‹ Cours de mécanique et machines professé à l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 164 sur 173 · UNE UAISON DE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

UNE UAISON DE MOUVEMENT

Quelle que soit la nature du moteur chargé de donner le mouvement à une usine un peu considérable, on s'arrange ordinairement de manière à transmettre tout d'abord l'action de ce moteur à un arbre tournant; de plus, par une série de dispositions dont nous verrons plus tard la théorie, on rend le mouvement de l'arbre de couche à peu près uniforme : c'està-dire qu'on maintient les variations de la vitesse entre des limites qui n'empêchent pas les différents outils commandés par cet arbre de fonctionner constamment dans les conditions les plus avantageuses.

Ce premier point une fois réalisé, comme on connaît, par les Chapitres précédente, les moyens à employer pour passer d'un mouvement circulaire uniforme à un mouvement quelconque, il n'y a rien de plus facile que de déterminer les éléments de la liaison à établir entre l'arbre de couche et chacun des outils de l'atelier.

Il faut avoir en outre, en un certain point de la transmission, un système d'embrayage qui permette d'ouvrir ou de fermer la communication entre le moteur et l'outil, soit automatiquement, soit à volonté; quelquefois même on veut se ménager la facilité de modifier la liaison des deux organes pendant le cours du mouvement. Il nous reste à étudier les engins qui répondent à cette double fonction.

§ XIV. — Organes de mise en mouvement et d'arrêt.

Embrayage des courroies. — Nous avons dit que, dans les transmissions par courroies sans fin, on produit. l'embrayage en faisant passer la courroie de la poulie folle sur la poulie

3o2 DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES.

motrice. Pour arrêter la machine, on ramène la courroie sur la poulie folle; et ensuite, selon les cas, on laisse la machine s'arrêter d'elle-même ou hien on emploie un frein (*) pour éteindre plus vite son mouvement.

On arrive aux mêmes résultats en agissant sur la tension de la courroie : ce qui peut se faire, soit en manœuvrant convenablement une poulie de tension, soit en déplaçant d'une petite quantité un palier de l'un des arbres {fig^ 246).

Cylindres et cônes de friction, — C'est également en établissant ou supprimant la pression qu'on opère l'embrayage ou le débrayage d'une paire de cylindres de friction. Nous avons indiqué l'application de ce principe aux monte-sacs.

On emploie quelquefois un procédé analogue pour élever et laisser retomber périodiquement un marteau vertical. La roue motrice et la tige du marteau {PL XXIXyfig, 246 bis) se trouvent à une très faible distance l'une de l'autre; et il suffît, pour faire soulever la tige, de l'appuyer contre la poulie au moyen d'un galet fixé à un levier coudé. Quand on lâche le levier, le marteau retombe. En faisant varier la hauteur de chute, on règle à volonté la force des coups de marteau.

Accouplement de deux arbres situés dans le prolongement l'un de l'autre. — Quand un arbre d'une certaine longueur doit être composé de deux pièces rapportées bout à bout, il faut, pour établir une solidarité parfaite entre les deux parties : i^ centrer bien exactement les deux arbres; 3° les empêcher de tourner indépendamment l'un de l'autre ; 3* enfin, sSspposer à tout déplacement longitudinal. On atteint ce triple résultat en enveloppant les deux arbres d'un manchon calé sur chacun d'eux, au point où a lieu la solution de continuité. Ce manchon est maintenu dans une position fixe au moyen d'une vis qui le traverse, et qui s'engage dans le vide existant entre les abouts des deux pièces : une languette à ergots, ou tout autre système équivalent, empêche de son côté l'écartement des deux tronçons. Telle est la disposition en usage quand on veut constituer un assemblage invariable.

( * ) Nous ne faisons pas figurer les freins parmi les organes d'arrêt, parce que nous étudions seulement ici les appareils qui opposent une impossibilité géométrique à la continuation d'un mouvement.

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