HUITIÈME LEÇON
Vous avez suivi depuis quatorze jours la marche des accidents consécutifs à la section de la cinquième paire chez ce lapin. Vous pourrez voir que depuis la dernière leçon le mal a fait des progrès. Ta. cornée est perforée et déjà une partie des liqnides de l’œil s’est écoulée. .\utour delà solution de continuité, les membranes sont
Sur cet autre lapin, anquel on a coupé le facial plusieurs jours avant et que nous avons toujours présenté comparativement, vous pourrez voir que, bien qu’il reste constamment exposé à l’air, l’œil est toujours
Nous avons insisté, dans la dernière leçon, sur la double voie par laquelle semblait se transmettre l’action du système nerveux sur les glandes salivaires. Les sécré-
lions salivaires peuvent, comme vous savez, reconnailii aussi pour point de départ, une impression perçue pat le pneumo-gastrique et réfléchie par un filet du gtani sympathique.
A ce sujet se rattache une question sur laquelle ppus ' aurons à revenir, question qui doit cependant être infr i quée ici et sur laquelle on a autrefois beaucoup discuté.
Le nerf grand sympathique est en communicâlion | avec la moelle épinière par des rameaux qui unissenlle ^ centre rachidien à la double chaîne que forment le | long du rachis ses ganglions. Outre r:es chaînes latérales existent des ganglions indépendants, en quel- | que sorte, au point de vue topographique. Ces ganglions | se rencontrent vers les points où le grand sympathique 1 se distribue dans les organes. C’est ainsi que la corde h | tympan, après avoir communiqué vers son origine avec 1 le ganglion géniculé, s’accole au lingual et aboutit aù. | ganglion sous-maxillaire d’où émanent les filets qiii vont à la glande sous-maxillaire. J’ai de plus décrit autrefois des filets qui partent de ce même ganglion, se rendent dans les glandules buccales et Jusqu’à celles du pharynx; il y en a particulièrement un très-long qui remonte jusqu’à la base du crâne, à la voûte du pharynx.
Il serait, par conséquent, possible, d’après cela, que h corde du tympan agit sur les glandules'pharyngiennes.'? :
On s’est préoccupé du rôle spécial que pouvaient jouer les ganglions périphériques situés dans ' le voisinage de certains organes; et on a prétendu que les nerfs ne jouissaient de leur propriété d’agir sur ces organes qu’après avoir traversé ces ganglions. On avait admis
supérieur par les plexus qui, enlaçant l’artère carotide, s’étendent sur ses divisions. Or nous avons excité le nerf tantôt avant, tantôt après le ganglion; et, dans les deux cas nous avons provoqué une action sur la sécrétion salivaire d’une façon très-manifeste. Ce matin encore nous avons galvanisé le filet cervical du grand sympa-
périeur, avec les mêmes résultats. Pareille chose nous est arrivée en galvanisant alternativement la corde du tympan avant et après le ganglion sous-maxillaire.
Dans cette dernière expérience, pour atteindre la corde du tympan, nous avons dû saisir le nerf lingual aussi haut que possible, le couper en masse avec ta corde du tympan ; après quoi nous avons galvanisé le bout périphérique résultant de cette section.
ganglion n’a pas d’influence propre sur le mode de , l’excitatiCn transmise à l’organe; ' |
, Voici un chien sur lequel nous avons préparé l’espérience. Une incision assez large nbiis a amenés Sur lé digastrique; en le soulevant, on trouve au fond, de la plaie, après avoir incisé le muscle mylo-hyoïdieh, lé nerf lingual et la corde du tympan; plus en arrière, la carotide interne qui sert de point de repère pour trouver ' les nerfs. Le filet de la glande sous-maxillaire accompagne l’artère linguale, puis le petit rameau glandulaire qui émane au-dessus. Nous avons isolé ces nerfs sur des anses de fil qui vont nous permettre de les retrouver au fond de la plaie. Un petit tube d’ai^ent, engagé dans le conduit sous-maxillaire, nous permet de reoueillirfecilet ment la salive expulsée par ce conduit. Voici le nerffc gual coupé et rabattu; il offre la réunion et du lingual proprement dit et de la corde du tympan. Nous eu galvanisons le bout périphérique ; la sécrétion coule abondamment. Je galvanise maintenant le filet sympathique venant du cou ; vous voyez la sécrétion plus râqueuse s’arrêter bientôt.
Nous prenons maintenant la corde du tympan avant son arrivée au ganglion sous-maxillaire; nous la' galvanisons : la salive coule.
Nous ajoutererons que la galvanisation de ce filet, qui émane du nerf lingual, agit aussi sur la glande sublinguale, car nous voyons cette salive couler abondamment lors de l’excitation du nerf.
L’action du sympathique est la même, si nous galvanisons dans la région du cou, au-dessous du gan-
■ glion cervical supérieur, le tronc provenant de la réunion du pneumo-gastrique et du grand sympathique.
Ces deux ordres d’influences paraissent toutes agir sur la sécrétion sous-maxillaire; lorsque ces deux nerfs ont été coupés, la glande serait donc paralysée. Notons toutefois que l’influence la plus remarquable, celle qui à l’état physiologique préside le plus spécialement à la sécrétion, est .celle qui vient par la corde du tympan.
Ce n’est que dans des circonstances exceptionnelles, dans les efforts de vomissement, par exemple, que l’action du pneümo-gastrique venant de l’estomac manifeste sou influence.
Ce que je viens de vous dire de la glande sousmaxfllaire s’applique probablement aussi à la parotide qui, elle aussi, recevrait ses nerfs de deux sources, du nerf de Wrisberg et du grand sympathique.
Plus tard nous reprendrons nos expériences sur le ganglion de Meckel, et compléterons ainsi ce que nous avions à vous dire des nerfs de la cinquième et de la septième paire.
Je terminerai en vous parlant d'un autre point de l’histoire du nerf intermédiaire de Wrisberg sur lequel il me sera facile de vous donner des faits d’observation ' pathologique et expérimentale : je veux parler de la portion' de la corde du tympan qui se rend à la langue. Vous savez qu’au niveau du ganglion sous-maxillaire, la corde du tympan se divise en deux filets, l’u'n qui se rend à la glande sous-maxillaire, l’autre qui se confond avec le nerf lingual et se rend avec lui à la langue (fig. 7), après toutefois avoir traversé un petit ganglion du sym-
pathique décrit chez l’homme par Blandin, et situé sur le trajet du nerf lingual au moment où il va pénétra I dans la langue.
Les auteurs qui regardaient le nerf intermédiaire de Wrisberg comme une racine postérieure avaient vu, dans la corde du tympan, un rameau sensitif qui venait s’adjoindre au nerf lingual. Celte pensée expliquait l’ai- | tération du goût après la paralysie faciale, puisque la ' corde du tympan est le seul filet émanant du facial , qui vienne se perdre dans la langue. Des raisons que nous avons données ailleur3nenous permettent cependantpas d’admettre qu’elle soit un nerf de sentiment. i
Depuis longtemps j’ai proposé une explication de l’alté- ' ration du goût, qui est simplement une interprétalion, ' et est, par conséquent, sujette à être remplacée par uue autre le jour où elle sera en désaccord avec de nouveaux ; résultats observés ; seulement les faits seront définitivement établis parce qu’ils ont été convenablement
J’avais.donc admis autrefois que la corde du tympan venait du nerf facial, qu’elle était motrice. La muqueuse de là langue, à laquelle elle se distribue sm-tout, renferme des éléments moteurs dont la corde du tympan met en jeu l’activité. C’est ainsi que la paralysie ralentirait la ■ perception de la sensation.
,Aujourd’hui„des dissections répétées et de nouvelles expériences me portent à penser que la corde du tympan s’unit avec le grand sympathique, en divers points de .son trajet: cela pourrait peut-être porter à penser que la corde du tympan agit aussi sur les vaisseaux de la
langue. Je reviendrai plus longuement sur celle vue, que je ne fais qu’indiquer ici, lorsque étudiant le grand sympathique, j’aurai à examiner son action sur les phénomènes de vascularisation. Des phénomènes fort curieux ont été notés à ce sujet, phénomènes qu’on ne saurait encore résumer dans aucune loi générale, amenant dans la circulation des modifications peu connues et oflrant des efforts tout à fait opposés dans des circonstances qu’au premier examen on serait tenté de regarder comme analogues.
Ces considérations ne sont pas les seules que nous devions vous présenter relativement à la corde du tympan.
Le ganglion sous-maxillair'e,, situé sur le trajet du nerf lingual, reçoit la corde du tympan par sa partie postérieure. Elle réunit donc le ganglion géniculé au ganglion sous-maxillaire, caractère qui la rapproche encore des nerfs du grand sympathique.
Du ganglion sous-maxillaire partent, en arrière, des filets qui se rendent à la glande sous-maxillaire, filets dont la galvanisation donne un écoulement considérable de salive. Nous nous en sommes assurés en introduisant des tubes dans le conduit excréteur de la glande et galvanisant les filets glandulaires de la corde du tympan qui, après s’êti-e accolés au ganglion sous-maxillaire, se sont réfléchis pour se jeter dans la glande.
n serait intéressant de voir si le même effet s’obtiendrait en galvanisant la corde du tympan dans l’oreille. C’est une expérience qui serait difficile, mais que nous pourrons tenter si le temps nous le permet. Nous dirons seulement que, lorsqu’on vient à couper la corde du
tympan dans l’oreille moyenne, la sécrétion salivaire de I la glande sous-maxillaire est excitée. On remarque en | même temps que cette section du nerf produit une vive douleur. Est-elle due à la corde du tympan, ou bien à des filets de la cinquième paire qui se distribuent dans l’oreille moyenne? cette dernière supposition me semble plus probable.
Lorsqu’on a coupé d’un côté la corde du tympan, ou lorsque le facial est paralysé suffisamment haut, il artire qu’il y a de ce côté altération de la gustation. Celle altération a été constatée surtout chez l’homme, seul en état de rendre compte de ses sensations; nous en avons cité des exemples, en parlant de la paralysie intracrânienne du facial. Maintenant, comment l’expliquerons-nous? — Le filet analysé vient de la même source que les filets qui nous ont occupés jusqu’ici; il émane de la corde du tympan ; son action serait donc une action
La perturbation de cette influence motrice pourrait agir sur le goût de deux manières : soit en amenant dans les vaisseaux de la langue une perversion de la circulation qui troublerait le goût; soit en exerçant sur l’élément contractile des papilles de la langue une modification qui changerait les phénomènes de leur mise en rapport avec les substances sapides. Il pourrait se faire, par exemple, que, dans ce dernier cas, l’absorption fut
Mais ces vues ne sont que des interprétations sur lesquelles nous ne saurions insister. Ce qui reste acquis à la science, c’est que c’est par des actions motrices que
la corde du tympan exerçait son influence sur des phénomènes de nature variée : sur les sécrétions glandulaires, sur la circulation locale, sur les sensations gustatives.
Nous vous avons déjà signalé, relativement à l’altération du goût qui accompagne les lésions profondes du nerf facial, les troubles gustatifs observés chez l’homme; nous allons maintenant vous signaler ce que nous avons observé chez les animaux après la destruction des nerfs faciaux ou la lésion isolée de la corde du tympan.
— Sur un lapin, on fît l’extirpation des deux faciaux. Alors le goût sembla altéré et diminué. En plaçant de l’acide citrique sur la langue, l’animal ne la retirait pas, tandis que, sur un lapin normal, la même substance provoquait un retrait immédiat de la langue. La sensibilité tactile ne paraissait du reste pas modifiée, et l’animal sentait très-bien quand on pinçait la langue.
Exp. — Sur un chien ou coupa, du côté droit, le facial et l’acoustique à leur origine et à leur entrée dans le conduit auditif interne, en entrant dans le crâne par le trou de la veine occipitale. Sur cet animal, il y avait tous les symptômes extérieurs de la paralysie du facial et diminution de la faculté gustative du côté correspondant à la section du nerf facial. Quand on mettait de l’acide citrique sur la langue de ce chien, qui était bien apprivoisé, il percevait la sensation et retirait aussitôt la langue lorsque l’acide citrique était placé du côté gauche. Quand on mettait l’acide citrique sur le côté droit de la langue il s’écoulait toujours un moment avant que la sensation fût perçue. La section de la corde
DÉVIATIOS :
du tympan amena aussi une déviation de la langue du même côté.
Exf. — Sur un autre chien,- op fit la section de lu corde du tympan dans la caisse du côté gauche en entrant parle conduit auditif. On constata ensuite que de lac»-, loquinte, de l’acide citrique cristallisé, appliqués siir 1» pointe de la langue, donnaient une sensation plus vive et plus rapide du côté droit que du côté gauche. De la quinine, du tabac, du tannin, de la potasse, donnèrent des différences dans le même sens, mais moins prononcées que les substances précédentes.
La sensibilité tactile ne paraissait pas modifiée dans ce cas, et l’animal sentait très-bien quand on lui pinçait
A ce propos, chez l’homme, dans un cas où il y avait eu augmentation de température du bras droit avec les signes apparents d’une lésion du grand sympathique, il y avait diminution de la sensibilité tactile avec conservation de la sensibilité générale. Serait-il possible de rapprocher de ces modifications de température, liées à ces lésions du grand sympathique, ces phénomènes auxquels i on a donné le nom d’analgésie et d’hyperesthésie?
Indépendamment des phénomènes que nous avons signalés, on observe encore du côté de la langue une déviation de cet organe du côté où le facial a été paralysé. Ce fait a, du reste, été observé aussi chez l’homme, sans qu’on ait pu arriver à en donner une explication bien satisfaisante. Toutefois, il semble dilBcile de ne pas rattacher cette déviation h la paralysie de la corde du tpnpan qui est, comme on le sait, le seul filet nerveux qui
établisse une communication entre le nerf facial et la langue, à moins qu’on n’invoque l’altération d’un autre filet bien décrit par M. L. Hirschfeld, provenant toujours du même nerf et s’anastomosant avec le glossopharyngien, avec lequel il se distribue jusqu’à la pointe de la langue. •
Voici deux expériences que j’ai faites avec M. Davaine, et que j’extrais de son Mémoire sur la paralysie de la septième paire. Ces faits se rapportent à la ques-
Exp. — Sur ce chien de forte taille, l’os hyoïde fut incisé dans sa partie moyenne et l’incision prolongée jusqu’au larynx, afin de mettre en évidence toute la face antérieure du voile du palais. Ensuite, le nerf glosso-pharyngien fut mis à découvert au cou, peu après sa sortie du trou déchiré postérieur, et l’animal fut tué par la section de la moelle épinière au-dessous de l’origine des nerfs crâniens.
Cela fait, les pôles d’une pile furent mis en contact avec le nerf glosso-pharyngien, des contractions violentes agitèrent le voile du palais, ses piliers et une partie du larynx du même côté. Cette manœuvre ayant été répétée à plusieurs reprises avec le même résultat, le nerf glosso-pharyngien fut coupé. Les pôles de la pile appliqués alors sur le bout périphérique, c’està-dire sur celui qui aboutissait au pharynx et au voile du palais, aucun mouvement ne se manifesta dans ces oiganes; au contraire, le galvanisme ayant été porté sur le bout central du nerf glosso-pharyngien, c’està-dire sur celui qui tenait à la moelle allongée, les con-
tractions du voile du palais, de ses piliers et du pharps | furent' tout aussi vivement excitées que lorsque le ned était intact.
Exp. — Un chien de forte taille ayant été préparé, comme dans l’expérience précédente, pour laisser i découvert le voile du palais, la -partie postérieure à. | crâné fut enlevée par un trait de scie ; le [nerf facial à | côté droit fut ensuite coupé à son entrée dans lecondÉ auditif interne. On s’assura que la section avait bia porté sur ce nerf par la perte des mouvements dela&ce du même côté, et plus tard par l’autopsie. Le nerf | facial gauche fut laissé intact. L’animal ayant été tnt i par la section de la moelle épinière au-dessous de l’origine des nerfs crâniens, les nerfs pneumo -gastrique, ! glosso-pharyngien, grand hypoglosse et lingual furent ! mis rapidement à découvert de chaque côté, peu après leur sortie de la base du crâne. Alors les pôles d’une pile furent portés sur le nerf glosso-pharyngien du cSlé droit (côté où le nerf facial était détruit) ; des moürements se produisirent dans les piliers du voile du palais de ce côté et dans les parties voisines, mais le voile luimême n’éprom’ait que quelques légers mouvements produits évidemment par le tiraillement des parties environnantes. Le galvanisme ayant été ensuite appbqné au glosso-pharyngien du côté gauche (côté où le facial était intact), les mouvements du côté correspondant dévoile du palais furent beaucoup plus forts et plus étendus que ceux qui avaient été produits de l’autre côté Non-seulement les piliers étaient agités, mais le voile lui-même offrait des mouvements évidemment iudé-
manifestaient par un froncement qui remontait très-
haut sur la moitié du voile du palais corr au nerf excité.
espondaute
Le galvanisme appliqué aux nerfs pneumo-gastrique,
grand hypoglosse et lingual, de chaque côté, i
ne produisit '
aucun mouvement dans le voile du palais ^ piUers.
ou dans ses
La première expérience prouve que le i
pharyngien n’est pas le nerf moteur du voili
3 du palais.
mais qu’il provoque des mouvements réflexes par lexci-
talion qu’il transmet au centre nerveux, es est ramenée aux parties par un autre nerf.
œitation qui
La seconde expérience prouve que les r
nouvements
réflexes du voile du palais provoqués par
l’excitation
du glosso-pharyngien, sont en partie trans
imis par le
nerf facial, les mouvements des piliers de c
e voile n’é-
tant pas produits par des filets appartenant i
1 ce nerf.
Le nerf intermédiaire de Wrisberg nous
core le nerf petit pétreux qui se rend au ganglion oti-
que, et que nous avons supposé fournir i
i la glande
parotide; enfin le nerf pétreux supérieur,
, qui va au
ganglion sphéno-palatin, que nous avons
supposé se
distribuer aux gfandules de la membrane m
uqueuse du
nez. Il nous a semblé, en effet, que sur un
chien, chez
lequel nous avions enlevé les deux gangli
ons sphéno-
palatins, il y avait eu ensuite par le nez un
écoulement
séreux analogue à celui du corj'za, mais ait
isi que nous
à l’action de ces nerfs, et nous renvoyons leur étude à celle de la portion céphalique du grand sjTnpathique auquel ils appartiennent.
En attendant, nous resterons dans la même incertitude relativement aux nerfs qui meuvent les muscles des osselets de l’ouïe; proviennent-ils du nerf intermédiaire de Wrisberg, et les muscles du marteau et de l’étrier sont-ils animés par ce nerf?
Ici, messieurs, se termine ce que nousavionsàdiresnr la paire nerveuse de la face, constituée, d’abord, par un élément sensitif, qui est la grosse portion de la cinquième paire; puis par un élément moteur, constitué principalement par la portion extra-crânienne dû nerf facial et la petite portion de la cinquième paire; enfin, par un élémentmoteur,oonstituéprincipalementparlaportionintracrânienne du facial ou le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Nous avons vu que la section de l’élément sensitif amenait ici des lésions de nutrition très-caractéristiques. A la face nous retrouvons, entre les phénomènes moteurs et sensitifs, la même indépendance que dans les racines rachidiennes. Toutefois nous avons signalé, à propos des racines rachidiennes, une influence trèsremarquable des nerfs de sentiment sur les nerfs du mouvement; à tel point que les mouvements volontaires ne semblaient plus s’exécuter dans un membre privé complètement de sensibilité. Nous avons dû nous poser la même question relativement à l’influence qu’e.xêrce la perte de sensibilité de la face sur les mouvements volontaires de cette partie. On voit, en effet, qu’après la section de la cinquième paire et la perte de
la sensibilité, qni en est la conséquence, la paupière reste immobile et n’est le siège d’aucun mouvement volontaire. La joue paraît être jie même; elle est comme flasque et sans mouvement.
Il y a néanmoins un mouvement de la face qui continue toujours après la section de la cinquième paire et qui a continuellement suffi à faire penser que les mouvements du facial étaient inaltérés d’une manière complète à la suite de cette section. Ces mouvements sont ceux des narines qui persistent, en effet, d’une manière très-évidente après la section de la cinquième paire. Toutefois, il faut remarquer que, lorsque cette cinquième paire est coupée, le facial reçoit encore des anastomoses sensitives d’autres nerfs, tels que du plexus cervical superficiel, un peu du glosso-pharyngien et particulièrement du nerf vague qui, ainsi que nous nous en sommes assuré expérimentalement, fournit dans l’aqueduc de Fallope la sensibilité au tronc du facial.
Nous avons voulu voir-si la persistance des mouvements de la narine, du côté où la cinquième paire avait été coupée, n’était pas due à la persistance de cette anastomose; nous avons, par conséquent, tenté sa section par un procédé qui consiste à inciser verticalement la portion du temporal intermédiaire à l’aqueduc de Fallope et au trou déchiré postérieur, incision dont la direction coupe transversalement celle du filet anastomotique.
Quoique après cette section il n’y eût pas abolition complète de ces mouvements respiratoires, néanmoins on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il y a une influence évidente exercée par la section de cette aua-
stomose sur les mouvements respiratoires des narines. |
Nous avons vu également, qu’en galvanisant le pneamo-gastrique dans le crâne chez le chien et chez le cheval, on obtenait dans les narines et dans les oràlls des mouvements tout à fait caractéristiques, qui semblaient se transmettre par l’intermédiaire de eetle ; anastomose qui paraîtrait ainsi être mixte, c’est-à4re sensitive et motrice.
On pourrait même penser qu’il entre dans la constitution de cette anastomose des filets sympathiques, car, dans le point même d’où émane ce filet, le pneumogastrique forme un coude pour s’infléchir en bas et c’estsnr la convexité de ce coude que se trouve un ganglion qu’on pourrait appeler ganglion génieulé du vague, qui donne naissance au filet que nous examinons en ce moment
Nous allons vous faire connaître les expériences que nous avons faites sur cette singulière influence du pneumo-gastrique sur les mouvements de la narine; plus tard, nous aurons encore occasion de revenir sur celle anastomose au sujet du pneumo-gastrique ;
Exp. — Sur un lapin de forte taille, on coupa la cinquième paire du côté gauche. Les phénomènes ordinaires surrinrent ; la sensibilité disparut dans tout le côté correspondant de la face.
On üt alors la section de l’anastomose du vague le rocher. Après cette double opération, on examina la narine gauche de l’animal : elle paraissait immobile et élargie; du côté opposé, la mobilité de la narine était parfaite.
Lorsqu’on comprimait la trachée de l’animal, les
mouvemeats apparaissaient très-forts dans les deux narines; mais la narine gauche paraissait se dilater un peu différemment, et surtout aux dépens de la demi-circonférence inférieure.
Le lendemain, l’animal était bien portant, la cornée n’était pas encore opaque, mais l’œil était chassieux, la conjonctive injectée et la pupille fortement contractée. L’animal était dans le même cas que la %’eille, quant aux mouvements des narines.
On enleva alors le ganglion cervical supérieur du côté gauche : cette opération nouvelle n’apporta rien de particulier dans les mouvements de la narine qui, à peine visibles quand l’animal était tranquille, apparaissaient très-évidents quand on gênait la respiration en comprimant la trachée.
II y avait quelques frémissements musculaires dans la lèvre du côté gauche, frémissements qui semblaient augmenter lorsqu’on pinçait du même côté une partie sensible, l’oreille, par exemple.
Le surlendemain, 9 juin, on observa les mêmes phénomènes; seulement la cornée était plus altérée et commençait à se ramollir. Il y avait toujours des frémissements musculaires dans la lèvre supérieure gauche, ce jour même l’animal mourut.
A l’autopsie, on trouva que le facial était intact dans tout son trajet dans le canal spiroide. L’anastomose entre le facial et le pneumo-gastrique paraissait avoir été bien coupée. Les poumons étaient gorgés de sang. Il y avait un peu de liquide transparent dans le péricarde. La cinquième paire avait été bien coupée.
Eæp. — Sur un jeune lapin, on fit à gauche la section de l’anastomose du pneumo-gastrique avec le facial; les mouvements de la narine du côté correspondant disparaissaient quand l’animal était tranquille, pour reparaître quand on gênait la respiration en comprimant la trachée.
On enleva le ganglion cervical supérieur. Ce ganglion, pincé et lacéré, ne donnait lieu à aucune manifestation de douleur; il y eut seulement indice de sensibilité lorsqu’onp’extirpa. Cette opération n’apporta pas de manifestation sensible dans les mouvements respiratoires.
On nota du côté de l’œil les phénomènes ordinaires.
On opéra ensuite la section des branches superficielles du plexus cervical du même côté; cette section ne modifia pas les mouvements des narines.
Enfin, on opéra la section de la cinquième paire du même côté et on produisit un épanchement qui amena la mort de l’animal.
Exp. ~ Sur un lapin de forte taille, on fit à droite la section de l’anastomose du pneumo-gastrique et du facial. A la suite de l’opération, les mouvements de la narine furent diminués quand l’animal était calme et reprenaient de leur énergie quand la respiration de l’animal était gênée. On fit ensuite la section de la cinquième paire du côté droit, mais le facial paraissait avoir été blessé en même temps, et non-seulement les. mouvements de la narine cessèrent tout à fait, mais aussi presque complètement ceux de la face et de l’œil.
Le 22 juin, trois jours après, l’animal ne mangeait plus et sa respiration paraissait être devenue difficile. La
cornée était très-altérée et formait une espèce de champignon considérable, blanchâtre. Il y avait, sans qu’on sût pourquoi, un œdème considérable de l’oreille gauche ; cette oreille avait perdu sa sensibilité, tandis que l’oreille droite, qui n’était pas œdématiée, avait oon-
On fît alors la section de la cinquième paire à gauche ; les mouvements de la narine n’étaient pas sensiblement modifiés. On essaya ensuite de faire la section du pneumo-gastrique dans le crâne et l’animal mourut.
A l’autopsie, on trouva que la cinquième paire avait été bien coupée des deujc côtés; le facial était broyé et contus à droite, tandis qu’il était parfaitement intact à
Exp. — Sur un gros lapin, on fît l’ablation du ganglion cervical supérieur du côté gauche. L’extirpation de ce ganglion ne détermina aucune manifestation de douleur.
Aussitôt après l’opération, on constata du côté de l’œil les phénomènes ordinaires.
On fit ensuite l’ablation du ganglion cervical inférieur. L extirpation et le tiraillement de ce eanahon donnèrent des signes de douleur très-évidents.
.Après cette double opération, l’œil gauche, dont la pupille était contractée, paraissait larmoyant et plus humide que celui du côté opposé. On examina avec soin si le mouvement de la narine avait subi quelque modification; il était très-difficile de s’en rendre compte.
Le lendemain, 3 juillet, l’animal paraissait triste. On constata que l’ouverture pupillaire et l’ouverture palpé-