‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 10 sur 123 · OU DES GLOBULES ELLIPTIQUES · texte numérisé non relu

OU DES GLOBULES ELLIPTIQUES

Les globules elliptiques du sang d’oiseau, de poisson et de reptile ayant des caractères communs, quelle que soit d’ailleurs leur grosseur, nous prendrons le sang de grenouille comme exemple , pour tracer les principaux faits relatifs à l’histoire de ces globules.

Les globules du sang de grenouille , sont comme nous l’avons dit, elliptiques, aplatis, puisque tous les globules sanguins sont plats, très-minces sur les bords et légèrement renflés au centre, au lieu de présenter une dépression comme ceux des mammifères 7 ); ils sont beaucoup plus gros (3 ou 4 fois) que ces derniers, leur grand diamètre n’ayant pas moins de-^miliim. et le petit ils se présentent tantôt par la face et tantôt

par la tranche en roulant sur la lame de verre, s’allongent et se plient suivant les obstacles qu’ils rencontrent, et n’affectent aucun ordre régulier dans la manière dont ils se groupent entre eux au moment où ils cessent d’être en mouvement. Âu premier abord on ne distingue pas de point obscur au centre , et ce n’est qu’au bout d’un certain temps après leur sortie des vaisseaux et leur séjour sur la lame de verre , que l’on commence à reconnaître une apparence de noyau centr^(^ov 8); le nucléus devient tout à fait distinct et tranché , dès que l’on ajoute un peu d’eau [Jig. 9), et si la quantité de ce liquide est suffisante, la forme des globules ne tarde pas à changer ; iis perdent leur forme elliptique et aplatie pour devenir sphériques {Jig. i o), et cette modification s’opère par le renflement des globules dans un sens et par le raccourcissement de leur grand diamètre. Il devient alors de toute évidence qu’ils sont formés d’une vésicule renfermant dans son intérieur un noyau solide; que cette structure soit primitive ou secondaire, que le noyau soit le résultat de l’action de l’eau, de la coagulation d’une substance intérieure, ou qu’il préexiste , toujours est-il qu’en ce moment on a bien réellement sous les yeux un petit corps composé d’une vésicule molle et sphérique contenant un nucléus qui se déplace au sein de la vésicule; ce nucléus en effet devient bientôt excentrique {fig- ii); il se rapproche des parois de la cellule, s’échappe de son enveloppe la), et quand on a pu suivre avec soin tous les degrés successifs de cette opération , on reconnaît d’un côté le noyau , et de l’autre la vésicule plissée, chiffonnée {fig. 1 3), qui finit par se dissoudre

et disparaître dans le liquide; il n’y a donc pas moyen de méconnaître la structure complexe des globules, de nier l’existence d’une enveloppe et d’un noyau, puisqu’on a sous les yeux ces deux parties distinctes et séparées.

Le noyau résiste beaucoup plus longtemps que l’enveloppe à l’action de l’eau, et même il faudrait un long séjour dans une suffisante quantité de liquide pour opérer l’entière dissolution de cette partie centrale.

Voilà pour l’action de l’eau.

L’acide acétique agit d’une manière beaucoup plus prompte et plus prononcée; une petite goutte de cet acide étendu, pénétrant par capillarité entre les lames de verre qui contiennent le sang, attaque immédiatement l’enveloppe des globules, condense le noyau central, le contracte et le rend très-apparent au milieu de la vésicule transparente qui l’entoure i4); en peu d’instants l’enveloppe se flétrit, se dissout, disparaît, et il ne reste plus que les noyaux solides, elliptiques, opaques , que l’on pourrait prendre pour, de petites graines ou pour des grains de pollen nageant dans un liquide (/%. i5). Il faut suivre attentivement l’action de l’acide acétique pour être témoin de ces différentes phases du phénomène; car au moment dont nous parlons, au dernier terme de cette action, on n’aperçoit plus que des noyaux, et on retrouve à peine quelques traces des cellules ou enveloppes qui ont presque entièrement disparu.

L’ammoniaque dissout rapidement les globules entiers, enveloppe et noyau.

DES GLOBÜLES SANGUINS,

Personne ne croit plus aujourd’hui que les globules sanguins soient percés d’uii trou et qu’ils soient annulaires; si on conservait quelque doute à cet égard , on pourrait s’assurer qu’ils sont pleins, en mélangeant, comme je l’ai fait , du sperme d’âne tout frais avec une goutte de sang; dans les mouvements communiqués aux globules par les zoospermes vivants, on voit souvent surtout avec fes gros globules du sang de grenouille ^ un animalcule pousser un globule devant lui, en le frappant perpendiculairement à sa surface et sans jamais passer à travers.

Ce que nous venons de dire des globules du sang de grenouille convient, nous le répétons, à tous les globules elliptiques , c’est-à-dire aux globules du sang d’oiseau, de poisson et de reptile; ils se comportent de même avec les agents que nous avons passés en revue, et les caractères que nous avons signalés suffisent pour les distinguer de ceux des mammifères.

Un petit nombre de globules présentent quelquefois des anomalies dans leur forme; il n’est pas rare, par exemple, de rencontrer dans le sang de grenouille des globules allongés, portant une sorte d’appendice ou de queue {Jîg- i6); il me paraît inutile d’insister sur ce détail.

MODIFICATIONS IMPRIMÉES AUX GLOBULES SANGUINS PAR LES CIRCONSTANCES ET LES AGENTS EXTÉRIEURS.

Voyons maintenant et avant de passer à l’histoire des autres espèces de particules suspendues dans le sang, quelles sont les modifications analogues que subissent les globules sanguins proprement dits, de quelque classe

qu'ils soient, sous l’influence des mêmes agents, ou de circonstances spéciales.

Lorsqu’on examine du sang, et surtout le sang humain , étendu en couche mince entre deux lames de verre, il arrive fréquemment que les globules au lieu d’offrir les formes normales et l’aspect régulier que nous avons décrits, se présentent comme de petites boules frangées à leur contour et ridées (/%. F 7); ce ne sont plus des disques à bords nets, légèrement ombrés au centre et montrant alternativement leur face et leur tranche; les particules sanguines sont transformées en sphères d’un plus petit diamètre, crispées et moins transparentes.

Cet aspect se remarque surtout vers les bords des lames de verre entre lesquelles le sang est emprisonné , ou sur les limites de la goutte qui s’est étendue en couche mince; je signale avec soin cette apparence, parce que, si l’on n’était averti, on pourrait la prendre pour une altération du sang et qu’elle se rencontre dans le sang le plus sain et le plus normal; elle ne dépend nullement de l’état du sang, ni de sa composition , mais tout simplement du défaut de sérum, qui ne baigne pas suffisamment les globules; cette modification dans la forme et les caractères des globules sanguins, résulte donc d’un commencement de dessèchement, si on peut ainsi dire, de la matière; il suffit de rendre un peu de sérum, de le faire arriver plus librement en contact avec les globules pour voir ceux-ci reprendre leur forme et leur aspect normal; on peut produire cet effet à peu près à volonté, et il n’est presque pas d’échantillon de sang disposé entre des

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lames de vei’re qui ne présente quelques points offrant cette apparente anomalie.

On sait que l’eau sucrée, l’eau salée, n’altèrent pas complètement la forme et les caractères extérieurs des globules sanguins; il serait très-inexact de dire que ces liquides ne les affectent pas du tout , mais la forme elliptique et aplatie subsiste ; nous verrons que les globules sanguins conservent ces caractères fondamentaux dans l’urine assez bien pour être reconnus.

Le sulfate de soude agit d’une manière remarquable et sur les globules et sur la fibrine du sang ; on sait que celle-ci reste liquide lorsqu’on mêle au sang sortant de la veine une suffisante quantité d’une solution concentrée de sulfate de soude; si cette solution n’est pas en excès, la coagulation de la fibrine se fait en partie , sous forme de pellicules fines, molles , filamenteuses, simulant pour ainsi dire une cristallisation par leur aspect rayonnant.

Quant aux globules, ils gardent non-seulement leur forme à peu près intacte dans cette solution , mais ils conservent pendantplusieurs jours leur faculté de rougir au contact de l’air, comme si le sang était récemment extrait des vaisseaux. Le sous-carbonate de soude maintient également la fibrine à l’état liquide, mais il altère profondément les globules.

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