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CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS SUR LES MACHINES, ET SUR LES TRANSMISSIONS OC TRANSFORMATIONS DE MOUVEMENT.

Toute machine est destinée à accomplir certaines opérations mécaniques, et suppose l’existence de deux choses, indépendamment de la machine elle-même. Ces deux choses sont: i° une puissance motrice; 2 0 un ouvrage à faire. La machine est un intermédiaire qui donne au moteur la facilité d’excculer l’ouvrage proposé.

I ne machine se compose de trois parties principales :

I. Le récepteur, qui reçoit directement l’effort du moteur; cet appareil est variable selon la nature de la force disponible : ce sera, par exemple, une manivelle, si l’on emploie la force de l'homme, une roue, s’il s’agit d’utiliser un cours d’eau, un piston pour la tension de la vapeur, etc. La théorie des récepteurs dépend de la combinaison des lois de la dynamique avec les principes physiques qui sont relatifs aux divers agents capables de servir comme moteurs.

II. L'outil ou opérateur, qui se trouve en contact immédiat avec la matière à travailler. C’est une lime, un marteau, une pompe, un soufflet, etc. La connaissance pratique des outils est un des objets des études spéciales à chaque profes-

sion. La théorie de ces appareils est d'ailleurs fondée, comme celle des récepteurs, sur les principes généraux de la dynamique rationnelle.

III. Enfin, la transmission de mouvement, c’est-à-dire les pièces ou mécanismes interposés entre le récepteur et l’outil, pour que le mouvement du premier détermine sur le second le mouvement qui correspond à l’ouvrage à effectuer.

Notre deuxième Section est consacrée à l’étude géométrique des transmissions. Celte étude, exclusivement basée sur les considérations développées dans la Section précédente, fait partie de la Cinématique, telle que nous l’avons définie d'après l’illustre auteur de Y Essai sur la Philosophie des Sciences (*) : on pourrait l’intituler Cinématique appliquée, par opposition à la Cinématique pure. De toutes les branches de la Mécanique, il n’en existe pas dont la connaissance approfondie soit plus indispensable aux praticiens.

Elle ne suffit pourtant pas : et nous avons déjà eu occasion de dire qu’on se tromperait grandement si l’on croyait pouvoir inventer et exécuter des combinaisons d’organes, sans se préoccuper des efforts qui doivent s’exercer par l’intermédiaire de ces organes. Mais d’un autre côté les rapports des vitesses de tous les points d’une machine sont du domaine de la Géométrie : ces rapports ne dépendent en aucune façon des causes appelées à faire naître ou à entretenir le mouvement de la machine. 11 est donc possible de soumettre les mécanismes de transmission à une première étude purement

(*) « La Cinématique, dit Ampère (p. 5 1 ), doit étudier les différents in- » struments à l’aide desquels on peut changer un mouvement en un autre; en » sorte qu'en comprenant, comme c’est l'usage, ces instruments sous le nom » de machines , il faudra définir une machine, non pas comme on fait ordinain renient, un instrument à F aide duquel on peut changer la direction et F inten- » site d'une force donnée , mais bien un instrument à F aide duquel on peut » changer la direction et la vitesse tFun mouvement donné. Ou rend ainsi cette » définition indépendante de la considération des forces qui agissent sur la d machine; considération qui no peut servir qu’à distraire l’attention de celui » qui cherche à en comprendre le mécanisme. Pour se faire une idée nette, par n exemple, de l’engrenage à l’aide duquel 1’niguillc des minutes d’une montre » fait douze tours tandis que l'aiguille des heures n’en fait qu’un, est-cc » qu’on a besoin de s’occuper de la force qui met la montre en mouve- » nient? •

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