‹ Cours de morale à l'usage des écoles laïquesChapitre 13 sur 44 · QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE VIII

D. Qaelle est la grande expression de la Tie morale ?^R. Le respect mntuel des individus. — D. Quels sont les êtres obligés à ce respect ? — R. Tous ceux qui ont des droits et des devoirs. — D. Qu'est-ce que ce respect établit parmi ceux qui le pratiquent ? R. Une égalité supérieure à toutes les inégalités naturelles ou sociales. — D. Détruit-ii ces inégalités? — R. Non ; mais il les domine. — D. Y a-t-il plusieurs sortes d'inégalités ? — R. Oui, 11 y en a de factices et de variables ; mais il y en a qui ont leur source dans la nature et sont Impérissables. — D. Citez-en quelques-unes. -^

R. Les konmes n^sseol iségaux an beauté» ea faillie physique, eft inleUigenoe» en nisoD. ea force. — D. Ces inêgalilês-U peu- Tefti-elles être détruites ? — R. Non; on peut se moëifier soi-même» on peut acquérir, mais rinégatité primitive dans la valeur des indi- Tidus n'ai subsiste pas moins. — D. Est-elle injuste ? — R. Gomme nous n^en connaissons ni l'origine ni la fin, nous ne pourrons la jugtf, moralement parlant. — D. Que deTons-nous faire alors ? — R. Nous devons nous 7 soumettre comme aux nécessités de la nature qui ne sont ni justes ni injustes, et en tirer le plus d'avantages possibles. — D. Gomment se manifestent les inégalités naturelles ? — R. Par certains avantages et certains désavantages qui en résultent. — D« Gitei-en quelques-uns. -* R. La beauté et la grâce attirent dnaihtage que la laideur et la gaudierie ; une intelligence vive et ouverte a plus de moyens de succès qu'une intelligence lente et fermée, une volonté énergique a plus de pouvoirs qu'une volonté molle et paresseuse. — D. Ges dernières inégalités peuvent-elles être supprimées? — R. Hon, eHes sont liées aux premières comme des conséquences. <— D. Où les voyons-nous se manifester ? — R. Partout dans le monde ; elles commencent même à l'école. — 0. De quelle façon ? — R. Les élèves les plus intelligents et les plus habiles ont parfois plus de succès que les plus appliqués. — D. Est-ce injuste? — R. Non. car c'est la conséquence involontaire d'une loi de la nature. — D. Gomment s'augmentent les inégalités de la nature ? -> R. En s'étendant dans la société. — D. De quelle foçon s'étendent-elles ? — R. Tel élève qui s'est montré mieux doué, plus habile que tel autre, tirera plus tard, de son travail, déplus grands bénéfices, il peut parvenir au premier rang, quand son compagnon aussi xélé restera loin derrière lui. — D. Dans un concours pour une place, quel est celui qui réussit ? — R. G*est le plus capable, ce n'est pas toujours le meiUeur. — D. Gl dans l'indutrin 7 — R. C'est l'esprit le plus pratique, le plus droit, le travailleur le plus persévérant qui arrivera à la fortune, tandis que le gaspilleur, le paresseux et même le rêveur r»contrent la ruine. — D. De quelle autre manière s'augmente encore l'inégalité ? ^ R. Par la solidarité des &milles. — D. Gomment ceU ? — R. Nous héritons de nos parents, non-seulement de leurs richesses, mais de leur crédit, de leur réputation» de leur influence. Pourtant iious n'avons rien fait pour cela. — D. Cette solidarité est*elle juste ? — R. Elle n'est ni juste ni iiguste, elle est Inévitable comme les Inégalités naturelles, et c'est à ce titre qno noua devons l'acceipter, — D. HéritonsHions du mal comme du bien Y -* R. Sans doute et de la même manière. — D. Gomment s^augmente

IftMUéarlté dan tft Oublie? ^ R. Par la solklarité entre les familles, qui ae tiennent toutes pli» ou moins par groupes, dans certaines professions, certains rangs, certaines situations de la ^e.

— D. Cette solidarité est-elle injuste ? — R. Elle n'est pas plus injuste que la première ; elle est de même inéyitable. — D. Outre ces inégaHtés naturelles, n'y en a-t*il pas d'autres factices et Traiment ii^ustes7— R. Oui, il 7 a certaines inégalités sociales que le progrès moral doit s'attacher à détruire. — D. Notre cours a-t-il pour objet de rechercher ces inégalités- là ? — R. Non, il a pour objet la morale Individuelle, non pas la morale sociale. — D. Pourquoi avonsnous fait ressortir les inégalités inévitables qui nous entourent t

— R. C'est pour montrer comment elles sont dominées par l'égalité morale. — D. De quelle façon le sont-elles? — R. En ceci : que la mutualité du respect s'impose également à toutes les personnes humaines quelles que soient les distinctions secondaires qui les séparait. — D. S'impose-t-elle toujours et partout, — R. Oui, elle sMmpose d'une façon constante, uniforme et impérative ; elle ne soulTrepas d'éiception. — D. Qu'entendes-vous par làf — R. Quelle que soit la distance qut nous sépare dans la vie, nous nous devons un respect égal en tant que personnes humaines, et la mesure de ce respect sera la mesure de la moralité que nos rapports réalisent. — D. Le respect que nous témoignons à ceux qui sont considérés comme nos inférieurs, nous donne-t-il sur eux de l'influence ? — R. Oui, et une influence très-élevée. Le respect est le premier élément de la philanthropie. — D. Quand nous sommes en face des malheureux à secourir, devons -nous leur montrer du respect ? — - R. Sans doute, ce sera le meilleur moyen de les relever. — D. De quelle façon pouvons-nous leur montrer ce respect ? — R. Au lieu de faire valoir notre supériorité dans les choses qui nous séparent, de leur parler avec hauteur, frivolité, ou avec une familiarité protectrice, il faut chercher dans If monde moral les points qui nous rapprochent. — D. Quels sont ces points ? — R. Les grands sentiments du cœur, les grandes vérités de la conscience* — D. Sont-ils accessibles aux gens sans éducation ? — R. Oui, ils sont accessibles à tous les hommes, et ils les rapprochent. — D. De quelle façon ? — R. Ils leur font voir que le travail, l'épreuve, le devoir, le sacrifice, la tendresse, sous des formes différentes,5ont les mêmes pour tous. C'est le fond commun de l'humanité. — D. N'y a-t-il pas à craindra qu'en parlant ainsi à ceux que nous considérons comme inférieurs. Ut ne perdent le respect que nous attendons d'eux? — R. Au contraire, ce respect augmentera si nous leur en montrons nous-mêmes,

eu le resped ae oonmoiii^iue. — D. Noos leur donnons donc one Itçon de morale en leor pirltnt linsi ? — R. Ooi. et U plos efficace: en les relèvent à leurs propres yenx, noas leur inspirons le désir de se relever eax>mèmes. — D. Ces rapports, établis ainsi entre enz et nous, les aideront-ils à accepter nos dons? — R. Oui, ces dons leur apparaîtront alors comme une offrande firatemelley non plos comme une aumône qui les Croisse. — D. Devons-nous con&errer aussi du respect pour les coupables? — R. Sans doute. Nous ne devons jamais oublier^ en leur parlant, que ce sont des bommes. — D. Peut-on juger aisémoit du degré de culpabilité de ceux qui ont failli? — R. On ne le peut jamais complètement, parce qu'on ignore toujoun quelques-unes des circonstances intérieures ou extérieures qui entourent Tacte ; c'est pourquoi nous sommes obligés, quand nous portons des jugements, à une grande réserve. — D. Les conditions de notre éducation ne changentelles pas beaucoup la mesure de notre responsabilité dans nos fautes? — R. Sans doute ; si un coupable n'a reçu, dans son enfance, que de mauvais exemples et de mauvais conseils, il ne peut être jugé aussi sévèrement que s'il en a reçu de bons. — D. Quand nous sommes témoins d'une faute, quel doit être notre sentiment par rapport à la fisute ^ à celui qui l'a commise? — R. Nous devons condamner la fonte, mais ne pas juger le coupable. — D. Quelle est la belle parole qui a été dite à ce sujet? — R. La parole de l'Évangile : Que celui de vous qui est sans pécbé lui jette la première pierre I — D. Quand nous avons été personnellement offensés, n'avons-nous pas alors le droit d'insulter le coupable? — R. Jamais nous n'avons ce droit. — D. Gomment conclurons-nous? — R. En disant que l'égalité dans le pect est la véritable «zpressioa de la morale.

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