qu'il conserve pendant la plus grande partie de la durée de l'écoulement de la vapeur, supposition d'autant plus permise, pour la période relative à Fouverturo des orifices, que, souvent aujourd'hui, les machines offrent une disposition très-avantageuse, nommée \ avance du tiroir, et qui a pour but précisément d'éviter une trop grande réduction de pression, un trop grand abaissement de température dans l'espace nuisible qui correspond à l'origine ou à la fin de la course du piston.

D'un autre côté, le mouvement de ce dernier est lié à celui du volant ou de l'arbre moteur par une équation qui , lorsque la bielle est suffisamment longue, prend sensiblement la forme

X — r — r cos a,

r étant le rayon de la manivelle et a l'angle qu'elle décrit à partir de l'instant pour lequel or et r sont simultanément nuls. Nommant d*ailleurs y, la vitesse angulaire ou à l'unité de dislance de cette manivelle, vitesse qui peut être constante ou variable suivant les cas, mais qui varie en effet extrêmement peu dans la durée d'une seule période ou d'une

APPLIQUfiB AUX MACHINES. 3l5

simple oscillation du piston, on aura

valeur qui, étant substituée à la place de dt dans Téquation différentielle ci-dessus, lui fera prendre la nouvelle forme, plus explicite.

{x-i-e)dp-^peU = c^—^^dx, en posant , pour abréger,

Pf/wH I '^f!

AV, V n(ii^-+-Kw=')

Telle est finalement Téquation différentielle d'où Ton devra, dans chaque cas , tirer la valeur de p en fonction de la variable x , qui fixe la position du piston aux divers instants. Cette équation, ayant ses variables mêlées, ne pourra s'intégrer généralement sous forme finie; mais il sera toujours possible de la résoudre d'une manière approximative, même dans l'hypothèse où &> et c seraient variables suivant une loi donnée quelconque.

On observera, à cet effet, qu'au point de départ du piston, où r et x sont nuls , la valeur de p est déterminée par la nature du dispositif qui sert à régler Téchappement de la vapeur dans Toscillation précédente, ainsi qu'on le verra ci-dessous, ou d'après l'avance du tiroir, qui rend la valeur initiale de p sensiblement égale à P. D'ailleurs ces circonstances exercent très-peu d'influence sur les résultats définitifs, à cause de la rapidité avec laquelle la quantité p croit aux premiers instants de la course du piston quand sa valeur initiale est supposée nulle ou trèspetite.

Cela posé, considérant ces valeurs de p comme les ordonnées verticales d'une courbe dont les valeurs correspondantes de x seraient les abscisses horizontales perpendiculaires à l'axe du cylindre, et choisissant une fraction /de la pression P suffisamment petite, on attribuera successivement à p les accroissements de valeurs /P, a/P, 3/P, . . :, /i/P, censés mesurés sur ce même axe, et dont les intervalles égaux à iV correspondront à des arcs de la courbe, généralement très-petits et partant sensiblement rectilignes. Les tangentes d'inclinaison de ces arcs ou éléments, sur l'axe des ordonnées ou des /?, étant mesurées par les taleurs successives de la quantité

dx X -\- e

3l6 COURS DB MÉCANIQUE

leur produit qiV par /P fera connaître raccroissement de x correspondant aux divers accroissements de la quantité p; ce qui permettra de calculer approximativement et de proche en proche les valeurs de x simultanées à celles de cette quantité.

Nommons 7?^ , /?, = ^, -+- iP , A = /'o -♦- ^'^î • • • » A', = /^» -*- «'P ï« valeurs successivement attribuées à y>; J^o = °> -^n •''a» • • • 7 *• ®' 9%^ fi» ^2,..., q^ les valeurs correspondantes de x et de q, on aura évidemment

valeurs qui se calculeront en effet, de proche en proche, à partir de k seconde, puisqu'il ne s*agira que de substituer, dans Texpression générale de q, les valeurs simultanées de p et de x, dont la première est censée donnée a priori, tandis que la seconde est déterminée par le résultat de Topération précédente.

Quand la forme de la courbe se rapprochera beaucoup de la ligne droite dans sa première partie ou pour les premières valeurs de x, il ne sera pas nécessaire de resserrer beaucoup les opérations ou de prendre i très-petit dans cette région ; mais, comme la valeur de p peut être susceptible d'un maximum, d'une limite supérieure correspondant à la condition

dp I P^-/>

(IX \ irx — x^

c'est-à-dire

f'(P— /?) = (arx— x*)/?%

il faudra les multiplier beaucoup aux environs do ce maximum, et même il sera convenable de renverser le mode d'opérer en substituant Taxe des X à Taxe des p.

Au surplus, on remarquera que, à partir de ce maximum, les valeurs de q devenant négatives , celles de p décroîtront constamment jusqu'à l'époque qui correspond à la fermettirç de Toriâce d'admission, dont la durée, généralement très-courte, peut être négligée ou entrer en considération si Ton tient compte do la variabilité de «> dans les formules fondamentales. La loi des tensions p en fonction de x étant ainsi trouvée d'une manière approximative, il ne s'agira plus, pour obtenir le volume de vapeur Q, écoulé de la chaudière sous la pression P, que de substituer les valeurs finales de x eldep dans l'équation

X{x-he)p= QP,

posée en premier lieu.

Quant au travail développé contre le piston, par cette même vapeur,

APPLIQUÉE AUX MACHINES. 3l7

pendant la durée de son admission dans le cylindre, on l'obtiendra en calculant, par les méthodes de quadrature connues, la valeur de Tintégrale

S kpdx = Xfpdx,

prise entre les limites qui correspondent à l'ouverture et à la fermeture comflôie de la soupape d'admission; fpdx représentant précisément l'aire comprise entre la courbe qui nous a occupé ci-dessus,fles deux axes et l'ordonnée ou perpendiculaire relative à la dernière valeur de x.

Je n'insisterai point davantage sur ces calculs à la portée de tous les ingénieurs, mais je ferai remarquer que les résultats auxquels on arrive par la discussion de l'équation différentielle ci-dessus sont sensiblement d'accord avec les données de l'expérience fournies par Vindicateur de Watt, du moins quant à la marche générale de la fonction p ou de la loi des tensions relative à la période de l'admission. Les nombreux relevés de courbes obtenus par cet instrument, et que M. Morin a pu déjà se procurer, lui ont d'ailleurs appris que, pour les machines avec ou sans détente, convenablement proportionnées et réglées, ces courbes conduisent à considérer la pression p comme sensiblement ou moyennement constante pendant la durée de l'admission, ce qui lui a permis de simpliQer notablement les calculs relatifs à la détermination de celte donnée indispensable, dans quelques circonstances, pour évaluer le travail de la vapeur sur les machines.

Je terminerai cette Note par plusieurs remarques essentielles :

1** Les considérations précédentes supposent que l'on néglige entièrement l'influence de la force vive correspondant à la vitesse d'arrivée V de la vapeur dans le cylindre, et par conséquent l'accroissement de pression sur le piston qui peut lui être due. Cette manière de raisonner est justifiée, d'un côté, par la faible vitesse du piston, et par conséquent de la vapeur qui le presse, relativement à celle d'affluence V ; d'un autre, par la disposition même des orifices d'admission sur la surface interne des cylindres, disposition en vertu de laquelle la direction du jet est perpendiculaire à cette surface ou parallèle à la base du piston, de sorte que la vitesse est détruite par les tourbillonnements, sans contribuer directement à l'effet utile. En supposant même que le jet soit dirigé perpendiculairement à la surface du piston, et qu'il agisse, à tous les instants, avec l'intensité due à la vitesse V, il est aisé d'apercevoir, d'après le résultat des expériences ou des théories connues, que l'excédant de pression qui pourrait en résulter serait négligeable vis-à-vis de la pression entière, à cause de la faible densité de la vapeur et de la petitesse môme de la section transversale du jet.

2** La solution qui vient d'être exposée relativement à l'admission de la vapeur dans le cylindre peut , par un simple renversement des données,

3l8 COURS DB ■ÉCAICIQOB

s'appliquer tout aussi bien à la question où il s*agit de déterminer le travail dû à Texcédant de pression que la face opposée du piston^ en communication avec le condenseur ou Tair extérieur, éprouve, au delà de celle qui a lieu dans ce dernier, pour refouler la vapeur introduite dans le cylindre pendant la durée de l'oscillation précédente du piston, c'est-à-dire pour vaincre Tinertie et produire Técoulement de cette même vapeur.

Il suffira, en effet, de supposer dans les nouvelles formules ou équations, que P représente la pression variable sur celte face du piston, p celle de l'espace extérieur qui doit être ici censée constante, V la vitesse d'affluence de la vapeur dans ce même espace , Q le volume à la pression p. qui s'y est écoulé pendant le temps / que le piston met à parcourir l'espace x; ce qui donnera, en nommant de plus P, la valeur de P correspondant àr = o ou x = o,

A(2r-^e)P„ - A(2r — ^ — x)?^ Q/3 = f* Ç wVPrfr,

Y 2rx — X* ^ ^ en posant de nouveau, pour abréger,

ll(U='H-Kai-)

et attendu que l'on a toujours

Au surplus , je crois devoir faire remarquer que cette question, trèsimportante pour l'établissement des machines à, vapeur, puisqu'elle a, en partie, motivé l'adoption de V avancé du tiroir, a été aussi l'objet des recherches de M. Reech, dans un Mémoire présenté, il y a quelques années déjà, à l'Académie des Sciences, mais dont le mode de solution parait différer entièrement de celui qui vient d'être indiqué.

3** Nous avons admis, dans la solution générale ci-dessus, que la vitesse angulaire Y, de l'arbre moteur de la machine et la pression P dans h chaudière n'éprouvaient que des variations insensibles pendant la durée entière de l'admission de la vapeur sous le piston moteur. La première de ces suppositions est, en elle-même, à l'abri de toute contestation, soit qu'on s'appuie sur les faits bien connus de rexpérience, soit que Ton considère le rôle important joué ici par l'inertie des masses en mou-

vement, inertie à laquelle d'ailleurs correspond une force, qui tantôt s*ajouie à la résistance ordinaire du piston , et tantôt s'en retranche, de manière à maintenir l'égalité exacte entre la résistance totale ou réduite et la pression motrice de la vapeur.

Quant aux variations éprouvées par la pression P de la vapeur dans la chaudière, pendant la durée fort courte de sou introduction sous le piston, elle est toujours resserrée entre des limites très-étroites dans les bonnes machines, où l'on a le soin de donner à la chaudière, remplissant les fonctions de réservoir ou régulateur, une capacité, qui soit en rapport avec celle du cylindre et de la dépense de vapeur.

Toutefois il sera toujours possible d'avoir égard à ces variations ainsi qu'à celles qui pourraient survenir d'une période à l'autre, ou dans une succession plus ou moins étendue d'oscillations du piston moteur, au moyen de nouvelles équations relatives à la variabilité même de la résistance utile ou de la puissance de vaporisation de la chaudière. Mais je laisserai de côté cette recherche étrangère à la partie de la question relative aux machines à vapeur, que je m'étais seule proposé d'exposer dans cette Note.

Note relative à nn mécanisme propre à régnlariser spontanément

l'action du frein dynamométnç[ae (').

Dans une première Note lue à l'Académie des Sciences le lundi 8 mai dernier, et qui se trouve insérée à la page 686 du Compte rendu de la séance du même jour, j'ai donné la description d'un mécanisme qui remplit cet objet au moyen de deux portions de vis sans 6n, engrenant, de part et d'autre, dans deux pignons dentés servant d'écrous aux vis de pression du frein, et qui, dans les oscillations du levier, devaient être sollicitées à se mouvoir, tantôt dans un sens, tantôt dans le sens contraire, de manière à s'opposer aux trop grandes excursions de ce levier par rapport à sa position moyenne, à peu près comme cela a lieu dans le dispositif ordinaire dont les écrous sont m'anœuvrés à la main par un homme préposé à cet effet.

Parmi les mécanismes propres à atteindre ce dernier but, et qui ont la plus grande analogie avec le système d'embrayage employé dans le régulateur à force centrifuge, j'avais indiqué l'emploi d'une poulie montée sur un manchon à griffes, tournant et glissant à frottement doux sur l'arbre des vis sans 6n, et mise en action,' soit continûment au moyen

(*) Comptes rendus des séances de V Académie des Sciences, séance du 5 juin 1837.

3aO COURS DE MÉGANIQUB

d'une corde passant sur une autre poulie concentrique à l'arbre moteor de la machine, soit d'une manière intermittente et dans le sens transversal , au moyen d'une fourche immobile dans l'espace pendant les oscillations du levier du frein. Malheureusement Texplication que j'ai donnée de ce mécanisme tendrait à faire croire que le premier de ces arbres^ n'est formé que d'une seule pièce, auquel cas, évidemment, l'embrayage de droite et de gauche de la poulie à griffes ne procurerait aux écroos dentés qu'une seule espèce de mouvement, tandis que, pour leur en faire prendre deux en sens opposés, il est absolument nécessaire de compcaçr l'arbre dont il s'agit de trois pièces indépendantes, dont les extrêmes, soutenues chacune par un couple de coussinets, portent respectivement les vis sans fin, qui doivent être filetées en sens inverses si celles qui produisent la pression du frein ne le sont elles-mêmes, et dont la partie intermédiaire, recevant la poulie à manchon d'embrayage, est supportée à ses deux bouts par des tourillons tournant , sans glisseï', dans des cavités cylindriques pratiquées aux deux extrémités des deux autres pai^ ties d'arbre. On conçoit, en effet, qu^alors l'embrayage de droite, par exemple, faisant serrer l'écrou qui lui correspond, Técrou de gauche fera, au contraire, desserrer l'autre écrou de manière à diminuer le frottement du frein que le premier tend à augmenter; mais, comme ce dispositif ne laisse pas que de présenter une certaine complication, et qu'il a l'inconvénient de ne point faire agir symétriquement les vis de pression du frein, nous croyons rendre service aux personnes qui seraient appelées à faire usage d'un semblable appareil , en saisissant l'occasion que nous offre cette seconde Note pour décrire, à l'aide d'une figure, une autre combinaison qui n'a pas l'inconvénient dont il s'agit et se rapproche davantage des dispositifs déjà employés dans le régulateur à force centrifuge.

La fi^, 74 représente le plan du frein supposé horizontal et vu pardessus; la Ji^, 75 est une coupe verticale par un plan perpendiculaire â l'arbre moteur de la muchine et comprenant la face antérieure du levier; les mêmes lettres correspondent aux mêmes objets dans l'une et l'antre figure, dont la légende qui suit rendra* l'intelligence facile.

AA, levier en bois du frein;

BBB, collier à gorge en fonte, établi , d'après la méthode de M. Egen, sur l'arbre horizontal C, C de la machine dont on veut mesurer le travail disponible;

I, I, I, vis servant à centrer. la gorge du collier par rapport à l'axe de cet arbre, avant que de garnir de coins en bois l'intervalle qui les sépare ;

DD, DD, vis de pression servant à bander symétriquement la chaîne de friction, à plaques articulées, qui embrasse la gorge du collier BBB;

APPLIQUEE AUX HACnitlBB. 331

, écrous dentés de ces mêmes vis, conduits par les via sans Rn a. <i, ontâc-s sur l'arbre FP, composé d'une seule pièce, et dont les Dlele

ont des directions respectivement parallèles, ainsi que ceux des vb

322 C0UB8 DE «ÊCAKIQUB

précédentes, afin de les faire agir de la même manière sur la chaîne de friction ; GG, poulie motrice du régulateur, mise en mouvement par la corde sans fin GH, GH, qui passe sur une autre grande poulie faisant corps avec . ]*anneau du collier de friction, ou qui est montée à part sur Tarbre CC de la machine; bbf roue d'angle fixée sur Tarbre horizontal de la poulie GG, et conduisant simultanément les deux roues d'angle cc^ec, qui tournent à frottement doux sur l'arbre FF des vis a, a ; 00, manchon à griffes embrayant alternativement avec les roues d'angle ce, lorsque sa gorge vient à être poussée, de dfoile ou de gauche, par le bouton ou la fourche d(^nt est armée l'extrémité de la verge ii, qui reste fixe dans l'espace pendant que le levier ÂÀ du frein osdlle de part et d'autre de sa position moyenne; RK, chevalet servant à soutenir la tige dont il s'agit.

Le manchon d'embrayage oo, qui est susceptible de glisser à frottement doux le long de son arbre FF, ne peut, au contraire, tourner sans l'entraîner dans son mouvement, quand il est uni avec l'une ou l'autre des roues d'angle cc^ ce qui produit l'effet désiré sur les vis de pression DD, DD du frein.

Les Jtg, 74 et y5 étant d'ailleurs construites à l'échelle commune de o^joS pour I mètre, elles donnent une idée suffisante des proportions que doivent recevoir les principales parties du mécanisme.

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