EXTINCTIONS DES LAMES CRISTALLINES
des Formules qui établissent, pour chaque zone importante, les limites entre lesquelles doivent osciller [es angles d'extinction. Par exemple, pour un cristal monoclinique d'orthose, il 5 a lieu de considérer surtoul les zones mgi etpg1. Pour la première, on établira les limites entre lesquelles doil varier l'angle de l'une des directions d'extinction avec l'arête mgl. Pour la seconde, on pourra choisir, pour y rapporter les angles, suit l'arête mgl, soil l'arête pgl. Ces calculs une fois faits, et les tableaux des angles d'extinction dressés, on dispose d'un précieux moyen pour la détermination des espèces minérales. Nous vi rpons d'ailleurs un peu plus tard comment on peut imprimer, à la mesure des angles d'extinction, une précision suffisante, sans avoir a craindre «1 hésiter pour reconnaître le moment où se produit le maximum d obscurité.
Extinctions des lames uniaxes. — l'n cristal uniaxe, taillé perpendiculairement a l'axe optique et éclairé par des rayons parallèles, reste (a 1 excepr lion des cas de polarisation rotatoire) obscur entre les niçois croisés, pour toutes les positions de la plaque.
Pour toute autre direction, la lame s'éteint quand l'un des deux axes du maximum ou du minimum d'élasticité du plan de la surface devienl parallèle a l'une des sciions principales des niçois, c'est-à-dire, d'après ce qui précède, quand sa section principale devient parallèle à l'une de celles des niçois.
Si la plaque est parallèle à l'axe principal cristallographique, lequel est en même temps l'axe optique, elle s'éteint quand cet axe devient parallèle à la section principale de l'un des niçois. Ainsi les faces d'un prisme, dans les systèmes sénaire, ternaire et quaternaire, doivent s'éteindre parallèlement et perpendiculairement aux arêtes verticales.
S'il s'agit des faces d'un rhomboèdre, le plan passant par l'axe optique et par la normale à une face n'est autre que le plan de symétrie, qui coupe cette face suivant la diagonale culminante. La face s'éteindra donc parallèlement à ses deux diagonales. Une face d'une proto- ou deutéropyramide hexagonale ou quadratique doit aussi s'éteindre suivant la direction de l'axe binaire auquel elle est parallèle et suivant la bissectrice de l'angle plan de son sommet.
Extinctions des lames biaxes. — Dans les cristaux biaxi s, c est-à-dire ceux des svstèmes rhombique, monoclinique et triclinique, tout axe binaire est en même temps l'un des trois axes principaux d'élasticité. Sur une plaque donnée, les directions d'extinction doivent toujours être symétriques relativement aux traces des plans de symétrie (s'il y en a) sur le plan de la plaque. Quand la lame est taillée normalement à un des axes optiques de la substance, elle demeure constamment éteinte, entre les niçois croises, si l'on emploie une lumière simple.
Pour faire apprécier l'intérêt que présente la connaissance des directions d'extinction, nous prendrons le cas d'un cristal monoclinique. Dans un tel cristal, l'un des axes d'élasticité se confond toujours avec l'axe binaire, et les deux autres, qui doivent être perpendiculaires au premier, sont nécessairement
■2Ô-2 ■ PROPRIETES OPTIQl 1>
situés dans le plan de symétrie, mais sans relation obligatoire avec les éléments de la tonne cristalline. Pour déterminer entièrement les constantes optiques d'un cristal de ce système, il faut connaître l'angle que fait, par exemple avec la direction de l'arête prismatique // ou g, l'un des axes d'élasticité contenus dans le plan de symétrie, c'est-à-dire dans »'. Il suffit pour cela de mesurer à quelle distance angulaire de l'arête h uni lieu les extinctions d'une lame parallèle à g1.
Supposons (fig. ->--\ qu'un cristal 'monoclinique, taillé en lame suivant g1,
offre, avec la base p, deux hémidômes a' et or , tellement disposés cpie l'angle
de/? avec ar soit presque égal à l'angle de p avec or'. La plaque différera très p peu, en apparence, d'une plaque rhombique, qui
présenterait la combinaison de la base p avec un
dôme ar . Mais, dans ce dernier cas, les axes d'élasticité du plan gx sont l'un parallèle, l'autre perpendiculaire à la base /), tandis que, dans une lame __ inonoclinique, ces axes se croiseront suivant deux
lignes obliques AA', BB . Par suite, l'obliquité des directions d'extinction de la lame, entre les niçois croisés, relativement au contour de la base p, fera disparaître immédiatement l'illusion produite par la symétrie de la section.
Lorsqu'un cristal monoclinique est taillé suivant l'une des faces de la zone p/tl (c'est-à-dire la base p, le pinacoïde h1, ou l'un quelconque des bémiortbodômes antérieurs ou postérieurs), l'une des directions d'extinction est nécessairement l'axe binaire, qui est l'axe de la zone. Donc, dans ce cas, les directions d'extinction sont liées à celles des arêtes cristallographiques, la plupart du temps parallèles ou perpendiculaires à l'axe binaire.