CHAPITRE YI. — EMBRAYAGES ET DÉBRAYAGES. 3o
brayer, on soulèverait le levier d'arrêt, on pousserait vers la gauche Tarbre rendu à la liberté, et Ton ferait retomber le levier d'arrêt dans la seconde gorge.
Les deux axes peuvent n'être pas parallèles.
Déclics.
Les déclics servent à produire un mouvement ou un arrêt brusque. On les applique surtout aux machines peu puissantes, ou aux organes accessoires des machines plus importantes.
La manœuvre de ces appareils est quelquefois automatique et confiée à la machine elle-même, comme dans Texemple que voici.
La poulie K (fig» 254) est folle sur Tarbre 0, animé d*un mouvement de rotation continu dans le sens de la flèche/; un doigt calé sur l'arbre, qui bute contre un taquet ï\\é à la poulie, oblige celle-ci à tourner solidairement avec Tarbre. Mais le taquet n'est pas lié à la poulie d'une manière invariable : il forme l'une des extrémités d'un levier dont le point fixe est en F; et, dans l'état ordinaire des choses, un ressort pèse sur le petit bras de ce levier, de manière à maintenir le taquet en prise.
A un certain instant du mouvement, la queue du levier rencontre un arrêt qui, en la faisant basculer, produit le déclenchement du taquet : alors la poulie, abandonnée à ellemême, tourne en sens contraire sous l'action du contrepoids P. Mais bientôt le doigt dégagé revient saisir le taquet et la rotation recommence dans le sens (/).
Sonnette à déclic, — Pour enfoncer les pilotis, on emploie un mouton, c'est-à-dire une masse pesante qu'on soulève par divers procédés à une certaine hauteur, et qu'on laisse ensuite retomber sur la tête du pieu {fig. 257). L'appareil qui sert à cette manœuvre^ depuis un temps immémorial, est la sonnette à tiraude.Le mouton est maintenu par deux oreilles entre deux pièces de bois verticales; il est suspendu à une corde qui passe sur une poulie de renvoi, pour se diviser ensuite en plusieurs cordelles dont chacune est tirée par un homme. Ce système permet de graduer à volonté l'effort exercé : il est excellent pour commencer le battage. Mais, à
BovR. — Cours de Mécanique. I. 2 G
3o6 DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES.
mesure que Topération avance, on rencontre une résistance plus grande, et il faut de toute nécessité augmenter la course du mouton ou son poids. Or, quel que soit le parti auquel on s'arrête, on arrive rapidement à une limite d'élévation et de poids qu'on ne saurait dépasser, vu la nature du moteur employé. En effet, il est évident qu'on ne peut pas augmenter beaucoup la course. D'autre part, si Ton donne au mouton un poids considérable, il faudra avoir un grand nombre de manœuvres agissant sur des cordes très écartées : ces hommes se gêneront mutuellement, et ne pourront exercer efficacement leur action. Il convient, dans ces conditions, de remplacer la sonnette à tiraude par un treuil à engrenages, donnant le mouvement à un arbre sur lequel s'enroule la corde du mouton, après avoir passé sur une poulie de renvoi. Un déclic fait retomber le mouton parvenu à la hauteur voulue.
Voici à cet égard le procédé le plus simple : la corde, après avoir fait une ou deux fois le tour de l'arbre du treuil, vient aboutir dans la main d'un homme, qui la maintient suffisamment tendue. Pour supprimer la transmission et faire tomber le inouton, l'homme n'a qu'à lâcher la corde.
D'autres fois, entre le mouton et la corde qui sert à l'élever, on dispose une pièce intermédiaire, à laquelle le mouton proprement dit est accroché par un anneau engagé dans une pince articulée {fig- 258). Cette sorte de tenaille vient buter à une certaine hauteur contre un obstacle fixe, qui la force à s'ouvrir en lâchant le mouton.
La pince est conformée de manière à ressaisir l'anneau d'elle-même, quand on la laisse tomber à son tour.
Trépan à chute libre. — M. Kind a employé un système analogue pour le forage des trous de sonde. L'outil de percussion, ou trépan, est fixé à une série de tiges dont la longueur totale est égale à la profondeur du trou. Or, dès que cette profondeur devient un peu considérable, non seulement le poids des tiges tend à briser les parties inférieures, mais de plus, lorsqu'on vient à battre, c'est-à-dire à soulever la sonde et à la laisser retomber pour défoncer le sol, les tiges dégradent latéralement le forage par leur fouettement; et leurs vibrations provoquent des éboulements, par suite desquels le trépan peut se trouver engagé.