CHAPITRE II. — UVDRODYNjIHIQUR. 3a I
Étude physique du phénomène. — Celle élude a été faite d'abord par Bossul et reprise d'une manière irès-complète par Savart, dont elle constitue un des plus beaux travaux. Nous lui emprunterons seulement quelques observations.
Contraction de la veine fluide. — La veine considérée dans son ensemble se compose de deux parties bien distinctes. La première, qui louche à l'orifice, est limpide, transparente, en apparence immobile, et ressemble à une tige de cristal. Plus loin la veine est agitée, louche, et présente de dislance en distance des renflements ou venues régulièrement espacés, dont le diamètre maximum est plus grand que celui de l'orifice.
Contraction de la veine. — - Occupons-nous de la première partie. Le phénomène capital qu'elle présenté est celui de la diminution rapide qui s'observe dans la section de ia veine a partir de l'orifice jusqu'à une distance de celui-ci égale, d'après l'abbé Bossul, à environ la moitié de son diamètre. Le même observateur a reconnu que le diamètre de la veine en ce point (section de plus grande contraction) est à celui de l'orifice à peu près dans le rapport de 12 à 14,7, tellement que l'aire de l'orifice est à l'aire de la veine contractée comme 3 est à 2 environ. On sent bien que cette mesure est trèsdélicate à prendre et que nous ne pouvons donner que des résultats moyens. Quoi qu'il en soit, le fait important à notre point de vue, c'est, en premier lieu, la convergence des filets périphériques au moment de la sortie du vase, convergence dont résulte nécessairement, pour les filets intérieurs, une pression plus grande que celle qu'on calculerait d'après les lois de l'Hydrostatique; en second lieu, la disparition de cette convergence à une petite distance de l'orifice, au point où la section cesse de diminuer et où les filets sont sensiblement parallèles; si la paroi d'émersion n'est pas horizontale, la veine décrit, à partir de ce point, une courbe qui se rapproche beaucoup de la parabole assignée par la théorie comme trajectoire des points matériels soumis à la simple action de la pesanteur.
Explication de la contraction. — 11 est facile de se rendre compte du phénomène de la contraction. L'eau ne peut sortir d'un réservoir par un orifice quelconque, sans que ses parti- 111. 11
3îî HYDRAULIQUE.
cules n'affluent île tomes paris, autant qu'elles le peuvent, vers cet orifice, comme vers un centre, par un mouvement accéléré, ei suivant toutes les directions. Les seuls filets qui répondent à la partie centrale de l'orifice décrivent à peu près rigoureusement une ligne qui sera verticale si l'orifice est percé au fond d'un vase, dans une paroi horizontale ( Jig. 87 ].
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Les autres filets sont obligés de se détourner de la verticale pour s'approcher de l'orifice, et, eu y arrivant, ils ont des directions qui s'approchent plus ou moins de l'horizontale. Ces filets doivent se gêner mutuellement dans leurs mouvements, et les molécules liquides se trouvent, par suite, obligées de suivre des trajectoires courbes : elles donnent alors naissance à des forces centrifuges qui ont pour effet d'augmenter la pression dans l'intérieur de la veine au droit de l'orifice.
Inversion île la veine. — Un autre fait qui met bien en évidence l'existence de pressions centrifuges est celui qu'on
Fi G- sa.
désigne ordinairement sous le nom à' inversion de la veine, ei qui est présenté par tous les orifices dont la section n'est pas