‹ Cours de mécanique et machines professé à l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 103 sur 173 · CHAPITRE I. — GÉNÉRALITÉS . SUR LES MACHINES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — GÉNÉRALITÉS . SUR LES MACHINES

5** Roues coniques roulant sur des rails à champignons {Jig- i4i)« Dans le matériel ordinaire de nos chemins de fer, les deux roues d'une même paire sont calées sur leur essieu commun, et sont par conséquent solidaires Tune de l'autre (*). Les jantes ont la forme d'un tronc de cône dont le sommet est en dehors de la voie; et les rails sont inclinés vers Tintérieur de celle-ci, de manière à présenter une surface de roulement tangente à la surface de la roue.

Voici maintenant comment ce matériel fonctionne.

Quand un wagon parcourt régulièrement une portion de voie en alignement droit, ce qui est le cas normal, les roues sont symétriquement placées par rapport à Taxe de la voie, et le roulement s'effectue de part et d'autre sur des circonférences égales. L'une des roues, par l'effet d'une circonstance quelconque, présente-t-elle une tendance à sortir des rails : dès qu'elle commence à se porter vers l'extérieur, sa circonférence de roulement devient plus grande que celle de la roue solidaire. Or, comme la vitesse angulaire des deux roues calées sur un essieu est la même, la roue extérieure prend de l'avance et ce mouvement la ramène du côté de l'intérieur de la voie.

Dans une courbe, au contraire, le wagon s'écartera légèrement de l'axe de la voie, et les deux circonférences roulantes seront inégales, de manière à racheter le plus grand développement du rail extérieur. On voit que l'angle du cône des jantes est intimement lié à la grandeur du rayon des courbes : la conicité est de ^ sur nos chemins ordinaires à grandes courbes; elle est de | sur les chemins américains qui admettent des courbes de petit rayon.

Le chemin de fer de Sceaux admet également de fortes courbes ; mais comme le matériel articulé, en usage sur cette

(*) Les essieux des roues tournent dans des bottes à graisse ou à huile, qui remplacent les paliers des arbres ordinaires. La liaison de ces sortes de paliers au corps du wagon n'est pas rigide; elle a lieu par l'intermédiaire des ressorts de suspension, qui sont fixés aux bottes à graisse, et sur lesquels repose le châssis. Ce même châssis porte des plaques de tôle verticales, dites plaques de garde, dans lesquelles sont découpées des entailles dont la fonction est de maintenir les bottes à graisse dans le sens horizontal, de manière à assurer la perpendicularité des essieux à la voie; elles laissent un petit jeu pour le passage des courbes.

l88 DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES.

ligne, comporte un système de guidage spécial, les roues sont indépendantes et cylindriques, ce qui présente un certain avantage au point de vue de Tusure des bandages.

J*ai omis à dessein de parler jusqu'ici du rebord intérieur ou mentonnet des roues, lequel ne joue, comme on Ta vu, aucun rôle dans le guidage normal, et n'intervient que dans les cas exceptionnels. Dans la position moyenne du wagon, ei pour que la conicité puisse produire son effet, il existe un centimètre de jeu entre le mentonnet et le boudin du rail.

6<* Chariots des mull-jenny {PL XlVy Jîg, i^i)- — Dans les métiers à filer dits mull-jenny^ le chariot qui porte les fuseaux, et dont la longueur est de 6°* à 9°*, doit avoir sur son chemin de fer un mouvement parfaitement rectiligne, ce qui nécessite un système de guidage susceptible d'une grande précision. « Après avoir épuisé les moyens les plus coû- » teux et les plus compliqués », est-il dit dans V Essai sur la composition des machines y a les Anglais ont enfin résolu le » problème d'une manière très simple, et avec une exactitude » qui surpasse tout ce qu'on pouvait attendre ». Deux cordes tendues dans une direction parallèle à celle du mouvement sont enroulées autour de deux poulies fixées au chariot, de manière à décrire chacune un Z : la tension modérée des cordes croîtrait rapidement par la moindre obliquité, et la direction rectiligne du mouvement est parfaitement assurée.

7<* Parallélogramme articulé de Watt {fig* i43). — L'illustre inventeur auquel l'industrie est redevable de la machine à vapeur sous sa forme actuelle a également résolu d'une manière éminemment pratique le problème du guidage en ligne droite de la tige du piston de sa machine.

Il est juste de dire que le parallélogramme articulé de Watt, dont nous verrons plus tard la théorie géométrique, ne donne pas à l'extrémité de la tige un mouvement rigoureusement rectiligne; mais il rachète cet inconvénient par de précieux avantages, et d'ailleurs la déviation est tout à fait insignifiante, quand on emploie des dispositions convenables.

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