‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 5 sur 123 · COMPOSITION DU CAILLOT · texte numérisé non relu

COMPOSITION DU CAILLOT

A présent il est facile de se rendre compte de la composition du caillot, et de savoir comment les divers éléments dont il vient d’être question, concourent à sa formation; le caillot résulte de la condensation de la fibrine préalablement dissoute, de sa coagulation en trame filamenteuse qui entraîne et retient dans ses mailles tous les globules sanguins et une certaine quantité de sérum; l’autre portion du sérum, dépouillée des globules rouges auxquels le sang doit sa couleur, se sépare en un liquide jaunâtre et limpide que nous connaissons. Les globules ne font donc, pour ainsi dire, qu’accidentellement partie du caillot; ils sont emprisonnés dans le tissu fibrineux , comme l’eau dans les aréoles de l’éponge, et peuvent en être retirés par la pression et par le lavage

Suivons les différents temps de la coagulation , étu-

ration des principaux élémenis (fibrine, globules rouges, globules blancs, sérum) permettrait d’étudier des modifications de ce fluide qui échappent à l’examen du sang dans la palette. On sait que l’on peut aussi maintenir la liquidité du sang au moyen des sels alcalins ; il suffit de recevoir le sang sortant de la veine , dans un vase contenant une dissolution saturée de sulfate de soude, pour le conserver fluide ; dans cet état , la fibrine ne s’agglomère pas ; elle se condense, mais elle reste désagrégée en particules distinctes des globules.

' M. Lecanu, dans son excellente Thèse sur le sang, qui est souvent consultée par les élèves, confond encore les globules avec la fibrine dans le caillot; ce n’est pas faute de connaître l’expérience de MüUer ; cette erreur tient sans doute à ce que cet habile chimiste ne fait pas assez usage du microscope pour changer d’anciennes convictions.

LE SANG. iâ

clions-en les circonstances afin d’éclairer certaines questions qui intéressent spécialement le clinicien dans raccomplissement de ce phénomène.

Le sang abandonné à lui-même dans la palette , se solidifie donc au bout d’un certain temps, et bientôt se sépare en caillot et en sérum. Répétons que les causes de ce changement nous échappent, et qu’on ne peut l’interpréter ni par le repos , ni par le refroidissement, ni par le dégagement d’aucun principe appréciable, ni par l’action de l’air , etc. Que l’on maintienne , en effet, le sang dans un mouvement analogue à celui de la circulation , qu’on lui conserve sa température, qu’on le place dans le vide ou dans un gaz quelconque , il ne se coagule pas moins facilement que dans la palette, et souvent même ces différentes épreuves ne font que hâter le moment de la coagulation.

Il est difficile de fixer précisément le temps que met le sang à se solidifier ; la coagulation ne s’opère pas, en effet, tout à coup , et le sang ne passe pas instantanément de l’état fluide à l’état solide ; il se forme d’abord une légère pellicule grisâtre , quelques filaments épars çà et là dans le liquide, qui se rejoignent peu à peu à la manière des aiguilles cristallines dans une dissolution saline mise à cristalliser ; mais en ne prenant ni le début et la première apparition de ces linéaments de coagulation , ni le dernier degré de solidification et de consistance du caillot, mais en s’arrêtant à un terme moyen entre ces deux extrêmes , ou peut dire que le sang humain, obtenu d’un individu à peu près bien portant, se coagule dans l’espace d’environ quinze à vingt minutes.

Il y a de très-grandes différences dans la rapidité avec laquelle le sang se prend en caillot, suivant le genre d’affection , ou plutôt suivant l’état général de l’organisme des malades que l’on saigne. Je crois inutile d’entrer dans de minutieux détails à ce sujet; il me suftîra d’exprimer un principe général, dont on fera facilement l’application aux différents cas morbides : le sang se coagule d’autant plus rapidement, qu’il provient d’un malade plus affaibli, et chez lequel le principe et l’énergie vitales sont plus profondément altérés; moins le sang est vivant, si on peut dire ainsi, et moins il conserve la propriété qu’il tenait de la vie , de demeurer à l’état fluide. Ainsi, tandis que l’on voit le sang d’un individu pléthorique et vigoureux, auquel on pratique une saignée de précaution , ou bien celui d’un malade plein de force , atteint d’une maladie aiguë, inflammatoire, dans laquelle il y a pour ainsi dire exagération de l’activité vitale, rester fluide pendant plus d’un quart-d’heure et ne montrer de traces de coagulation qu’au bout de quinze à vingt minutes , on voit , au contraire, le sang appauvri d’un malade épuisé par une longue maladie chronique , ou bien celui que l’on obtient de saignées réitérées pendant le cours d’une fièvre typhoïde, se prendre quelquefois en gelée en moins de quatre à cinq minutes ; de telle sorte que l’on peut dire que plus un caillot est ferme et résistant, plus il aura rais de temps à se condenser et à se séparer, tandis que les caillots mous et diffluents appartiennent aux sangs qui se coagulent promptement.

LE SANG

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