INFLOEHCE DE LÂ CHALEUR
les pulsations de cet organe continuèrent à diminuer
peu à peu en nombre ; i
:e qui prouve que l’action de.
la chaleur sur le cœur
a continué encore à se faire
sentir lors même qu’on
avait cessé de l’y appliquer
directement; des expériei
ices ultérieures ont pleinement
confirmé ce résultat. Uni
B nouvelle application de cha-
leur provoquée chez la
même grenouille, au moyen
d’eau à 35 degrés, fît ren
lonter le nombre des contrac-
pulsations étaient doubles, irrégulières, intermittentes, résultat qui fut également confirmé par des expériences répétées et qui ferait voir que la chaleur a de l’influence non-seulement sur la quantité, mais encore Sur la quabté des contractions' du cœur.
ni. L’accélération des mouvements respiratoires qui, lors de l’augmentation de la chaleur animale, coïncide
«3 . MOOÏESIBSTS DD OffiDH.
riencês : il extirpa le cœur d’une grenouille qui avait 36 pulsations par minute; après l’opération, il en avait encore 18. On plaça alors le cœur dans un verre de montre contenant de l’eau à 40 degrés, et aussitôt les pulsations montèrent li 94 par minute. Dans la deuxième expérience, la chaleur de l’eau (40 degrés) fit monter les contractions du coeur de 38, qu’il avait avant l’extirpation, à 80 par minute. Un troisième coeur battait encore 30 fois par minute après avoir été excisé; mis dans de l’eau à 25 degrés, il se contracta 62 fois dans le même espace de temps. Dans la dernière expérience, enfin, on mit le cœur d’une grenouille, qui avait 36 pulsations avant d’être extirpé, dans de l’eau à 50 degrés, ce qui fit monter les contractions à 72 par minute; alors on plaça le cœur dans de l’eau qui n’avait que 40 degrés de chaleur, et aussitôt les pulsations cessèrent complètement, mais elles reparurent de nouveau (82 par minute) lorsque le . cœur fut remis dans de l’eau il 50 degrés.
M. Calliburcès a observé d’une manière générale que le nombre des contractions du cœur augmente en raison du degré de. température employé; mais il ne lui a pas été possible d’y trouver une proportion directe : ainsi, pour citer im exemple, une température de 22 degrés fit monter les mouvements d’un cœur de 32 à 43 par minute; lorsque le cœur fut revenu à 32 battements, on l’exposa à une température de 32 degrés sous l’influence de laquelle il y eut 65 pulsations par minute.
Conchsiom. — 4° La chaleur paraît avoir une action spécifique sur le cœur; l’augmentation des pulsation^
ISPLOBNCE DE Ik OHALEDB. 403
qu’elle provoque chez la grenouille semble être indépendante, non-seulement des conditions hydrauliques de la circulation, mais encore du système nerveux et des mouvements respiratoires; elle peut n’être due qu’à l’action directe de la chaleur sur le centre circulatoire.
2“ La chaleur animale peut donc exciter le cœur d’une manière locale et entretenir l’activité.
3° Le nombre des contractions du cœur s’accroît sans qu’il y ait proportion directe, en raison du degré de chaleur qu’on emploie, si le cœur se trouve près de son état-physiologique, c’est-à-dire s’il n’a pas déjà servi à plusieurs expériences de ce genre.
i" La chaleur influe non-seulement sur la quantité, mais encore sur la qualité des contractions du cœur.
5" L’action de la chaleur sim le cœur continue à subsister lors même qu’il n’y est plus exposé d’une manière
Messieurs, je vous signale ces faits sans vouloir en déduire maintenant une loi physiologique générale. Vous pouvez sur ces cœurs enlevés à des grenouilles, voir les résultats que nous vous signalons. La même chose s’observerait sur la grenouille vivante, si, mettant le cœur à découvert, on l’observait pendant qu’on trempe une partie de la grenouille, alternativement dans l’eau froide et dans l’eau chaude.
Cette influence de la chaleur sur les mouvements du cœur est très-intéressante à constater, mais si nous avons
vu que chez les grenouilles le système nerveux n’a pas
d’influence sur ces mouvements du cœur, il n’en est plus
de même chez les animaux supérieurs où cette influence
est des plus manifestes. Serait-ee dans des différences de ce genre qu’il faudrait chercher les caractères spécifiques des animaux à sang chaud et à sang froid?
Les nerfs pneumo-gastriques sont, en effet, des voies de transmission par lesquelles les actions nerveuses peuvent être communiquées au cœur et au poumon. C’est ce que démontrent encore les expériences suivantes sur les effets de la nicotine avant et après la section des pneumo-gastriques .
Exp. (12 novembre 1845). — Sur une chienne à jeun, d’assezforte taille et adulte, on déposa trois gouttes de nicotine dans une plaie sous-cutanée faite à la partie interne de la cuisse. Les pulsations étaient au nombre de 115, les respirations de 28, par minute, avant l’administration de la nicotine.
Une minute après l’admmisirauon de cette substance, la respiration était gênée, l’animal était essoufflé, titubant, les oreilles penchées en arrière : les respirations abdominales et diaphragmatiques étaient alors de i% les pulsations, 232. Après huit minutes, vomissement de mucosités blanchâtres.
Après dix-neuf minutes, le glohe de l’œil paraissait renversé; mais, en examinant de près, on voyait que cet aspect était dû à la tension au-devant de l’œil de la troisième paupière; de telle sorte que les deux tiers internes et- inférieurs de l’œil étaient recouverts et que l’animal était comme aveuglé.
Vingt-cinq minutes après l’administration de la nicotine, l’animal allait naieux. Les respirations étaient de 36 et les pulsations de 129 par minute.
Après trente minutes, tous les symptômes produits par la nicotine avaient à peu près cessé, sauf la respiration et la circulation qui étaient encore un peu troublées.
Sept'jours après, le 19 novembre, le même animal se portant bien, on fit l’expérience suivante :
L’animal avait mangé à onze heures et demie. Deux heures après, on fit la section des deux nerfs vagues. Avant la section des nerfs, les pulsations étaient de 120, les respirations de 26 et l’hémodpamomètre oscillant de 150 à 170. Les deux nerfs étaient d’une insensibilité complète. Au moment de la section, l’animal n’éprouva aucune souffrance. Il se manifesta chez lui un symptôme qu’on observe généralement chez tous les animaux auxquels on irrite ou on coupe le pneumo-gastrique. Ce sont des mouvements de la queue tout à fait semblables à ceux que fait l’animal pour exprimer sa joie. Ces mouvements paraissent ici liés à une gêne de la respiration, car on les observe de même quand on suffoque l’animal. On les observe encore souvent quand on vient de faire la section du bulbe rachidien. Il serait intéressant de savoir par quelle voie se transmet cette action réflexe pour produire les mouvements de la queue.
-Après la section des nerfs vagues, l’animal n’éprouva aucun phénomène de suffocation; mais on observa qu’aussitôt la carotide avait perdu de sa tension, de sa plénitude, et même en apparence de son volume. Les pulsations étaient alors au nombre de 206 sans intermittence; les respirations, au nombre de 9, très-profondes. L’hémodynamomètre restait fixe à 200 : les oscillations
Alors on administra à l’animal trois gouttes de nicotine dans le tissu cellulaire de la cuisse non opérée, car de l’autre côté la plaie était encore un peu enflammée.
Après deux minutes, l’animal éprouva quelque trouble, se tourmenta et s’agita; cependant la circulation et la respiration ne paraissaient pas avoir subi de trouble dû à la nicotine.
Après dix minutes, les pulsations étaient de 195 sans intermittence; les respirations, au nombre de 7, abdominales, profondes. L’hémodynamomètte oscillait entre 160 et 170. Le sang, qui était rutilant dans la , carotide après la section des vagues, paraissait plus] foncé depuis l’administration de la nicotine. Après! douze minutes, la troisième paupière était tendue devant l’œil et rendait l’animal aveugle; la pupille était fortement contractée.
Le lendemain, 20 novembre, quinze heures après la section des vagues, l’animal était calme; les inspirations étaient lentes, profondes, abdominales, au nombre de 9 par minute. L’animal étant sur ses quatre pattes, on voyait M’œil le cœur battre avec vitesse contre les parois du thorax du côté gauche. Ce phénomène, qui ne se voit pas pendant la vie chez les chiens, s’observe souvent après la section des pneumo-gastriques, ou après une mort brusque, lorsque le cœur continue à battre dans le thorax avec quelque énergie. L’animal ne présentait, du reste, pas de signe de suffocation proprement dit. Alors on voulut appliquer l’hémodynamomètre sur l’artère; mais le vaisseau se cassa et le sang s’échappa de
l’artère avec un jet faible et une couleur très-imparfaitement rutilante. Bientôt l’animal mourut d’hémorrhagie en présentant les symptômes suivants : 1“ d’abord, il faut observer que la mort par hémorrhagie a été bien plus rapide chez ce chien, dontles vagues étaient coupés, qu’elle ne l’aurait été chez un autre.
2” Les battements du cœur, très-rapides, cessèrent brusquement au moment de la mort, ce qui n’a pas lieu ordinairement. A peine déterminait-on quelque frémissement musculaire en piquant les parois du coeur.
3“ En mourant, l’animal fit quelques efforts inspiratoires, et les derniers étaient accompagnés d’un aplatissement énorme du ventre et de la poitrine. La poitrine était tellement comprimée latéralement par la pression de l’air que les côtes présentent à l’œil une courbure concave, au lieu de leur convexité habituelle.
L’animal étant mort, cet aplatissement du thorax ne disparut qu’en partie. Alors, on ouvrit le ventre et on trouva le diaphragme fortement voûté en haut. En perçant le diaphragme, il s’abaissa; l’air entra dans le thorax et celui-ci reprit sa forme primitive.
A l’autopsie, les poumons, le gauche surtout, étaient engoués de sang noir et comme marbrés. Le tissu du poumon, quoique crépitant, était rempli de mucosités dans les petites bronches. Il y avait de l’emphysème dans le médiastin postérieur; l’air était entré par la plaie. L’estomac contenait des aliments (des tripes), en partie digérés, mais répandant une odeur infecte d’acide butyrique. Ceci prouve que la section des pneumo-gastriques avait arrêté la digestion.
Les poumons étaient seulement un peu hyperémiés et ne contenaient pas de mucosités.
La conclusion à tirer des deux dernières expériences est que la nicotine ne produit pas les troubles de la circulation et de la respiration qui lui sont propres après que les pneumo-gastriques ont été coupés.
Bans d’autres expériences rapportées plus haut, nous avons vu que la section des pneumogastriques dans la région du cou n’arrête jamais immédiatement la respiration, tandis que la galvanisation du bout central peut produire cet effet. Mais il semble, au contraire, que la section des pneumo-gastriques dans le crâne, à leur origine même, pourrait également amener une mort subite. Les expériences suivantes en seraient une preuve.
Exp. (mai 1843). — Sur un lapin, on enleva une partie de l’occipital et on coupa les deux pneumo-gastriques sur les côtes de la moelle allongée. Aussitôt les mouvements respiratoires cessèrent et l’animal mourut. L’animal était déjà très-affaibli au moment où. on fit la section des pneumo-gastriques ; cependant la mort a coïncidé exactement avec la section des pneumo-gastriques.
Exp. ■ — Sur un chien adulte, préalablement stupéfié par l’opium, on enleva l’occipital et on fit la section des deux pneumo-gastriques à leur origine, en conservant les spinaux. L’animal était très-affaibli; mais, lorsqu’on eut coupé les pneumo-gastriques, les mouvements respiratoires cessèrent aussitôt et l’animal mourut.
Eæp. — Le 20 mai 1843, sur un jeune chien, on enleva l’occipital en partie et ûn accrocha les deux nerfs spinaux sur les côtés de la moelle; on arracha toute leur partie inférieure : la voix ne fut pas modifiée. Ensuite, on détruisit successivement, en montant vers les pneumo-gastriques, les autres filets d’origine du spinal, et, lorsque les filets les plus élevés furent détruits, la voix fut voilée. Quand l’animal criait, il rendait un souffle plutôt qu’un véritable son. Ce souffle produisait une espèce de sifflement dans l’expiration. Si on faisait faire de grands efforts à l’animal pour crier, l’expiration restait soufflante, mais l’inspiration devenait bruyante et produisait une espèce de braiement. Alors on coupa le pneurao-gastrique à droite et l’animal continua encore à respirer. On le coupa à gauche ; aussitôt l’animal mourut sans donner de signe de suffocation. H faut noter encore que, dans cette expérience, l’animal était affaibli par l’opération.
On a pu se convaincre dans cette opération que le spinal n’était pas d’une sensibilité évidente, tandis que le pneumo-gastrique, quand on le touchait, provoquait les signes d’une sensibilité vive. Le pneumo-gastrique paraîtrait donc plus sensible à son origine que dans la région du cou.
(27 avriH841). ~ Sur un jeune lapin on fit la section du pneumo-gastrique gauche dans le crâne.
Aussitôt tous lés mouvements de la respiration cessèrent dans le côté correspondant. La narine gauche resta immobile et plus dilatée que la droite qui avait conservé sa motilité normale. L’animal avait conserve
toute la sensibilité de la face du côté gauche. Lorsqu’on le pinçait, il retirait les lèvres; il clignait, ce qui prouve que le nerf facial était intact. De sorte que les mouvements de la face semblaient conservés, excepté celui de la respiration dans la narine.
En examinant l’animal en face, la lèvre supérieure paraissait un peu relevée et retirée en arrière. .
Eæp. — Sur un chien, chez lequel on avait déterminé le coma par une fracture du crâne qui avait du reste produit le diabète (V. 1. 1, p. 344), on coupa les deux nerfs pneumo-gastriques dans la région moyenne du cou, et, ce qu’il y eut de remarquable, c’est que l’animal cessa de respirer aussitôt après la section des vagues. Mais on reproduisit des mouvements respiratoires et de déglutition, en excitant le bout central des nerfs vagues. On ne produisait absolument rien en agissant sur les bouts périphériques ; ce qui prouve évidemment que les mouvements respiratoires s’opèrent dans ce cas par action réflexe; seulement chez le chien. Userait difflcile de dire si c’était par le pneumo-gastrique ou par le grand sympathique, car ces deux nerfs se trouvent réunis. Il y avait en même temps chez ce chien, dans le coma, une salivation très-abondante. Alors j’ai découvert le canal de Sténon : rien ne s’écoulait par ce canal, ce qui semblerait prouver que la salivation était, dans ce cas, produite surtout aux dépens des glandes sous-maxillaires.
Enfin, à l’autopsie, on observa des ecchymoses dans le foie, ecchymoses surtout très-visibles dans les parois de la vésicule du fiel. Les ganglions lymphatiques de la face et du cou étaient marbrés par des épanchements
sanguins. Ces lésions étaient sans doute la conséquence des chocs sur la tête qui avaient produit la fracture des os du crâne, car on ne saurait attribuer de semblables résultats à l’insufflation. Ces ecchymoses du foie sont surtout intéressantes, en ce qu’on a signalé des lésions du foie, comme coïncidant souvent avec les fractures du crâne.
Exp. — On fît sur un lapin la section de la moitié de la moelle, dans la région cervicale, au niveau de l’articulation occipito-atloïdienne gauche.
Les mouvements du nez et de la lèvre furent abolis à droite, et les traits étaient poussés en avant de ce côté. La sensibilité existait des deux côtés de la face et les oreilles n’étaient point paralysées, non plus que les yeux qui se fermaient des deux côtés; les membres avaient tous conservé leur sensibilité.
Quand on excitait l’animal, il se produisait des mouvements dans la lèvre droite, mouvements qui n’avaient pas la forme resphatoire.
En résumé, on peut dire que les mouvements respiratob-es seuls étaient abolis dans la face; tous les autres, ceux de l’œil et de l’oreille, étaient conservés.
Alors on essaya de faire la section de la cinquième paire et l’anbnal mourut.
On constata â l’autopsie que la moelle était blessée à droite, au niveau du calamus scriptorius; la moitié gauche n’avait été nullement intéressée. La plaie siégeait im peu au-dessous de l’origme des pneumo-gastriques. La section de la moelle en ce point avait donc fait cesser les mouvements respiratofres sans léser la cinquième
paire ni le facial, puisque la sensibilité et les mouvements des yeux étaient parfaitement conservés.
11 nous reste maintenant à examiner l’influence qu’exerce la section du pneumo-gastrique sur les organes contenus dans l’abdomen, sur les organes digestifs et sur le foie. Cette étude sera le sujet de la prochaine leçon; nous devrons y rechercher encore la cause de la
présentent pas la lésion pulmonaire et meurent cepen-
On ne peut pas admettre que les animaux meurent par suite de troubles de la digestion, car ils succombent beaucoup plus vite que les animaux soumis à l’abstinence. Cependant il y a aussi dans les actes digestifs des troubles qui ont sur la mort une influence évidente.
Le larynx, l’œsophage, l’estomac sont pai-alysés ; mais les animanx ne perdent pas l’appétit pour cela.
On avait présenté l’estomac comme le siège de la sensation de la faim, et on avait prétendu que la section des pneumo-gastriques faisait disparaître le besoin de prendre des aliments. 11 n’en est rien : après l’opération,
f coup de lapins manger surtout lorsqu’ils ont été opérés étant à jeun. Dans ces conditions les animaux continuent donc à manger; mais ils rendent ordinairement après un certain temps ce qu’ils ont pris. On a cherché à expliquer ces vomissements qui suivent l’ingestion des aliments en prétendant que ces animaux avaient bien gardé la sensation de la faim, mais qu’ils avaient perdu celle de la satiété.
Désireux de vérifier, aussi directement que possible, ce qui se passe dans cette circonstance, j’avais autrefois coupé les pneumo-gastriques sur un chien porteur d’une fistule stomacale, assez large pour permettre l’observation. Au moment de l’opération, ce chien était à jeun. Après la ' section, il mangea avidement; rien ne parvenait cependant dans l’estomac. Bientôt l’animal se mit à vomir; tout s’était accumulé dans l’œsophàge.
Je vous ai dit que la section des pneumotgastriques paralysait l’œsophage; il se trouve dès lors constituer une poche inerte qui cède à l’action mécanique des aliments ingérés et se dilate. Toutefois le cardia reste fermé et ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’il se relâche à son tour.
Ces observations sont d’accord avec celles de Magendie et de Muller qui avaient vu que lorsque l’œsophage est en repos, le cardia est le si^e de contractions vermiculaires qui comprennent le cinquième inférieur de l’œsophage environ.
Le lendemain de l’opération, il n’en est plus ainsi; les aliments s’accumulent encore dans l’œsophage; mais ils finissent par pénétrer dans l’estomac peu après, sollicités par les contractions des piliers du diaphragme.!
Il y a en même temps paralysie de l’estomac. En y introduisant le doigt, on ne le sent plus pressé par les contractions que sa présence détermine lorsque les pneumo-gastriques sont intacts.
On a signalé encore, comme conséquence de la section des pneumo-gastriques, la suppression de la sécrétion gastrique. Cette influence, toutefois, a été trèscontroversée. Tandis que certains auteurs l’admettent, d’autres la nient. Je vous dirai ce que m’ont appris, à cet égard, mes expériences, qui ont porté sur deux ou trois observations directes.
Lorsqu’on prend un chien qui a à l’estomac une fistule large et pouvant permettre d’observer l’état de l’organe, on voit que l’animal étant à jeun, son estomac vide est enduit d’un mucus à réaction alcaline. Ce mu-
i étant enlevé ;
muqueuse devint immédiatement roup, turgide; elle se recouvrit des gouttelettes du suc gastrique qui bientôt ruisselèrent le long des parois de l’organe. C’est h ce moment et dans ces conditions, que j’ai coupé les deux pneumo-gastriques. Aussitôt la membrane muqueuse était devenue pôle, de rouge qu’elle était; la sécrétion gastrique, acide, limpide, avait immédiatement changé de caractère et avait été remplacée quelquefois par une sécrétion muqueuse alcalme, visqueuse et filante. Telles sont les conditions dans lesquelles j’ai deux fois observé ce phénomène.
Si maintenant on faisait l’expérience autrement : que l’on donnât à manger à l’animal et qu’on lui coupât ensuite les pneumo-gastriques, on ne serait plus dans des circonstances aussi satisfaisantes pour observer, dégagé d’influences étrangères, l’effet de la section des nerfs vagues. Il y aurait eu sécrétiou de suc gastrique, au moment de l’arrivée des aliments dans l’estomac, et ce sue gastrique, préalablement sécrété et emprisonné avec les aliments, pourrait, étant retrouvé, faire croire que la sécrétion a continué après l’opération.
11 est encore, dans l’appréciation de ce fait, une autre cause d’erreur, que j’ai pu constater dans des expériences directes. Sur un chien, dont nous rapporterons plus loin l’ohservation, j’ai mis, après l’opération, de la soupe dans l’estomac. La fistule fut bouchée avec une éponge maintenue par un bandage de corps. Le lendemain, la soupe était encore dans Testomae où elle se trouvait à l’état d’une bouillie très-acide. Devrait-on
eneonelare qu’il y avait eu sécrétion de suc gastrique? — Ce serait, Messieurs, tirer de cette observation, des conclusions erronées qui dépendraient d’une simple apparence. On se tromperait en admettant que la réaction acide fût due au sue gastrique ; elle provenait de la fermentation lactique de l’aliment.
En effet je vidai alors l’estomac, dans lequel j’introduisis de la viande hachée. Le lendemain cette riande était infecte; elle exhalait une odeur ammoniacale trèsprononcée, et donnait une réaction alcaline, résultat de la décomposition spontanée de la viande.
n est donc important de ne pas se placer, pour juger de l’influence de la section des pneumo-gastiiques sur les sécrétions de l’estomac, dans des conditions qui exposent à prendre la réaction des aliments pour celle du
En résumé, si, au moment de l’opération, il se trouve des aliments dans l’estomac, le suc gastrique sécrété peut continuer à les digérer; mais, si le suc gastrique est enlevé, la section des pneumo-gastriques empêche la sécrétion de se produire après qu’elle a été pratiquée.
Nous verrons bientôt si la sécrétion gastrique peut plus tard se montrer de nouveau; car il est des cas exceptionnels dans lesquelles animaux ont survécu à la section des nerfs vagues. Dans tous les cas, la conclusion immédiate 6St qu’après ia section des pneumogastriques, la sécrétion du suc gastrique est au moins momentanément troublée et suspendue.
Voici maintenant les détails des faits dont nous venons d’indiquer les principaux résultîds :
Exp. — Deux lapins, l’un à jeun, l’autre en digestion, eurent les pneumo-gaslricpies coupés dans la région du cou. Tous deux étaient morts le lendemain et leiuestomac présentait toujours la réaction acide, et les intestins une réaction alcaline.
Après l’opération, on avait présenté des carottes aux deux animaux; seul, celui qui était à jeun, en avait mangé.
Mais bientôt il ne put plus avaler, éternua, eut des etouffements et fit des efibrts de vomissement, sans rien rendre toutefois. Il avait la respiration anxieuse comme s’il eût eu quelque chose dans la trachée.
A l’autopsie, on trouva l’oesophage distendu par des carottes mâchées qui leremplissaientjusqu’au niveau du larynx, et on reconnut des fragments de carottes qui avaient pénétré dans la trachée. Vers la partie inférieure, les carottes s’arrêtaient immédiatement au-dessus des piliers du diaphragme.
Exp. — Sur un cheval, k jeun depuis vingt-quatre heures, morveux et farcineux, amaigri par la maladie, on fit la résection d’une certaine longueur des deux nerf vagues, dans la région moyenne du cou. A droite, le nerf ne parut pas sensible; à gauche, il parut doué d’une légère sensibilité quand on le pinçait et qu’on le tiraillait en même temps.
Les deux vagues étant coupés de chaque côté, à peu près au niveau de l’articulation du larynx avec la trachée, l’animal ne sembla nullement gêné et la respiration resta libre.
On donna alors 3 litres d’avoine à manger à l’animal;
430 SERF PJi-EÜMOMÏASTRrQCE.
il les mangea d’abord assez bien, mais, après 15 ou 18 minutes, lorsipu’il arriva à la fin de son avoine, il parut gêné dans la déglutition et éternua comme si quelque parcelle d’aliments avait pénétré dans le larynx.
On lui donna alors du foin qu’il mangea, mais assez lentement, et en n’en prenant que de petites bouchées à la fois. Au bout de cinq à sbc minutes, il fut repris plus fort par la gêne de déglutition, éternuait violemment, baissait la tête et s’arrêtait de manger pour recommencer, lorsque la quinte de toux était passée. Alors, on donna à boire au cheval. Il prit une gorgée d’eau, et aussitôt elle lui ressortit par les naseaux entraînant avec elle de l’avoine broyée, mélangée h du foin très-finement mâché. De violents étemuments s’ensuivirent et se calmèrent au bout de quelques minutes. L’animal reprit alors une nouvelle gorgée d’eau; les mêmes phénomènes survinrent, et prouvèrent évidemment qu’il ne pouvait pas avaler l’eau qu’il buvait. Alors on le sacrifia par l’ouverture de l’artère carotide.
En examinant l’œsophage on le trouva rempli d’un boudin alimentaire s’étendant depuis les piliers du diaphragme jusqu’au pharynx. Aucune parcelle alimentaire n’avait pénétré dans l’estomac, qui contenait seulement un peu d’un liquide verdâtre. La partie supérieure de la matière alimentaire contenue dans l’œsophage, formait une pâte plus fluide que celle de la partie inférieure. Cela était dû à l’eau avalée ; ce qui le prouve, c’est que cette bouillie se retrouvait jusque dans le pharynx et les fosses nasales.
Cette expérience montre clairement que les sensations
de la faim et de la soif ne sont pas aiolies par la section des nerfs vagues et que si les animaux se remplissaient alors l’œsophage jusqu’au pharynx, ce n’est pas, comme on l’avait cru anciennement, parce qu’ils ont perdu la satiété, mais parce que les aliments ne peuvent plus pénétrer dans l’estomac et s’arrêtent dans l’œsophage paralysé.
Sxp. — Deux lapins à jeun, qui eurent les pneumogastriques coupés, présentèrent des phénomènes analogues. Le pain que l’un mangea lui resta dans l’œsophage ; l’autre mangea des carottes qui s’y arrêtèrent aussi. Chez ces deux animaux, la présence de ces aliments dans l’œsophage amena des phénomènes de suffocation.
Sæp. (10 décembre 1843). — Sur un chien, muni d’une large fistule gastrique qui datait de deux mois, on fit la section des deux nerfs vagues de la manière
La fistule examinée avant la section, l’animal étant à jeun, offrait une réaction très-acide ; et, en promenant le doigt dans l’estomac, on le relirait humecté par un liquide très-acide. La membrane muqueuse de l’estomac formait autour de la fistule un bourrelet d’un rouge vif et turgide. On fit alors la section des deux nerfs pneumo-gastriques dans la région du cou.
Aussitôt après cette section, la membrane muqueuse se décolora instantanément, devint livide et blafarde comme celle d’un animal mort; la sécrétion acide cessa et la membrane offrit une réaction neutre sur les bords de la fistule; ce n’est qu’en -l’enfonçant profondément
«2 SERF PSEDHCMÎASTRIQOE.
réaction acide, et le liquide qui s’écoulait de la fistule.
tule les parois de l’estomac ne se contractaient plus; et l’animal n’éprouvait plus de sensation. Aussitôt après la section des nerfs vagues, on donna à manger à l’animal de la soupe au lait sucrée ; il la mangea avec peine et en faisant beaucoup d’efforts pour l’avaler; maison ne la vit pas descendre dans l’estomac et sortir par la fistule, ainsi que cela avait lieu pour les aliments ingérés avant la section des pneumo-gastriques. Un instant après, l’animal vomit sa soupe mêlée d’une grande quantité de mucus filant.
L’animal essaya à quatre reprises différentes de manger sa soupe sans pouvoir la faire entrer dans l’estomac. Trois heures après la section des vagues, l’estomac était toujours neutre. On introduisit alors dans son estomac, à l’aide de la fistule, des morceaux de sucre, de l’albumine et un peu de lactate de fer.
Treiie heures après la section des vagues, l’estomac était toujours neutre ; l’animal paraissait malade ; on retira de l’estomac une certaine quantité d’un liquide filant à réaction neutre.
Vingt-quatre heures après l’opération, l’animal était très-malade, et à ce moment, l’animal étant couché, on vit s’écouler par l’estomac un liquide blanchâtre trèsacide que Ton reconnut visiblement pom- être du lait qui était descendu de Tœsoph^e dans l’estomac et qui, pendant son séjour dans l’œsophage, arait suhi la fermentation lactique. L’animal mourut quelque temps
empilées dans l’œsophage distendu, jusque dans le pharynx. Les parties solides des aliments étaient arrêtées par les piliers du diaphragme; il n’y avait eu que les parties liquides qui avaient coulé dans la cavité stomacale.- Dans l’œsophage, il y avait du pain et des mortes poumons étaient sains et exempts d’ecchy-
Exp. (13 décembre 1845). — Une jeune chienne portait depuis un mois une fistule gastrique parfaitement cicatrisée, mais qui avait été dilatée depuis quelques jours avec de l’éponge préparée, afin de voir plus facilement la surface interne de l’estomac. Sur cette chienne on fit la résection des deux nerfs vagues dans la région moyenne du cou. L’animal, à jeun depuis trente-six heures et affamé, venait d’avaler quelques débris de
l’obstruait. L’estomac contenait une grande quantité de suc gastrique que j’enlevai, ainsi que les débris d’aliments qui s’y trouvaient. Avec une éponge fine, j’essuyai partout la surface interne de l’estomac.
Dne portion de la membrane muqueuse faisait saillie vers la partie inférieure de la fistule; elle était rouge et tuigide. Alors je coupai le nerf vague droit, préalable-
que le droit. La pâleur de la muqueuse n’augmenta pas d’une façon appréciable.
Après cette opération, l’animal, quoique jeune, n’éprouva pas de phénomènes de suffocation, il fit seulement quelques efforts de toux.
Alors on essaya de nouveau la muqueuse avec une éponge ; il n’y avait plus aucune sécrétion à sa surface, et elle était tout à fait insensible quand on la pinçait, tandis qu’avant la section des vagues, elle était très-sensible.
Après la section des nerfs vagues, l’animal avait conservé l’appétit vorace qu’il manifestait avant l’opération. On Ini donna à manger du fromage d’Italie, qu’il mangea et déglutit en faisant des efforts. On regarda dans l’estomac, au moment où l’animal avait déjà dégluti une certaine quantité d’aliments : rien n’y était descendu.
-Après quelques instants, j’examinai la réaction de la muqueuse stomacale; elle était sensiblement neutre au papier de tournesol, .sèche, visqueuse et collante.
Voulant savoir si l’absorption n’avait pas été modifiée parla section des vagues, on coucha l’animal sur le dos, et, à l’aide d’une pipette, j’introduisis dans l’estomac, par la fistule, quelques gouttes d’acide prussique au quart. Après quelques instants, l’animal mourut avec tous les phénomènes de l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique.
Après la mort, on ouvrit le thorax : les poumons s’affaissaient ; le sang était rutilant dans les artères et moins noir qu’à l’ordinaire dans les veines. Le cœur battit pendant quelque temps et les vaisseaux ouverts donnèrent du sang qui devint de plus en plus rutilant, et, lors des
dernières contractions du cœur, le sang veineux était aussi rutilant que le sang artériel : ce qui était dû, d’une part, à l’influenoe de l’acide prussiquo, et, de l’autre, à ce que dans les dernières portions des hémorrhagies veineuses le sang finit par offrir une couleur plus claire.
En ouvrant l’œsophage, on le trouva dilaté par les portions d’aliments qu’avait avalées l’animal et qui se trouvaient entourées d’un mucus filant.
Toutes les parties des aliments étaient restées au-dessus du diaphragme ; aucune parcelle n’était tombée dans l’estomac.
Exp. — Sur un jeune chien de taille moyenne, on fît la section des deux pneumo-gastriques et on appliqua une canule à la trachée. L’animal était très-sensible et très-indocile. Les pneumo-gastriques étaient sensibles lorsqu’on en fît la section.
Après la section des pneumo-gastriques, l’animal ne voulut pas manger. Environ un quart d’heure après, il fut pris d’attaques d’épilepsie qui se renouvelèrent trèsfréquemment.
On injecta dans Testomac de l’albumine d’œuf frais mêlée avec de l’eau, que l’animal vomit en partie, parce que toute la substance n’avait pas pénétré dans l’estomac. ; Peux heures après, on introduisit jusque dans l’estomac de la gélatine. Six heures après l’opération, on vit l’animal qui était toujours dans un état épileptiforme.
Vingt-quatre heures après le chien était mort.
A l’autopsie, on trouva dans l’estomac quelques parcelles alimentaires.
L’estomac offrait une réaction neutre.
1Î6 KERF PSEOMO-OASratQUE.
Les poumons étaient fortement congestionnés sans présenter précisément des épanchements.
Les expériences sur les oiseaux montrent que les phénomènes (%estifs sont complètement arrêtés par suite de la paralysie du jabot et des organes situés audessous. Mais comme la mort survient chez eux sans altérations des poumons, le terme s’en trouve retardé.
Exp. (Mai 1850). — Sur un jeune pigeon de six semaines à deux mois, mangeant très-bien seul, et à jeun depuis vingt-quatre heures, j’ai coupé les deux nerfs vagues dans la région supérieure du cou, en dénudant un peu le bout inférieur pour éviter qu’il ne se trouvât en contact avec le bout supérieur. Les deux vagues paraissaient peu sensibles. On laissais pigeon jusqu’au lendemain avec des vesces qui étaient son aliment ordinaire, et avec de l’eau.
Le lendemain, le pigeon n’avait pas mangé et son jabot contenait à peine quelques graines; mais il était rempli d’air et d’un liquide clair qui regorgeait par le bec du pigeon, quand celui-ci faisait un mouvement un peu violent ou quand on lui pressait le jabot.
Les jours suivants, le pigeon restait dans le même état; il paraissait malade, mangeait à peine quelques graines et son jabot était toujours plein de liquide et de gaz. Ce liquide ne me paraissait pas provenir directement de ce que buvait le pigeon, car l’eau n’avait pas sensiblement diminué dans le vase. Au bout de quelques jours de cet état, le pigeon allait un peu mieux; la plaie du cou était cicatrisée; il prenait un peu de vesces, le liquide de son jabot diminuait ; ce pigeon
de rétablissement, lorsque le douzième jour de l’opération, ayant mis dans une cage cet animal, resté jusqu’alors en liberté, je le trouvai le lendemain étranglé pour avoir passé la tête entre les barreaux de sa cage où elle était restée prise.
A l’autopsie, on trouva que les deux nerfs vagues étaient bien réséqués; leurs bouts étaient bien cicatrisés ; mais on ne rechercha pas s’il y avait entre eux des filets de communication. Le foie, examiné le lendemain, ne contenait pas sensiblement de sucre.
Exp. (14 juillet 1850). — Sur un pigeon de trois mois environ, bien nourri, vigoureux, mais n’ayant lien dans son jabot, on réséqua les deux pneumo-gastriques à la partie supérieure du cou, et on trouva pendant l’opération que les nerfs étaient assez sensibles. Après la section des nerfs, la respùation baissa considérablement; les pulsations ne furent pas comptées. Aussitôt après l’opération, l’animal parut essoufflé, mais bientôt il se remit. On ferma la plaie du cou et on laissa ensuite l’animal dans une cage sans lui donner ni à boire ni à manger.
Le 15 juillet, le pigeon avait l’air assez bien portant, il becquetait quelques graines égarées dans sa cage et essayait de les manger; On constata qu’il n’avait aucun liquide dans le jabot et on le laissa encore ce jour-là à l’abstinence.
Le 16 juillet, le p%eon paraissait toujours dans le même état; point de liquide dans le jabot. Alors on lui donna à boire et à manger : aussitôt le pigeon se jeta
sur l’eau qu’on lui présentait et en but avec avidité et à plusieurs reprises une grande quantité. Aussitôt que le pigeon eut bu, il parut gêné dans sa respiration ; et se cambrait en arrière et ouvrait largement le bec pour respirer comme s’il était essoufflé.
Deux heures après, on revit le pigeon qui paraissait assez tranquille; mais aussitôt qu’on le prit dans la main il s’échappa de son bec du liquide, dont le jabot
on ne lui vit prendre aucun aliment solide.
Alors on enleva l’eau de la cage du pigeon point savoir si son jabot se désemplirait.
Le lendemain, 17 juillet, le pigeon était à peu près dans le même état. Aussitôt qu’il se remuait violemment, l’eau de son jabot était rejetée et l’animal était essoufflé. Toutefois l’eau avait disparu en partie et le jabot était moins plein que la veille.
Les jours suivants, le pigeon parut aller un peu mieux, quoique de la bile se trouvât parfois mêlée au liquide des régurgitations. L’animal avait considérablement maigri; il s’affaiblissait continuellement et mourut le 26 juillet, c’est-à-dire douze jours après l’opération.
D’après les expériences qui précèdent, on peut voir que chez les oiseaux la section des nerfs vagues arrête la digestion. On voit aussi que ces animaux résistent,
en général, plus longtemps que les mammilëres aux suites de cette opération.
Nous devons vous parler actuellement d’un autre effet de la section des nerfs vagues sur les phénomènes d'absorption dans la membrane muqueuse de l’estomac.
Après la section des pnerano-gastriques, la membrane muqueuse de l’estomac, par suite des modifications circulatoires qui sont survenues dans son tissu, absorbe plus lentement : on a même dit qu’elle n’absorbait pas du tout et on a cité des expériences dans lesquelles, après la ligature du pylore, on pouvait injecter dans l’estomac une solution de noix vomique sans que l’animal fût empoisonné. Ces expériences ont été faites par M. le professeur H. Bouley (d’Alfort) sur des chevaux et sur des chiens. Nous avons répété ces expériences avec le pmssiate de potasse, que nous avons vu cependant passer dans les urines. Dans les expériences citées plus haut, la déligature du pylore amenait de suite l’empoisonnement, d’où on avait conclu que c’était dans l’intestin que l’absorption avait lieu. Muller avait déjà dit qu’après la section du pneumogastrique, l’absorption était ralentie dans l’estomac. Dupuy, expérimentant sur des chevaux avec la poudre de noix vomique après la section des pneumo-gastriques, était arrivé à conclure que cette poudre n’avait pas d’action. Nous avons fait quelques expériences qui, d’accord avec les faits observés par Muller et M. Bouley, montrent un ralentissement dans l’absorption par la sm-face stomacale.
Exp. — Sur une chienne jeune et à jeun, on coupa les deux pneumo-gastriques et on plaça une canule à la
trachée. Les pneumo-gastriiiues ne se montrèrent pas sensibles à la section.
Les phénomènes ordinaires de la section des pneumogastriques se manifestèrent.
Trois heures après, on injecta dans l’estomac de l’acide tartrique, afin de le rechercher dans l’urine. Mais, chose singulière, quelques instants après, le ventre de l’animal s’élargit en se dilatant considérablement
Quatre heures après la section despneumo-gastriques, on injecta une solution saturée à froid de cyanure de mercure. L’empoisonnement surrint bientôt, mais un peu plus lentement, en apparence, que chez les chiens qui n’ont pas eu les pneumo-gastriques coupés et avec des troubles de la circulation moins prononcés et moins de convulsions.
A l’autopsie de l’animal, on sentit dans les poumons l’odeur caractéristique de l’acide prussique. L’estomac était énormément distendu par des gaz qui ne passaient ni dans l’œsophage ni dans l’intestin grêle. L’estomac était parfaitement vide d’aliments. Le gaz contenu dans l’estomac, recueilli sous Teau dans une cloche, ne brilla pas : ce n’était donc ni de l’hydrogène, ni de l’oxygène.
Après la section des pneumo^triques, les effets de l’éthérisation paraissent plus durables.
Exf. (6 novembre 1851). — Sur un gros chien caniche on fit une injection d’éther dans le péritoine et dans la plèvre. Au moment où l’éthérisation s’était manifestée, on fit la section des deux nerfs vagues dans la région moyenne du cou. La section des vagues eut pour résultat que les effets de l’éthérisation se dissipèrent très-len-
tement. Toutefois, il semble qu’après la section des vagues, la diminution des mouvements respiratoires n’avait pas été aussi considérable chez ce chien que chez les animaux non éthérisés.
L’animal servit ensuite à des expériences sur la séci’étion salivaire qui durèrent une heure environ, après quoi il fut sacrifié, et on ne trouva pas d’urine dans la
Remarquez bien ici, Messieurs, que jusqu’à présent nous ne trouvons rien encore qui puisse expliquer la mort qui survient chez nos opérés.
. Mais il y a dans l’abdomen un autre organe sur lequel le pneumo-gastrique a une influence réelle, quoiqu’elle semble indirecte : cet organe, c’est le foie.
Voyons si nous pouvons regarder les troubles qu’y amène la section des pneumo-gastriques comme cause de la mort.
Lorsqu’on coupe les pneumo-gastriques sur un animal en santé, le foie contient, au moment de l’opération, tout ce qu’il doit normalement contenir; ce n’est que plus tard que des changements peuvent y survenir.
Lorsqu’on a coupé les nerfs pneumo-gastriques à un lapin, qu’il est mort au bout de trente-six heures, par exemple, on trouve que toujours le foie a cessé de contenir du sucre. Chez ce chien, chez ce pigeon, qui mourront sans lésions du poumon, nous ne trouverons plus tard, dans le foie, ni sucre, ni matière glycogène.
Peut-on rattacher la mort à la cessation des fonctions du foie, fonctions que d’ailleurs nous ne connaissons pas toutes? — Les expériences tendraient à le faire admettre.
En suivant l’animal dans son développement, on voit la fonction glycogénique s’exécuter dès la vie intrautérine; plus tard, elle persiste pendant tout le cours de la vie et dure jusqu’à la mort. Chez les animaux soumis à l’abstinence, on voit cette fonction persister; toujours leur foie renferme du sucre et de la matière glycogène; ce n’est que quelques jours avant la mort que la matière disparaît. A ce moment, l’animal est perdu irrévocablement, même quand on lui donne à manger. Or, quand les animaux sont arrivés à ce point d’épuisement, qui correspond à la disparition de la. matière glycogène dans le foie, ils succombent généralement au bout de trois ou quatre jours, comme après la section des pneumogastriques. Je crois que chez les animaux qui ont subi cette opération, lorsqu’on ne trouve rien dans le cœur, rien dans le poumon, rien dans l’estomac qui puisse expliquer la mort, il faut se rattacher à ces fonctions du foie qui ne peuvent être suspendues sans causer la perte de l’animal. Après la section des pneumo-gastriques, les animaux se refroidissent et périssent dans l’épuisement qu’on observe dans l’inanition; seulement, dans l’inanition, cette période dernière n’arrive qu’au bout d’un temps assez long, tandis qu’ici elle commence de suite après la section des vagues.
Pour toutes ces raisons, je crois que la cause de la mort est extrêmement compliquée, et que la cessation des fonctions du foie doit y avoir une laige part.
Du reste, les expériences qui suivent montrent combien est profonde l’influence de la section des pneumogastriques sur les phénomènes de la nutrition, et quelles
modifications cette opération amène, soit du côté du foie, soit du côté des urines, qui, par leur composition, représentent jusqu’à un certain point l’état de la nu-
Exp. (22 novembre 1848). — Sur un chien loulou, ayant, deux ou trois heures auparavant, fait un repas de viande, on coupa les deux vagues dans la région moyenne du cou. Le chien était mort le troisième jour; il n’y avait pas trace de sucre dans son foie.
Exp. — Sur un gros lapin, on coupa les deux nerfs
rrois quarts d heure après, on retira de lunne vessie du lapin; elle était limpide et beaucoup j élément alcaline.
Exp. (11 mars 1846). — A un lapin à jeun, ayant
*S« SERF PSEOMO-GASTEiaUE.
A quatre heures et demie, les urines du lapin examinées étaient neutres; à cinq heures et demie, les urines étaient claires et bien nettement acides. A six heures les urines étaient toujours claires et très-acides ; le lapin se tenait dans un coin, respirait lentement et avec peine, mais il ne faisait pas entendre de rhonchus.
Le lendemain, le lapin était mort et on trouva à l’autopsie que les récurrents et les fdets sympathiques avaient été ménagés.
Exp. (17 mars 1846). — Lapin adulte, à jeun depuis trente-six heures, ayant les urines très-acides, citrines et claires. On lui donna des carottes qu’il mangea avec avidité. Après une demi-heure, les urines étaient troubles, mais encore acides, quoiqu’elles le fussent moins. Après une heure quarante minutes, elles étaient trèstroubles, blanchâtres et alcalines.
Alors on fit la section des deux pneumo-gastriques en ménageant le laryngé et les filets sympathiques, n n’y eut pas de rhonchus. Après une heure, les urines étaient devenues acides et moins troubles, quoiqu’elles le ftissent encore. Après une heure et demie, les urines n’étaient plus acides, mais toujours un peu troubles.
Alors, pensant que cette acidité des urines provenait d’un arrêt de la digestion, on fit une injection de -100 grammes de suc gastrique naturel de chien dans l’estomac du lapin.
Après cette injection, les urines restèrent toujours acides et très-limpides.
D’après les Ms précédents, on voit donc que la section des pneumo-gastriques a eu pour effet d’ame-
ner la disparition du sucre dans le foie au bout d’un certain temps. Nous savons que son excitation, au contraire, produit l’apparition du sucre dans le sang et dans les urines. Quoique nous ayons déjà rapporté des faits de cette nature dans le premier volume de ces leçons, à propos de la théorie du diabète, nous allons vous signaler ici une nouvelle série de ces résultats se rapportant plus spécialement à la physiologie du nerf pneumogastrique.
Exp. (23 avril -1849). — Sur un chien nourri de viande depuis trois jours, et ayant fait son dernier repas deux heures auparavant, l’on retira vers dix heures du matin de l’urine de la vessie, puis on saigna l’animal à la jugulaire gauche, ensuite on mit à découvert les deux nerfs vagues dans la région du cou, et, en soulevant ces deux nerfs sur un fil sans les couper, on les excita en faisant passer sur leur tronc un courant électrique, assez faible pour ne déterminer sur la langue qu’un léger picotement. Les nerfs.vagues étaient excessivement sensibles à cette galvanisation, et on provoquait de la part de l’animal des cris ét des mouvements de déglutition. Toutefois, pendant cette galvanisation le timbre de la voix ne parut pas sensiblement modifié, et, ce qu’il y a de partfculier, c’est qu’au même moment, pendant la galvanisation, la pupille gauche était contractée, la membrane clignotante devint saillante, tandis que, du côté droit, la pupille semblait élargie. II y avait, en même temps aussi, des mouvements convulsifs dans les muscles sourciliers.
On galvanisa les nerfs à trois reprises différentes pen-
dont une heure ; on reprit alors de Turine dans la vessie et du sang dans lajugulaire. L’animal fut pris d’un tremblement considérable comme s’il avait froid.
Après une heure le chien ne tremblait plus. La pupille gauche était toujours contractée et non la droite. On retira alors de l’urine de la vessie et du sang de la jugulaire, puis on galvanisa de nouveau les vagues. Ds paraissaient encore sensibles à cette galvanisation; l’animal cria, mais la voix était devenue rauque et voilée.
L’animal étant remis en liberté, fut encore repris de cette espèce de tremblement déjà observé une fois. Alors on enleva le fil passé au-dessous des deux vagues, et on mit l’animal au repos. Il présentait de 20 à 22 respirations et de 140 à 150 pulsations par minute.
Vers quatre heures du soir, le chien paraissait être dans les conditions d’un animal qui a eu les pneumogastriques coupés, ses respirations étaient très-lentes; mais il y avait un signe contraire, c’est que les pupilles étaient dilatées, la droite toujours plus que la gauche. On retira alors de l’urine de la vessie et du sang de la veine jugulaire, puis le chien fut laissé en repos.
On fit l’examen comparatif du sang et des urines pendant le cours de l’opération :
Pendant toute la durée de la galvauisation, l’urine et le sang conservèrent les mêmes caractères. Le lendemain, le sang comme l’urine étaient dépourvus de sucre.
état normal, ce qui prouve que les nerfs galvanisés avaient pu reprendre leurs fonctions, car l’animal serait mort, si les pneumo-gastriques avaient été coupés ou altérés d’une façon équivalente.
Le 28 avril, l’animal était à peu près revenu à son état normal et il servit plus tard à. d’autres expériences.
Eæp. (23 avril 1849). — Sur un gros lapin, on mit à découvert les deux nerfs vs^es, on les souleva à l’aide d’un fil placé sous eux et on les galvanisa avec un courant faible pendant quelques instants.
Avant l’expérience, les urines étaient troubles, blanchâtres, alcalines, ne contenaient pas de sucre.
Quelques heures plus tard, les urines étaient toujours claires, elles étaient moins alcalines et renfermaient du sucre d’une manière très-nette, quoiqu’en petite quan-
Le soir, neuf heures après la galvanisation, les urmes étaient troubles, alcalines et paraissaient contenir encore des traces de sucre.
Le 24 avril, le fil étant toujours resté autour des va- ^es fut retiré avec une certaine difficulté.
Dès ce moment, l’animal parut avoir la respiration
une déeocüon.jaunâtre, limpide, qui ne contenait aucune trace de sucre.
Exp. (16 novembre 1852). — Sur une chienne eu pleine digestion et bien portante, on fit la section des pneumo-gastriques dans la région moyenne du cou et oh galvanisa les deux bouts supérieurs préalablement liés ensemble. La galvanisation dm-a environ une demiheure, ■ mais elle était interrompue et on agissait alternativement sur chacun des deux nerfs. L’animal vomit abondamment; les yeux devinrent saillants. Dans les premiers instants de la galvanisation, la pupille se resserra; mais bientôt elle se dilatait fortement si la galvanisation continuait.
Pendant la galvanisation, l’animal présenta des convulsions assez violentes. Une demi-heure après la galvanisation, ce chien rendit de l’urine qui ne contenait
Une heure après la première opération, on galvanisa encore l’animal pendant un quart d’heure avec des interruptions. Le galvanisme détermina toujours des convulsions avec efforts de vomissement.
Un peu plus tard, on fit la ponction de la vessie pour obtem’r de l’urine qui fut trouvée légèrement alcaline et contenait une grande quantité de sucre.
Une heure après la ponction de la vessie, l’animal rendit spontanément de l’urine très-chargée de sucre. Le lendemain matin, environ dix-huit heures après, l’animal fut trouvé mort, mais encore chaud.
Autopsie. Le foie ne contenait que des traces de sucre. .La vessie et les intestins étaient vides. Les cornes de la
matrice renfermaient six petits, dont trois seulement étaient morts. Le foie de ces petits chiens contenait du sucre de même que le liquide amniotique.
Le cerveau et la moelle allongée étaient très-injectés, ce qui tenait peut-être à la galvanisation du bout supérieur des nerfs vagues.
Le coeur était plein de sang coagulé; il y avait une ecchymose hémorrhagique dans l’épaisseur de la valvule mitrale. Les poumons étaient engoués et comme hépa-
Exp. — Sur un chien en digestion, on fit, le 12 novembre 1853, la piqûre de la moelle allongée, après avoir, quatre jours auparavant, tenté la section des nerfs grands splanchniques.
La piqûre réussit bien, et, au bout d’une heure environ l’animal s’était relevé et marchait. Seulement il avait vomi et il salivait beaucoup. La pupille, qui était très-dilatée immédiatement après la piqûre, l’était encore beaucoup quatre heures plus tard.
On saigna l’animal deux heures environ après la piqûre et on trouva une grande quantité de sucre dans le sang de la veine jugulaire.
On examina de l’urine que l’animal, avait rendue spontanément quelque temps après, on y constata une quantité considérable de sucre.
Deux jours après, le 14 novembre, l’animal n’avait plus de sucre dans son urine. Alors on découvrit les deux nerfs vagues dans la région moyenne du cou ; on les lia ensemble, et on galvanisa au-dessus de la ligature avec l’appareil électro-magnétique de Breton. La
première fois, on galvanisa pendant quelques minutes. Vingt-cinq minutes après, on les galvanisa de nouveau; l’animal mourut pendant l’opération, ce qui tenait sans doute, à l’arrêt des mouvements respiratoires qui étaient comme suspendus pendant la galvanisation.
A l’autopsie, on constata que les nerfs splanchniques n’étaient coupés ni à droite, ni à gauche; l’instrument avait porté trop en dehors. Le sang de l’animal renfermait du sucre, de même que le foie qui, au dosage, donna 0, 77 pour 100. Il n’y avait point d’urine dans la
Exp. (6 janvier 1853). — Sur un chien loulou, ayant fait le matin un repas copieux de viande et de soupe, on pratiqua la section des deux vagues dans la région
riphériques des nerfs vagues. On galvanisa modérément et à diverses reprises, pendant cinq à six minutes, les bouts supérieurs. Quand on galvanisait le vague droit, il y avait toujours vomissement des aliments et arrêt de la respiration. Quand on galvanisait le vague gauche, il n’y avait pas de vomissement et il semblait que la respiration ne s’arrêtait pas aussi facilement. D’ailleurs, lorsqu’on galvanisait ces nerfs, il y avait du côté des yeux les symptômes ordinaires; et du côté de la face, tiraillement en arrière des commissures de la gueule, etc.
Après cette galvanisation, l’animal fut détaché et mis en liberté dans le laboratoire. La respiration était lente et difficile; après une heure on recommença de nouveau la galvanisation; et aussitôt après on retira de la vessie les urines qui étaient devenues alcalines, d’acides qu’elles étaient avant; on constata qu’elles contenaient manifestement du sucre.
Dans la seconde galvanisation, les symptômes provoqués par chacun des deux vagues en particulier ne furent pas aussi nets que la première fois.
Enfin on galvanisa plus tard très-fortement l’animal, et le sucre disparut de l’urine.
Dans aucun cas, on n’irrita le bout périphérique des nerfs vagues. Le lendemain matin, l’animal n’était pas encore mort; il n’avait plus què 8 respirations par minute. D mourut le soir. On trouva à l’autopsie son foie
Exp. (H juin 1853). — Sur un chien, de taille moyenne et adulte, en pleine digestion et ayant fait trois heures auparavant un repas, de viande cuite (tête de
4i2 SERF PSEUMO-CASTEiaDE.
mouton), on compta les respirations qui étaient de 30 par minute (l’animal était un peu agité), les pulsations étaient de 96 à 100. Ensuite ou fît la section des deux nerfs vagues dans la région moyenne du cou, entre deux ligatures portées sur les deux nerfs à la fois qui étaient peu sensibles. Après la section de ces deux nerfs on avait du côté de l’œil et de la face les phénomènes ordinaires de la section du grand sympathique faite en même temps que celle des vagues. On galvanisa alors les deux bouts supérieurs, tantôt à la fois, tantôt allant d’un nerf à l’autre, pendant dix minutes envu'on, avec des intermittences. Les mouvements respiratoires étaient suspendus pendant cette galvanisation. L’animal n’eut pas de vomissements réels, mais il avait de la tendance à vomir pendant qu’on galvanisait, allant toujours d’un nerf à l’autre.
Après qu’on eut cessé la galvanisation, on constata que les respirations étaient de 12 par- minute, et les pulsations de 112 à 120. Le chien étant remis en liberté, les respirations étaient difficiles et ses yeux étaient déformés et injectés. On retira les urines de la vessie et on constata qu’elles étaient alcalines. Une heure après, on galvanisa le chien ; on prit de l’urine avant la galvanisation et on n’y constata pas la présence du sucre. Après la galvanisation, qui avait duré environ dix minutes avec intermittences, on reprit les urines. Les urines paraissaient alors moins alcalines qu’elles ne l’étaient une heure auparavant et elles ne contenaient pas de sucre. Une heure après la seconde galvanisation, on retira de l’urine qui était toujours légèrement alcaline.
et on y reconnut là présence d’une grande quantité de sucre. On trouva alors les respirations de 13 par minute, et les pulsations de 152 à 160. Alors on sacrifia l’animal par la section du bulbe rachidien et on recueillit, par le procédé ordinaire, le sang de différents vaisseaux, savoir ; de la veine porte, des veines hépa^ tiques, du cœur droit et du cœur gauche. On constata la présence du sucre dans tous ces sangs, mais beaucoup plus dans le sang des veines sus-hépalhiques. Le sérum était clair et limpide dans tous les sangs, excepté dans celui du cœur droit où il présentait une teinte laiteuse. 11 existait dans le péricarde un épanchement considérable de sérosité, qui se prenait parle refroidissement en une masse fibrineuse et qui contenait beaucoup de sucre.
On fit fermenter alors, comparativement, les urines avant les galvanisations, et les urines qu’on avait retirées de l’animal après la mort. La fermentation fut nulle dans la première; dans l’autre, elle fut très-active et donna une grande quantité d’acide carbonique.
Le chien pesait 16'*“, son foie pesait 180®''- ; il donna une décoction limpide, dans laquelle on trouva que le tissu de l’organe contenait 1",415 de sucre pom’ 100.
L’examen du foie fut fait le lendemain de la mort, On examina de même le contenu de l’estomac, qui ne renfermait pas de sucre; la bile était, au contraire, manifestement sucrée.
' Exp. (21 janvier 1853). — Sur une chienne de moyenne taille, très-grasse, ayant déjà servi à d’autres expériences, ayant eu les deux nerfs récurrents coupés par rm procédé sous-cutané. On peut, en effet, couper
les nerfs récurrents chez le chien par la méthode souscutanée. Pour cela, avec notre crochet à couper les nerfs, on pique la peau et on va sur les côtés de la trachée, vers sa partie supérieure. Cela fait, on remonte le long de la face externe droite et gauche de la trachée, on accroche et on coupe les nerfs récurrents qui sont accolés sur les parties latérales des premiers anneaux du tuyau respiratoire.
On reconnaît que la section est opérée à la raucité de la voix de l’animal. Mais revenons au sujet de l’expérience actuelle.
On coupa les nerfs vagues dans la région moyenne du cou, puis on galvanisa les bouts supérieurs, et, à trois reprises, on constata qu’alors les mouvements du thorax étaient arrêtés. Puis, on galvanisa les bouts inférieurs et on vit que le cœur était arrêté. Ensuite, on revint galvaniser les bouts supérieurs, en prolongeant davantage la galvanisation, afin de faire vomir l’animal; la chienne ne vomit pas et n’eut pas même des envies de vomir; mais l’autopsie prouva plus tard que l’animal était à jeun, qu’il n’avait rien dans l’estomac. Une heure après, on galvanisa les bouts inférieurs des vagues seulement, à deux ou trois reprises, à un quart d’heure d’intervalle; puis, une demi-heure après la dernière galvanisation, l’animal fut sacrifié par la section du bulbe rachidien.
L’autopsie montra que le foie contenait beaucoup de sucre et que l’urine, qui était acide, était sucrée, ainsi que la bile. Le foie contenait p. 100 de sucre.
On obsen’a sur cette chienne différentes particula-
tés : 1“ le vague droit paraissait bien évidemment plus petit que le gauche (cette disposition- ne serait ici qu’exagérée). 2" Les vagues étaient sensibles avant qu’on en fit la section mais après la section il sembla que les bouts inférieurs excités donnaient lieu à des manifestations de douleur, qui ne pourraient s’expliquer là que par l’irritation du bout central du grand sympathique, qui restait uni au bout périphérique du vague.
des yeux étaient moins prononcés qu’à l’ordinaire. 4“ Enfin cette expérience prouve encore que la galvanisation des bouts périphériques n’a pas empêché le diabète de se produire, par suite de la galvanisation des bouts centraux. 5“ On constata chez cette chienne, au moment où elle fut sacrifiée, que dans la mort par section du bulbe rachidien la conjonctive devient insensible avant la cornée. Enfin, cette expérience montre que le diabète peut parfaitement se manifester, l’animal étant à jeun.
Exp. (octobre 1851). — 1° Un petit chien, de six à huit jours, fut éthérisé d’une manière continue, pendant une heure, dans le. but de voir si cette éthérisation produirait l’apparition du sucre dans l’urine. Une heure
on n’y rencontra pas de sucre d’une manière sensible.
On tua ensuite l’animal par décapitation. Son sang contenait du sucre, de même que la décoction du foie qui était transparente.
tssement de la respiration <jni accompagne la section
d’.asphj’sie, L’espérience suivante montre quel’a^hjsie aurait plutôt un etfet contraire,
Exp.~ 2“ Un autre chien, du même âge que le précédent, eut les deux récurrents coupés dans la région du e0u;il devintd£ suite cyanosé; il suffoquait; mais comme il était né depuis quelques jours, son a^hyrie fiit lente et dura une heure et quart. La vessie était pleine d’ulànequine renfermait jpas de sucre; le sang contenait seulement des traces de sucre et la décoction du foie n’en contenait pas.
Exp. — Z° Un troisième petit chien, de la même portée que les précédents, fut tué directement par décapitation pour être comparé aux deux précédents. Son sang contenait du sucre. La-décoction de son foie était opaline et sucrée. L’urine ne renfermait pas de sucre.
Il résulte de ces trois expériences faites sur ces trois petits chiens, dans les mêmes conditions de digestion à peu près terminée, que l’a-sphyxie lente a détruit le sucre au lieu de le faire apparaître dans le sang et dans les urines. L’-éther, au contraire, quoiqu’il n’ait pas fait apparaître le sucre dans l’urine, d’une manière évidaite, semble avoir augmenté sa production, dans le sang et dans le foie. -Quant au troisième chien, nous voyons que la décoction de son foie se distinguai des deux autres par l’opalescence, caractère qui, d’après ce que nous avons vu depuis, indique que sonfoie.contenaitde lamatièreglycogène, tandis qu’iin’y en avaitplus chezles deux autres. Uette expérience prouve -de plus que, sous
EXPÉRIESCES, H7
ce rapport, il ne faudrait pas assimiler l’éther aux agents asphyxiants.
La section d’un seul pneumo-gastrique n’est pas mortelle chez les chiens; et, si au bout d’un certam temps, de six semaines, par exemple, on pratique la section de l’autre pneumo-gastrique, on dit que l’animal résiste à cette section successive des deux nerfs. On a pensé que le temps qui s’était écoulé entre les deux opérations avait été suffisant pour permettre le rétablissement des fonctions du vague coupé. Toutefois, après cetemps, les phénomènes que la section amène du côté de l’œil et du côté de la température de la tête n’ont pas encore disparu.
Exf. — Dne grosse chienne avait eu le pneumogastrique droit' coupé dans la ré^on moyenne du cou, et éprouva, comme conséquence, tous les symptômes ordinaires qui sont observés du côté de l’œil et du côté de la chaleur de la tête.
Deux mois et demi après, ces symptômes n’avaient pas encore disparu. L’œil du côté coupé était plus petit, la pupille plus contractée, etc. Alors, on coupa le pneumo-gastrique .bien au-dessous du point où il avait été coupé la première fois, et on galvanisa son bout supérieur, afin de voir si la galvanisation aurait quelque effet sur l’œil, eu d’autres termes, si lès propriétés des nerfs étaient rétablies dans le point coupé. Cette galvanisation ne produisit aucun effetsensiblesur la pupille; ’œii ne devint pas saillant.
Cette expérience semblerait prouver que, après deux mois et demi, le pneumo-gastrique ou plutôt le sympathique qui lui était uni, ne s’était pas régénéré, de ma-
prenant, parce qu’on dit que la section des deux pneumo-gastriques est ordinairement suivie de mort, tandis que la section successive des deux nerfs à six semaines de distance ne l’est pas. On explique ce résultat en disant que le nerf coupé a eu le temps de reprendre ses fonctions. Cette expérience prouverait cependant que le nerf n’avait pas recouvré ses propriétés physiologiques; il eût fallu, pour savoir sile nerf pouvait entretenir la vie, faire la section du côté opposé. Il aurait été nécessaire encore de faire la section du nerf au-dessus du point de la section primitive, afin de voir si la galvanisation du bout périphérique n’aurait pas arrêté le cœur, effet qui appartient exclusivement au pneumo-gastrique.
Nous citerons à ce propos l’expérience suivante, quoiqu’elle renferme d’autres résultats qui se rapportent plutôt à l’histoire du grand sympathique.
Exf. (28 novembre 1853). ^ Sur un chien ayant, commedanslecas précédent, unpneumo-gastrique coupé depuislongtemps, on constata qu’il yavait encore un peu de chaleur dans l’oreille correspondante elles désordres caractéristiques du côté de l’œil; ce qui montrait que les fonctions du grand sympathique n’étaient pas rétablies.
Après avoir éthérisé l’animal, on découvrit le pneumo gastrique vers le point de sa cicatrisation, puison laissa revenir l’animal de son éthérisation. On galvanisa le nerf au-dessus de la cicatrisation et onn’observa rien du côté du cœur, tandis qu’il y avait saillie du globe de l’œil et les phénomènes ordinaires du côté de la tête. On galvanisa ensuite au-dessous de la cicatrice et on observa
un arrêt du cœur et rien du côté delà tête. Ce qui prouve évidemment que l’exeuation eieetnque ne passait pas à travers la cicatrice.
On sacrifia ensuite l’animal par la section du bulbe rachidien et aussitôt on observa qu’en galvanisant le premier ganglion thoracique du côté gauche, le cœur se remità battre et des mouvements énergiques apparurent dans l’intestin grêle et dans l’estomac. Quand on galvanisa le ganglion cœliaque du même côté, on vit, au contraire, les mouvements de l’intestin grêle s’arrêter tandis qu’il en apparut dans le gros intestin de très-violents. A plusieurs reprises on constata les mêmes phénomènes, après quoi on galvanisa de même les ganglions premier thoracique et cœliaque du côté opposé, avec les mêmes résultats.
Enfin, on coupa le filet nerveux qui unit inférieurement le ganglion premier thoracique au ganglion suivant et on obtint toujours le même résultat par la galvanisation du ganglion, ce qui prouverait que l’influence du ganglion se transmet aux intestins par ime action réflexe passant par la moelle. En effet, on galvanisa alors lebout supérieur du nerf coupé tenant au ganglion et on produisit les mêmes phénomènes de contraction; tandis qu’en agissant sur le bout inférieur, on ne vit aucun mouvement se développer. Il reste maintenant à déterminer par quel filet cette action réflexe se propage aux intestins; tout porte à penser que c’est par les nerfs splanchniques.
Nous reviendrons sur ces questions à propos du nerf sympathique.
Lorsque les nerfs ont été fatigués par une cause quelconque, par la galvanisation, par exemple, ils reprennent leurs propriétés assez vite, contrairement à ce qui a lieu après leur ligature ou leur section; c’est ce que prouve l’expérience suivante :
Exf. (25 avril 1849). — Sur un chien, on mit à nu les deuxvt^eset on lesgalvanisadans la région moyenne du cou. On fit passer un courant assez faible pour ne pas trop altérer les nerfs; cependant, après avoir cessé la galvanisation, la voix de l’animal est devenue rauque, voilée; la pupille du côté gauche était rétrécie et la membrane clignotante faisait saillie au devant de. l’œil comme lorsque le sympathique a été coupé; les respirations ne paraissaient cependant pas sensiblement ralenties. Pendant qu’on galvanisait les pneumo-gastriques, l’animal faisait de tréquents mouvements dé déglutition.
Le 30 avril, l’animal se portait bien; il mangea, et les symptômes précédemment observés avaient disparu : la voix était redevenue claire et la pupille de l’œil gauche avait repris son état normal.
Alors cet animal fut piqué au plancher du quatrième ventricule, et, à la suite de cette opération, on observa l’apparition du sucre dans les urines avec les phénomènes que nous avons signalés.
Cette expérience montre que l’altération des nerfe, qui a été produite par le fait de la galvanisation, a cessé plus rapidement qu’on aurait pu le penser, puisque au bout de cinq jours le nerf avait repris ses propriétés. Ce qui prouve que le nerf est simplement fatigué pai' la gai-
Tanisalion, mais non pas détruit, car les choses se fussent passées tout autrement après la section.
Enfin, il semble, que. le pneumo^strique soit un nerf capable d’offrir des exemples de toutes, les anomalies possibles,, car on a vu des chiens sunùvreà la section des deuxptiaimo-gâstiiqaes. sans qu’on puisse endonner l’explication, si ce, n’est eu disant que. l’influence ner- .Tisxsea pu se continuer par l’anastomose que Galien avait déjà signalée entre lelaryngésupérieuret le laryngé inférieur, anastomose: qni serait dans ce, cas plus forte qu’à llétat ordinaire.. Nous: considérons cette explication comme une. simple hjpothèse. Quoi qu’il en soit, divers observateurs, iL Sédillot en particulier,, ont signalé des exemples de survie prolongée chez, des chiens à qui on avait coupéles nerfe vagues. Nous allons vous en rap^ porter un cas que nous avons observé nous-même.
Ææp. (26 mars 1847), - Je réséquai, sur un chien, les deux vagues dansla région moyenne du cou.
Avant Fopératioa, les pulsations étaient au nombre de 85 avee irrégularité. Après l’opération 178-, et rA gulières. Les respirations, qui. étaient avant au nombre de 16, étaient tombées à 12 après la section des nerfs.
On renaarqua pendant l’opération qtfâ la section du nerf vague gauche,, la circulatiou était déjà accé:lérée.
Aussitôt après la résection des deux nerfs vagues, ■ l’animal suffoquait convulsivement j bientôt le calme se. rétablit.
On observa, en outre, du côté des yeux une constric, tionde la pupille, un enfoncement du globe oculaire,.
une déformation de l’ouverture palpébrale, conséquences de la section du grand sympathique inévitablement coupé avec le pneumo-gastrique.
Le 27 mars, l’animal allait bien, ne paraissait pas triste, les symptômes de la veille persistaient du côté de la respiration et de la circulation. On donna à l’animal un morceau de viande qu’il mangea, mais qu’il ne put avaler; il le vomit bientôt, essaya de nouveau de le manger, le revomit et ainsi de suite.
Le 28 mars, l’animal allait toujours bien; les mêmes symptômes persistaient; l’animal buvait assez bien les aliments liquides; cependant, en buvant, il toussait et vomissait de temps en temps; mais une certaine quantité des aliments arrivait cependant dans l’estomac, car il en rendait beaucoup moins qu’il n’eu prenait.
Le 29 mars, même état; le chien mangeait toujours et vomissait la plus grande partie de ce qu’il prenait. Du 30 mars au 2 avril, le chien resta toujours de même : il rendait toujours la plus grande partie de ce qu’il prenait. De temps en temps il rendit des excréments qui étaient durs et son mine était très-foncée.
L’animal paraissait calme, il se courbait en rond pour s’endormir comme à l’ordinaire; ses respirations étaient toujours excessivement laborieuses et l’inspiration commençait toujours par la contraction trèsforte des muscles abdominaux, à laquelle succédait l’écartement très-marqué des côtes. Au moment où l’inspiration commençait, tous les muscles de l’animal étaient pris d’une sorte de tremblement convulsif qui se voyait même jusque dans les muscles de la cuisse.
EXPÉBIE^OES. 4S3
et ce trembiement comnalsif durait dans les muscles pendant tout le temps de l’inspiration et cessait un
lâchement brusque des forces inspiratrices, pour recommencer bientôt avec une nouvelle inspiration. Les jours suivants, l’animal présenta toujours les mêmes phénomènes.
Huit jours après la résection des vagues, on plaça une canule à l’estomac de l’animal. On trouva qu’il y avait une certaine qnantité de liquide acide dans l’estomac ; qu’une partie des aliments y avait pénétré et paraissait y être digérée. On nourrit le chien avec du
Le chien maigrissait toujours de plus en plus, et il mourut dix-sept jours après la section des vagues. A l’autopsie, on trouva un poumon entier en suppuration, l’intestin grêle présenta, en grande quantité, des villosités blanchâtres gorgées de chyle, ce qui tenait à la lenteur de l’absorption, car ce fait s’observe aussi chez des animaux auxquels on fait la section du vague en pleine digestion. La dissection de la région du cou montra pe les deux nerfs vagues étaient bien coupés ; il existait une solution de continuité entre les deax bouts qui présentaient chacun un renflement très-manifeste.
Nous avons aussi répété plusieurs fois la section du pneumo-gastrique au-dessous du cœur et du poumon, de telle façon que les effets de la paralysie de ce nerf ne peuvent se manifester que sur les organes abdominaux. Nous avons décrit ailleurs (1) le procédé à l’aide duquel
on coupe le pnenmo-gastrique dans la poitrine. Il n’y a, dans l’opération ainsi pratiquée, aucun phénomène du côté du cœur, ni de la respiration qui reste normale^ inais,ce qui est plus remarquable, c’est que les désordres que la section de ce nerf apporte dans les fonctions des oi^anes abdominaux n’influent pas d’une manière immédiate sur la santé de l’animal. C’est ainsi qu’après cette opération nous avons vu la digestion continuer, et la formation du sucre avoir lieu dans le foie ainsi que le prouve l’expérience suivante.
Exp. — Sur un chien, jeune et de taille, moyenne, on pratiqua l’éthérisation pour couper les nerfs pnenmo-gastriques au-dessous des poumons, parle procédé déjà décrit (t. I, pag. 328). Après l’opération on ob-
L’urine avant l’opération était colorée, acid^ et elle donna directement du nitrate d’urée par l’addition d’acide azotique. Une heure après l’opération, rurine • était légèrement alcaline, pas de précipité albumineux par l’acide azotique ni par la chaleur; mais il y avait toujours précipitation de nitrate d’urée par l’acide azattique; pas de sucre d’une manière évidente.
Deux heures après l’opération, les urines oflraient toujours les mêmes caractères; leur réaction élait lér gèrement alcaline. En laissant sécher le papier rouge
on le voyait redevenir rouge, ce qui semblerait indiquer que l’alcalinité était due à de l’anunoniaque.
En faisant bouillir ces urines qui étaient nettement alcalines, elles devenaient également acides.
Le 14 juin, le chien mangea et se portait bien. L’urine présentait toujours les mêmes caractères.
On avait constaté que les pupilles du chien n’offraient pas de déformation. Le sympathique, qui agit sur la pupille, n’était donc pas encore uni dans ce point avec le pneumogastrique.
Le 19 juin, le chien était toujours bien portant, il mangeait bien; l’urine, au moment de l’émission, était légèrement alcaline ; mais l’alcalinité disparaissait sur le papier quand il séchait, et l’urine même finissait par devenir acide à l’air.
21 juin. — Le chien était toujours dans le même état. On recueillit de l’urine qui présentait toujours les mêmes caractères; alcalinité légère, au moment de l’émission, qui disparaissait par l’ébullition. On fit servir ce chien à des expériences sur la salive, expériences qui ont été rapportées (L II, p. 113).
L’animal fut empoisonné par injection de strychnine dans le canal parotidien. A l’autopsie, on trouva, vers le quart inférieur de l’œsophage, que le vague, appliqué contre la partie droite de ce canal, était coupé et présentait des cicatrices renflées à ses bouts. Sm- le côté gauche, on trouva également un filet coupé. On constata donc que les filets nerveux, qui à ce niveau représentent les deux pueumo-gastriques réunis, étaient trèsbien coupés. L’animal avait été sacrifié au commencement de la digestion, l’estomac était rempli de viande; le canal thoracique et les lymphatiques étaient distendus par un liquide blanchâtre.
Le sang contenait du sucre; le tissu
du foie en ren-
«6 ÎÎERF PNEGMO-GASTRIftOE.
fermait une grande quantité, tandis que le contenu de l’intestin n’en donnait pas de trace.
Cette expérience prouve donc qu’après la section des pneumo-gastriques au-dessous du poumon, la vie a pu continuer sans lésion pulmonaire et sans que les fonctions digestive et glycogénique du foie aient été sus-
Ces derniers résultats sont très-importants en ce qu’ils semblent bien montrer que Faction mortelle de la section du pneumo-gastrique ne produit pas ses effets funestes par une action directe sur les organes abdominaux, mais très-probablement par une action réflexe qui aurait sa source soit dans le poumon, soit dans le cœur. Le grand sympathique doit probablement avoir un rôle dans ces sortes d’actions réflexes organiques, et c’est précisément à cause de ce mélange des propriétés d’un nerf de la vie extérieure et d’un nerf de la vie organique, que le pneumo-gastrique nous oSre dans son histoire des obscurités qui ne pourront être dissipées que lorsque le sympathique lui-même sera
.4fîn de distinguer les actions [qui appartiennent aux pneumo-gastriques et au grand sympathique, il faudrait faire la physiologie comparée de ces nerfs chez les animaux où leurs filaments se trouveraient séparés.
Chez les invertébrés, il y a des nerfs qu’on a comparés au pneumo-gastrique et au grand sympathique. Ces deux nerfs affectent un développement inverse.
Chez les insectes, deux filets partent du cerveau de même qu’un autre du ganglion médian ou ganglion
frontal. Le filet émané du ganglion frontal vient passer dans l’anneau œsophagien et accompagne le canal digestif. Les filets émanés du cerveau se rendent aux trachées et au vaisseau dorsal.
. Quand on suit le filet œsophagien chez les dystiques, on voit qu’il se distribue à l’espèce de jabot dans lequel descendent les aliments ; on ne peut le suivre au delà. Si l’on vient à couper ce nerf, l’animal déglutit constamment; s’il ne mange pas, il déglutit de l’air.
L’arrêt brusque de ce nerf à la fin de l’organe de la déglutition se retrouve dans les espèces animales élevées ; lorsque, sur un chien ou sur un oiseau, on galvanise le pneumo-gastrique, on fait contracter l’estomac ou le jabot; on ne produit rien au delà. Chez les animaux invertébrés il semble en être de même.
Tout à l’heure, sur le pigeon que vous avez vu ouvert sur cette assiette, nous avons galvanisé les pneumo-gastriques et fait ainsi contracter le gésier; les contractions n’ont pas été au delà de cet organe.
Sur ce chien qui nous a déjà servi au commencement de la leçon et qu’on vient de sacrifier, nous allons galvaniser le pneumo-gastrique.
L’estomac se contracte (l’animal est en digestion);
Ces mouvements sont provoqués surtout lorsqu’on galvanise le pneumo-gastrique vers la partie inférieure de l’œsophage. Les mouvements péristaltiques intestinaux sont indépendants de ceux qu’on provoque ainsi dans l’estomac. En portant les conducteurs de l’appareil galvanique sur le point dont je viens de parler, nous obtenons des mouvements beaucoup plus violents, surtout
vers le pylore. Il faut, pour que ces mouvements aient une grande intensité, que l’anitnal soit en digestion.
Les mouvements qui ont pour siège les fibres contractiles des conduits pancréatique et biliaire ne sont pas sous l’influence du pneumo-gastrique. Chez les pigeons, où ils sont très-prononcés, ils continuent après la section du pneumo-gastrique comme le font les mouvements du coeur. Ils ne sont pas non plus, chez ces animaux, arrêtés par la galvanisation. D’après ces feits, l’action motrice du va^e semblerait donc s’arrêter à l’estomac.
Messieurs, en finissant l’histoire du pneumo-gastrique, nous terminons celle des nerfs crâniens. Nous avons déjà, dans le premier semestre, vu les racines rachidiennes, de sorte qu’il ne nous reste plus à étudier que le grand sympathique dans ses différentes portions. Toutefois, avant d’aborder ce sujet, nous devons revenir sur quelques points de l’histoire des nerfs cérébro-rachidiens. Ainsi on a signalé fréquemment des paralysies partielles de certaines branches nerveuses qui dépendent deléàons centrales du système nerveux, et qui àcause de cela sont assez difficiles à expliquer. Ainsi, dans les affections saturnines on voit survenir une paralysie qui affecte plus spécialement les muscles extenseurs. Quant au siège de cette paralysie, il est difficile de s’en rendre compte, soit qu’on le place dans les muscles, soit qu’on le place dans la moelle épinière. Cependant nous devons rappeler que nous avons vu dans nos eiqîériences qu’il y avait certaines parties de la moelle affectées plus spécialement aux mouvements d’extension ou de flexion.
On a encore signalé, comme conséquence de l’asphyxie par le charbon, la paralysie isolée de certaines
■exi^ dans l’hystérie et dans d’autres affections, des lésions passagères ou durables de la sensibilité, lésions -très-exactement circonscrites à certaines régions, et ■dont E est, dans l’état actuel de la science, impossible de donner une explication physiologique.
A propos des nerfs mixtes rachidiens, nous ne voulons pas ici faire leur histoire détaillée, je dirai quelques msls surlerôle de leurs anastomoses ou plexus.
Kous savons que tous les nerfs rachidiens s’associent deux à deux, une racine de mouvement avec une racine de sentiment. Nous savons encore qne ces nerfs mixtes, sur leur trajet, s’associent les uns aux autres dans des plexus d’où émanent des nerfe qui provienneut d’un ■certain nombre de paires nerveuses. De telle sorte qu’on peut dire que, bien que les nerJs rachidiens soient indépendants les uns des autres, cependant ils forment, par la r-éonion d’an certain nombre d’entre eux, des faisceaux nerveax destinés spécialement à telle ou telle partie du corps.
Malgré cette réunion des nerfs rachidiens entre eux dans les plexus on ne peut pas en condure que leurs propriétés y soient confondues, et on voit souvent des paralysies partielles et limitées à un muscle paraissant ■ provenir d’une lésion des centres nerveax et montrant ainsi que dans un nerf il pom’rait y avoir à la fois des fibres altérées et des fibres restées saines.
C’est dans les plexus nerveux que les nerfs rachidiens semblent contracter cette union sur laquelle nous avons
longuement insisté dans le premier semestre, union en
vertu de laquelle la racine postérieure sensible commu-
nique sa sensibilité, dite récurrente, à la racine antérieure. Nous savons, en effet, que, lorsqu’on vient à couper le nerf rachidien mixte immédiatement après la réunion des deux racines, ou trouve que la racine antérieure a perdu sa ' sensibilité récurrente. Ce qui prouve que le retour de la sensibilité de la racine postérieure à la racine antérieure s’effectue plus loin. Mais si l’on vient à couper les nerfs au delà de leur plexus, on trouve que la racine antérieure rachidienne ne perd pas sa sensibilité récurrente, parce que la communication de la sensibilité a eu lieu plus haut que la section.
L’existence de cette sensibilité récurrente se retrouve probablement dans tous les nerfs qui s’anastomosent entre eux. C’est ainsi qu’en prenant un rameau collatéral du nerf spinal ou un rameau du nerf facial et eu opérant là section, on constate, en attendant un temps convenable, que les deux bouts qui résultent de cette ■ section sont sensibles. Le bout central possède une sensibilité directe, qui vient directement de la racine postérieure, et le bout périphérique possède une sensibilité récurrente qui revient au moyen des anastomoses périphériques. On trouve, par exemple, en coupant les différentes anastomoses que les nerfs cervicaux envoient au nerf spinal, que ce dernier perd sa sensibilité récurrente.
Il faut donc admettre que les nerfs peuvent, par leurs anastomoses périphériques, communiquer, non-seulement de façon à s’accoler pour marcher vers une destination commune, mais de manière à s’échanger des filets dont les uns remontent par un trajet récurrent vers les centres nerveux. Nous nous sommes déjà longuement étendu dans le premier semestre sur la ma-
animal épuisé, la fibi’é sensitive a perdu ses propriétés à son- extrémité la plus reculée, c’est-à-dire dans la racine antérieure. Cette manière de comprendre le retour de la fibre sensitive dans la racine . antérieure permet parfaitement de comprendre comment il arrive, lorsqu’on a divisé la racine antérieure après avoir constaté qu’elle était sensible, que ce soit le bout périphérique qui conserve sa sensibilité, tandis que le ' bout central de cette racine devient complètement insensible. C’est qu’en effet, en pinçant le bout périphérique de la racine antérieure, on pince en réalité le bout central de la fibre sensitive qui manifeste ses propriétés ; tandis qu’en pinçant le bout central de la racine antérieure on irrite, en réalité, le bout périphérique de la fibre sensitive qui se reconnaît aux propriétés négatives
ment dans la partie sensitive de la moelle épinière.
Le rôle physiologique de cette communication ou de cette récurrence, qui est bien établi pour les fibres sen- ; sltivés serait assez difâcile à déterminer actuellement pour les libres motrices. Nous .savons seulement que les deux racines des nerfs sont toujours associées entre elles. Si nous voulions émettre une hypothèse sur ce sujet, ce qui est toujours nécessaire pour ouvrir une nouvelle voie aux recherches, nous dirions que la moelle épinière, constituant en réalité un organe, a besoin de recevoir elle-même, dans chacune de ses parties, des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs. Or, la partie motrice de la moelle épinière recevrait par récun-ence ses nerfs -sensitifs de la racine postérieure; et de même, la partie sensitive de la moelle épinière recevrait par récurrence des nerfs moteurs de la racine antérieure.
Il est singuher que cette sensibilité de la moelle paraisse résider surtout à sa surface ainsi que le montre l’expérience suivante :
Exf. — Sur un chien, dont la moelle avait été coupée daiis la région lombaire, on enfonça très-profondément des aiguilles dans le tissu médullaire sans y développer de la sensibilité, tandis qu’à la surface des faisceaux, et surtout des faisceaux postérieurs, il y avait une sensibilité très-vive. Ce qui semble prouver que la surface nerveuse de la moelle est plus sensible que la partie intérieure. La substance grise parut complètement insensible.
Je désire placer ici quelques-unes des observations qui m’ont prouvé que la quantité d’électricité nécessai)-è ' pour manifester l’activité physiologique d’un organe ■est bien différente suivant le tissu auquel.on s’adresse.
4üi EXCITATION ÉLECTRIftCB
Il y a plus (le dix ans que, pour la première fois, j’ai été à même d’observer un fait de ce genre : c’est lorsque, voulant étudier les effets que le curare produit sur les nerfs, je priai M. Pulvermacher de construire Tes pinces électriques bien connues aujourd’hui des physiologistes. D’abord ces pinces étant d’un très-petit calibre, voici ce que j’observai sur les grenouilles tuées dans l’état physiologique, et préparées à la manière de Galvani : j’avais constaté que les pinces appliquées sur
laire en agissant directement sur le tissu de l’organe.
C’est à cause de cela que je fis faire à M. Pulvermacher un modèle de pinces beaucoup plus fort, afin qu’elles fussent capables d’exciter non-seulement les nerfs, mais encore les muscles eux-mêmes lorsqu’on agit directement sur leur tissu.
Il résulte donc de ce qui précède, qu’il faut, pour faire agir un muscle, une quantité d’électricité beaucoup plus considérable que pour agir sur un nerf. Je ne saurais indiquer avec quelque précision quelle est cette différence; je puis seulement dire qu’elle est considé-
Cette simple remarque peut expliquer, je crois, des faits en apparence contradictoires qui ont été émis par M. Duchenne (de Boulogne) et M. Remak.
M. Duchenne a admis que l’irritabilité musculaire était plus facilement-mise en jeu lorsqu’on agissait avec des courants assez faibles sur certaines parties des muscles. M. Remak a fait observer que les points répondaient à l’entrée des nerfs dans les muscles, et que l’action de l’électricité était alors portée directement sur eux, et il en conclut que, sur le vivant, il n’était pas possible de produire des contractions en agissant directement par l’électricité sur le tissu musculaire sans l’intermédiaire des nerfs, et qu’ainsi, sur le vivant, l’irritabilité musculaire n’était pas mise en jeu.
La divergence d’opinion entre SIM. Duchenne et Remak me paraît s’expliquer quand on sait que la quantité d’électricité qui est nécessaire pour faire contracter un muscle, est beaucoup moins considérable quand on agit sur les nerfs que lorsqu’on agit directement sur lemuscle.
, Celte différence d’excitabilité à l’électricité entre les tissus nerveux et musculaire me semble, ainsi que je l’ai dit depuis longtemps, être un excellent argument pour démontrer que l’irritabilité musculaire et l’excitabilité nerveuse sont deux choses distinctes.
Il est un autre fait que je veux signaler et qui, je crois, avait déjà été observé avant moi : c’est la différence d’excitabilité sous l’influence de l’électricité qui esisîe. entre le nerf moteur et le nerf sensitif.
Lorsqu’on excite le tronc du nerf sciatique d’une gre- : nouille, tenant d’une part à la moelle épinière et de l’autre aux muscles de la jambe, avec une pile très-faible, ou avec le courant musculaire d’une grenouille, on n’obtient jamais de contraction réflexe par suite de l’excitation du nerf sensitif, tandis qu’on obtient constamment la contraction dans les muscles où se rend le nerf sciatique par l’excitation du nerf moteur.
Un troisième point serait relatif à la différence d’é- , lectricité nécessaire pour manifester les propriétés d’un nerf moteur du système cérébro-rachidien et d’un nerf moteur du système sympathique.
En effet, pour contracter la pupille ou les vaisseaux sous l’influence du filet cervical du grand sympathique, il faut une dose d’électricité plus considérable . que pour exciter un nerf de la vie animale.
Pour faire sécréter la glande sublinguale sous l’influence de la corde du tympan, il faut un courant plus énergique que pour famé contracter un muscle en agissant sur un des rameaux du nerf facial, etc. , .
Les nerfs mixtes, lorsqu’ils ont été coupés, sont sus- . ceptibles de se régénérer. M. Waller,,en particulier, a
beaucoup insisté sur le mécanisme de cette régénération. Je veux seulement rappeler ici un fait que j’ai plusieurs fois observé. C’est un retour de la sensibilité après la section des racines rachidiennes. Nous devons signaler aussi le retour de la sensibilité dans certaines parties qui ont été séparées du corps. .4insi, dans certaines opéra» tions, dans la rhinpplastie, par exemple, on voit des lambeaux qui,- après avoir été séparés de toutes parts, reprennent leur sensibilité. On a constaté, que dans ces circonstances, il y avait eu une régénération des fibres nerveusesdontonne peut reconnaître directementla continuité avec le scalpel, mais dont le microscope donne parfaitement la démonstration. Une question qui pour-
dans un membre isolé, soit dans les deux membres postérieurs, on voit qu’après l’empoisonnement la grenouille a conservé la propriété d’opérer les mouvements réflexes quand on vient à pincer une partie du corps dans laquelle le poison a pénétré, et qu’elle semble même se mouvoir volontairement lorsqu’on la place dans l’eau, après avoir empêché le poison de pénétrer dans les deux membres postérieurs. Ce que je désire faire remarquer ici, c’est que la réaction dés nerfs sensitifs sur les nerfs moteurs n’a lieu que lorsque l’em-. poisonnement paraît tout à fait- complet.
En efîét, lorsque l’animal est sous la première in- ■fluence de l’empoisonnement et qu’on vient à pincer une partie du corps empoisonnée, on n’a aucune espèce de réaction de la part des membres préservés de l’action du curare par la ligature des vaisseaux; on n’obsèrve rien non plus qui puisse être attribué à l’influence de la volonté sur ces membres. J’ai même observé qu’à ce moment les