METHODE DE CLASSIFICATION
silicates hydratés, tonnant la famille des zéolites. Cette famille sera donc décrite a la lin di ss espèces basiques sousle titre : silicates des amygdales, par opposition aux minéraux précédents, <|ni formenl à proprement parler la pâte des
nulles en question,
Cela pose, la venue an jour 'les roches éruptives, 9urtou1 de celles de la série acide, a influé sur les roches encaissantes, en y provoquant des phénomènes de cristallisation. Parfois une réaction inverse a modifié les roches éruptives elles-mêmes par l'influence des massifs qu'elles traversaient. I)eplus, les actions mécaniques auxquelles l'écorce terrestre a plus d'une fois obéi, les émanations hydrothermales qui l'ont parcourue, parfois enfin la simple circulation des eaux météoriques dans sa masse, ont suffi pour modifier, dans beaucoup de cas, la composition originelle des roches, en y faisant naître de nouvelles espèces. Tous ces phénomènes, rangés sous la dénomination générale de Métamorphisme, nous autorisent à ajouter, aux éléments des roches fondamentales, une nouvelle catégorie, celle des Silicates de métamorphisme, constituant un ordre spécial, dans lequel se rangeront (à l'exception des minerais silicates) tous les silicates qui n'auront pas trouvé place dans les divisions précédentes. Ce seront d'abord des silicates simplement alumineux, anhydres ou hydratés, puis d'autres contenant du fer, de la magnésie, de la chaux, etc., et susceptibles, comme on le verra par la suite, de fournir des divisions naturelles et homogènes.
Deuxième, troisième et quatrième groupes. — Deuxième groupe. — Les éléments des Gîtes ayant dû, en majeure partie, être produits par voie de précipitation ou de séparation chimiques, dans des dissolutions aqueuses et à des températures vraisembablement très modérées, la meilleure classification de ce groupe parait être celle qui se fonde sur l'argument chimique. En tète, nous placerons les oxydes non métalliques, les divers sels pierreux, oxygénés, a/ttminates, carbonates, sulfates, phosphates, etc. ; enfin les sels haloïdes, chlorures, fluorures, etc., des métaux légers.
Troisième groupe. — De môme que, dans l'ordre des besoins naturels de l'humanité, les minéraux du premier groupe fournissent la matière des constructions et ceux du second la matière des arts chimiques, le troisième groupe renferme tous les matériaux des arts métallurgiques. En tête, nous distinguerons, sous le nom de Minéralisateurs, les corps à la faveur desquels la plupart des métaux prennent la forme de minerais, soufre, arsenic, antimoine, etc. (i). Puis viendra la description des minerais, classés en autant de divisions qu'il y a de métaux proprement dits, énumérés dans l'ordre suivant : métaux natifs; minerais sulfurés, arséniés, antimoniés, etc. ; puis minerais oxydés, résultant presque toujours de l'altération des précédents; enfin minerais haloïdes. De cette manière, nous ne serons pas obligé, comme dans les classifications pure-
(i) L'oxygène, qui devrait figurer en tète «li* cette catégorie, échappe à la minéralo ie par suite de son état gazeux.
ment chimiques, de séparer les uns des autres les minerais d'un même métal, si fréquemment réunis dans les gisements naturels.
Quatrième groupe. — Le quatrième groupe est formé de minéraux qui
répondent spécialement aux besoins de la grande industrie moderne, à laquelle
ils fournissent la force motrice et la lumière. Sa description débutera par les
divers état du carbone. Ensuite viendront les hydrocarbures, les combinai-
- plus ou moins oxygénées, enfin les sels organiques.
Considérations générales. — Nous ne nous dissimulons pas que cette classification peut encourir, comme toutes les classifications linéaires, le double reproche de séparer quelquefois des espèces qui sembleraient devoir être réunies et d'en associer ensemble qu'il serait préférable de traiter à part. Elle ne peut d'ailleurs être appliquée avec une rigueur absolue et telle espèce figurera, en vertu d'analogies légitimes, parmi les minéraux de la série acide, qui eût pu, avec autant de titres, être incorporée à la série basique. De même, il est des espèces, comme la calcite, qui peuvent faire partie à la fois du premier groupe (en raison des marbres du terrain primitif ou des cristaux contenus dans les trapps amygdaloïdes) et du second (à cause des nombreux filons de cette substance qu'on observe dans l'écorce terrestre et des amas calcaires de certains sédiments). Enfin l'on pourrait légitimement prétendre que beaucoup de -ubstances des gîtes minéraux non métallifères (par exemple les sels rejetés par certains vol. ans) doivent appartenir à la catégorie des produits d'émanation. Mais de telles défectuosités sont inhérentes à tout essai de classification, et l'essentiel est que chaque groupe présente une suffisante homogénéité, par suite d'une sorte de compromis entre les raisons géogéniques, chimiques et physiques, qu'on peut faire entrer en ligne de compte dans l'appréciation de la place qui convient à une espèce.
De cette manière, on ne devra pas s'étonner si, à la suite de la description d'une série de silicates, appartenant bien nettement à l'une de nos subdivisions, nous en faisons figurer quelques autres, étroitement alliés aux premiers au point de vue chimique, .mais présentant d'ordinaire un autre mode de gisement. Ces infractions accidentelles à l'homogénéité absolue des groupes nous ont paru préférables à une rigueur dont le résultat eût été d'éparpiller, en quelque sorte, sans profit d'aucun genre, des espèces de même nature.
En résumé, la classification que nous proposons offre à nos yeux l'avantage de respecter, beaucoup mieux qu'une autre, les associations naturelles {Paragenesis des Allemands) telles qu'elles ressortent d'une étude consciencieuse de Il croûte terrestre, sans négliger pour cela les considérations de l'ordre chimique. Nous pensons ainsi qu'elle est propre à rendre la minéralogie plus tsante, en mettant en lumière le rôle dévolu à chaque espèce dans la formation de l'écorce du globe, au lieu detraiter les minéraux comme de simples individualités chimiques. Aussi croyons-nous que, pour tous ceux du inoins qoj ont conscience de l'intime liaison de la minéralogie avec la géologie, une