‹ Cours de médecine du Collège de FranceChapitre 9 sur 19 · DIXIÉME LEÇON · texte numérisé non relu

DIXIÉME LEÇON

conséquemment incomplets.

Les résultats obtenus au milieu de ces circonstances défavorables ne m’ont pas paru, ainsi qu’à beaucoup de physiologistes, suffisamment concluants, et on ne pouvait eu attribuer la faute qu’au procédé expérimental) qui était défectueux, car le sujet avait été étudié avec autant de conscience que de savoir.

J’ai entrepris autrefois des recherches à ce sujet, dans la pensée que, si on trouvait le moyen de conserver la vie aux animaux, et cependant de détruire chez eux complètement toutes les origines du spinal, le problème serait résolu.

Après des épreuves longues, et multipliées, j’ai enfin réussi à faire ce que n’avaient pas fait mes devanciers, à observer et à étudier pendant un temps considérable les troubles apportés aux fonctions des animaux auxquels j’avais enlevé complètement les nerfs spinaux ou accessoires de Willis. J’ai pu en conséquence présenter des faits nouveaux, qu’on trouvera, je l’espère, déduits d’une expérimentation aussi rigoureuse que possible.

Dans l’exposé des travaux qui ont été entrepris pour arriver à établir le rôle physiologique du nerf spinal, je passerai succinctement en revue les principales opinions émises jusqu’à ce jour sur les fonctions de ce nerf. Je m’arrêterai principalement au travail de Bisehofî, et je discuterai avec soin cette doctrine actuellement régnante, d’après laquelle on voudrait confondre le pnenmo-gastrique et le spinal comme les deux racines d’une paire nerveuse rachidienne. L’importance de cette

théorie et ia célébrité qu’elle a acquise justifieront sans doute l’étendue des développements que je donnerai à son examen.

Je vous rappellerai ensuite les recherches anatoniiques et physiologiques à l’aide desquelles j’ai déterminé les Jonctions du spinal. Sous le rapport anatomique, je crois avoir été conduit à des vues nouvelles, qui éclaireront et simplifieront les descriptions très-diverses et souvent confuses qu’on a données sur les origines et la distribution du nerf spinal. Sous le rapport physiolo^qne,a j’insiste sur les procédés d’expériences qui me sont propres, c’est qu’ici plus que jamais les résultats dépendaient des moyens d’analyse et d’expérimentation. i° WiLus (-1664). Galien n’avait sur le spinal que des • connaissances fort incomplètes, et il considérait ce nerf comme un rameau du pneumogastrique (6" paire de Galien). Willis le premier décrivit comme un nerf particulier le spinal, auquel il reconnut une origine et une disiriDuuon oistinetes de celles du pneumo^âstriqne. Il assigna également un côté physiologique différent à ces deux nerfe. ' '

Willis signala parfaitement les origines du spinal ii la moelle épinière cervicale ; il décririt son trajet ascendant dans le canal vertébral et sa sortie du crâne avec le pneumo-gastrique par le trou déchiré postérieur. Il insista sur les connexions que le nerf spinal offre dans le trou déchiré postérieur avec le pneumo-gastrique, et il regardait déjà cette anastomose comme un lien physiologique entre les deux nerfs. « C’est dans ce point, ditil, que le vague (ou pneumogastrique) peut, à la faveur

d’une étroite union, communiquer ses fibres, et, par suite, ses propriétés à l’accessoire (ou spinal). »

Or, voici comment Willis interprétait physiologiquement cette union nerveuse. Suivant lui, le spinal était un nerf moteur mlontaire, qui remontait dans le crâne et s’adjoignait au vague, non pour lui fournir, mais au contraire pour lui emprunter des fibres et par suite une influence jnotrice involontaire. D’où il résultait, d’après Willis, qu’indépen'dammenl de sa vertu motrice volontaire qu’il tirait de la moelle épinière cervicale, le spmal possédait de plus, par cet emprunt de filets au vague, une faculté motrice involontaire acquise, qui lui permettait d’agir sympathiquement avec le pneumogastrique dans certains mouvements des passions se passant dans le cou et dans le membre supérieur. Puis l’auteur supposait que c’était afin de contractèr cette anastomose importante dans le trou déchiré postérieur que le spinal né de la moelle épinière cervicale avec les nerfs volontaires était obligé de remonter dans le crâne et de parcourir un trajet si bizarre. Enfin, Willis ajoutait qu’au moyen de cette anastomose nerveuse le spinal devenait l’auxiliaire ou, suivant son expression, Xaccessoire du pneumo-gastrique.

Cet exposé de la théorie de Willis sur les fonctions du

spinal prouve clairement que cet auteur admettait que le pneumo-gastrique fournit une anmtomose au nerf spp- Ml, tandis que Scarpa et tous les modernes admettent au contraire que c’est le pneumo-gastrique qui reçoit tne mmlomse du spinal. Dans la deuxième partie de ce travail, je prouverai que la description de Willis n’en

est pas moins très-exacte, et que, si elle ditfère de celle de Scarpa j cela tient uniquement à ce que les deux auteurs ont délimité différemment les origines du nerf

^2“ SCABPA (1788). Scarpa, comme Willis, chereta à expliquer les fonctions du spinal par Funion anatomique que ce nerf offre avec le pneumo-gastrique. Seulement il donna une description de cette anastomose tout opposée à celle de Willis. Scarpa, en effet, a décrit, sous le nom de hraTtche interne du spiml, un rameau considérable que ce nerf envoie dans le tronc du vague au niveau du troü déchiré postérieur, et il considérait déjà cette anastomose comme une sorte de racine mlrice fournie par la moelle cervicale au nerf pneumo-gastrique. Cette interprétation, qui fut admise par Sœmmerring, Arnold, etc., se retrouvera plus tard soutenue par Bischoff avec des développements nouveaux.

Comme doctrine physiologique, Scarpa pensait que le nerf spinal (ou accessoire de Willis) ne s’insère si longuement dans le canal vertébral qu’afm de porter au pneumo-gastrique l’influence nerveuse de toute cette étendue de la moelle. « Le nerf accessoire, dit-il, quia la même origine que les nerfs du bras, remonte dans le crâne pour envoyer un rameau dans le vague ou pneumogastrique, et lier ainsi sjTnpathiquement les mouvements qu’il régit à ceux du membre supérieur et du cou. » Bien que cette opinion semble se rapprocher de celle de Willis, en ce que le nerf spinal servirait à établir une relation sympathique entre les mouvements de la respiration et ceux du bras et du cou, elle en dif-

fëre cependant essentiellement quant au fond. Pour WiBis, c’était le pneumo-fastrique qui communiquait son influence au spinal, tandis que, pour Scai-pa, c’était au contraire le spinal qui apportait au vague l’influence delà moelle épinière. Ces deux théories, au lieu de se confondre, sont donc en pleine opposition. Il ne pouvait en être autrement, puisque les deux auteurs ont basé leurs explications sur le même fait anatomique (l’anastomose du spinal et du vague) interprété d’une manière tout opposée.

3” Ch. Bell (1821). Tel était Tétat de la question sur les fonctions du spinal lorsque la decouverte de Ch. Bell et Magendie sur les usages des nerfs rachidiens vint donner un nouvel élan à la physiologie du système nerveux. Ch. Bell et Magendie, comme on sait, furent les premiers qui démontrèrent expérimentalement la localisation des nerfs de sentiment dans les racines postérieures et celle des nerfs de mouvement dans les racines antérieures de la moelle épinière. Mais le physiologiste anglais subdivisa de plus les nerfs .moteurs en deux ordres ; les uns, motenrs volontaires, nés e.xclusivement du faisceau antérieur de la moelle, et les autres présidant aux mouvements involontaires on respratoires et prenant leur origine sur le faisceau médullaire latéral. Dans cette dernière classe, il range le /«ml, hglosso-pharyngien, lepneumo-gastrique, le spinal ou ^accessoire et l’hypoglosse. Toutes les recherches de Ch. Bell sur le spinal furent faites dans, le but de confirmer sa théorie des nerfs respiratoires.

Pour cet auteur, le spinal doit être un nerf respira-

que cetix gifindique Ch. Bell. Quelques autres physiologbtes n’ont pas non plus réussi. Bischoff rapporte également deux expériences dans lesquelles il coupa sur des chiens les spinaux sur les côtés de la moelle allongée j sâ semaines après, la plaie du cou étant guérie, il constata que les mouvements des sterno-mastoïdiens étaient très-visibles quand on provoquait de grandes inspirations en comprimant les narines de l’animal.

En définitive, il demeure incontestable qu’en réséquant les nerfs spinaux, on paralyse certains mouvements dans les muscles stemo-mastoïdien et trapèze. Mais, . contre l’opinion de Ch. Bell, il semblerait plutôt qu’on abolit les mouvements non respiratoires, puisque nous avons vu ces mouvements persister sous la seule influence du plexus cervical. Du reste, Ch. Bell n’établit pas assez nettement dans son. expérience sa distinction entre les mouvements volontaires et respiratoires. Plus tard, nous aarons encoreà revenir sur ces expériences de Ch. Bell, qui se rapportent uniquement, comme on le voit, à la tranche externe du spinal, et nullement au rôle fonctionnel de sa branche interne ou portion anastomotique avec le pneumo-gastrique, qui avait au contraire spécialement fixé l’attention de Willis et de Scarpa.

4“ Bischofp (1832). Depuis la découverte de Ch. Bell et Magendie, les études physiologiques poursuivies de tous côtés avec persévérance avaient suscité des recherches anatomiques plus minutieuses, qui avaient assis la doctrine de la séparation des nerfs moteurs et sensitifs sur des preuves nouvelles. Comme tout système en faveur, celui-ci tendait de jour en jour h se généra-

liser. Déjà des travaux importants de Sœmmerring, de Ch. Bell, d’Esohricht, etc., sur la cinquième paire et sur le facial, faisaient penser que l’on pourrait aussi, de même que pour les paires rachidiennes, distinguer dans les nerfs crâniens l’élément moteur de l’élément sensitif et par là les ramener à la même systématisation.

La jonction anatomique du pneumo-gastrique et du spinal semblait se prêter à cette manière de voir. Déjà Gœres, en 1805, c’est-à-dire avant la découverte des propriétés des nerfs rachidiens, avait dit qu’on pouvait . comparer les origines du vague et de l’accessoire ani deux racines d’une paire rachidienne. Cette vue, déjà indiquée par Scarpa et plus tard partagée par Arnold a quelques anatomistes , fut reprise par Bischoff, qui eut le mérite de l’introduire dans la science. Cet auteur, dans un travail remarquable, s’appuyant d’une part sur l’anatomie humaine et comparée, et d’autre part sur l’expérimentation physiologique directe, vérifia pleinement le théorème de Gœres et avança cette proposition absolue, que le pneumo-gastrique (nerf sensitif) et le spinal (nerf moteur) ont des origines distinctes . et se trouvent entre eux dans le même rapport anatotbique et physiologique , que les deux racines d’une paire rachidienne : Nervus accmorius Willisii est nervus motorms atque eamdemhalet rationemad nermmuagumquiseur siUlitati solummodo prceest, quant antiqua radia neni spinalis ad fosticam.

Une semblable démonstration, dans laquelle les prévisions de la théorie se trouvaient si pleinement confirmées par Texpérience,- produisit une vive sensation. Le

nom do l’auteur et des illustres témoins devant qui il fit son expérience contribuèrent à porter rapidement la conviction dans les esprits et firent accepter celte doctrine avec toute la confiance qu’elle paraissait mé-

Cependant la difficulté de reproduire l’expérience telle que l’indique Bischoff, quelques objections anatomiques faites à cette manière de voir, qui ne semblaient pas suffisamment résolues dans le travail du physiologiste allemand, laissèrent encore des doutes dans l’esprit d’un certain nombre de physiologistes, qui ne forent pas entièrement convaincus. Muller, Magendie, etc., étaient de ce nombre, et attendaient, avant de se prononcer sur cette question, qu’on eût rassemblé de nouveaux faits. Magendie, ayant répété plusieurs fois l’expérience de Bischoff n’obtint pas des résultats semblables, et il signala le premier certains désordres qui surviennent dans la démarche de l’animal, et parücubèrement dans les mouvements des membres antérieurs, à la suite de la section des nerfs spinaux dans le crâne.

Du reste, en lisant le travail de Bischoff, il est facile de voir que cet auteur est sous l’influence de la tendance scientifique régnante, et qu’il se préoccupe, avant tout, de confirmer une analogie théorique entre une paire rachidienne et les nerfs pneumo-gastrique et spinal. Aussi, le problème, tel que Bischoff se l’est posé, n’a pas été d’étudier d’une manière générale les fonctions du spinal; mais, dominé par le point de vue systématique, il arrive de.suite à se demander ;

1” Le spinal est-il anatomiquement une racine antérieure associée au nerf pneumo-gastrique ?

2“ Le spinal est-il physiologiquement une racine antérieure motrice, tandis que le vague serait la racine postérieure sensitive correspondante?

Toute la thèse de Bischoff a pour but la démonstration affirmative de ces deux propositions. Nous devons les reprendre et les examiner chacune à part dans l’appréciation critique que nous allons faire de la doctrine qu’elles représentent.

Première PROPOSITION. — Le nerf spinal peiit4l être comparé sous le rapport anatomique à la racine antérieure Æurie paire rachidienne dont le pneumo-gastrique représenterait la racine postérieure ?

Les principaux arguments apportés par Bischoff et par les autres auteurs qui ont soutenu cette comparaison anatomique se résument en disant :

1° Que le nerf spinal, comme une racine rachidienne antérieure naît du faisceau antéro-latéral de la moelle;

2® Que ce nerf, comme une racine rachidienne antérieure, est toujours dépourvu de ganglion sur son trajet;

3° Que le spinal, en s’anastomosant dans le trou déchiré postérieur, par sa branche interne avec le pneumogastrique au-dessous de son ganglion jugulaire, se comporte à l’égard de ce nerf de la nàême manière que le fait une racine rachidienne antérieure, quand elle s’unit à sa racine postérieure con-espondante dans le trou de conjugaison, après son ganglion intervertébral;

4" Enfin, on ajoute que la distribution de la branche externe du spinal dans les muscles stemo-mastoïdien et trapèze établit pleinement sa nature motrice.

Tout le monde admet, en effet, et cela est incontestable, que le spinal possède les caractères anatomiques d’un nerf moteur. Ce qui n’empêche pas, ainsi qu’il sera facile .de le démontrer, que les rapprochements précédents, qui tendraient à faire considérer ce nerf comme la racine antérieure du pneumo-gastrique, ne soient complètement inexacts et forcés.

D’abord, le mode d’origine du spinal n’est pas le même que celui d’une racine antérieure. Ce nerf prend

moelle épinière, tandis que chaque racine rachidienne naît d’un point très-limité. Ensuite, au lieu de s’insérer comme les racines antérieures, dans le sillon de séparation du faisceau antérieur et du faisceau latéral, les filets originaires du spinal émergent d’une partie de la moelle beaucoup plus reculée et très-peu du faisceau postérieur.

Sous le rapport de ses variations de volume chez les animaux, le spinal ne se montre pas, comme une racine rachidienne antérieiu-e, d’autant plus volumineux que les organes musculaires auxquels il se distribue prennent un plus grand développement.

Ainsi le’ spinal n’augmente pas chez les animaux dont les organes pharyngo-gastriques acquièrent un volume considérable. Chez le bœuf, où il y a quatre estomacs très-musculeux et des mouvements spéciaux de rumination, le spinal n’est pas plus gros que chez le cheval.

où il y a un estomac simple, très-petit, dans le(iuel les aliments séjournent pendant très-peu de temps.

Mais le rapprochement le plus erroné qu’on a voulu établir entre le spinal et une racine antérieure, c’est d’avoir comparé son anastomose avec le pneumo-gastrique dans le trou déchiré postérieur à l’union qui s’établit entre les racines rachidiennes antérieure et postérieure dans le.trou de conjugaison.

En effet, les deux racines rachidiennes, un peu au delà du ganglion intervertébral qui appartient à la racine postérieure, se joignent et se réunissent de telle manière qu’il y a une décussation intime entre leurs fflels. Cette intrication est entière et se montre comme une fusion complète des deux racines en un nerf mixte; de telle sorte qu’il devient impossible de distinguer si un rameau né au delà de cette union provient de la racine antérieure plutôt que de la racine postérieure..

Pour le spinal, au contraire, c’est une simple joncdon partielle de sa branche interne avec le tronc du pneumogastrique. Bischoff, pai-tageant l’opinion de Scarpa, de Gceres, etc., pensait que cette branche anastomotique interne résultait indistinctement de filets émanés de toute l’étendue des origines du nerf spinal. Mais les diS: sections de Bendz, de.Spence, ainsi que. les miennes, prouvent clairement que le rameau anastomotique, qui se jette dans, le tronc du pneumo-gastrique; provient uniquement des trois ou quatre filaments originaires les plus élevés du spinal, qui naissent de la moelle allongée, tandis que toutes les origines situées au-dessous et s’insérant sur la moelle cervicale composent la branche

externe du spinal, qui reste complètement étrangère à l’anastomose du spinal et du pneumo-gastrique.

Il n’y a donc, d’après cela, que les fJets originaires du spinal provenant de la moelle allongée qui s’anastomosent avec le vague, et ce seraient les seuls qu’on pourrait réellement chercher à considérer comme représentant la racine antérieure pneumo-gastrique.

Mais la comparaison, même ainsi restreinte, est encore fautive. En effet, si nous supposons que la branche interne du spinal seule joue le rôle d’une racine antérieure à r^ard du 'pneumo-gastrique, elle devrait se confondre avec lui comme le fait une racine antérieure avec sa racine postérieure correspondante. Or, au lieu d’une fusion complète, il existe un simple accolement, et on constate clairement par la dissection la plus facile que, parmi lés filets de cette anastomose interne du spinal, il en est qui se continuent directement avec la branche pharyngienne du vague, tandis que, à l’égard des rameaux qui naissent après l’union des racines rachidiennes, ainsi que je l’ai déjà dit, le scalpel le plus habile ne pourrait les débrouiller, tant la fusion des deux ■nerfs a été intime. Spence, qui a soutenu cette opinion que la branche interne du spinal représentait seule la racine antérieure du vague, n’a pas admis la fusion des deux nerfs, car il compare très-ingénieusement cette anastomose à la petite i-acine motrice de la cinquième

Une abjection grave doit encore être faite à la manière dont on a considéré l’anastomose du spinal dans ses rapports avec le ganglion du pneumo-gastrique. On

sait en eflèt que chaque racine antérieure rachidiame s’unit à la racine postérieure un peu au delà du ganglion intervertébral de cette dernière. La plupart des auteurs regardant le ganglion jugulaire , du pneumo-gastrique, qu’on voit exister sur son trajet au moment où il pénètre dans le trou déchiré postérieur, comme l’analogue du ganglion intervertébral d’une racine postérieure, ont cru trouver là un argument en faveur de leur doctrine en disant que le spinal s’unit au pneumo-gastrique au-dessous de ce ganglion. Mais il fallait prouver d’abord que ce ganglion du pneumo-gastrique était l’analogue du ganglion intervertébral d’une racine rachidienne postérieure'. Or, il est facile de démontrer que le seul ganglion qui pourrait être rapproché de celui des racines postérieures est celui qui existe sur le trajet du pneumogastrique, au-dessous de l’anastomose du spinal. Ce ganglion est très-visible et nettement délimité chez certains animaux, tels que le chat et le lapin (6g. 14, », »), tandis que chez l’homme il est représenté par une sorte d’intumescence ganglionnaire diffuse du tronc du pneumo-gastrique à laquelle on donne le nom de plexm gangliforme, et qui avait été décrite déjà parfaitement par Scarpa. De sorte que l’anastomose du spinal diffère encore de celle d’une racine antérieure, en ce qu’elle se jette dans le pneumo-gastrique réellement audessus du ganglion, qui est l’analogue de celui d’uneracinepostérieure.

En résumé, à cause de toutes les différences précédemment signalées, je conclus c qu’au point de vue « anatomique, les nerfs pneumo-gastrique et spinal ne

i sont pas dans les mêmes rapports que les deux racines ■J d’une paire rachidienne, et que le. rapprochement î qu’on a voulu établir entre eux à cet égard me paraît

Deuxième PROPOSITION. — Le nerf spinal peut-il être emparé physiologiquement à la racine antérieure d’une paire rachidienne dont le pneumo-gastrique représetuferait la racine postérieure^

d" Sms le rapport de sa sensibilité récurrente.

Aujourd’hui il est parfaitement établi (Yoy. I" vol.) que les racines antérieures rachidiennes, qui sont spécialement motrices, manifestent cependant aux irritations physiques ou mécaniques une sensibilité qui est tout à fait particulière, en ce qu’eUe semble venir de la périphérie, ce qui l’a fait nommer sensibilité en retour ou sensibilité récurrente.

Il s’agit actuellement déjuger avec ce nouveau caractère la question d’association du pneumo-gastrique et du spinal. Il s’agit, en un mot, de savoir si le spinal est la racine antérieure du pneumo-gastrique. Pour cela, on le comprend, il faut rechercher si la sensibilité récurrente du spinal provient du pneumo-gastrique, de même que la sensibilité récurrente d’une paire rachidienne antérieure provient de sa racine postérieure correspondante. Si le pneumo-gastrique fournit la sensibilité au spinal, on pourra dire qu’il remplit relativement à lui le rôle d’une racine postérieure. Dans le cas contraire, la question devra être jugée en sens inverse, puisque la propriété essentielle qui caractérise l’association des deux

postérieures rachidiennes ou le nerf mixte qu’elles forment sont invariablement doués d’une sensibilité trèsvive, le pneumo-gastrique, au contraire, examiné au milieu du cou, présente, au moins dans la moilié des cas, chez le cbien, une sensibilité nulle ou très-obtuse; et h èz le lapin, je ne l’ai jamais pu trouver doué d’une sen- . sibilité très-évidente.

2" Sous le rapport de ses propriétés motrices à V excitation. galvanique, le spinal est-il comparable à une racine rachidienne. antérieure?

Muller le premier s’est servi convenablement de l’excitation galvanique pour distinguer les racines rachidiennes entre elles. L’expérience peut être faite sur un animal vivant ou immédiatement après la mort, et voici comment on s’y prend ; après avoir coupé les racines du nerf et les avoir séparées du centre nerveux, on applique le galvanisme à leur bout périphérique et on constate, en agissant avec les précautions nécessaires, que l’iiritation galvanique portée sur le bout périphérique d’une racine antérieure coupée donne lieu sur-le-champ aux convulsions les plus violentes, tandis que, lorsqu’on agit sur le bout périphérique d’une racine postérieure, on lienprovoque jamais. Muller avait conseillé,' pour juger la question, de savoir si le pneumo-gastrique et le spinal étaient dans les mêmes rapports physiologiques qu’une racine antérieure et postérieure, d’employer l’excitation galvanique. Voici comment il indiqua l’expé-

riénce ; « Il faudrait, pour résoudre cette question, employer la méthode dont j’ai fait usage pour les nerfs rachidiens, et qui consiste à faire agir des irritants tant mécaniques que galvaniques sur ces racines, afin de voir si ces irritations appliquées au nerf accessoire dans l’intérieur même du crâne chez un animal récemment mis k mort, occasionnent des convulsions du pharyni, et si le nerf vague, traité de la même manière, n’en déterminerait pas. D Ces expériences galvaniques, indiquées par Muller, ont été faites par MM. Van Kempen, Hein, Bisohoff et Longet

Les recherches de tous les auteurs précités sont d’accord pour démontrer que le spinal se comporte aux irritations galvaniques comme un nerf moteur; mais elles diffèrent quand il s’agit de déterminer si les mouvements qu’on provoque dans ce nerf se transmettent au pnenmo-gastrique.

Hein assure que l’excitation du pneumo-gastrique détermine des convulsions dans le pharynx et dans le voile du palais. Van Kempen avance de son côté, que ces mouvements du vague ne viennent pas du spinal, car l’excitation de ce nerf ne détermine pas, suivant lui, de convulsions dans le larynx.

M. Longet est en opposition avec Hein et Van Kempen, et il soutient que le pneumo-gastrique n’a aucune faculté motrice par lui-même, parce que son excitation galvanique dans le crâne ne détermine aucune convulsion dans le pharynx ni dans le larynx, tandis que l’excitation galvanique du spinal provoque au contraire des contractions violentes dans le larynx.

Cette différence dans les résultats provient de la manière différente dont chaque auteur a délimité son expérience, ainsi que je le montrerai plus loin. Pour le moment je dirai seulement que je partage pleinement l’opinion généralement admise aujourd’hui par la plupart des physiologistes, que l’excitation galvanique appliquée au pneumo-gastriquepeut déterminer des mouvements dans le pharynx et le larynx.

J’admets donc que le galvanisme convenablement appliqué met en évidence dans le pneumo-gastrique une source motrice propre, indépendante de celle que la branche interne du spinal porte au larynx. D’où je conclus que 1 le pneumogastrique ne se comporte pas à » l’excitation galvanique comme une racine rachidienne J postérieure, et que le spinal ne lui fournit pas exolu- » sivement.sa faculté motrice, comme cela a lieu pour t une racine antérieure à l’égard de sa racine postérieure » correspondante, i

3° Som le rapport de sa fonctionmotrice, les vivisections démontrent-elles que le spinal est la racine antérieure du pneumo-gastrique?

Il s’agit encore d’examiner à l’aide d’autres expériences, si le spinal est la racine motrice du pneumogastrique, autrement dit, si tous les mouvements dü pharyiLx, de l’œsophage, de l’estomac, du cœur et des poumons auxquels préside le nerf pneumo-gastrique, tirent exclusivement leur source de l’anastomose que le spinal (nerf moteur) envoie dans le nerf pneumogastrique. C’est là l’opinion que Bischoff a développée dans le travail que nous avons déjà cité. Voyons les argu-

ments qu’il avance et les faits sur lesquels il s’appuie.

Partons de ce fait que, lorsqu’on coupe à leur origine toutes les racines postérieures de la moelle épinière qui se rendent dans un membre, la sensibilité seule s'y tmte complètement abolie; tandis que, si l’on agit uniquement sur les racines antérieures correspondantes, la motilité est seule détruite dans le membre, qui a néanmoins conservé toute sa sensibilité. Eh bien, il est facile de comprendre que c’était de la même manière qu’on devait pouvoir démontrer les propriétés de la prétendue paire pneumo-spinale. Cela se résume donc, comme le dit Bischoff, à couper le spinal avant son union avec le pneumo-gastrique, et la question sera résolue si, après cette section, la faculté motrice du pneumo-gastrique est entièrement abolie, ainsi que cela arrive aprèsla destruction des racines antérieui’es qui se rendent dans nu membre. C’est dans la vue de chercher cette démonstration que Bischoff ainstitué ses expériences, quejerappelle ci-après.

Expériences de Bisclioff. — Des sept e.xpériences que cét auteur rapporte, une seule lui paraît probante : c’est la dernière. Nous les mentionnerons toutes, cependant, à cause de certaines particularités qu’elles ont offertes et pourne rien négliger des arguments sur lesquels Bischoff appuie sa théorie.

Première expérience (chien). ^ Essai infructueux pour arriver sur les origines du pneumo-gastrique et du spinal, au moyen d’une couronne de trépan. « La mort survint rapidement, dit Bischoif, par l’hémorrhagie qui résulte de l’ouverture des sinus veineux. »

Pour ses autres expériences, l’auteur choisit un procédé qui consistait à fendre la membrane occipitoatloidienne après avoir disséqué les muscles postérieurs du cou au moyen d’une incision en T.

Bsuxième expérience (chien). — L’animal, épuisé par la perte considérable de sang, meurt avant la fin de

Troisième expérience (chien jeune et vigoureux). — Le ligament occipito-atloîdien étant mis à découvert et la dure-mère ayant été divisée, il s’écoula une grande quantité de liquide céphalo-rachidien. Bischoff, voyant alors distinctement les deux nerfs spinaux placés sur les côtés de la moelle allongée, parvint à les diviser facilement au-dessus de la première paire rachidienne. Lors de la section du nerf spinal droit, le chien hurla et pencha la tête à droite. Au moment de le section du spinal gauche, l’animal poussalemême cri et pencha la têtede ce côté. Mais le sinus veineux latéral droit ayant été blessé, l’animal mourut aussitôt.

î Cette expérience, de même que les précédentes, ne prouve rien, v dit Bischoff. « L’expérimentation est trèsdifficile, ajoute-t-il, à cause de la grande quantité de sang qui gêne le manuel opératoire et dont la perte affaiblit les animaux au point de compliquer singulièrement les résultats. j> Cependant il poursuit ses tentatives.

Qmtrième et' cinquième expérience (sur deux chiens). — Bischoff parvint à diviser la membrane occipito-atloïdienne et à couper les deux spinaux dans le canal vertébral au-dessus de la première paire rachidienne. Après

cette opération, les deux chiens èurentlavoix rauque et altérée. Tous deux purent être conservés jusqu’à guérison, et ce qu’il y eut de remarquable, c’est qu’après quelques semaines la voix revint à son timbre ordinaire. L’autopsie faite alors avec beaucoup de soin prouva que les spinaux étaient bien coupés, mais elle laissa aussi constater, dit Bischoff, qu’au-dessus du point de leur section il restait quelques filets originaires du spinal, qui permettaient à ces nerfs d’e.xécuter encore leurs fonctions. L’ablation des spinaux n’avait donc été que partielle.

Sixième expérience (chevreau). — Bischoff commençait à désespérer d’arriver à une expérience complète, quand par hasard il observa que sur les chèvres l’espace entre l’occipital et l’atlas, étant beaucoup plus grand, permettrait d’atteindre les racines supérieures du spinal. Il se décida à tenter de nouvelles expériencessur ces animaux qui, plus criards et plus sensibles que les chiens, lui semblaient encore sous ce rapport devoir être plus favorables à' ce genre de recherches. Sur un premier chevreau, Bischoff, après avoir ouvert la membrane occipito-atloïdiénne, fut encore obligé de diviser tes os pour atteindre les racines supérieures du spinal. Malgré le sang qui coula en abondance, il coupa autant qu’il put les racines des nerfs accessoires. Cependant l’animal ne perdit pas entièrement la voix. L’autopsie étant venue apprendre qii’il restait encore quatre ou cinq filets originaires intacts de chaque côté, on s’expliqua comment

Bischoff ne refit plus cette expérience, et il se félicite beaucoup d’avoir pu réussir une fois devant des témoins aussi illustres que ceux qui l’assistaient.

C’est d’après cet unique fait que Bischoff a conclu que le spinal représentait la seule racine motrice du v£^e.

La théorie de Bischoff s’introduisit rapidement dans la science, et fut soutenue par des physiologistes de tous les pays; mais nulle part, sans doute à cause de sa difficulté, l’expérience de Bischoff ne fut reproduite, si ce n’est en France, où M. Longet parvint à la répéter trèsincomplétement sur un chien, qui eut la voix rauque après la section des origines du spinal d’un côté.

Cependant l’expérience de Bischoff, qui seule était complète, restait toujours comme l’unique argument sur lequel reposait toute sa théorie. Elle était évidemment insuffisante; ensuite elle prouvait simplement qu’d la suite de H ablation des spinaux la voix avait été abolie dam m cas. On ne pouvait pas rigoureusement inférer

dè ce simple résultat, comme l’ont fait Bischoff et ceux qui ont soutenu sa théorie, que le spinal préside à tous les mouvements de la moitié supérieure du tube digestif, à ceux des appareils vocal, respiratoire et circulatoire. L’analogie pouvait sans doute conduire à cette conclusion générale, mais, en physiologie expérimentale, l’analogie ne suffit pas, il faut avoir la preuve directe.

Comment pouvait-on faire pour démontrer cette influence du spinal sur les mouvements du cœur, de l’estomac, de l’œsophage, etc. ? Il fallait évidemment conserver les animaux après la section des deux spinaux et s’assurer sur eux que, outre l’abolition de la voix (par suite de la paralysie du larynx), le pharynx, l’œsophage, l’estomac, etc., étaient également -paralysés et ne fonctionnaient plus sous le rapport de leurs mouvements.

Or jamais, dans l’état où se trouvaient les- animaux que Bischoff avait opérés, il ne fut possible de constater ces. faits, car ils ne survivaient à l’opération que quelques heures au plus.

Le procédé expérimental que j’ai employé permet la survie des animaux, et laisse tout le temps nécessaire pour observer l’ensemble des phénomènes qui sont la conséquence de la destruction des nerfs spinaux.

Pour le moment, il me suffira de dire que j’ai constaté, après l’ablation bien complète des deux spinaux par mon procédé, que la voix était abolie comme l’avait vu Bischoff dans son expérience. Mais, de plus, j’ai pu constater que la voix seule était éteinte, tandis que les mouvements de la digestion, de la circulation et de la respiration, etc., continuaient sans présenter aucune lé-

sipn évidente. Je me suis assuré de ces résultats en conservant les animaux pendant des mois entiers.

. h’ abolition de la voix est donc un fait confirmatif de J’expérience de Bischoff, mais l’intégrité des mouvements fonctionnels de l’estomac, de l’oesophage; âtt cœur, du poumon, etc:, sont des résultats en opposition avec ,s'a théorie. En effet, il est évident que si, comme il ravancè, Je nerf spinal était la racine motrice unique du pneumogastrique, nomseulement le -larynx, mais encore tous les mouvements auxquels préside ce nerf dans l’oeso-* .phage, l’estomac, etc., auraient dû être détruits. Or cela n’a pas lieu, d’où il suit qu’on doit admettre qu’ar près l’extirpation des spinaux il y a des filets, moteurs propres au vague, et indépendants du spinal, qui continuent à faire fonctionner, comme "à l’ordinaire, l’œs&T phage,d’estomac, le poumon et le;cœur. Plien d’analo-gue ne s’observe quand on coupe toutes les racines antérieures qui. se- distribuent dans un membre. La paralysie des mouvements est complète' partout où se distribuaient les racines motrices réséquées. '

. De tout cela, je conclurai, en rapport: avec les faits de Bischoff, mais contrairement à sa. théorie, qüè, « sous le rapport anatomique, aussi bien .que sous, le » rapport physiologique, les nerfs pneumo-gastriqUe eti J spinal ne se trouvent pas dans les mêmes rapports. J fonctionnels que les deux- racines d’une 'paire rachi-; » dienne, et que, conséquemment, l’histoire anatomique » etphysiologique de ces deux nerfs doit être séparée, i:

Messieurs, tous les physiologistes qui., àU’éxempledé Bischoff, ont considéré Je pneumo-gastrique et le spinal

comme représentant les deux éléments d’une paire nerveuse, ont dù, par suite de cette idée, confondre et étudier simultanément les fonctions de ces deux nerl Nous pensons avoir établi, contairement à cette doctrine, que le vague et le spinal n’offrent point d’exemple

d une paire

parfaitement indépendants l’un de l’autre d complissement de leurs fonctions. En c nous séparons l’étude physiologique du pneumo-gastiique de celle du spinal, auquel se rapporteront spécialement toutes les recherches qui vont suivre.

Le nerf spinal naît par des origines très-étendues sur la moelle épinière cervicale, et remonte, par un trajet récurrent bizarre, dans le crâne, pour sortir ensuite, conjointement avec le vague, par le trou déchiré posté-

attiré, de to

Willis, qui le premier a décrit le spinal comme uu nerf particulier, a parfaitement indiqué la manière dont il prend naissance sur les côtés de la moelle épinière cervicale.

« Le nerf spinal (accessoire) naît, dit cet auteur, sur les côtés de la moelle, et commence, vers la sixième ou septième vertèbre cervicale, par une extrémité trèsdéliée; puis il remonte vers le crâne, en augmentant considérablement de volume par l’adjonction successive de nouvelles fibres or^aires, jusqu’à ce que tous m filets, nés ie la moelle épinière, constituera dans le cand vertébral, par leur réunion, un tronc neneux blanc et

arrondi, qui se dirige ensuite vers le trou déchiré fosté-

II est nécessaire de nous arrêter un instant sur la des- . cription du spinal donnée par Willis, parce que, bien qu’elle soit très-exacte, elle n’a pas été comprise, et a été mal appréciée par les auteurs modernes. Il résulte, en effet, très-clairement de sa description anatomique et des figures qui l’accompagnent, que Willis comprend, comme origine du spinal seulement, les filets nés de la moelle épinière, et se réunissant au niveau ou très-peu au-dessus de la première paire cervicale, dans le canal vertébral, en un tronc nerveux commun (B, fig. 13), tandis que tous les filets originaires (B', fig. 13), nés de la moelle allongée, au-dessus de la première paire cervicale et qui ne s’accolent au spinal que dans le trou déchiré postérieur en K (fig.' 13), sont regardés par Willis comme appartenant au nerf pneumo-gastrique.

Scarpa, dont la description a été suivie par les modernes, adonné au nerf spinal une définition originaire toute différente de celle de Willis, en ce qu’il a compris dans les origines du spinal, les filets nerveux.(B', fig. 13), provenant de la moelle allongée que Willis rapportait au pneumo-gastrique.

Il faut donc être bien fixé sur ce point, qiie les origines du spinal, d’après Willis, ne sont constituées que par les filets nés de la moelle épinière cervicale, tandis que Scarpa y joint en plus les filaments nés de la moelle allongée, et placés au-dessous des origines du pneumogastrique, dont ils ne sont séparés que par un petit intervalle dans lequel passe habituellement une petite

artère cérébelleuse postérieure. Cette remarque, qui n’avalt été faite par aucun anatomiste avant moi, découle directement de la lecture attentive des auteurs et d’un grand nombre de dissections minutieuses que j’ai faites. Elle servira de point de départ à la critique que nous allons faire des opinions de Willis, de Scarpa et des modernes, sur le nerf spinal.

Si, en effet, on examine la distribution du spinal indiquée par Willis, en donnant à ce nerf la même délimitation originelle que lui, on trouve sa description parfaitement claire et très-exacte. En suivant le faisceau B (fig. 13), qui résulte de la réunion de tous les filets originaires du spinal provenant delà moelle épinière cervicale, et qui constitue le nerf accessoire tel que le délimite Willis, on 'voit qu’arrivé dans le trou déchiré postérieur, ce tronc nerveux peut très-facilement, sur des pièces convenablement préparées, ilre décollé et séparé des nerfs voisins. Ôn constate ensuite qu’il se continue directement avec la branche externe du spinal, qui se distribue dans les muscles sternomastoïdien et trapèze. De sorte que l’accessoire décrit par Willis ne concourt en rien à la formation de la branche anastomotique interne h; il ne fournit doué , rien au pneumo-gastrique ; au contraire, il en reçoit line anastomose S (fig. 13), qui est profondément et postérieurement située.

Ainsi Willis est conséquent à sa description quand il dit que l’accessoire qui remonte dans le crâne n’apporte rien au vague, mais qu’il vient au contraire lui emprunter un ou plusieurs filets, pour aller ensuite se distribuer

dans les muscles du cou. De plus cette description est parfaitement exacte en ce qu’elle établit déjà clairement ce que Bendz a trouvé dans ces derniers temps, savoir, que les filets du spinal nés de la moelle épinière vont plus spécialement constituer la branche externe de ce , nerf.

Scarpa, ayant donné au nerf spinal non-seulement les mêmes origines que Willis, mais y ayant adjoint de plus le petit faisceau de filets B' (fig. 13), né de la moelle allongée, a dû nécessairement donner une description toute différente de l’anastomose entre le spinal et le pneumogastrique. En effet, quand on poursuit jusque dans le trou déchiré postérieur ces origines émanées de la moelle allongée, on constate évidemment qu’elles s’unissent au tronc du spinal, et semblent se confondre avec lui en s’enveloppant dans une gaine celluleuse commune. Mais sur des pièces macérées et convenablement préparées, on démontre, en divisant cette gaine, qu’il n’y a là qu’un simple accolement, et que ces mêmes filaments bulbaires, réunis en It (fig. 1.3), se détachent un peu plus bas en un ou plusieurs fi.lets l, m, pour constituer la branche anastomotique du spinal. Ceci prouve que les anastomoses que Scarpa a décrites sous le nom de branche anastomotique interne du spinal proviennent uniquement des filets originaires^ supérieurs du spinal B' (fig. 13) et naissent de la moelle allongée. Et comme, d’autre part, nous avons démontré que Willis ne rangeait pas parmi les origines du spinal les filets nés de la moelle allongée, au-dessus de la première paire cervicale, il est facile de comprendre qüe

cet auleur n’ait pas dû décrire la branche amstomoti^ue interne. C’est pour n’avoir pas fait toutes ces remarques et ces' comparaisons, que Bischoff reprocjje à 'Willis de ne pas avoir vu que l’accessoire envoie un rameau anastomotique dans le vague : « Qualis autem erat aiiatomiæ scientia, non mirum est Willisium non perspexisse quod sit accessorium inter et vagum vera

En résumé, lorsqu’on admet, ainsi que le font les anatomistes modernes, la délimitation originelle du nerf spinal telle que l’a donnée Scarpa, cette délimitation

en arrière, a été disséquée et disposée de mauière à mettre en évidence les origines et les anastomoses de ces nerfs. — .é, faisceau des origines du pneumo-gastrique; — !î, filets originaires de la grande

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