MACLES PAR SYME1 KIE-LIMITE
En effet, cette espèce n'offre pas que la macle en croix grecque. Souvent deux cristaux d'apparence prismatique sont groupés en croix de Saint André (fig. 346), leurs arêtes homologues faisant entre elles des angles de 6o degrés.
Une explication semblable à la précédente convient à ce nouveau cas. Il suffit de se rappeler que, si le cristal est pseudo-cubique, outre les deux axes pseudo-binaires normaux, l'un a />, l'autre à g1, il doit y en avoir quatre autres, inclinés de Go° sur les précédents. Ces axes sont alors respectivement normaux aux faces de la pyramide fondamentale l>\ ; car on a, dans l'espèce, pb{ ■=. tao°i4', d'où il suit que la perpendiculaire à b\ fait un
angle de 6<>° environ avec les normales à p et à g1. Une rotation de i<8<>° autour de l'un des quatre axes normaux à b[ est donc admissible. Or, après une telle rotation, barète pal, parallèle à la macrodiagonale pli1, doit continuer à faire un angle de f><>" avec l'axe d'hémitropie, c'est-à-dire qu'elle fait aussi un angle de 6o° avec sa position primitive.
Donc il y a eu rotation autour d'un axe de pseudo-symétrie du réseau à peu près commun aux deux édifices cristallins superposés.
Idée de la symétrie -limite. Macles de l'aragonite. — De là nous pouvons inférer, tout au moins comme premier aperçu, que les cristaux à symétrielimite ont une tendance à mélanger ensemble les diverses orientations moléculaires qu'ils peuvent prendre, si l'on envisage leurs axes comme des lignes de symétrie réelle.
Cette règle trouve une vérification immédiate dans le cas de l'aragonite ou carbonate de chaux rhombique. L'angle du prisme mm de cette espèce est de ii6° io', et par conséquent la symétrie du réseau est très voisine de la symétrie ternaire. Or, à côté des macles par accolement que nous avons antérieurement rappelées, l'aragonite olfre des macles par pénétration, avec axes verticaux parallèles, oii l'on observe, à peu de chose près, les trois orientations que le réseau peut recevoir autour de l'axe vertical pseudo-ternaire. On en aura une idée par les figures H ',7 et 3 ',8, qui représentent la section droite de divers cristaux, et où la direction du plan des axes optiques est indiquée par nue ligne que terminent deux petits cercles. Tantôt les plages d'orientations diverses sont limitées par des lignes droites, les cristaux composants étant accolés suivant les faces m ou g-, tantôt les contours sont irréguliers et dentelés, attestant un mélange encore plus intime des trois orientations admissibles.
Fig. 3^7.
Fig. 3^8.
Pig. 349-
Macle de Carlsbad. Macle de la fluorine. — Une autre vérification du
principe semble se trouver clans la facilité avec laquelle il permet d'expliquer la macle de Carlsbad voir fig. ii(j . En effet, comme l'a montré Mallard, si, d'après les chiffres donnés par les auteurs, on construit le parallélogramme générateur du plan de symétrie de 1 orthose, on trouve que, ses côtés 011 et OA [fig. '•>',<.) étant respectivement égaux à 464 et à 55o et comprenant entre eux un angle de m6°7', la plus courte diagonale OD du parallélogramme résultant est égale à V, i,5, c'est-à dire presque identique avec le côté OA, parallèle à la base du cristal. Si donc on prend, pour maille du plan g1, le parallélogramme OADC, construit sur OA et sur OD, cette figure sera presque un losange; la diagonale OC sera presque perpendiculaire sur AD. parallèle à OH, c'est-à-dire à barète mm, et ainsi cette dernière est un axe quasi-binaire du réseau de g1, ce qui lui permet de servir d'axe d'hémitropie.
Il y a bien une macle par pénétration qui semble échapper à cette loi : c'est celle, si fréquente dans la fluorine, où deux cubes se pénètrent mutuellement
(fig. 35o), ayant en commun une diagonale cubique, c'est-à-dire un axe ternaire, autour duquel l'un des individus a tourné, relativement a l'autre, de 60 degrés. Le numéro d'ordre de l'axe n'autorise pas cette rotation, qui équivaut à une hémitropie.
Mais l'objection tombe si, avec Mallard, on admet, sur la foi des phénomènes optiques et des stries de l'espèce, que la fluorine est seulement pseudo-cubique et que sa véritable symétrie se rapproche du système hexagonal, avec la diagonale du cube pour axe pseudo-sénaire. Dans ce cas, en effet, trois rotations successives, de 60 degrés chacune, donnent une hémitropie.
Macles de l'albite et du disthène. — Nous voilà donc en possession d'une loi expérimentale très simple, d'ailleurs facile à justifier rationnellement, qui tell- les groupements par pénétration connus. Mais on peut aller plus loin et y faire rentrer aussi des macles par accolement. comme «elles de l'albite, du péricline, du disthène, etc.
En effet, dans la macle de l'albite, le plan g1 diffère peu d'un plan de symétrie les éléments cristallographiques de L'espèce étant très voisins de ceux de l'orthose ou feldspath monoclinique). Par conséquent la normale à g1, qui est l'axe d'hémitropie de la macle, est, à peu de chose près, un axe pseudobinaire.
Pig. 35o.