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VI PRÉFACE

devenait nécessaire en 1889, imposa de nouveaux devoirs a l'auteur. En même temps qu'il oherchail à faire profiter l'édifice théorique des beaux compléments qu'y apportaient les études de Mallard sur l'isomorphisme et le polymorphisme, il s'efforçait aussi de rendre la partie

iptive aussi substantielle que possible, d'y introduire tout ce qui pouvait servir de préparation aux études de pétrographie, alors en voie de rapide développement, enfin de contrôler avec la dernière rigueur

titude des données numériques. C'est ainsi qu'en 1899 il put faire paraître une troisième édition, sensiblement améliorée, du Cours de Minéralogie, pour laquelle il avait d'ailleurs bénéficié des précieux

ignements contenus dans le Handbuch der Minéralogie de M. Hintze,

dans la dernière édition du System of Mineralogy de J.-D. Dana, enfin

et surtout dans l'ouvrage de M. Lacroix sur Les Minéraux de la France.

Au moment même où s'achevait cette troisième édition, paraissaient

avaux de M. F. Wallerant (1) sur les groupements cristallins. Par là semblaient dissipées quelques obscurités qu'avaient pu laisser subsister les théories antérieures, en même temps qu'un ordre très séduisant s'introduisait dans le sujet si difficile et si compliqué des macles.

La nouvelle doctrine, loin de rien répudier d'essentiel dans l'œuvre poursuivie d'Haûy a Mallard, empruntait à ce dernier la féconde notion de symétrie-limite, pour en faire, par une heureuse extension, le pivot de toutes ses conceptions. Son apparition ne pouvait manquer de faire naître, chez l'auteur du Cours de Minéralogie, le désir d'associer ses élèves et ses lecteurs au bénéfice de telles innovations. Aussi n'a-t-il pas hésité devant le travail de refonte qui s'imposait à lui pour réaliser ce dessein.

11 n'a pas reculé davantage devant la crainte de nuire au prestige de . en laissant voir trop clairement qu'elle admet sans cesse de nouveaux perfectionnements, de telle sorte que l'œuvre accomplie n'est jamais définitive. Tenir la théorie en suspicion parce qu'elle est indéfiniment perfectible, et vouloir l'écarter pour s'en tenir au simple enre-

PREFACE Vil

gistrement des faits, serait, a notre sens, aller directement a rencontre du véritable esprit scientifique. A la suite de M. H. Poincaré (i), nous aimons à répéter que « le savant doit ordonner : on fait la science avec les faits comme une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison ».

C'est la pensée que nous exprimions dès 1884, en présentant la première édition du Cours. Nous disions alors : « Ce qui nous a surtout déterminé à prendre la plume, c'est le désir de faire apprécier la beauté de l'édifice doctrinal de la minéralogie. S'il est une science où la grande notion à' ordre brille dans tout son jour, c'est bien celle qui s'occupe de la matière cristallisée. La géométrie, cette suprême expression de l'ordre naturel, n'y apparaît pas seulement, ainsi qu'elle fait dans l'astronomie, comme résultat définitif de l'observation et du calcul. Elle resplendit du premier coup, pour ainsi dire, dans l'admirable régularité des formes cristallines et cette impression s'accroît encore quand, à l'aide des phénomènes optiques, on pénètre jusque dans la structure intime des cristaux. Nulle autre science concrète n'atteint un pareil degré de précision, comme aussi nulle autre ne donne une idée aussi nette de l'harmonie des phénomènes matériels.

» C'est donc faire œuvre philosophique que de contribuer à répandre la connaissance d'un tel ensemble, et la tâche est d'autant plus propre à nous tenter qu'elle nous fournit l'occasion de mettre en lumière la part prépondérante que les savants français ont prise à la construction de ce bel édifice. Sans doute, l'évolution doctrinale qui, dans l'espace d'un siècle, s'est poursuivie, de Rome de llsle, par Haùy, Delafosse et Bravais, jusqu'à Mallard, peut rester plus ou moins indifférente à ceux de qui l'ambition scientifique se déclare satisfaite par la simple constatation des phénomènes. Mais elle prend un tout autre caractère quand on a l'esprit préoccupé de la recherche des causes, ou même simplement quand on croit à la nécessité de grouper les données de l'observation

(i) Discours au Congre* de Physique de 1900.

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dans an cadre logique, qui, sans avoir la prétention d'en fixer à tout jamais la théorie, suit du moins de nature a faciliter beaucoup l'intelligence et la mémoire des laits. Pour nous, c'est le principal but que doive poursuivre un auteur didactique, et, parce que l'analyse rationnelle des cristallograph.es français nous apparaît tout a la fois comme un précieux instrument de coordination cl comme un des plus beaux chapitres de l'histoire du développement de nos connaissances, nous ;,w.ns voulu travailler, dans la mesure de nos forces, a augmenter le nombre de ses admirateurs. Toute notre ambition serait de pouvoir : un joui que nos efforts dans ce sens n'ont pas été stériles et qu'ainsi la liberté d'enseignement, dont ce livre est le fruit direct, n'aura sans profit pour l'avancement de la science. » Nous n'avons rien a changer a cette déclaration, heureux de pouvoir --•r que la laveur obtenue par cet ouvrage peut être interprétée comme une franche adhésion de la plupart des minéralogistes aux principes scientifiques qui n'ont cessé de nous guider.

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