‹ Cours de mécanique de l'École polytechniqueChapitre 85 sur 244 · Le problème que nous nous proposons esl celui-c^i · texte numérisé non relu

Le problème que nous nous proposons esl celui-c^i

Étant données les forces et les dwerses conditions par lesquelles est déterminé le mom^ement absolu d'un point matériel^ étant donné en outre le moui^ement absolu d'un système rigide : troui^er 'les forces et les dwerses conditions qui détermineraient sur ce point un mouvement absolu y identique à son moui^ement relatif au système»

Ainsi, nous voulons faire rentrer la considération du mouvement relatif dans la considération plus simple du mouvement absolu ^ et nous cherchons comment il faut modiOer les données du mouvement absolu du mobile pour que le mouvement absolu qui en résultera soit identique à celui que ce point a par rapport au système.

Soient AX , AY, AZ trois axes fixes de coordonnées, et A'X', A' Y', A'Z' trois axes liés au système, et auxquels nous rapportons les positions du mobile ; de sorte que son mouvement absolu est déterminé par les valeurs successives de a:, y, z*^ et son mouvement relatif au système, pries valeurs de a:', j^', z'.

L'état initial donné, tant pour le point que pour le système, que nous réduirons aux axes mêmes X', Y', Z', fera connaître à ce même instant l'état initial relatif; c'est-à-dire

les valeurs de j/, r', z', — r ? -— » -r*

' «^ ' ' dt dt dt

Ainsi déjà on connaît l'état initial du point dans le mouvement absolu qui serait identique au mouvement relalii en question. Il ne reste donc plus qu'à déterminer la force accélératrice qui doit être appliquée à chaque instant au point dans ce mouvement absolu.

Or nous savons comment, dans tout mouvement absolu, ]a force accélératrice est déterminée, en grandeur et en direction, par la déviation. En appliquant cette règle â la déviation relative du point, qui n'est autre chose que la déviation dans le mouvement absolu que nous cherchons, nous connaîtrons la force qu'il faudra supposer appliquée au mobile partant d'un état initial identique à son état initial relatif, pour avoir un mouvement absolu identique à son mouvement relatif. Et c'est cette force que nous désignerons sous le nom àe force relatire. Il suffira donc , pour avoir la solution de la question qui nous occupe, de se rappeler la décomposition que nous avons faite précédemment, de la déviation relative (n^ 243).

Cette décomposition étant faite suivant la même loi que celle des forces , si nous représentions la force par la déviation , les composantes de la force seraient représentées par celles de la déviation. Mais ce n'est pas par la déviation même que nous mesurons la force accélératrice , c'est par Faccélération du mouvement par lequel elle est censée décrite , c'est-à-dire par le quotient de cette déviation par

— -, 0 désignant l'intervalle de temps correspondant à la dé-

viation. Donc on aura les composantes de la force accélé-

ratrice relative en divisant par — les composantes de la

déviation relative. On obtient ainsi la proposition suivante :

La force accélératrice rclativ^e est la résultante de trois autres forces accélératrices,

La, première est la force donnée elle-même.

La deuxième est la force d'inertie développée par le point du système, qui coïncide ai^ec le mobile, à Vinstant que Von considère,

La troisième a pour valeur a o) ^'osinJ; f'o désignant la vitesse relatii^e du mobile, o) la vitesse angulaire du

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système autour de son axe instantané de rotation y et d V angle que fait la direction de la vitesse relatit^e auec l'axe instantané. La direction de cette troisième force est perpendiculaire au plan mené par cet axe et la vitesse relatii^ey et dans le sens contraire au mouv^ement de rotation : en d'autres termes, elle est Vaxe de la rotation quju' amènerait la direction de la vitesse relative vers celle d^ Faxe instantané par le plus court chemin.

Cette décomposition de la force relative est due à M. Co^ riolis , qui a nomxné force d'entraînement la. seconde com.^ posante changée de sens •, et force centrifuge composée la troisième composante. Le mouvement relatif avait été considéré d'abord par Newton dans le cas des planètes , en supposant aux axes mobiles un simple mouvement de translation. Clairaut avait examiné plus tard le mouvement dans un plan , en supposant aux axes mobiles un mouvement quelconque dans ce plan ; mais il avait fait une omission qui a été corrigée récemment par M. Bertrand. M. Corîolis est le premier qui ait donné Texpression générale des forces fictives dont TintroductiQu ramène le mouvement relatif à un mouvement absolu.

331 . Mais il faut bien remarquer que ces forces fictives n'étant pas données , et dépendant du mouvement relatif même, par les quantités t^o et cî, rendent le problème extrêmement compliqué. Celte décomposition de la force relative , qui peut être fort utile dans diverses questions, n'est autre chose qu'une interprétation des équations différentielles que Ton établirait immédiatement pour procéder la recherche des équations du mouvement relatif: cV même ainsi que M. Corîolis est parvenu à l'expression ' composantes de la force relative. Et dans le cas où, pa nature des données, le mouvement absolu du point pou; être complètement déterminé , il ne faudrait pas emp! la force relative, mais déterminer le mouvement ab

OU serait alors ramené à une combinaison de mouvements connus , ce qui rentrerait dans les questions traitées dans le second livre. Dans les cas les plus compliqués, le système des équations à traiter se compose des trois équations du mouvement absolu du point , et d'une ou deux équations de condition où peuvent entrer les coordonnées absolues xy z, les coordonnées relatives x' y' z\ et d'autres quantités dépendantes du mouvement de système : on a en outre les équations qui lient les coordonnées dans les deux systèmes, et dont les coefficients sont des fonctions données du temps.

Si le point est libre, ou si les équations de liaison ne dépendent que de x^y^ r, le mouvement absolu peut être déterminé séparément*, mais il n'en est plus ainsi lorsque ces équations dépendent du mouvement du système ^ comme cela arrive presque toujours.

332. Cas particulier ou le système n'a quun moui^cment de translation. — Lorsque le système des axes mobiles est animé d'un simple mouvement de translation, en vertu duquel tous les points ont des vitesses égales et parallèles, variables suivant une loi quelconque, et décrivent des courbes identiques quelconques^ la vitesse angulaire ot) devient nulle et la troisième composante de la force relative disparait. La proposition générale se réduit alors à la suivante :

Lorsque les axes mobiles restent constamment parais lèles à eux-mêmes , la force accélératrice relative est la résultante de la force accélératrice donnée et d'une Jorce égale et de sens contraire à celle qui déterminerait le mouvement d'un quelconque des points du système.

Ce cas particulier est celui auquel on se borne ordinairement dans les Traités élémentaires de mécanique; il suffit au calcul du mouvement relatif des planètes. Cette dernière proposition peut être immédiatement établie sans recourir à la proposition générale dont nous l'avons déduite ; il suffirait de suivre, en partant des données de ce cas I. 27

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autres*, et, si on la néglige dans une première approximation, on arrive à la proposition suivante :

Le moui^ement apparent d'un point à la surface de la terre peut être calculé en supposant la terre immobile, et joignant la force centrifuge à celles qui agissent effectii^ement sur ce point.

Si l'attraction de la terre est la seule force agissant sur le point, on retombe sur le résultat déjà obtenu dans le calcul de la force qui sollicite les corps à l'état de repos , en tenant compte du mouvement de rotation de la terre.

La composante que nous avons négligée produit des perturbations dont nous ne parlerons pas ici. G* est elle qui produit le phénomène , observé depuis longtemps , de la déviation des corps vers Fest, quand on les abandonne sans vitesse à l'action de la pesanteur. C'est encore elle qui produit le mouvement du plan d'oscillation du pendule, mouvement que Poisson avait pensé devoir être insensible ^ à cause de la petitesse de cette force , mais que les belles expériences de M. Foucault nous ont fait connaître.

334. Remarque générale, — Le mouvement relatif coïncidant avec un mouvement absolu dans lequel Tétat initial serait le même que Fétat relatif initial, et dans lequel la force serait la résultante de la force donnée et des deux forces fictives, c'est-à-dire la force relative 5 il s'ensuit que toutes les propositions démontrées dans le mouvement absolu d'un point libre subsisteront dans le mouvement relatif en y considérant le point comme soumis à l'action de la force relative. Nous allons en donner quelques exemples.

335. Principe des aires dans le mouvement relatif, — La remarque que nous venons de faire nous donne immédiatement les conséquences suivantes :

Lorsque la force relatii^e d'un mobile passe constamment par un même point du système en moui^ement, la.

trajectoire relatwe du mobile est plane, et le rayon vecteur, mené du point constant au mobile^ décrit des aires relatii^es propoHionnelles aux temps correspondants.

Et réciproquement :

Si le rayon vecteur mené d'un point constant du sys^ tème au mobile, décrit des aires dont les projections sur trois plans rectangulaires liés au système croissent proportionnellement aux temps ^ ou, en d^ autres termes, si la trajectoire relatii^e d'un mobile est plane et que les aires décrites par son rayon vecteur, partant d*un point constant de ce plan, croissent proportionnellement au temps , la force relative qui agit sur le mobile passe à chaque instant par ce point constant.

336. Equation des forces vii^es dans le moui^ement relatif d'un point libre. — En considérant le mouvement absolu qui est identique au mouvement relatif du mobile, la moitié de l'accroissement de la force vive dans ce mouvement, pendant un temps infiniment petit, sera égal au travail des forces pendant ce même temps. Donc, en introduisant les dénominations du mouvement relatif, le travail élémentaire de la force relative est égal à la moitié de la force vive relative, correspondante au même temps. Or le travail d'une force est égal à la somme de ceux de ses composantes, et le travail relatif de la troisième composante de la force relative est nul , puisque cette force est perpendiculaire à la vitesse relative, et, par conséquent, à la trajectoire relative. On peut donc énoncer cette proposition :

Dans le mouvement relatif d'un point libre, la moitié de l'accroissement de la force viv^e, dans un inten^alle infiniment petit, est égale au trav^ail correspondant de la force réelle, plus au trai^ail de la force d'inertie que pro' duirait le point s'il était lié au système à l'instant que l'on considère,

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