‹ Cours de morale à l'usage des écoles laïquesChapitre 29 sur 44 · QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE XVI

B. A quoi se ramènent lei>ien et le mal ? — R. Au droit respecté ou yiolé, au devoir accompli ou négligé, autrement dit à la justice et à l'injustice. — D. Le bien et le mal existent donc indépendamment de leurs conséquences, c'est-à-dire de la récompense et de la punition qui peuvent y être attachés ? — R. Oui. ils existent en euxmêmes. — D. Gomment appelle-t-on la récompense et la punition du bien et du mal ? ~ R. On l'appelle la sanction, — D. Quel est l'objet de la sanction ? — R. C'est de confirmer les principes par les conséquences. — D. Si la confirmation n'existait pas, le principe

mange avec excès ou qaand il joue au delà de ses forces, il se rend malade ; quand il ment on ne le croit plus, alors même qu'il dit la Térité ; quand il est mou, nonchalant et se livre à la paresse, non-seulement il reste ignorant, chose très-honteuse, mais il s'ennuie, se fatigue et s'attriste ; quand il a un caractère difficile et im* périeuz, il n'est aimé ni de ses compagnons ni de ses maîtres. — D. Et plus tard dans le monde, nos actf's ont-ils des conséquences analogues ? — R. Sans doute, un homme égoïste, avare^ malveillant, est repoussé de tous, tandis que la loyauté, la bonté, la grâce attirent l'estime et l'affection dans le monde aussi bien qu'à l'école. ~- D. Comment donc résumerons-nous ce que nous avons dit sur ces dernières sanctions ? -* R. Nous reconnaîtrons qu'elles nous frappent toujours, soit dans notre corps par la santé ou la maladie, soit dans le succès ou l'insuccès de nos travaux, soit dans nos rapports avec nos semblables par les sentiments que nous leur inspirons, l'aide qu'ils nous prêtent, la défiance ou le mépris qu'ils nous montrent, etc. — D. Ces sanctions nous suivent-elles partout ? — R. Oui, partout. •^ D. Elles sont donc plus complètes que les premières ? — R. Oui, car elles atteignent tous nos actes dans leurs conséquences, non pas seulement une partie d'entre eux. ^ D. Suffisent-elles alors à la loi morale ? — R. Non, car elles atteignent les actes, non les mobiles des actes, qui en déterminent seuls la qualité morale. — D. Le succès n'appartient donc pas toujours aux vertueux, l'insuccès aux gens de mauvais vouloir, selon la mesure de leur mérite ou de leur démérite ? — R. Non, loin de là ; il y a beaucoup d'iqjustices dans le monde, et il est rare que notre succès ou notre insuccès corresponde à notre véritable mérite et à notre véritable démérite. — D. Ces sanctions, bien que plus étendues que les premières, sont donc encore insuffisantes? — R. Oui, car pas plus que les premières, elles n'ont leur source dans la conscience. — D. Quel est donc le caractère de la vraie sanction morale? — R. La vraie sanction morale doit être intérieure comme le mobile, et y trouver sa raison et sa mesure.

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