‹ Cours de morale à l'usage des écoles laïquesChapitre 4 sur 44 · QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE PREMIER

D. Que TOUS a-l-on enseigaé jusqu'ici? — R. Les sciences naturelles, la grammaire, l'histoir», la géographie, etc. — D. Ces études

(i) Ce Questionnaire a pour but de s'assurer que l'enfant a bien retenu la leçon. Nous recommandons à l'instituteur de ne pas le sui?re d'une façon littérale, mais de s'attacher à l'ordre de ses propres développements; U pourrait se faire un quesUonnaire à lui-même pour chaque leçon, et exiger toujours une réponse précise; mais qu'il é?ite, par dessus tout, de rien faire apprendre par cœur.

ont-elles Totre propre personne pour objet? -« R. Non, elles ont pour objet le inonde extérieor. — D. Qael est l'objet dont nous allons nous entretenir anjourd'bui ? — R. C'est un objet intime : la morale. — D. La morale comprend-elle tous les êtres de la nature? — R. Non, elle concerne l'homme seul. — D. Comment en trouverons-nous l'origine? — R«En étudiant l'homme dans les facultés qui le distinguent de la nature. — D. Comment ferons-nons cette étude? — R. Nous le comparerons d'abord au reste de la nature, pour nous rendre compte de ce qu'il a de commun arec elle ; nous chercherons la place qu'il y occupe. — D. Comment la nature se présente-elle à nous scientifiquement parlant? — R. Sous l'aspect d'une multitude innombrable d'êtres et d'objets que nous obserTons et classons d'après leurs propriétés diverses et qui forment, ainsi classés, des séries distinctes, qui se divisent et se subdivisent de mille manières. — D. Qu'est-ce qui constitue la supériorité de ces séries, les unes par rapport aux autres ? — R. Ce sont les propriétés nouvelles qui s'ajoutent à chacune d'elles, sans que les propriétés anciennes disparaissent. — D. Qu'arrive-t-il alors à mesure que nous nous élevons dans la hiérarchie? — R. Les termes de chaque série, c'est-à-dire les individus, possèdent des propriétés de plus en plus nombreuses ; ils deviennent de plus en plus complexes. — D. Comment connaitronsnous la place que l'homme occupe dans les séries naturelles? — R* Par le nombre des propriétés qu'il possédera de plus ou de moins que les individus des autres séries. — D. A quelle série rommcncerons-nous d'abord par le comparer ? — R. A la plus élt>mentaire que nous connaissions : les minéraux ou éléments chimiques. — D. L'homme leur est-il supérieur? — R. Oui, de mille manières, les minéraux ne possédant pas même la vie : l'individualité. — D. Mais les plantes possèdent la vie; elles sont organisées? — R. Oui, mais elles ne possèdent ni la sensibilité, ni le mouvement propre. — D. Les animaux, du moins, sont doués de ces facultés nouvelles? — R. Sans doute, mais 'leur intelligence est loin de celle de l'homme. — D. Quelles sont les facultés qui leur manquent ? — R. Celles d'abstraire et de construire ainsi des sciences et des philosophies ; celles de concevoir le beau esthétiqde, de créer les arts. — D. Ces facultés sont-elles l'apanage exclusif de notre race ? — R. Oui, elles n'appartiennent qu'à l'homme. — D. Y trouvons-nous, dès lors, le fondement de la morale? — R. Non, car, dans le fait, la noblesse du caractère n'est pas toujours à la hauteur du talent, et les sentiments les plus bas peuvent côtoyer le génie. — D. Les grandes facultés de l'intelligence, d'ailleurs, appartiennent-elles à tous les hommes ? — R. Non, elles n'appartiennent qu'au petit nombre, tandis que la mo-

raie doit être le lot de tous. — D. Gomment décoavrirons-nous donc le fondement de celle-ci ? — R. En étudiant l'homme dans sa propre vie, en le saisissant dans ses actes. — D. Qaand l'homme s'abandonne brutalement à ses instincts, aux dépens des autres hommes, le trouvons-nous coupable? — R. Oui, sans doute. — D. Et pourquoi? — R. Parce qu'il est libre d'y résister. — D. Cites des exemples. — D. Trouvons-nous les animaux coupables dans le même cas ? — R. Non, car ils appartiennent entièrement à l'instinct. — D. Gomment s'appelle le pouvoir qu*a l'homme de se gouverner lui-même et de s'élever à la réalisation d'un bien supérieur aux satisfactions do l'instinct? — R. La liberté. — D. Tous les honmies possèdent-ils la liberté? — R. Oui, ils la possèdent tous. — D. Qu'est-ce donc que la liberté par rapport à la morale ? — R. Elle en est le fondement. — D. Gomment savons-nous que nouss<Hnmes libres? — R. Au moyen de la conscience, qui nous permet de reconnaître expérimentalement notre liberté. — D. Tous les hommes ont-ils une conscience? — R. Oui, et ainsi Us sont tous égaux, car ils sont tons libres.

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