SECONDE SECTION
L'objet de Y Hydraulique est l'élude théorique cl expérimentale des divers phénomènes que les fluides nous présentent , eu égard à leur équilibre, à leur mouvement et à leurs relations avec les corps solides, fixes ou mobiles.
Au point de vue de l'utilité générale, 'cette étude est peutêtre celle qui présente au plus haut degré le caractère de la plus impérieuse nécessité, et les questions qui sont du domaine de l'Hydraulique soin du nombre de celles pour lesquelles le luxe, la commodité, la sécurité réclament une solution immédiate.
En particulier, on ne saurait absolument se passer du secours de l'eau : il faut la conduire au centre de nos habitations, nous garantir de ses ravages, lui Taire mouvoir des machines qui suppléent à notre faiblesse, la faire jaillir au sein de nos villes pour l'agrément et la salubrité, lui confier, pour les transporter d'un bout du monde à l'autre, les denrées les plus indispensables a la vie; il faut contenir de grands fleuves, changer le lit des rivières, creuser des canaux, bâtir des aqueducs, ériger des fontaines, lancer des bateaux sur nos rivières ou de puissants navires sur l'Océan.
L'Hydraulique a fait de grands progrès depuis le milieu du siècle dernier, surtout en ce qui concerne l'utilisation de l'eau et des fluides élastiques comme forces motrices; il lui en reste encore beaucoup à faire dans cette voie et de bien plus importants encore relativement à la découverte des lois qui régissent le cours des eaux à lu surface de la terre. Avonsnous bien les données nécessaires pour apprécier la vitesse d'un fleuve dont nous connaissons la largeur, la profondeur et
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la pente; déterminera quelle hauteur il élèvera ses eaux s'il vient à recevoir un autre fleuve dans son lit; prévoir île combien il baissera si on lui Tait une saignée; tracer les contours d'une rivière de telle sorte qu'elle ne travaille point à changer le lit dans lequel on l'a renfermée; prévoir l'effet d'un redressement, d'une coupure, d'un réservoir destiné à emmagasiner le produit d'une crue subite; calculer de combien un pont, une retenue, une vanne feront hausser les eauxd'une rivière; marquer jusqu'à quelle distance ce remous sera sensible, cl s'assurer que les propriétés riveraines n'en deviendront pas plus exposées à des inondations?
Cea questions, si éminemment intéressantes pour la prospérité publique, n'entrent point dans notre programme; je ne les ai posées qu'afln de nous empêcher d'éprouver un injuste dédain pour les problèmes que nous allons traiter el pour l'inélégance et l'incertitude de nos méthodes plus empiriques que rationnelles. On fait ce que l'on peut; certes, nous serons bien loin de la rigueur, de la précision el de la magnifique généralité des théories exposées dans les Chapitres précédents; mais nous verrons que l'on peut, au moins pour les questions les plus élémentaires, pour celles dont nous avons à nous occuper, arriver, en subordonnant toujours le calcul à l'expérience, à des solutions sinon rigoureuses, du moins satisfaisantes pour les besoins de la pratique.
Le Cours va donc changer complètement de face. Jusqu'Ici le calcul jouait le principal rôle; il ne figurera désormais que comme auxiliaire, mais auxiliaire indispensable de l'expérience.
L'Hydraulique, de même que la Mécanique générale, se divise en deux l'a nies, relatives respectivement à l'équilibre et au mouvement des fluides. Ces deux Parties sont ['Hydrostatique et ['Hydrodynamique.