EXEMPLES DE MACLES
Fig. 333.
la figure 33a. Les deux faces p forment en haut un angle rentrant d'environ i 7 > degrés, produisant, en raison de l'allongement habituel des cristaux suivant l'arête pgi, une gouttière caractéristique. D'un côté le cristal est terminé par deux faces m, taudis que, du côté opposé, il v a deux faces t en contact.
Très souvent, la macle par hémitropie des feldspaths tricliniques s'opère entre individus extrêmement minces et se répète un grand nombre de fois. La juxtaposition de ces lamelles hémitropes fait naître, sur les farts p} des stries ou cannelures, correspondant aux angles alternativement saillants et rentrants, • i ces stries sont tout à fait caractéristiques des faces de clivage des feldspath».
L'orientation cristallographique de deux lamelles contiguës étant différente, mais les lames ayant, de deux en deux, la même orientation, une plaque mince de feldspath hémitrope, examinée en lumière parallèle, se colore de deux teintes alternatives (lig. 333 ; les lamelles impaires s'éteignent toutes en même temps, pour une position donnée de la plaque relativement aux niçois croisés. 11 en est de même des lamelles paires et les directions (I extinction des deux séries, marquées sur la ligure par des flèches, font des angles égaux avec la trace du plan de jonction. De tels cristaux sont dits poly synthétiques.
On connaît encore, dans les cristaux tricliniques, une macle semblable à celle de Carlsbad et une autre, dite macle du péricline, où les individus sont accolés suivant une face de la zone pli1, plus ou moins voisine de p, l'un d'eux ayant tourné de i8o° autour de barète pli\ située dans le plan de jonction. Cette macle entraine la formation sur le plan g1, auquel l'arête pli1 n'est pas exactement normale, d'angles alternativement saillants et rentrants. Quand elle se répète plusieurs fois, ce qui est un cas assez habituel, il en résulte une série de lames hémitropes, et si ces lames sont minces, elles dessinent une succession de stries sur le plau moyen g1 du cristal compost', tout comme la macle de l'albite en fait naître sur le plan moyen des laces p.
Résumé. — ■ Dans tous les cas que nous venons d'analyser, nous avons vu que les faces de jonction des cristaux mai lés étaient de notation simple. Très souvent elles appartiennent à des formes normales, comme "' pour les systèmes cubique et rhomboédrique, g1 pour le système monoclinique; ou à des formes parallèles, telles que oa pour le système < ubique (cas du cuivre gris), bl pour les systèmes quadratique et rhomboédrique, m pour le système rhombique, p et //' pour le système monoclinique. Quelquefois, comme dans l'orthose [macle de Bave/io), la face d'héraitropie est empruntée à une forme oblique, telle que c\ ; mais ce cas est relativement rare et d'ailleurs cette face, quoique oblique, est encore de notation très simple.
Nous avons vu en outre que l'axe d'hémitropie était tantôt perpendiculaire, tantôt parallèle à la face de jonction. Une étude plus complète nous aurait
3i>i GROUPEMENTS CRISTALLINS
montré que l'une de ces deux conditions n'esl pas toujours réalisée et qu il y a des maries qu'on ne peut expliquer géométriquement, que par des rotations différant de i8oa et exécutées autour d'axes inclinés sur la face d'arcolement.
Voilà tout ce que l'expérience peut nous apprendre relativement aux groupements de cristaux. Les minéralogistes de l'école allemande n'en ont pas cherche davantage et, préoccupés seulement de définir, dans chaque cas particulier, la position occupée par les />lans de juxtaposition et les axes de rotation, ils ont laissé de côté la recherche des causes qui produisent ces groupements. Cette recherche a d'abord provoqué les éludes de Mallard i), qui ont donné aux théories de Bravais un complément et une sanction de la plus haute valeur, puis celles de M. Wallerant, dont nous chercherons ici à exposer les grandes lignes.