‹ Cours de mécanique et machines professé à l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 100 sur 173 · CHAPITRE I. — GÉNÉRALITÉS SUR LES MACHINES. l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — GÉNÉRALITÉS SUR LES MACHINES. l8l

fait porter le palier proprement dit sur une pièce intermédiaire appelée semelle ou patin {fig* 126), solidement reliée par de longs boulons à un fort massif de maçonnerie. Le palier est à son tour boulonné sur la semelle; mais les trous de ces derniers boulons sont ovales, ce qui permet de rectifier la position du palier, en cas de petits mouvements dans les maçonneries.

Nous n*avons encore rien dit de la question du graissage : il n*en est pourtant pas qui mérite à un plus haut degré l'attention du constructeur chargé d'installer les supports d'un arbre tournant. Dans les paliers ordinaires {fig^ 126), le chapeau porte un godet qu'on maintient constamment plein de graisse. Cette graisse fond en partie par suite de réchauffement du coussinet, traverse la coquille supérieure par un trou ménagé à cet effet, et se répand de là par des rainures hélicoïdes sur toute la surface intérieure de la coquille.

Ce système est assez imparfait : la graisse ne vient rafraîchir les surfaces que lorsqu'il s'est produit un léger grippement, ce qui est toujours fâcheux; et il est infiniment préférable d'entretenir les contacts constamment lubrifiés par un courant d'huile continu, qui s'oppose à tout échauffement.

Dans le palier graisseur Decoster {Jîg* 127), l'huile contenue dans un réservoir inférieur est puisée par un disque d'acier {\\é au tourillon; elle retombe dans le réservoir après avoir rempli son office. Le tout est parfaitement fermé, de sorte que l'huile ne s'altère pas et n'a pas besoin d'être renouvelée, sinon à de très longs intervalles.

Dans certains cas exceptionnels, les tourillons reposent sur des galets ou roulettes, dont nous verrons l'utilité dans la théorie du frottement (quatrième Section). On peut citer dans ce genre la suspension de la grosse cloche de la cathédrale de Metz : les galets sont réduits à de simples secteurs, qui correspondent à l'amplitude des oscillations de la cloche.

Dans d'autres cas, au contraire, on simplifie les dispositions habituelles. C'est ainsi qu'on termine les arbres des tours, en guise de tourillons, par deux pointes en fer, lesquelles pénètrent dans des trous coniques pratiqués dans des plaques de fer fixes.

Les poulies sont percées d'un trou cylindrique nommé œil,

l82 DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉGANISKES.

que traverse à frottement doux un essieu fixe (*). Les roues des voitures ordinaires présentent la même disposition (*). Si le trou cylindrique est un peu long relativement à l'épaisseur de la roue ou de la poulie, Tespèce de moyeu où il est pratiqué s'appelle manchon ou canon. L'arbre porte des épaulements qui empêchent le manchon de glisser parallèlement à l'axe.

Crapaudines et pivots. — Les arbres verticaux se terminent à leur partie inférieure par une sorte de tourillon appelé joïVof {Jig. 128), qui tourne dans une pièce fixe nommée crapau- . dine^

La crapaudinê la plus simple se compose d'un collet en bronze, qui maintient le pivot dans le sens horizontal, et d'un grain d'acier qui supporte tout le système. Divers agencements permettent de soulever le grain au fur et à mesure de l'usure, afin de maintenir l'arbre au même niveau.

Outre la crapaudinê, il y a généralement, à une certaine hauteur, un collier destiné à assurer la verticalité de l'arbre : le collier fait ainsi fonction de deuxième palier. L'arbre est, en ce point, parfaitement arrondi. Quand la pression qui s'exerce entre l'arbre et le collier est considérable, comme dans certaines espèces de grues, on interpose entre l'arbre et son appui fixe un système de galets, dont les axes sont fixés à une couronne mobile {fig- 129) : ces galets roulent à la fois sur la circonférence de l'arbre (A), et sur le collier fixe (B).

Rendons-nous compte du mouvement de ces galets, considéré, soit au point de vue absolu, soit relativement à l'arbre (A). Désignons par R et ^ le rayon et la vitesse angulaire de l'arbre, par r le rayon d'un galet : le mouvement absolu de ce galet est une rotation autour du centre instantané B, rotation dont .je représenterai la vitesse angulaire par w.

Pour déterminer w, on s'appuie sur ce que le galet est

(*) Souvent l'essieu d'une poulie porte d'autres roues : il tourne alors d'un mouvement tout à fait indépendant de celui de la poulie. Nous verrons plus loin des exemples de pareils agencements.

(') On dit dans ce cas que la roue ou la poulie est folle sur son arbre; une roue est calée sur son arbre, quand elle ne peut pas tourner indépendamment de celui-ci.

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