INFLUENCE DES PARTICULES COMPLEXES 2ÏI
taux à axe principal se montrenl optiquement biaxes. De là toute une catégoi i de phénomènes, qu'on a coutume de ranger sous le uom d'anomalies optiques et que Mallard avait essayé d'expliquer en supposant que les formes cristallines apparentes devaienl résulter d'un groupement particulier de cristaux, individuellement moins symétriques que l'ensemble.
Mais ces anomalies peuvent disparaître si, avec M. Wallerant, on tient compte des nombreux cas de mériédrie à symétrie restreinte, où un corps adopte en cristallisant un réseau d'ordre plus élevé que sa particule, et si, en même temps, on regarde la symétrie optique comme gouvernée, non par la disposition réciproque des particules complexes, mais surtout par la constitution intime de ces dernières.
Influence des particules complexes. — Réfléchissons en effet que si, dans la molécule chimique, chaque atome pondérable a son atmosphère propre d'étber condensé', cette molécule à elle seule entraîne déjà, au sein de l'éther général, une différenciation créant un milieu hétérogène. Or le milieu engendré par l'agglomération de plusieurs molécules chimiques en particules fondamentales serait bien plus éloigné de la constitution de l'éther libre; et la différence deviendra beaucoup plus grande encore si l'on envisage la particule complexe, elle-même tonnée par le groupement symétrique de plusieurs particules fondamentales. Un tel milieu est optiquement spécifié, en même temps que - dimensions en doivent rendre les propriétés accessibles à l'observation directe; et c'est cette constitution qui se trahirait dans l'allure optique de l'assemblage cristallin, quel que soit le réseau géométrique choisi.
L'attribution aux particules complexes d'une individualité optique reconnaissablé est d'autant plus légitime que cette individualité est réalisée en fait par des groupements beaucoup moins avancés que ceux des cristaux. En effet, il existe des liquides, tels que ceux étudiés par MM. Reinitzer et Lehmann (i), qui sont biréfringents entre leur température de fusion et une température supérieure, à partir de laquelle seulement ils deviennent isotropes. D'autres liquides ont la propriété de la polarisation rotatoire, qui semblerait devoir être l'apanage des cristaux. Il est donc rationnel de penser que les particules complexes, bien plus avancées comme groupement que ne peuvent l'être les éléments d'un liquide, sont, par elle-mémes, des édifices assez considérables et assez spécifiés pour imprimer définitivement leur marque à l'éther ambiant.
Par conséquent, pour décider du véritable caractère optique d'un corps cristallisé, c'est la symétrie de la particule complexe, et non celle du réseau, qu'il faut faire entrer en ligne de compte. D'après cela, seront seuls isotropes cristaux dont la particule complexe offrira la symétrie terquaternaire ; tandis epae les particules pourvues d'un seul axe d'ordre multiple donneront des cristaux uniaxes, et que celles de symétrie moins élevée engendreront toutes des cristaux biaxes.
(i) Voir Perrin, Revue générale des sciences, 3o nov. igoo.
DE LAPPAIlENf, COCRS DE MINERALOGIE. l6
242 PROPRIETES OPTIQUES
C'est ainsi qu'une substance, à laquelle les éléments limites de sa particule
auront permis d'adopter un réseau cubique, n'en sera pas moins biaxe si sa particule n a pas d axe ternaire, et uniaxe si elle n'en possède qu'un seul. Ce - ra pas une anomalie, mais une conséquence logique de la différence qui peut exister entre la symétrie du réseau et celle de la particule complexe.
réserves faites, nous allons maintenant poursuivre l'étude des propriétés irps biréfringent-.