‹ Cours de morale à l'usage des écoles laïquesChapitre 28 sur 44 · I. — Quelle · texte numérisé non relu

I. — Quelle

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cordé«( à leur esprit de justice, leur constance dans le bien, leur désintéressement. Voyons, citez-m'en quelques-unes. — M. G***, votre professeur de chimie. — En effet, c'est un homme que tout le monde aime et admire. Vous savez que c*est par intérêt pour la jeunesse, par amour de la science, qu'il vous donne des leçons ; vous lui devez donc une double reconnaissance, et je suis binn aise que vous Tayiez nommé. — Citezmoi maintenant une élève, une de vos compagnes, celle que vous mettez au-dessus des autres pour le caractère et la conduite. Tout le monde a nommé Hortense, et voilà qu'elle se cache derrière la tête de Marguerite. Allons, ne rougissez pas du témoignage de vos compagnes ; je le confirme moi-même pleinement.

Il y a donc une seconde sanction attachée à nos actes, et qui les suit. Cette sanction nous frappe, soit dans notre corps, par la santé ou la maladie, soit dans le succès ou le non-succès de nos travaux, soit dans nos rapports avec nos semblables, par les sentiments que nous leur inspirons, Taide qu'ils nous prêtent, la défiance ou le mépris qu'ils nous montrent.

Maintenant, il s'agit de savoir si elle suffit pour combler toutes les lacunes laissées par la première ; si tous les problèmes de la vie morale y trouvent satisfaction. — Me comprenez-vous bien ? — Pas tout à fait peutêtre. — le m'explique : en prenant la société telle que nous la connaissons, les conséquences de nos actes nous rémunèrent-elles justement selon ces actes et selon les motifs qui les déterminent ? En un mot, le succès appartient-il aux vertueux, l'insuccès aux gens de mauvais vouloir, dans la mesure exacte du mérite des uns et du démérite des autres ? Telle est la question.

Vous secouez tous la tête d'un air de doute, et vous avez raison... En effet, cette seconde sanction est

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des infortunes tout à fait imméritées, et on peut voir des gens qu'on méprise triompher dans Torgueil et rhypocrisie, et des gens qu'on vénère voués au plus malheureux sort. «

Ainsi, les secondes sanctions, qui consistent en des conséquences dérivant des actes mêmes, non du mobile des actes, sont presque aussi insufSsantes que les premières. Elles sont extérieures comme les récompenses et les punitions ; elles n'ont pas leur source dans la conscience.

La vraie sanction doit être intérieure comme le mobile moral, et y trouver sa raison et sa mesure.

Dans notre prochaine leçon, nous essaierons de la découvrir et de l'analyser, et je vais vous demander d'ici là une chose : c'est de vous placer en face de vous-mêmes, et de chercher dans vos souvenirs un débat de la vie morale , qui nous fournisse des éléments d'expérience et nous permette de tirer une conclusion.

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