PREMIERE CLASSE ÉLÉMENTS ESSENTIELS
Les éléments essentiels des roches basiques sont (avec les moins acides des feldspathides ou quelques-uns des feldspathoïdes déjà décrits) des silicates de formules RSiO3 et R'-SiO4, ne contenant d'alumine que par exception et probablement à l'état de mélange. L'oxyde ferreux, la magnésie et la chaux en forment les bases fondamentales. Un premier groupe, où la chaux existe toujours, constitue la famille des pyroxènes et des amphiboles (minéraux trappéens de Leymerie) ; un autre comprend les diverses variétés du Péridot.
FAMILLE DES PYROXÈNES ET DES AMPHIBOLES
La famille des pyroxènes et des amphiboles constitue un groupe très homogène, où la plupart des minéraux sont essentiellement des mctasilicatcs de calcium, de magnésium et de fer, c'est-à-dire des composés de l'acide métasilicique Si[OH]-0, pouvant être représentés par la formule (Ca,Mg,Fe)SiOs ou mieux (Ca,Mg,Fe)2(SiOs)a; mais beaucoup parmi eux sont plus compliqués et peuvent renfermer une proportion parfois considérable de sexquioxydes, ainsi que des alcalis, surtout de la soude.
Leur forme cristalline peut offrir trois genres de symétrie : rhombique, monoclinique et triclinique, ce dernier plus exceptionnel (1). Mais, quelle que
(1) Les espèces qu'on peut considérer comme des amphiboles ou des pyroxènes tiicliniepues ne seront pas mentionnées ici, lune d'elles étant rejetée parmi les minerais.
SILICATES DJES ROCHES lîASIQUES
soit la symétrie, tous se groupent, en raison de leurs clivages et de leurs caractères optiques, autour de deux types; l'un répondant à un prisme de <S;" d'angle; l'autre où 1rs clivages dénotent un prisme voisin de \>.\ degré*. Au premier type répond le genre pyroxène, au second le genre amphibole, et tous deux donnent naissance à des séries très symétriques l'une de l'autre.
PYROXÈNES MONOCLINIQUES
Considérons d'abord les pyroxènes (i) monocliniques. Chez tous, la chaux se trouve en proportion au moins égale et généralement supérieure à celle de la magnésie. Mais on peut distinguer deux divisions, dont la première
est pauvre en alumine tandis que la seconde en renferme jusqu'à 8 °/0. Toutes deux ont les mêmes caractères cristallographiques, c'est-à-dire : R. A. = 1,0947! r " 0>"><ji 5('2J ; mm=z8r]05' ;/;//' = io5°4ç/; di/idl/i=zi3i°3o' en arrière (i3i°37' calculé); bl/t b1/, = i2o"'|8' en avant (i'2o"3^' calculé); a*/a ... ... . . //' = iii02(i', Signe optique généralement positif;
1 i^r. ',.'!• — Section basique Je » ' .' » I 1 o I
cristal d'augite d'une téphrite. \ Q, dans g1. Biss. faisant, avec l'arête verticale,
lirossissemenl : 3o diamètres. —
D'après m. Roseobasch. dans l'angle obtus ph1, un angle variable de 38° à
't5° <")). aV compris entre mj" et 08". Indice n,„ variant de 1,68 à 1,74. Polychroïsme faible. Dispersion inclinée nette.
Tous les pyroxènes paraissent être holoédriques. La plupart se clivent avec facilité suivant les faces m du prisme. Les fissures qui niellent ce clivage en évidence dans les plaques minces sont toujours nettes et nombreuses, mais pas exactement rectilignes. Dans les sections à peu près normales à l'axe vertical, ces fissures se croisent sous des angles peu différents de 90° (lig. 43 1). Dans les sections parallèles à l'axe du prisme, elles sont parallèles entre elles (lig. (fî%). Lien que les pyroxènes monocliniques forment en réalité une série continue, on peut, en considérant les principaux types, distinguer les sous-genres suivants :
'. — Cristal d'augite coup parallèlement à l'axe vertical. — D'après M. Roseobuacb.
nom <lr- pyroxène vient de itOp, feu, et ::vô;, étranger, pane que, sous L'empire (I mi<- idée erronée, HaUy regardait ce minéral comme an étranger dans le domaine des roches ignéi Ces nombres ^'>nt ceiu il'1 Des Cloizeaus, Les chiffres <!<■ If. Zirkel et
de M. ischermak 1,09 : 1 : 0,089, Qvec />/(' ----- ~\ 1 1') n«' concordenl ]>.i^ avec l'angle mm} indiqué de ■- •■' mail :'''•■ — (3) Sauf pour les augites vertes, allongées, sodi-
ot l'angle peut aller jusqu'à oc . comme dans l'aegirine,
DIOPSUHS, MALAUOL1TE, HKhENBERGITE
IM',1 Mll.lt SOUS-CENKE
Diopside. Ca(Fe,Mg Si206. — P. S. = 3,3. — I). = 5 à 6.
S ', à 55. SiOs; - , à • >. I !a< > : 18 à i <». Mgt » •. i à ', . S. Fe< > ; o,2 à ?.. AI <> I général, le rapport de IV a Mg est plus petil que celui de i à 3.
Combinaisons habituelles : /ilglp; hxg^mp\ higlmdt/taip; la même avec <-] et bK / x 6g. \'i 3). Souvent, comme dans la figure, les faces A1 et g1 prédominent, donnant aux cristaux, généralement allongés, une apparence quadratique; pm= ioo°Sn' ] at/<1= ioV'22 .
Macles fréquentes parallèles à A1. Clivages : m parfait. //' et g1 moins faciles.
Dispersion inclinée, notable pour les axes apparents, nulle pour les axes réels, -.«Y = >>/'; aE = iiin(>'. ng= 1,7026 D); n„, = 1,6798; /r, = 1,6726. Biss. inclinée de — S's",<) sur l'axe vertical.
Cassure conchoïdale ou inégale; transparent ou translucide. Incolore, vert pâle ou vert d'herbe. Fusible au chalumeau. Réact. 80. Inattaquable. Se trouve souvent en cristaux associés au grenat et au clinochlore.
La variété d'Ala (Piémont) a été nommée Alalite.
La couleur du diopside en plaque mince est le vert pâle.
lùi/m : 0:';, dou'nle, et 6l>\;, vue (d'après Dana) ; ou oi'a, à travers, et 0!/'.;, vue, à cause de sa transparence (Leymerie .
Malacolite. — Dans cette espèce, qui répond à la même formule que le diopside, le rapport de Fe à Mg varie entre l/a et 1 . Le minéral, associé aux minerais de fer d'Ârendal, est blanc, bleuâtre ou vert. nm = 1,6g (rouge : aV = >8°,6; angle de la Biss. avec l'arête verticale = — i<>",ibiréfringence ne dépasse pas 0,023.
Rare dans les roches éruptives, la Malacolite abonde parmi les schistes cristallins et les calcaires subordonnes.
Dans le voisinage de celte espèce se place la Salile, diopside <pii peut contenir jusqu'à 20 %• FeO. File se trouve à Sala (Suède), en masses laminaires d'un vert sombre. On y doit rapporter la Baïkalite, vert très sombre, du lac Baïkal, et la Coccolite, vert olive, en masses granulaires. La densité varie de 3,2 à 3,3. Ces trois variétés offrent souvent la combinaison A1/ng1a1, parfois avec //-et g2.
L Hédenbergite est un diopside très peu magnésien, contenant de 1 ï à 20 %• FeO et généralement moins de 7 %. MgO. —P. S. = 3,5. — D. :== 5,5. — Facilement fusil de au chalumeau en verre magnétique, nm = 1,710 (rouge); 2V = 6o°. Angle de la bissectrice = — 45°,9. Forme des masses laminaires d'un vert foncé dans le gîte métallifère de Tunaherg.
Elym. : Dédiée à Hedenberg.
Fig. (33.
La
SILICATES DES ROCHES BASIQUES
DF.IXIEME SOCS-GEXIIF-.
Diallage. — Isomorphe avec lediopside; mais plus riche en fer(io à i t et contenant de i à '( "/„ d'alumine. — P. S. = 3, a à 3,34. — D. = 4.
Masses laminaires pourvues d'un clivage /*' très facile, à éclat nacré et métalloï'le ; quelquefois avec clivages m. La diallage du Tvrol, en laines aplaties suivant h1, porte les facettes m, »' et Ô*/s. Grise, gris verdàtre, brun tombac, poussière blanche. Facilement fusible en émail; inattaquable.
Le clivage facile /i1 montre un axe optique, Biss. na inclinée de — 3<)0 à — j6° sur l'axe du prisme. Polvchroïsme faible. na = i,~o3; nm = 1,681; np= 1,679.
La diallage offre une tendance marquée à Youvalitisation, c'est-à-dire à la transformation en amphibole.
En lamelles dans les euphotides, les gabbros et les serpentines. Les sections de la zone /t[gl s'éteignent de 38°44' à <>°; celles de pgx sont le plus souvent éteintes entre 38° 44' et 3j°; les autres extinctions de la zone sont comprises entre o° et 35°.
Etym : SiaXXay'q, différence, à cause de la différence entre le clivage facile //'* et un clivage difficile g1.
I ne partie de X Omphazite verte qui, associée au grenat et au disthène, forme les éclogites de la Bavière et de la Carinthie, paraît, en raison de ses clivages, devoir être attribuée à la diallage.
Augite. — Contenant jusqu'à 8 °/0 d'alumine, avec 45 à 5i. SiO2; 18 à 23. CaO et i3 à 16. MgO. — P. S. = 3,3 à 3,5. -D. = 5àC. M. Tschermak considère l'augite comme formée par le mélange isomorphe de Ga (Fe,Mg)Si-06 avec MgAPSiO6.
Combinaisons habituelles : m/^g1^/, (lig. 43 4), avec m/tl = i3'i°32'; quelquefois on voit les faces p, a-, d1/^ et b1/,. Macles fréquentes parallèlement à //', avec ligne de suture sur g1 et angle rentrant formé par deux faces bl/i (fig. ]'>'>>. Clivages : m plus pu moins parfait; moins facile suivant //'et g1.
Opt. — L'angle de la Biss. avec l'arête verticale varie de — 390 (augites brunes i — -V, et plus (augites vertes allongées, sodifères). Le polychroïsmo en lame mince n'est sensible que dans les variétés sodifères des roches à leu* cite, des phonolites et des téphrites, où la couleur varie du vert olive ou du vert d'herbe au brun rouge.
Fig. 434.
Fig. 435.
,712 ; nv = 1,712 à [,706.
Cassure écailleuse ; couleur noire ou vert olive ; poussière gris verdàtre. Fond
FASSAITE, .EGIRINE 1 ,7
au chalumeau en verre noir, quelquefois magnétique. Donne parfois au borax la réaction du manganèse. Faiblement attaquée par les acides.
En cristaux nets dans des rai, aires cristallins, de nombreuses roches volcaniques et des tufs, où la couleur noire est maie el où le prisme, octogonal par combinaison de m, Ir et »', est peu allongé suivant l'arête de sa zone.
L'augite en masses fibreuses vertes est l'élément caractéristique des diabases, <le> pyroxénites et des diverses antres roches basiques. Elle s'j transforme très facilement en amphibole (ouralitisation), c'est-à-dire que les forme- extérieures restant celles de l'augite, les clivages deviennent ceux de l'amphibole.
Etym, : «irpi, éclat.
L'Augite se présente fréquemment dans les roches à l'étal de petits cristaux allongés d'ordinaire parallèlement à l'arête A1 g1. Les sections les plus importantes sonl celles de lazone A1 g1, lesquelles s'éteignent sons des angles compris entre o° et 3g0 ou i 5° pour les augites brunes avec signe positif; pour les augites vertes el sodifères (des roches a leuciteet néphéline . la même zone est tantôt positive, tantôt négative, avec maximum d'extinction à Jo° environ (croissant en même temps que la teneur en soude. Le polychroïsme est très peu sensible, excepté quand les cristaux sont très colorés. Les inclusions liquides sont extrêmement rares; mais il y a beaucoup d'inclusions vitreuses et de cavités à gaz.
La Schefférite est une augite manganésifère.
La Passaïte de la vallée de Fassa (Tyrol), en cristaux verts, opaques, ayant l'apparence de prismes quadratiques où dominent, avec m, les faces bl/v /;'/,, dl/v d1/ et parfois e'/2 (fig- 436), est une augite qui se présente, ainsi que la variété Pyrgome, dans un calcaire, au contact d'une roche éruptive basique.
La plus grande partie de YOmphazite des éclogites, en grains arrondis ou en agrégats bacillaires courts, possède des clivages et des angles d'extinction qui doivent la faire rapporter à l'Augite (1).
Fi*. 436.