VITESSES CONSTANT
La classe à laquelle est consacré ce Chapitre comprend les organes de transmission qui sont de beaucoup les plus usuels (' ), ceux dont il est facile, en général, de faire dériver presque tous les mécanismes employés dans les arts et dans l'industrie.
Ainsi que nous l'avons dit, nous considérerons plus spécialement les cas où l'on a affaire à deux corps assujettis à tourner chacun autour d'un axe fixe ; et nous examinerons successivement les trois modes de liaison, qui ont servi de base à notre division en trois genres.
§ III. — Premier geniie. — Transmission du mocyembnt PAR contact.
Pour mettre un peu d'ordre dans l'étude des engins qui se
rapportent à ce paragraphe, il convient de distinguer trois cas : selon que les axes des deux, solides en contact sont parallèles, concourants, ou enfin non situés dans un même plan.
(>) Nous verrons que les mouvements continus doivent toujours être, autant que possible, uniformes; les organes de la classe A sont donc ceui qu'il y a lieu de préférer, pour relier l'un à l'autre deui piouvements continus. L'uniformité du mouvement serait au contraire très nuisible dans le cas des mouvements alternatifs, où les organes à recommander sont ceux dans lesquels ta vitesse diminue régulièrement jusqu'au moment du changement de sens. On évite ainsi les à-coups et les chocs que causerai tablement ce changement, si les corps étaient à ce moment animi vitesse un peu considérable.
jgO DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES.
1"* Axes parallèles. — Engrenages cylindriques.
La Géométrie nous enseigne qu'il y a une infinité de manières d'établir un rapport de vitesses constant entre deux axes fixes et parallèles, au moyen de deux cames liées à ces axes, et maintenues d'ailleurs appuyées l'une sur l'autre.
Cylindres de friction. — Le problème devient déterminé, si l'on s'impose la condition que le mouvement relatif soit un roulement simple. Nous avons démontré que les surfaces qui répondent à la question ainsi particularisée sont des cylindres circulaires centrés sur les axes fixes (p. i55). Les rayons des bases de ces cylindres satisfont à la relation
laquelle établit l'égalité entre les vitesses des deux solides, mesurées à la circonférence de contact. On voit que :
Dans la transmission par cylindres de friction, les vitesses angulaires sont en raison inverse des rayons des cylindres.
Examinons la solution précédente au point de vue pratique. Cette solution présente ceci de particulier, que chacune des surfaces n'est pas nécessairement, géométriquement obligée de chasser l'autre devant elle pour se faire place : rien n'empêche d'une manière absolue le cylindre moteur de glisser sur le deuxième sans le mettre en mouvement.
Ce qui s'oppose à cet effet, c'est le frottement qui se développerait aux points de contact de la surface mobile avec celle qui resterait fixe. Quand ce frottement est plus considérable quelarésistanceappliquée à l'arbre correspondant, l'ac/AeVe/ice des deux corps détermine la transmission du mouvement : un accroissement de résistance la ferait instantanément cesser (*).
On emploie divers artifices pour s'opposer au glissement. Souvent la surface de l'un des cylindres est recouverte d'un cuir rugueux, dont l'élasticité maintient la pression malgré les
(*) On utilise cette propriété dans le cas où la résistance peut accidentellement devenir énorme, ce qui occasionnerait la rupture de quelque pièce si la transmission était obligatoire. L'inconvénient est beaucoup moindre quand les corps ont la faculté de glisser l'un sur l'autre.