‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 105 sur 123 · DU BEURRE · texte numérisé non relu

DU BEURRE

corps, ayant de raffiiiité l’un pour l’autre, sont en présence , et qu’aussitôt qu’ils sont placés dans des conditions favorables par l’action du barattage suffisamment prolongée , ils s’unissent rapidement, comme le ferait un acide au contact d’une base.

Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer ce phénomène, et deux entre autres se partagent les opinions; dans l’une on admet, contre toutes les règles et contre toutes les expériences, que le barattage agit en déterminant mécaniquement la réunion et l’agglomération des particules butyreuses suspendues dans le lait, sans l’intermédiaire d’aucun agent extérieur. Parmentier et Deyeux avaient bien senti le défaut de cette théorie et ils conviennent « que plus on réfléchit au procédé d’après lequel on parvient à séparer le beurre, moins on conçoit la manière dont cette séparation s’exécute; il semble en effet, disentdls , que le mouvement longtemps continué, loin d’opérer la réunion des molécules, devrait s’y opposer en quelque sorte ; car l’expérience prouve que le véritable moyen pour que les molécules de corps identiques mêlées dans un fluide , puissent rester désunies, est de leur imprimer un mouvement non interrompu; aussi voyons-nous de l’huile agitée dans de l’eau se réduire eu une infinité de particules et donner à ce fluide un caractère laiteux. »

En outre, cette manière de concevoir le phénomène ne rend nullement compte de la rapidité , ou pour mieux dire , de l’instantanéité de la formation du beurre dont nous avons parlé ; elle est même entièrement opposée à cette circonstance remarquable.

Pour échapper à cette difficulté, les auteurs dont

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nous parlons supposaient l’existence « d’un fluide isolant les molécules du beurre, et de nature à former avec elles une sorte de combinaison , peu solide, sans doute, puisque la percussion seule est capable de la détruire.»

Je n’ai pas besoin de dire ce que je pense du déchirement des vésicules opéré par le barattage , et permettant à la substance butyreuse intérieure des globules de se mettre en contact et de s’unir, puisque l’on sait que l’existence de ces vésicules me paraît très-douteuse.

L’autre hypothèse consiste à faire jouer un rôle à l’air dans la formation du beurre, et à considérer cette opération comme une combinaison entre l’oxygène et la matière butyreuse. Cette théorie a l’inconvénient de n’être pas démontrée et d’avoir même contre elle des expériences très-précises, telles, par exemple, que celle de la formation du beurre dans l’acide carbonique et même dans le vide , ainsi que l’ont fait plusieurs chimistes; elle me paraissait pourtant très-plausible jusqu’à ce que des expériences nombreuses et répétées avec le plus grand soin m’aient forcé de l’abandonner.

J’ai cru pendant longtemps que la formation du beurre comportait nécessairement l’acidification du lait; il est vrai que de la crème bien fraîche et encore alcaline ou au moins neutre, mise dans la baratte, passe ordinairement à l’état acide avant que la séparation du beurre s’opère ; et une fois le beurre formé , le liquide restant que l’on désigne sous le nom de lait de beurre J est lui-même fortement acide.

Mais le développement et la présence de l’acide sont-ils indispensables à cette opération? S’opposerait-on à la formation du beurre en alcalinisant la

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