CHAPITRE yl. — BUBRATAGES ET DÉBRAYAGES. 3o
ment Torgane dont on veut modifier la vitesse; et la substitution d'un engrenage à un autre peut s'effectuer aisément, pendant la marche de la machine, à l'aide des systèmes d'embrayage que nous avons décrits dans le paragraphe précédent. Considérons deux arbres tels que P et Q {fig. 269 et 260), dont les axes de rotation sont dans un même plan; et soient
les rouages correspondant à deux valeurs difiFérentes
du rapport des vitesses. Les deux roues qui appartiennent à l'un des arbres sont folles, et dans l'intervalle de ces roues joue un manchon d'embrayage double, c'est-à-dire armé de dents ou saillies sur ses deux bases opposées. Suivant que ce manchon est engagé à droite ou à gauche, l'un ou l'autre des deux engrenages fonctionne comme s'il existait seul.
Dans la disposition représentée fig, 269, le déplacement du manchon change seulement le rapport des vitesses angulaires, sans altérer le sens de la transmission; avec la combinaison de la Jig. 260, on change à la fois la grandeur et le signe du rapport des vitesses. Enfin le système de Idifig. 261 sert à renverser simplement le sens du mouvement de l'arbre conduit, sans altérer la grandeur absolue de sa vitesse.
S'agit-il d'une transmission par courroies, on dispose sur deux arbres parallèles plusieurs paires de poulies {fig* 267), dont les diamètres sont calculés de manière que la longueur totale de la courroie reste constante. Au moyen d'une fourchette, on transporte la courroie d'une paire sur l'autre.
On peut encore avoir une série de poulies égales et voisines les unes des autres {fig. 268), montées sur des arbres creux ou canons, qui s'emboîtent à frottement doux. Outre la poulie qui lui donne le mouvement, chacun des canons porte une roue dentée, de sorte qu'on aperçoit les unes à la suite des autres, sur le même axe géométrique :
1° Une poulie folle;
2<» Une deuxième poulie, calée immédiatement sur l'arbre moteur ;
S'» Une troisième poulie, calée sur le premier canon;
4° Une quatrième poulie, calée sur le deuxième canon; Puis :
5<> La rouo dentée du deuxième canon ;
3lO DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES.
6^ Une roue dentée plus petite, calée sur le premier canon;
7® Enfin une troisième roue dentée plus petite que la seconde, et calée sur l'arbre central.
Sur un second arbre parallèle au premier sont fixées à demeure trois nouvelles roues qui engrènent avec les trois précédentes, et dont les diamètres varient par conséquent en sens inverse : une courroie, mise en mouvement par un tambour non représenté dans la figure, est susceptible d'être embrayée tour à tour sur les quatre poulies. Il est facile de voir comment, en transportant la courroie d'une poulie à l'autre, on fait varier la vitesse de l'arbre conduit : la vitesse du tambour moteur et celle de la poulie directement embrayée restant constantes.
Dans la /ig. 269, le déplacement de la courroie change à la fois Ja grandeur et le sens de la vitesse de l'arbre AB.
On rencontre dans les machines un grand nombre de dispositions spéciales, dont l'objet est de faire varier brusquement le sens ou la grandeur de la vitesse transmise à un engin déterminé. Nous allons en donner encore deux exemples.
Premier exemple. — Une corde sans fin s'enroule sur deux poulies dont les axes sont parallèles et horizontaux {/ig. 262) : on veut pouvoir changer à volonté le sens du mouvement de cette corde. A cet effet, entre les arbres des poulies, on installe une vis sans fin verticale. Chacun des arbres porte une roue disposée de manière à pouvoir engrener avec la vis; seulement l'intervalle des deux roues est un peu trop grand pour que celle-ci engrène à la fois avec Tune et avec l'autre.
Cela posé, il est évident que, selon que l'engrenage aura lieu avec la roue de droite ou avec celle de gauche (la vis tournant toujours dans le même sens), le mouvement de la corde sans fin se produira dans un sens ou dans l'autre.
On obtient l'engrenage alternatif en faisant reposer le pivot de l'arbre de la vis sur un chariot, capable de prendre un petit mouvement latéral.
Deuxième exemple. — Machine à forer {fig* 268). — Le foret est fixé à l'extrémité inférieure d'un arbre vertical, auquel
l'engrenage