INFLUENCE DE LA NOÜRRITÜEE ET DES DIFFÉRENTES ESPÈCES
d’aliments sur le lait.
On ne connaît pas de moyen d’augmenter la sécrétion du lait chez les femmes, ou de rendre leur lait
eux, c’est autre chose. Ici il n’est pas toujours facile d’être d’accord, mais aussi on doit s’y attendre.
Ce qui s’est passé me fait souvenir qu’un habile observateur disait aussi à la même Société philomatique , que j’avais pris des stomates d’épiderme pour ce que j’annonçais être des organes nouveaux sous le nom de biforines- A des choses semblables peut-on répondre autrement que par le silence le plus absolu, lorsque entre un stomate et une biforine il n’y a pas plus de rapport qu’entre un œil et une oreille. Mais cela fait mal parce que cela s’écrit et que cela tend à jeter dans la science une confusion inextricable.
Recevez , Monsieur et ami, la nouvelle assurance de mon estime.
Türpin.
Ce lundi 5 mars i838.
Monsieur et ami ,
Paris , ce 8 mars i838.
Vous avez eu complètement raison de dire à la Société philomatique que ce que j’avais figuré et annoncé , dans mon dernier Mémoire, comme étant des agglomérations informes composées de globulins rouge sanguin , échappées des globules du sang après leur destruction, n’avaient point le sang pour origine, et que ces coagulums de formes et de grandeurs variables étaient renfermés dans la matière du verre dont se composent les lames dont nous nous servons pour nos observations microscopiques.
L’existence de cette matière rouge ponctiforme ou globulineuse, et inégalement agglomérée dans le verre , est d’autant plus utile à faire connaître qu’elle imite parfaitement la coagulation et la couleur du sang, qu’elle n’avait jamais été observée , qu’elle a pu être une cause d’erreur, et qu’existant dans nos porte-objets, elle se montre constamment mêlée aux corps soumis à l’observation.
En signalant cette matière rouge sanguin dans le verre, vousfe-
INFLUENCE DE LA NOURRITURE SUR LE LAIT. 451 plus riche ; la nature des aliments ne paraît, quoi qu’on en ait dit et en dépit des préjugés répandus, avoir aucun effet déterminé ; l’important est évidemment que la digestion s’opère bien; tous les aliments qui sont bien digérés sont bons pour la nourrice; de bonnes digestions , un bon sommeil et de l’exercice en plein air sont les principales conditions pour les nourrices.
Mais ce que l’on ne peut pas faire dans l’espèce humaine, on l’obtient chez les animaux; on réussit trèsbien à modifier le lait des vaches et des ânesses, à le rendre plus ou moins riche, suivant l’espèce de nourriture et de fourrage qu’on leur donne , et même à faire passer dans leur lait certaines substances médicamenteuses dont l’analyse chimique constate la présence.
On sait , par exemple , que le lait le plus riche s’obtient sous l’influence df la nourriture aux betteraves , et que le lait le plus léger, au contraire, est fourni par les carottes; de telle sorte que, si l’on veut faire prendre à un malade , à un enfant, le lait le plus faible pos-
rez connaître un fait nouveau, et en même temps vous éviterez aux micrographes l'erreur dans laquelle je suis tombé à l’égard de ces petits coagulums couleur de sang.
Cette erreur aura cela de bon qu’elle fera sentir aux personnes qui se servent du microscope l’utilité de s’assurer de la pureté ou des corps étrangers que peuvent renfermer les lames de verre employées comme porte-objets.
Toutes celles que je possède sont remplies de ces taches ou de ces agglomérations de granules ronges.
Vous m’obligerez en communiquant ma lettre samedi à la Société philomatique.
Agréez, Monsieur, V assurance de ma considération distinguée.
Tüepis.
sible naturellement, il faut prendre la première portion de la traite d’une vache, ou d’une ânesse, principalement nourrie de carottes; si, au contraire, on veut donner le lait le plus riche, c’est la dernière portion de la traite qu’il faut choisir chez une vache nourrie de betteraves.
C’est aux recherches de M. Péligot surtout que l’on doit la connaissance de ces faits si utiles dans la pratique, et l’on nous saura gré sans doute de reproduire ici le travail de ce chimiste distingué sur le lait d’ânesse
^ On sait que , dans le lait , les substances qui présentent un intérêt réel et des changements sensibles dans les proportions sont la matière grasse ou le beurre , la matière caséeuse et le sucre de lait. J’ai fait usage d’un procédé qui m’a permis d’apprécier avec assez d’exactitude la quantité de ces tj-ois substances, et j’ai négligé les sels minéraux qui se trouvent en ^antités très-minimes, et qui n’exercent d’ailleurs aucune influence sur le sens des phénomènes que j’ai observés.
Yoici le procédé que j’ai suivi. Je commence joar peser, ou plutôt par mesurer une certaine quantité de lait dont je connais d’avance la densité; au moyen d’une douce évaporation au bainmarie, continuée jusqu’à ce que la matière ne perde plus de poids, j’obtiens la quantité d’eau et de matières solides contenue dans ee lait.
Le résidu sec, qui est ordinairement sans couleur, est formé essentiellement de beurre , de caséum et de sucre de lait. Pour séparer ces trois matières et apprécier le poids de chacune d’elles, on les traite par un mélange d’alcool et d’étber sulfurique , qui a pour objet de dissoudre toute la matière gi-asse. Le beurre étant ainsi séparé , on sèche avec soin le résidu indissous , qui consiste maintenant en caséum et en sucre de lait. La différence entre son poids actuel et son poids primitif donne la quantité de beurre existant dans le lait soumis à l’analyse.
Le mélange de caséum et de sucre de lait restant est traifé à son -tour pai' l’eau froide, qui enlève seulement le sucre du lait; en séchant et pesant pour la troisième fois le résidu qu’on obtient , le-
INFLUENCE DE LA NOURRITURE SUR LE LAIT. 453 Le lait de vache nourrie aux carottes convient trèsbien pour suppléer le lait des nourrices, et on fait
quel consiste en casénm, on a le poids de cette substance et «i même temps celui du sucre de lait.
On voit d’ailleurs que, d’après la méthode que j’ai suivie, en faisant la somme de poids trouvée pour le beurre, le caséum et le sucre de lait obtenus séparément , on doit retrouver le poids du résidu sec obtenu par suite de l’évaporation du lait au bain-marie ; on a ainsi une vérification à laquelle doit satisfaire l’analyse quand elle est exacte.
La densité du lait d’ânesse varie entre io3o et io55, la densité de l’eau étant représentée par looo ; elle est à peu près la même que celle du lait de vache , lequel renferme cependant un poids plus considérable de matières solides. Ce résultat, qui paraît contradictoire, s’explique en raison de la gi’ande quantité de beurre que renferme le dernier lait, comparativement à celle que contient le lait d’ânesse; cette quantité tend à diminuer la densité.
Sous le rapport de la composition , le lait d’ânesse diffère beaucoup des autres laits par la proportion considérable de sucre de lait qu’il contient; c’est à la prédominance de cette matière qu’il faut sans doute attribuer la plupart de ses propriétés médicales.
D’après une moyenne tirée de seize analyses, j’ai trouvé que cent parties de lait d’ânesse renferment ;
Matières solides . . .
Eau .
: Beurre. . .
Sucre de lait .
* Caséum . .
La proportion des matièrès solides obtenues par son évaporation varie entre 7 et ii pour 100 de lait; elle est quelquefois, mais rarement, au-dessous de 7.
La composition du lait d’ânesse est bien loin de se présenter toujours la même. Parmi les variations qu’il peut éprouver dans sa nature, ainsi que les autres laits, de la part d’une multitude de causes, il faut placer en première ligne l’influence de la nourriture. Ces modifications sont d’autant plus intéi’essantes à étudier, qu’elles sont les plus faciles à réaliser parmi celles dont la médecine peut tirer parti.
Mais pour apprécier avec quelque précision , au moyen de l’ana-
aujourd’hui un grand usage de ce lait dans l’alimentation des enfants. On pourrait également recourir dans
lyse chimique, les différences que le régime alimentaire apporte à la nature du lait, il faut se placer dans des circonstances si difficiles à réaliser, que ce n’est qu’avec une extrême défiance que je présente les résultats auxquels je suis parvenu ; cependant j’ai cherché à écarter avec le soin le plus minutieux les causes nombreuses qui pouvaient troubler leur appréciation exacte.
Afin de rendre les résultats comparables, la même ânesse a été soumise successivement aux différentes nourritures dont je vais parler ; au bout de quinze jours au moins d’un régime uniforme, son lait a été soumis à l’analyse. Ce lait a été constamment recueilli dans des circonstances pareilles , à la même heure du jour, après six heui'es de sevrage. Voici le détail des expériences :
Première expérience. — Une ânesse de six ans , ayant un lait de quatre mois et demi, a été nourrie pendant un mois avec des carottes dépouillées de leurs fanes ; au bout de ce temps, ce lait contenait , pour cent parties :
Matières solides. . .
Eau .
g iBeurre . i,25
I Sucre de lait . 5,62
ç Caséum . 1,62
Ce lait présenta une particularité digne de remarque ; évaporé presque à siccité, il oflfrait unq couleur orangée, et exhalait d’une manière très-prononcée l’odeur particulière de la carotte. C’est un fait de plus à joindre aux exemples connus du passage dans le lait d’un grand nombre de matières colorantes ou possédant des odeurs spéciales.
Cette ânesse mangeait 18 kilogrammes de carottes par jour.
Deuxième expérience. — La même ânesse fut ensuite nourrie avec des betteraves rouges ; son lait, analysé au bout de quinze joure, était formé de :
Matières solides. . . 10, 23 Eau . 89»77
Beurre .
Sucre de lait.
Caséum .
certains cas au lait filtré; ce liquide diffère du lait or-
C’est la nourriture qui a fourni ie lait le plus riche en matières solides; l’ânesse mangeait par jour ai kilogrammes de betteraves.
Troisième expérience. — On a donné pendant un mois à la même ânesse 7 kilogrammes d’avoine concassée et 5 kilogrammes de luzerne sèche par jour ; son lait renfermait, au bout de ce temps ;
Matières solides . . .
Eau. .
Quatrième expérience. — Enfin, la même a été nourrie pendant quinze jours avec des pommes de terre ; son lait a donné à l’ana-
ly
En acceptant ces analyses comme exactes , on serait porté à conclure que la betterave est la matière qui convient le mieux pour donner un lait riche en principes solides ; viennent ensuite les mélanges de luzerne et d’avoine, puis les pommes de terré , et enfin les carottes.
Afin de rendre plus complète cette série d’expériences , on a cherché, en outi-e, à se rendre compte du poids du lait fourni à la suite des diflërentes nourritures dont je viens de parler : ce poids a été trouvé d’autant plus fort , que la quantité de matières solides existant dans le lait était elle-même plus considérable.
Ainsi on a recueilli , au bout d’un sevrage de neuf heures :
Après la nourriture avec les betteraves. . . i kii. 5oo de lait.
Avec avoine et luzerne.. . . i — 5oo
Avec les pommes de terre . i — uSo
Avec carottes . . . i — 000
Matières solides. .
Eau . , . .
I Beurre . 1,39
Sucre de lait . 6,70
Caséum . 1,20
Il est évident, d’ailleurs, qu’en donnant, comme je viens de le faire , les quantités comparatives d’eau et de matières solides conte-
dinaire en ce qu’il est presque entièrement privé de
nues dans le lait après ces dijflférentes nourritures, je ne prétends nullement aborder la question des effets thérapeutiques que ces laits peuvent produire dans leur emploi comme médicaments ; il est possible qu’ils prennent, dans certains cas, des qualités spéciales dont je n’ai pas dû rechercher les causes, que probablement, d’ailleurs , je n’aurais pas su trouver.
Parmi les autres circonstances qui peuvent influer beaucoup sur la quantité des principes contenus dans le lait, il en est deux sur lesquelles j’ai dû porter une attention particulière; il était d’autant plus important de chercher à les apprécier avec exactitude, que les variations qu’elles apportent ont été ou complètement négligées ou faussement interprétées, non-seulement pour le lait d’ânesse, mais pour les autres laits qui ont été cependant mieux étudiés.
C’est une. opinion assez généralement répandue que le lait éprouve des modifications notables, selon le temps plus ou moins long qu’il séjourne dans les mamelles. Pour connaître le sens des variations qu’il subit dans cette circonstance , je me suis procuré le lait d’une même ânesse , recueilli d’abord après une heure et demie de sevrage , puis après six heures, et enfin après vingt-quatre heures. Ce lait, soumis à l’analyse , contenait ;
Après I h. 1/2 de sevra
ge. Après 6 h.
Après 24 h.
Beurre . .
Sucre de lait .
Matière caséeuse.,
Matières solides. .
Eau .
De ces analyses il faut tirer la conséquence que le lait, au lieu de s’enrichir par un séjour prolongé dans les mamelles, comme on l’admet généralement , s’appauvrit au contraire d’une quantité très-notable. Ce résultat inattendu me sui'prit tellement au premier abord, que je fus persuadé que quelque erreur s’était introduite dans mes analyses, ou tout au moins qu’en étudiant un lait après une heure et demie de sevrage , et un autre après vingt-quatre
matière grasse, et du petit-lait en ce qu’il contient le
heures, j’avais outre-passé les limites entre lesquelles la sécrétion s’effectue d’une manière régulière et normale.
Je recommençai donc mes analyses sur le lait d’une autre ânesse placée dans des circonstances plus naturelles; son lait fut examiné après six heures et après douze heures de sevrage. Voici les résultats :
Après 6 h. Je sevra»
■<t. Après 12 hetii
Beurre . ; . . . .
Sucre de lait .
Caséum .
Matières solides. . .
Eau .
- Enfin, les mêmes épreuves tentées une troisième fois sur un autre lait ont encore fourni des résultats analogues à ceux qui précèdent.
Il ne m’est donc plus permis de douter que le lait ne devienne d’autant plus pauvre en principes solides et nutritifs qu’il a séjourné plus de temps dans les mamelles ; il paraît qu’arrivé à on certain état de richesse qu’il ne peut dépasser, il absorbe de l’eau , probablement par un effet d’endosmose digne de toute l’attention des physiologistes.
Envisagé sous un autre point de vue, ce lait présente encore un intérêt particulier : il est au moins vraisemblable que le lait d’ânesse n’est pas le seul qui présente les variations que je viens de signaler; des obsei’vations ultérieures viendront confirmer leur généralité; on sait que c’est une habitude généralement répandue parmi les nourrices d’allaiter les enfants à de longs intervalles, lorsqu’elles cherchent à leur fournir une nourriture plus substantielle; il y aura là encore, sans doute, un pi’éjugé à combattre, un usage à réformer, quand l’expérience directe aui’a prouvé qu’elles ne peuvent obtenir, par cette pratique, qu’un résultat inverse.
Non-seulement le lait peut ainsi varier dans sa composition selon le temps plus ou moins prolongé du sevrage, mais il présente encore des différences sensibles à l’analyse, selon l’ordre dans lequel il arrive dans une même traite. Ainsi , en divisant en trois parties le
caséum dissous. Le lait filtré est un aliment léger,
lait recueilli sans interruption dans une même traite après neuf heures de sevrage, j’ai trouvé que celui qui a été récolté le pre¬
mier contenait :
BeuiTC . 0,96
Sucre de lait . 6,5o
Caséum . 1,76
Matières solides . 9,22
Eau . 90,78
-Celui qui survint ensuite était formé de :
Beurre... . 1,02
Sucre de lait. . . . 6,48
Caséum . 1,95
Matières solides . . . 9,45
Eau . 90,55
Enfiu le lait qu’on récolta le dernier à donné :
Beurre . . . 1,52
Sucre de lait . 6,45
Caséum . 2,97
Matières solides . 10,94
Eau... . 8g,o6
Ainsi , dans une même traite , le lait le plus riche est celui qu’on obtient le dernier; ce résultat est connu depuis longtemps des habitants des campagnes, et Deyeux et Parmentier ont trouvé que le lait de vache tiré le dernier est plus chargé de beurre que le premier, et par conséquent spécifiquement plus léger.
Quant à l’explication qu’on peut donner du sens de cette variation, il faut la rattacher aux observations qui viennent d’être faites sur l’influence qu’exerce un sevrage plus ou moins prolongé sur la nature du lait ; il paraît probable que quand on commence une traite, le lait qui arrive le premier est du lait ayant déjà absorbé une quantité d’eau qui dépend du temps qu’il a séjourné dans les
INFLUENCE DE LA NOURRITURE SUR LE LAIT. 459 facile à digérer, assez nourrissant et n’ayant aucune
mamelles; à mesure qu’il sort, il est remplacé par du nouveau lait qui se régénère presque instantanément; celait, qu’on peut regarder comme provenant d’un sevrage très-court, est par conséquent plus riche en principes solides , et enrichit le lait avec lequel il est recueilli.
Les modifications que le lait d’ânesse éprouve sous l’influence des causes que je viens de signaler, paraîtront sans doute aux médecins de nature à être mises à profit dans quelques-unes des circonstances morbides pour lesquelles il est usité. Il est difficile d’admettre, cerne semble, que, dans les cas graves que ce lait est fréquemment appelé à combattre , il soit toujours indiflerent de donner aux malades un médicament dont la qüantité peut quelquefois varier, à l’insu du médecin , du simple au double. Ce n’est pas que je pense assurément qu’il soit possible , dans la pi’atique, d’ordonner à chacun un lait d’une composition déterminée et constante ; mais , comme cette composition varie dans un sens donné dont elle s’écarte peu, il est facile de se placer dans des circonstances favorables pour profiter des avantages qui peuvent résulter de la juste appréciation de ces variations. Veut-on avoir, par exemple , un lait très-léger ? après avoir fait choix de la nourriture , on ordonnera la première portion d’une traite faite après un sevrage longtemps prolongé. Pour avoir un lait riche en principes nutritifs, le sevrage, au contraire, devra avoir été très-court , et le lait, dans une même traite , récolté le dernier. Ces prescriptions , si elles ont de l’importance, ce que je suis hors d’état d’affirmer, sont assurément d’une exécution facile et pratique.
Je terminerai ce Mémoire en rendant compte de quelques essais entrepris dans le but de découvrir si certaines substances minérales introduites dans la nourriture peuvent passer et se retrouver dans le lait.
On a administré pendant dix jours à une ânesse trente grains d’iodure de potassium ; au bout de ce temps , son lait a été recueilli et évaporé à siccité ; le résidu a été incinéré dans un creuset de platine. La partie soluble dans l’eau, rendue acide par l’acide sulfurique, a donné, au moyen de la dissolution d’amidon et du chlore, une coloration en bleu très-sensible; ce lait renfermait donc de l’iodure de potassium. La médecine pourra tirer un parti avantageux de ce fait, qui n’a rien de surprenant d’ailleurs, car
propriété laxative; il pourrait être utile chez les enfants disposés à la diarrhée, auxquels on voudrait administrer une nourriture peu substantielle
ce corps doit passer dans le lait comme le sel marin qu’on peut y introduire en grande quantité. En effet, une ânesse, dans la nourx’iture de laquelle on mêlait deux cents grammes de sel marin , a fourni un lait contenant assez de cette substance pour présenter une saveur salée, impossible à méconnaître ; je dois ajouter que la qualité du lait n’a pas paru augmentée par cette addition.
J’ai fait de nombreux essais dans le but de constater la présence du mercure , d’abord dans le lait d’une ânesse qui prenait par jour cinq grains de sublimé coiTOsif, puis dans le lait d’une chèvre à laquelle on a pu, sans inconvénient, en administrer jusqu’à douze grains. Malgré le soin que j’ai mis à cette recherche et la variété des méthodes que j’ai employées, il m’a été impossible de constater la présence du métal que je cherchais. Il ne faudrait pas en conclure assurément qu’il ne s’én trouvait pas dans ces laits, les meilleurs procédés pour en reconnaître de très-faibles quantités laissant beaucoup à désirer.
On fit prendre à une ânesse trente grammes de bicarbonate de soude pendant six jours; au bout de ce temps , son lait fut ü’ouvé très-alcalin; il renfermait io,5 de matières solides. Il est évident que le carbonate de soude avait agi sur ce lait, car le lait d’ânesse m’a paru constamment acide : j’ai fait l’expérience sur quinze laits que j’ai essayés au moment même où ils étaient récoltés, afin d’éviter l’influence de l’air, et tous ont rougi sensiblement le papier de tournesol.
Ici se termine la tâche que je m’étais imposée ; je m’estimerai heureux si ces essais, tout incomplets qu’ils sont, présentent quelques faits nouveaux aux méditations des physiologistes et des médecins.
E. PÉLIGOT.
{Extrait du Journal des Connaissances médico-chirurgicales,')
' J’ai fait beaucoup d’expériences dans le but de trouver un moyen de filtrer le lait d’une manière à la fois rapide et complète. J’ai combiné la pression avec le choix de substances propres à retenir les globules laiteux. Mais, après bien des tentatives, je suis