SOLIDES NATURELS
2412. Déflnition des solides naturels. — Nous avons vu dans les précédents chapitres que le solide matériel ne pouvait être conçu, même théoriquement, que comme cas limite d'un système matériel infiniment peu déformable : nous avons reconnu que, sous l'influence des forces tant intérieures qu'extérieures agissant sur les différents points d'un pareil système, des déformations devaient se produire, et nous avons établi certaines lois régissant ces déformations ainsi que les tensions et les mouvements vibratoires qui en sont la conséquence.
Dans les coiys naturels, que la Physique étudie sous le nom de solides, les déformations, au lieu d'être infiniment petites, sont simplement petites, et l'expérience a fait reconnaître qu'elles peuvent, selon la nature de ces solides, disparaître complètement lorsque les forces qui les ont produites cessent d'agir, ou bien, au contraire, persister plus ou moins et devenir permanentes :
dans le premier cas, le solide est dit élastique; il est dît mou dans le second.
Pour transporter ces faits d^observation dans le domaine de la théorie et pour préciser les définitions précédentes, nous appellerons solide parfaitement élastique un solide dans lequel on admet que les mouvements vibratoires tendent rapidement k 8*éteindre lorsque les forces perturbatrices disparaissent, en sorte qu'au bout d*un temps très court — infiniment court à la limite — tous les points reprennent les uns par rapport aux autres une situation identique à celle qu'ils occupaient primitivement. Nous dirons au contraire qu'un solide est parfaitement mou si , au moment où les forces perturbatrices cessent d'agir, les différents points sont supposés rester en équilibre dans les nouvelles situations qu'ils ont prises.
On donne généralement le nom de solides naturels aux solides qu'on étudie en Mécanique dans ces deux hypothèses.