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est préférable à celle de Willis ; nous en donnerons plus loin la raison physiologique. Il faut savoir que les origines du spinal doivent être distinguées en celles qui naissent de la moelle épinière pour aller constituer la branche externe du spinal, et en celles qui prennent origine de la moelle allongée pour aller former la branche anastomotique interne.
Toutefois, Scarpa a complètement ignoré cette disposition; il a décrit le spinal comme un tronc nerveux dont les fibres, sans distinction d’origine, se séparent en deux portions, et il admet que la partie anastomotique provient indifféremment de toutes les origines médullaires, puisqu’il suppose, coinme nous l’avons dit plus bas, que cette anastomose est destinée à apporter au pneumo-gastrique l’influence de toute la moelle cervicale. Bischoff n’a pas fait non plus cetté distinction, bien que ses expériences eussent dû l’y conduire. M. Longet, qui a reproduit la doctrine de Bischoff, a développél’erreur qui s’y rattache et a décrit l’anastomose interne comme provenant de toute la portion de la moelle épinière où s’insère le spinal. Seulement, cet auteur raisonnant sur cette disposition anatomique inexacte, veut lui trouver une cause finale, et il ajoute que c’est une prévision admirable de la nature d’avoir ainsi assuré les fonctions si importantes de la branche interne du spinal, en la faisant naître dans une étendue trèsconsidérable de la moelle épinière (Longet, TraUé d'anatomie et de physiologie du système nerveux, t. II, p. 266, 1842). II est vrai de dire que, depuis cette époque, M. Longet a complètement changé d’opi-
nion (Voyez son Traité de physiologie, t. Il, p. 312, 1850).
Relativement aux anastomoses que le spinal contracte, soit dans le canal rachidien, soit à son passage dans le trou déchiré postérieur, soit à sa sortie du crâne, on trouve une grande divergence d’opinions parmi les ana-
■ Avant son entrée dans le trou déchiré postérieur, le spinal forme un nerf successivement croissant de bas en haut, depuis la cinquième paire cervicale environ qui limite ses Origines inférieures.
•La plupart' des anatomistes décrivent, en effet, les origines du spinal comme se terminant infériem-ement chez l’homme au niveau de la cinquième paire cervicale; cependant il arrive souvent qu’en plaçant la préparation sous l’eau, on poursuit encore un ou plusieurs filaments ordinaires excessivement ténus jusqu’à la septième paire cervicale, et même jusqu’à la première paire dorsale.
Le tronc du spinal, alors placé sur les côtés dè la moelle épinière, semble être collé sur son faisceau latéral. Mais en soulevant ce nerf avec des pinces, on voit que ses radicules se portent obliquement en arrière et viennent s’implanter, en se bifurquant et quelquefois en se trifurquant, immédiatement au-devant des filets radiculaires des racines postérieures. Vers la partie supérieure du cou, les filets d’origine du spinal sont plus longs, et le tronc du nerf, placé tout à fait latéralement . à la moelle épinière, appuie sur la face postérieure du ligament dentelé. A mesure que l’on descend, les ori-
^es du spinal deviennent de plus en plus courtes et font conséquemment que le tronc du nerf se rapproche davantage des faisceaux postérieurs de la moelle, si bien que dans la partie inférieure du cou il est placé très en arrière et très-près des racines postérieures rachidiennes. Quoi qu’il en soit, les filets originaires duspinal naissent tous par des origines bifurquées ou trifurquées (ce caractère appartient aux racines antérieures), sur la partie la plus reculée des faisceaux latéraux, par conséquent immédiatement à côté des racines postérieures et bien en
Le tronc du spinal contracte dans son trajet intrarachidien quelques anastomoses avec les racines postérieures. Dans toutes les pièces que j’ai disséquées, ces connexions m’ont paru constantes et plus marquées avec les racines postérieures de la première paire cervicale, ainsi que l’avait déjà observé Bischoff II ne m’a pas semblé que ce fussent là de véritables anastomoses, c’est-à-dire un échange de filets nerveux entre le spinal et les racines postérieures. Souvent il arrive, en effet, que quelques filaments de la racine postérieure de la première paire cervical mais il est toujours facile de 1 qu’il n’y a là qu’un simple ac tomistes, et Mayer en particulier, o de ces accolements des petits corps ga tronc du spinal. J’ai cherché so naires sans succès. J’ai seulement vu quelquefois le petit' ganglion de la racine postérieure de la première paire cervicale adhérer au tronc du spinal, dont on pouvait
très-bien le séparer sur des pièces un peu macérées. A part cela, je n’ai pas vu de ganglion appartenant à l’accessoire de Willis.
Après avoir franchi la première paire cervicale, toutes les origines que le nerf spinal a tirées de la moelle épinière forment un tronc isolé B (fîg. 13), et c’est ce tronc nen'eux seul qui constituait pour Willis le spinal tout entier, ainsi que nous l’avons dit ailleurs. Cette portion du spinal monte vers le trou déchiré postérieur, en s’infléchissant un peu en dehors, et elle reçoit, chemin faisant, un certain nombre de filets B' (fîg. 13) nés de la moelle allongée, qui s’y accolent pour aller constituer plus tard la branche anastomotique interné. Willis considérait ces filets comme appartenant au pneumo-gastrique; c’est Scarpa qui les a rangés dans les origines du spinal. Il paraît, au premier abord, assez difficile de séparer nettement les filets du spinal émanés de la moelle, allongée de ceux du vague lui-même, qui naissent absolument sur la même ligne. Cependant ces filets, qui sont au nombre de trois ou quatre, ont des origines bifurquées ou trifurquées, ce qui n’a pas lieu pour les origines du vague, dont ils sont, du reste, souvent séparés par le passage d’un rameau de l’artère cérébelleuse postérieure.
Les trois ou quatre filets originaires B', nés de la moelle allongée, s’unissent quelquefois au spinal dans le canal vertébral, mais c’est le plus ordinairement à l’entrée du trou déebiré postérieur; et ils se placent en avant et au-dessus de la portion formée par les origines
que s’accoler pour aller former ensuite la- branche anastomotique interne du spinal.
. Le spinal, étant ainsi constitué par deux portions originairement distinctes, pénètre dans le trou déchiré en arrière et un peu aü-dessous du pneumo-gastrique. Chacune des deux portions originaires du spinal'peut être suivie isolément dans son trajet dans le trou déchiré postérieur. Le tronc B (fig. 13), qui est le résultat de toutes les origines médullaires du spinal, et que j’appellerai grmide radne médullaire, se place tout à fait en arriéré dans le trou déchiré postérieur, et sur des pièces macérées convenablement on peut toujours le décoller avec la plus grande facilité, et suivre sa continuité entière avec la branche externe du spinal. J’ai toujours constaté, ainsi que l’admettait Willis, que cette grande racine do spinal reçoit un filet anastomotique S du pneumo-gastrique lorsqu’elle est près de sortir du trou déchiré postérieur. Le faisceau k, qui provient de l’assemblage des mets radiculaires B' du spiral insérés sur la moelle allongée, et que j’appellerai courte racine bulbaire, est d’abord accolé par un' tissu cellulaire à la partie antérieure de la grande racine, avec laquelle il chemine pendant quelque temps comme étant dans un névrilème commun. Mais bientôt, en suivant avec soin cette courte racine, on constate qu’elle se sépare du tronc du spinal parun, deux où quelquefois plusieurs filets, qui se jettent dans le pneumo-gastrique.
Scarpa et les modernes qui ont suivi sa description n’avaient pas su, ainsi que je viens de l’étabbr, que là grande racine médullaire née de la moelle épinièfé và
édullaii-es du spinal. Cette opinion de Sca gée par Bischofî et par plusieurs autres lis elle a surtout été développée par c îles qui ont admis qu’il fallait que chacuni multipliées du spinal vînt concourir dans
lie des auteurs qui l ont adoptée, que le spinal est ui rf composé de deux portions, qui .sont distinctes à leu igine et à leur terminaison; que la grande racine mé llaire correspond à la branche externe du spinal, qu courte racine bulbaire correspond à la branche in
déjà arrivé à une distinction analogue des dissections minutieuses. De mon côl
siologiques; ce qui m’a permis non-seulement d’indi- . quer cette distinction, qui est un fait capital dans l’histoire du spinal, mais d’en donner la démonstration, ainsi qu’on le verra plus loin.
La branche interne du spinal, après s’être séparée de ce que l’on a appelé le tronc du spinal, se jette dans le pneumo-gastrique par un, deux ou plusieurs filets, l, m (fig. 13). Ces filets viennent se placer en arrière et un peu en dedans du tronc du vague, auquel ils ne font que s’accoler, sans se confondre dans l’intumescence gangliforme que ce nerf présente en ce point. Spence, se fondant sur cette particularité, compare ingénieusement le mode d’adjonction de cette branche interne du ■spinal au vague à la manière dont se comporte la petite racine motrice de la cinquième paire avec sa grosse racine sensitive.
Il est difficile de poursuivre longtemps les filets émanés de la branche interne du spinal et, anatomiquement, il est impossible de les distinguer aussi loin que nous le ferons plus tard à l’aide de l’expérimentation physiologique. On voit en effet la branche interne du spinal se diviser et s’éparpiller en filaments blancs sur le trône du vague, qui présente une intumescence gangliforiiie, grisâtre, marquée, en ce point. On peut constater cependant directement la continuation des filets de la branche interne du spinal jusque dans le rameau pharyngien, ainsi que l’avait très-bien figuré Scarpa. Sur des pièces convenablement macérées, les filets de la branche interne tranchent par leur blancheur sur le fond gris du tronc du nerf pneumo-gastrique; on les voit se com-
poser et se décomposer, sans cpi’il soit possible anatomiquement de les suivre isolément. Il ne m’a pas été possible de séparer, ainsi que Bendz l’a fait, les filets de la branche interne jusque dans le nerf récurrent ou laryngé mféneur. On ne peut pas non plus constater d’anastomose bien nette de la branche interne du spinal avec le glosso-pharyngien et l’hypoglosse dans le trou déchiré postérieur.
La branche externe du spinal, à sa sortie du trou déchiré postérieur, se dirige en dehors et en bas audessous des muscles digastrique et stylo-hyoïdien, puis au-dessous du muscle stemo-mastoïdien, traverse souvent ce muscle ou s’accole à sa face profonde pour gagner le muscle trapèze dans lequel le spinal se termine. Chemin faisant, la branche externe du spinal donne des branches au sterno-cléido-mastoïdien, et forme, au niveau de ce muscle, une sorte de plexus auquel concourent des rameaux venant des paires cerucales et, en particulier, de la troisième. Les anastomoses ont une disposition en anse très-marquée. Après avoir franchi le stemo-mastoïdien, le spinal affaibli reçoit encore des communications des deuxième et troisième paires cervicales. A la face profonde du trapèze, il reçoit deux branches des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales. C’est à tort qu’on a dit que chez l’homme le spinal se rendait dans d’autres muscles que le stemo-mastoïdien et le trapèze.
En résumé :
1* Le nerf spinal ou accessoire de Willis, étudié chez l’homme, est composé par une série de filaments ner-
veux à origines superficielles et bifurquées qui s’implantent sur la ligne de séparation des cordons postérieurs et latéraux de la moelle.
2” Ces filets d’origine du spinal commencent en haut sur les côtés de la moelle allongée, au-dessus du nerf vague, et descendent inférieurement jusqu’au niveau de la racine postérieure de la cinquième paire cervicale
. 3° Le nerf spinal doit être divisé en deux portions: .1“ \Si petite racine bulbaire qui naît de la moelle allongée au-dessus de la première paire cervicale, et qui est destinée à former la branche interne du spinal dite .anastomotique du vague ; 2° la grande racine médullaire qui prend naissance sur la moelle épinière cerricale, est destinée à former la branche externe du spinal.
4° L’anastomose entre lespinal et le pneumo-gastrique dans le trou déchiré postérieur n’est pas constituée uniquement par les anastomoses de la branche interne .qui se jettent dans le tronc du vague, mais il y a aussi ■ un ou plusieurs filets plusantérieurementsitués S (fig.13) qui proviennent du pneumo-gastrique et vont se jeter dans la branche externe du spinal. De sorte qu’en .réalité il y a un échange de filets entre le spinal et le pneumo-gastriqne.
.5° Le nerf spinal doit être considéré comme un nerf essentiellement moteur. Sa branche interne se . jette dans le vague et s’associe de plus au glosso-pharyngie» et au grand sympathique par l’intermédiaire du plexus pharyngien, tandis que la branche externe va s’associer avec le plexus cervical.
Chez les animaux, nous devons maintenir la division que nous avons établie entre les deux portions originaires du nerf spinal. Chez tous les mammifères que j’ai pu examiner (singe, chien, chat, lapin, chevreau, cheval, bœuf), on peut distinguer nettement et même
racine médullaire va constituer la branche externe du spinal, tandis que la courte origine bulbaire va former la branche anastomotique interne du spinal. J’ai surtout étudie cette disposition dans le chat et dans le
Les origines médullaires du spinal descendent chez certains mammifères beaucoup plus bas que chez l’homme; ainsi, chez le bœuf, le cheval, le chat, les derniers filets radiculaires descendentjusqu’au niveau de latroisièmeoudela quatrième vertèbre dorsale. Comme les ori^nes médullaires sont destinées, ainsi que nous l’avons établi, à constituer finalement la branche externe du spinal, il en résulte que chez les mammifères, plus les origines du spinal s’étendent inférieurement, plus la branche externe devient volumineuse, et vice versa.
Je n’ai jamais constaté chez les mammifères des anastomoses intra-rachidiennes entre les racines postérieures de la deuxième paire cervicale, ainsi qu’on en a signalé chez l’homme. Chez le lapin, le chien, le cheval, etc., la branche externe se distribue aux muscles de l’épaule, ce qui apporte quelques différences avec ce qui a lieu chez l’homme. Les or^es bulbaires
se jette dans le vague, toujours au-dessus du ganglion cervical m, ainsi qu’on le voit aussi sur le chat et sur
Chez le chien, le chat, le lapin, le bœuf, j’ai toujouis vu, comme chez l’homme, la branche interne du spinal s’anastomoser et se confondre avec le vague. 11 paraîtrait cependant que cela n’est pas un fait général, car Vrolik dit que chez le chimpanzé la branche interne du nerf spinal ne se réunit pas au vague, et va directement au larjmc, tandis que la branche externe de ce nerf chez le même animal se distribue au stemo-niastoidien et au trapèze, mais presque exclusivement à ce dernier muscle.
Chez les oiseaux et les reptiles, la grande origine médullaire du spinal a tout à fait disparu et il ne reste plus que la courte origine bulbaire, ainsi qu’on peut le voir sur le coq. Aussi chez ces animaux il n’y ï pas de branche externe du spinal et cela est facile à concevoir, puisque sa partie originaire à, la moelle épinière manque. Il faut encore noter comme conséquence, chez les oiseaux et les reptiles, l’absence des muscles analogues aux stemo-mastoïdiens et trapèzes.
. Bischoff avait déjà remarqué que chez les oiseaux toutes les origines du spinal se jettent dans, le vague; mais, comme U ignorait la division de ce nerf en deux porlions, l’ime bulbaire, l’autre médullaire, il n’avait pas donné à ce fait sa véritable interprétation en établissant, ainsi que je viens de le faire, cette persistance des origines bulbaires du spinal quand les racines médullaires ont disparu. Nous ferons ressortir ultérieurement
l’iiBportaace physiologique de ce fait d’anatomie comparée;
Cheü les poissonsj le nerf spinal n’etdste pas, par cela seul qu’il n’a plus aucun rôle à remplir, ainsi que nous lé montrerons.
Les propriétés du nerf spinal sê rapportent, d’une part k Sa sensibilité récUrrentêi et, d’autre part, à son kmhüité à l’éÿeitation gOlmnique.
La sensibilité récurrente existe dans le nerf spinal comme dans les râcinês rachidiennes antérieures- et dans quelques autres nerfs de mouvement. Je l’ai constatée chez le chien, le chat, le lapin, lé Chevreau. Il faut avoir soin de né pâs divisée la première et la deuxième paire cervicale en faisant la plaie, sans quoi on né trouve plus là sensibilité récurrente, et c’ést pour cela qu’il m’était arrivé de ne pâs la rencontrer dans quelques expériences.
J’ai d'abord expérimenté sur la sensibilité récurrente du spinal avant son entrée dans le trou déchiré postérieur, et je l’ai ensuite examinée après sa sortie du ërâne.
Première èxpériencéi Sur lâ partie intfOH'Mhiâieme iti spinal. — Après avoir mis à découvert la membrane occipito-atloïdienne sur Un gros chien, jè l’ai fendue et j’ai pu voir les deux troncs formés par les racines médullaires du spinal, qui étaient placés sur les côtés de la moelle allongée. Ayant laissé réposer l’animal quelque temps, j’ai soulevé le spinal gauche aü moyen d’un petit crochet et avec beaucoup de précautions; puis, afin d’avoir plus de liberté pour le pincer, je l’ai divisé
cale. Agissant alors sur les deux bouts du tronc nerveux divisé, j’ai constaté clairement que le bout supérieur ou périphérique était sensible, tandis que le bout inférieur ou central ne paraissait posséder aucune sensibilité. J’ai obtenu les mêmes résultats sur le spinal du côté opposé. Pourm’assurer d’où venait cette sensibilité du bout périphérique, j’ai coupé le vague, qui, théoriquement, avait été regardé comme la racine postérieure du spinal, et aurait dû,- à ce titre, lui foumü- la sensibilité récurrente. La section du pneumo-gastrique du même côté, ou même du côté opposé, ne produit pas la disparition ni aucune dmimution de la sensibilité récurrente du spinal. Alors, j’ai divisé dans le canal rachidien la racine postérieure de là première paire cervicale qui s’offrait ù ma vue, et aussitôt après, la sensibilité du bout supérieur ou périphérique fut considérablement diminuée, mais non entièrement abolie. Pour l’éteindre il me fallut encore couper la deuxième et la troisième paire cervicale : pour cela, j’allai chercher ces racines avec soin à leur sortie du trou de conjugaison, en renversant les muscles postérieurs de dehors en dedans, afin de ne pas diviser les anastomoses du plexus cervical et du spinal. Cette'expérience prouve donc ;
1° Que le spinal possède la sensibilité récurrente, dès son origine;
2“ Qu’elle ne lui est point fournie par le pneumogastrique, mais par les trois premières paires cervicales.
Deuxième expérience. Sur la partie extrarcrâràem du spinal. — Sur un gros chien, bien nourri et bien