Il est bon de remarquer que la vitesse dans le mou
vement composé ne dépend que des vitesses , du point mobile relativement au système, et du point coïncident du système $ tandis que la déviation dans le mouvement composé n'est pas déterminée par celles qui ont lieu dans ces deux mouvements. U n'en serait ainsi que dans le cas où le mouvement du système se réduirait à une simple translation. S'il y a uae rotation, il en résulte une influence qui ne peut plus être négligée , parce qu'elle est du second ordre infinitésimal, et que, dans la mesure de la déviation qui est du second ordre, on ne peut négliger que les quantités d'ordre supérieur au second.
242. Cas particuliers. — i°. Si le mouvement du système se réduit à une translation, suivant une loi quelconque, la vitesse angulaire devient nulle, et la troisième composante disparaît. Dans ce cas, la déviation résulte de la composition de celles qui se rapportent au mouvement relatif et au point appartenant au système.
a°. Si la translation avait lieu dans une direction constante et avec une vitesse constante , la déviation du point du système serait nulle, et, par conséquent, la déviation dont le mouvement absolu du mobile serait identique à celle du mouvement relatif.
3°. Si le mouvement du système se réduit à une rotation autour d'un axe, le point appartenant au système décrit un cercle autour de cet axe. Si Ton suppose, de plus, que le mouvement soit uniforme, la déviation de ce point est dirigée vers le centre de ce cercle, et n'est autre chose que la déviation centripète.
243. Déviation dans te mouvement relatif. — On déduit de la proposition précédente un corollaire très-important. Dans tout polygone fermé, un côté quelconque, pouvant être regardé comme la résultante de tous les autres, il s'ensuit que dans le polygone T'fx/x'M', la ligne {ifi! est la résultante des trois lignes f*T', T'M', M';/, décrites en
partant du point pt. Dans ce mouvement, la déviation T'M' est prise dans sa véritable direction ; mais la déviation Tt Mi ou T'f* est en sens inverse, et la direction M'// est opposée à celle que cette même droite avait dans le cas précédent. D'où résulte ce théorème important :
Si un point a un mouvement absolu dans l'espace et que Vùn considère son mouvement relatif à Un système rigide qui a lui-même un mouvement absolu ; c'est-à-dire si Von considère la suite des positions 'que ce point occupe dans ce sysfèrtie, à chaque instant, et qu'un observateur qui croit le système immobile, regarde comme des positions absolues; là déviation du mouvement sur cette trajectoire apparente, ou relative, est la résultante de trois lignes qui sont ; i° la* déviation dans le mouvement absolu; 2 la déviation, prise en sens contraire , dans le mouvement du point coéteident du système; 3° une ligne égale au produit du carré de V intervalle de temps infiniment petit pur la vitesse angulaire, et la projection de la vitesse relative sur un plan perpendiculaire à F axe instantané. La direction de cette ligne est perpendiculaire à un plan mené par cet axe et la vitesse relative, et dans le sens contraire au mouvement de rotation. En d'autres termes, elle est celle de l'axe de la rotation qui amènerait la direction de la vitesse relative vers celle de l'axe instantané, par le plus court chemin.
Démonstration analytique des propositions précédentes.
244. — Il n'est pas inutile de voir comment le calcul conduit aux propositions que nous venons d'établir.
Considérons trois axes rectangulaires OX', OY', OZ' faisant partie du système rigide en mouvement , et soient £ , y? , £, les coordonnées de l'origine O. On aura , entre les coordonnées x\y\ z l du point mobile par rapport à ces
axes, et aes coordonnées x } y y z, par rapport à des axes fixes , les équations connues
x=£-\-ax f -\-by' -hcz', y = >9 4- a'x' -+- L'y 9 -+- c V,
on trouve, en les différentiant,
dx dt
dt
, da . db , de
dt^ J dt ^ dt
dx' dy' dz'
</f cfe cfc
*(y dm
dt dt
da 1
db'
de'
dt ^ J dt ^ dt
. da/ . , dy . dz'
-ha'— -f- £'-f-4-c' — , dt dt dt
dz dX, ,da" ,db" dt dt dt dt
dc^ dt
da/ dy'
ji
dz dt
Les premiers membres de ces équations sont les composantes de la vitesse absolue du mobile, parallèles aux axes X, Y, Z.
Les quatre premiers termes des seconds membres de ces
dx dY dz
équations sont les valeurs que prendraient — > -jf-i — si
x\ y\ z 1 étaient constants \ ils représentent donc les composantes parallèles à X, Y, Z de la vitesse du point du système qui coïncide avec le mobile, à l'instant que Ton
dx dy dz
considère. Si maintenant on observe que -7—5 -7-? -7— sont
. ^ dt dt dt
les composantes parallèles à X', Y', TJ de la vitesse relative, ou apparente, du mobile dont nous représentons les coordonnées relatives par x\ y', z\ on reconnaîtra immé-
a84 COURS DE MÉCANIQUE*
diatement que les trois derniers termes des formules (2) représentent les composantes de cette vitesse relative, parallèles aux trois axes fixes X, Y, Z. On retombe ainsi sur cette proposition, déjà démontrée géométriquement :
La vitesse dans le mouvement composé d'un point est la résultante de la vitesse de ce point par rapport au système, et de la vitesse du point coïncident du système.
D'où l'on conclut encore que
La vitesse relative du point est la résultante de sa vitesse absolue, et de la vitesse, prise en sens contraire, du point coïncident du système .
245. Différentiant de nouveau les équations (2), nous obtenons
dt :
r d*Z dF d 2 x r
dt 2 dr-
dt'
dt"
(dx 1 da dy f db dz r dc\ dt dt dF dt dt dt)
dt' \dt* dr
dt 2 dz dt
dt 7
d 2 zf
~dFJ
dt 2 ' ' dt 2 dt 2
dx'da' dy' db' dz'dc' dt dt dt dt dt dt
dt 2 ~~ [dp "^ x IF
dt
d 2 c dt
d 2 x> dt 2 "
dt
Jf
<Pz dt
Ida/ da " dy 9 db" d%* d</' \ \dt dt dt dt dt dt J
Si l'on suppose toutes ces expressions multipliées par - ?
les premiers membres des équations (3) seront les composantes de la déviation, correspondante à l'intervalle 0, dans le mouvement absolu du point, estimées parallèlement aux axes X, Y, Z.
Examinons maintenant les trois parties dans lesquelles nous avons décomposé les seconds membres. La première exprime dans les trois équations les valeurs que prennent
respectivement — ? -j-jp -r-7 lorsqu'on suppose x [ \ y ', z 1
constants; c'est-à-dire lorsqu'on suppose le point {pcyz) lié invariablement au système. Ainsi , après l'introduction du
facteur -> les premières parties en question sont les compo-
santés de la déviation du point du système qui coïncidait avec le mobile : les secondes parties sont les composantes de la déviation dans le mouvement relatif du point, estimées de même parallèlement aux axes X , Y, Z. Il ne reste donc plus qu'à interpréter les dernières parties, et à reconnaître de quelle ligne elles sont les composantes par rapport à X, Y, Z.
Pour cela nous chercherons les composantes de cette ligne par rapport à X', Y', Z'; ce qui se fera en ajoutant les projections des premières composantes sur ces nouveaux axes; on obtient ainsi, en négligeant le facteur 6', les trois expressions suivantes :
dz' dy' dx' dz' df dx'
W idf- r dr> r dT- p dT> p dr-*dr>
et il suffit de déterminer la ligne dont elles sont les projections sur X', Y', Z'.
Mais, d'après les formules (4) du n° 226, on voit que, si par le point O on mène deux droites 01, OV, dont les composantes soient, pour la première, p, q, r, et pour la se-
conde, — i —-? — ? les expressions (4) représentent les
projections de l'aire du parallélogramme construit sur ces deux lignes, sur les plans des od,y f , z' : elles sont donc proportionnelles aux cosinus des angles que fai t avec X', Y', TJ Taxe de cette aire , et leurs signes se rapportent à la direction de l'axe de la rotation qui amènerait OI vers OV par le plus court chemin.
L'aire de ce parallélogramme peut être remplacée par le produit de ses deux côtés adjacents et du sinus de leur angle : de sorte que la ligne dont les expressions (4)' sont les projections , et qui est dirigée suivant l'axe de rotation qui vient d'être défini ,. est égale a. (ùv r sin <J, w étant la vitesse angulaire , f r la vitesse relative du mobile , et d l'angle de la direction de cette vitesse et de Taxe instantané. En multi* pliant cette valeur par 0% on aura la troisième composante de la déviation dans le mouvement absolu du mobile. On obtient de cette manière l'expression déjà donnée
2 « . i> r sin J\
On retombe ainsi sur la proposition démontrée n° 240, et l'on en déduirait semblablement l'expression de la déviation dans le mouvement relatif du point.
Remarque. — Lorsque le mouvement du système rigide est connu, c'est-à-dire lorsque £, m , £ , a , 6, ç, a\ b f , c 1 ^ a", b", d 1 sont des fonctions données du temps , il est facile de voir comment on peut déduire le mouvement relatif d'un point, de la connaissance de son mouvement absolu, et réciproquement. En effet , si l'on connaît a:,j, zen fonction de £, les équations (i) donneront je', j\ z f $ et réciproquement elles donneront a:, jr, z si l'on connaît x',y', z f en fonction de /.
PREMlàRE ANNÉE. — STATIQUE. 287
Si Ton connaît seulement une des deux trajectoires, absolue ou celative, on en déduira facilement l'autre. Si, par exemple, l'on donne deux équations entre x, y, z seulement , qui déterminent la trajectoire absolue du mobile , il suffira d'éliminer x , y, z , t entre ces deux équations et les équations (3), et l'on aura deux équations entre x f <, y\ z 1 seulement, qui seront celles de la trajectoire relative. Il en serait de même si Von donnait d'abord deux équations entre x' , y\ z\ et qu'on demandât celles de la trajectoire absolue.
Il est facile de généraliser ces considérations en substituant à un point un système rigide dont le mouvement pourra être déterminé par trois de ses points , ou de toute autre manière. On verra facilement que son mouvement relatif peut être déduit de son mouvement absolu, et réciproquement. Nous nous écarterions de notre objet en entrant dans plus de détails à cet égard.
Autre manière d'envisager le mouvement relatif.
246. Dans ce qui précède y nous avons considéré le mouvement relatif comme un des mouvements composants d'un corps, ou d'un point matériel. Nous avons cherché comment les données de ce mouvement pouvaient servir à déterminer , soit la vitesse , soit la déviation dans le mouvement absolu; et il a été facile de déduire de là l'expression de ces mêmes quantités dans le mouvement relatif.
Mais on peut aussi se proposer directement l'étude du mouvement relatif, et l'on peut, pour cela, procéder de plusieurs manières. La marche que nous choisirons est celle dont l'idée générale se reproduit identiquement dans les
questions les plus diverses , et qui ramène le plus naturellement à la considération du mouvement absolu.
Elle consiste à laisser s'effectuer les deux mouvements, puis à lier entre eux le point ou le corps avec le système par rapport auquel on le considère, et à donner à leur ensemble un mouvement qui ramène ce dernier à sa première position.
De cette manière, le corps aura toujours les' positions relatives qu'il doit avoir dans le système en question qui se trouvera rendu immobile. Et il suffît d'ajouter un mouvement de plus à ceux auxquels le corps est assujetti $ savoir, le mouvement d'ensemble qui ramène constamment le système de comparaison dans sa première position. On voit ainsi qu'en ajoutant un nouveau mouvement au corps, et cherchant le mouvement absolu résultant , ce dernier sera précisément le mouvement relatif, tel qu'il aura lieu dans le système , et que l'on se propose d'étudier. Toute la question consiste donc dans la détermination précise du mouvement à introduire, puisqu'après cela on rentre dans la considération ordinaire du mouvement absolu. Telle est la méthode depuis longtemps suivie, et que nous allons appliquer aux deux questions principales qui se rapportent au mouvement d'un seul point.
247. Vitesse dans le mouvement relatif. — Soient M (fie' ^4) une position quelconque du mobile, M' celle qu'il aura après un temps infiniment petit, M t celle qu'occupera après ce même temps le point du système qui coïncidait avec lui en M. Joignons ces points par des droites, et formons le parallélogramme MMtM'K. Considérons maintenant le point M' comme lié au système, et ramenons ce dernier dans sa première position. Il suffira de donner à l'ensemble un mouvement de translation qui amène M t en M, et M 7 en K 5 puis un mouvement de rotation autour
de M, qui ne pourra chauger la nouvelle position du point M' que d'uue quantité infiniment petite du second ordre, puisque MK. est du premier. Nous pourrons donc négliger cette quantité et supposer que M' reste en K. Or, les directions des trois droites MK, MM', MM t ont pour limites celles des tangentes aux trajectoires, relative et absolue, du mobile , et à celle du point coïncident du système , et les rapports de ces trois droites ont pour limites ceux des vitesses sur ces trajectoires. D'où Ton conclut , comme précédemment, que :
La vitesse relative est la résultante de la vitesse absolue, et de la vitesse* prise en sens contraire, du point coïncident du système.
248. Déviation dans le mouvement relatif. — La quantité à calculer étant du second ordre infinitésimal , nous ne pourrons plus négliger, comme nous venons de le faire , le mouvement de rotation qui introduit une quantité du second ordre.
Soient M (fig> 5j) la position du mobile à un instant quelconque , M' celle qu'il occupe après un temps infiniment petit 0, et T' celle qu'occuperait sur la tangente à la trajectoire un point partant de M en même temps que le mobile, et se mouvant uniformément avec la vitesse que celui-ci a en M; T' M' sera la déviation dans le mouvement absolu. Soit de même T t M t la déviation après le temps 0, dans le mouvement du point du système qui coïncidait avec le mobile en M. Les longueurs MT', MTi pourront être prises pour représenter les vitesses en M sur ces deux trajectoires.
Or, pour avoir la déviation dans le mouvement relatif, il faut commencer par mener en M la tangente à la trajectoire relative, supposer un point qui s'y meuve uniformément avec la vitesse relative pendant le temps 0, tan-