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MACLES DES CRISTAUX MERIEDR1QUES

une série de combinaisons habiles, à conquérir les dehors d'une symétrie cubique.

Moins avancés, mais tout aussi caractéristiques, sont les groupements que le microscope nous révèle dans le feldspath potassique dit Microcline. Cette espèce est tri clinique, mais avec des éléments extrêmement peu différents de la symétrie monoclinique. Les lamelles minces, mariées suivant g1, s'y enchevêtrent complètement avec celles maclées suivant la loi du péricline, produisant, dans les sections de la zone pli1, un véritable quadrillage. Aussi peut-on penser qu'un mélange encore plus intime réaliserait une symétrie monoclinique complète; ce qui a conduit beaucoup de minéralogistes à admettre que l'orthose, ou feldspath potassique monoclinique, résultait d'une superposition enchevêtrée de lamelles de microcline, tellement minces qu'elles échapperaient au microscope.

La raacle cruciforme de la staurotide fait ressortir la même tendance; car la croix grecque est évidemment une ligure plus symétrique que celle des deux prismes modifiés qui la composent. Mais aucune espèce n'affiche, pour ainsi dire, la recherche du maximum de symétrie à un degré semblable à celui de la christianite (fig. 35i), quand trois cristaux (d'ailleurs individuellement très complexes) s'assemblent de telle sorte dans la macle dite de Stempel, que leurs grands axes, qui sont pseudo-quaternaires, forment un système trirectangulaire, auquel cas la symétrie est obtenue relativement aux trois directions de l'espace.

3° Macles des cristaux mériédiques. — Tous les cristaux dont nous venons de parler sont holoé-

driques. Si de là nous passons aux cristaux hémiédriques, nous les verrons combiner leurs groupements de manière à masquer autant que possible ce qui manque à leur symétrie. C'est le cas de la pyrite, associant, dans la macle de la croix de fer, deux dodécaèdres pentagonaux dont la partie commune restitue exactement le cube pyramide. C'est aussi le cas du cuivre gris, dont les deux tétraèdres enchevêtrés ont pour partie commune l'octaèdre complet. L'effet de cette macle atteint son maximum dans le diamant, où deux tétraèdres, tronqués par leurs inverses \ug. ivi), peuvent arriver à se pénétrer si

bien que la macle ne s'aperçoit qu'aux biseaux rentrants, parfois imperceptibles, qui occupent la place des arêtes (fig. 353). De la sorte, non seulement la figure totale est un octaèdre parfait, mais toutes les faces de cet octaèdre, appartenant à des tétraèdres de même signe, sont physiquement identiques. Aussi l'illusion holoédrique est-elle complète. Elle ne l'est pas moins dans le

Fig-. 35i.

Ma GROUPEMENTS CRISTALLINS

oas d'un cristal 'de quart/ en apparence unique et homogène, mais où le microscope dévoile la présence simultanée de parties dextrogyres et de parties

lévogyres, comme si, par cette juxtaposition des deux formes possibles de la particule, le cristal avait voulu racheter le défaut de symétrie de celle-ci.

La même loi se vérifie dans les macles par aeco- Icment des cristaux hémiédriques. L'exemple du cuivre gris et celui de la chalcopyrite nous ont montré que, là où une hémitropie ne suffisait pas pour procurer la symétrie des édifices jumeaux, les particules pivotaient autour d'un axe binaire déficient Fis. 353. et qu'alors le plan de jonction devenait un plan de

symétrie pour l'ensemble des deux cristaux. Raison physique du phénomène. — Nous n'avons pas craint de multiplier les exemples, afin de bien montrer la grande généralité de ce phénomène, qu'on peut définir le constant effort de la matière cristallisée vers la conquête du plus haut degré possible de symétrie.

Quant à la cause qui détermine cette tendance, elle paraît facile à indiquer. Plus un corps est symétrique et mieux il est protégé contre les agents extérieurs de destruction. S'il y avait, dans sa structure, certaines directions sensiblement différentes des autres, au point de vue de la distribution des particules, il y aurait, par cela même, des parties plus vulnérables. Donc, en se plaçant au seul point de vue de la résistance vis-à-vis de l'extérieur, l'idéal, pour la matière, serait la disposition sphérique. Le moyen, pour un corps cristallisé, de s'en rapprocher le plus possible, est d'adopter un réseau cubique, qui comporte l'identité de constitution suivant trois directions rectangulaires. Et cet arrangement sera surtout efficace, si le cristal affecte la forme ramassée et arrondie d'un rhombododécaèdre, d'un trapézoèdre ou d'un hexoctaèdre. Nous savons que ce sont justement les combinaisons réalisées par le grenat et le diamant. Ce dernier corps surtout est remarquable; car la courbure habituelle de ses faces ajoute encore à lefficacité de la forme choisie, qui devient ixtrèmement voisine d'un sphère.

Ainsi la tendance des cristaux vers le maximum de symétrie nous apparaît comme le meilleur moyen à' assurer aui édifices cristallins le plus haut degré de stabilité. C'est donc une simple conséquence de ce grand et fécond principe de la moindre action, qui semble gouverner toute la philosophie naturelle.

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