‹ Cours de médecine du Collège de FranceChapitre 11 sur 19 · SES PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

SES PROPRIÉTÉS

portant, j’ai découvert aussi haut que possiblela branche externe du spinal, ce qui a exigé une opération assez laborieuse. J’ai ensuite recousu la plaie, qui était refroidie, et j’ai laissé reposer quelque temps l’animal de son opération. Alors la plaie s’étant réchauffée, j’ai pincé la branche externe du spinal à sa sortie du trou déchiré postérieur ; elle était nettement sensible. Alors je la divisai pour obtenir deux bouts, l’un central et l’autre périphérique, et je constatai, en les pinçant successivement, qu’ils étaient sensibles tous deux. Le bout périphérique était sensible évidemment par la sensibilité récurrente qui provenait des paires cervicales, et je la fis disparaître en coupant les racines ou même les anastomoses en anses c[ui existent entre le spinal et les branches du plexus cervical. Ces anastomoses sont surtout très-faciles à voir entre la première paire et la branche externe du spinal. Mais d’où provenait la sensibilité du bout central? 11 est probable que c’était là un phénomène de sensibihté directe, et non de sensibilité récurrente; car cette dernière ne s’observe que dans les nerfs qui ne tiennent plus directement aux centres nerveux. Cette sensibilité du bout central provenait trèsvraisemblablement du vague par l’anastomose indiquée par Willis. Mais il aurait fallu, pour s’en assurer, coupelle pneumo-gastrique dans le crâne et produire des désordres qui auraient modifié les conditions du phénomène.

J’ai répété ces expériences, avec les mêmes résultats, sur le chevreau, le chat et le lapin.

Troisième expérience. Sur l’irritaUlitédu nerf spinal à l'excitation galvanique. — En excitant au dedans du

crâne le tronc des racines médullaires (longue racine médullaire), on détermine des mouvements seulement dans les muscles sterno-mastoïdien et trapèze, et absolument rien dans le larynx. En agissant sur les filets qui composent la courte racine bulbaire B'{fif. 13), on produit des convulsions dans le larynx, le pharynx, et sensiblement rien dans les muscles du cou. En agissant sur les origines du pneumo-gastrique, on produit des mouvements dans le pharynx et dans le larynx, mais qui paraissent d’une autre nature que les précédents en ce qu’ils se font un peu attendre. Pour obtenir ces résultats, il faut agir rapidement sur des animaux bien nourris; mais si on laisse quelques instants s’écouler, on voit les origines du pneumo-gastrique cesser d’abord d’être irritables au galvanisme, puis la racine bulbaire, puis la racine médullaire du spinal, qui persiste pendant plus longtemps excitable : de sorte qu’il semblerait qu’on peut, par le galvanisme, distinguer les filets moteurs du pneumo-gastrique de ceux du spinal, par la durée moins grande de leur exoitabibté au galva-

Quoi qu’il en soit, de ceci je conclus que le vague possède à son origine, et indépendamment du spinal, une propriété motrice évidente sur le larynx et le pharynx; ce. qui est, du reste, comme nous le verrons, parfaitement en harmonie avec les expériences sur les animaux vivants.

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