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CHAPITRE II

CARACTÈRE PARTICULIER DE LA LIBERTÉ MORALE OPPOSÉE A LA UBERTÉ NATURELLE

Différents sens du mot liberté, — La liberté morale et la liberté naturelle ont chacune une acception particulière. — Caractère respectif de ces deux sortes de libertés. — Satisfactions qu'elles procurent. — La liberté naturelle est la première qu) se manifeste en nous. — La liberté morale ne nait que lorsque la conscience s'éveille ; mais Téducation, en nous faisant contracter l'habitude du bien, même ayant que notre volonté y acquiesce, contribue à ce développement. -— Chaque homme disposant absolument de sa volonté morale est le créateur du bien et du mai qu'il accomplit : il est» k ce point de vue, une cause.

Nous avons terminé notre dernière leçon, mes enfants, en reconnaissant que l'homme était libre par opposition au reste du monde.

Le mot de liberté pourtant est sans cesse appliqué aux êtres et aux objets de la nature.

On dit en effet des plantes, des animaux, des objets même inanimés, qu'ils sont libres quand ils peuvent suivre leur impulsion naturelle, et qu'ils ne le sont pas

quand un obstacle les arrête ou leur impose une nou- Yelle direction.

Un oiseau par exemple est libre dans Tespace ouvert où il exerce ses ailes sans autre loi que sa propre impulsion, et il ne l'est plus dans la cage dont les barreaux limitent son essor.

Le poisson est libre dans Teau rive, et il ne Test pas dans un réservoir fermé. La plante elle-même est libre quand rien n'arrête le développement régulier de sa racine et de sa tige, et elle ne l'est plus quand l'horticulteur la force à prendre une direction à laquelle elle ne tend pas. Et, si nous descendons plus bas encore, dans les couches obscures de la géologie, nous pourrons dire que la pierre et les métaux sont libres quand, abandonnés aux lentes influences du temps, ils se combinent selon les aflBnités de leurs molécules, et qu'ils ne le sont plus quand, extraits de leur demeure profonde, ils deviennent entre nos mains des instruments de luxe ou de bien-être.

Si vous comprenex bien ma pensée, mes enfants^ citex-moi à votre tour quelques exemples de la liberté dont nous parlons.

— £douard me dit que les chevaux aont libres au désert, mais qu'ils ne le sont pas quand nous les attelons à la voiture ou à la charrue ; — Hortense, que le cerf et le chamois sont libres quand ils errent à l'aventure dans les montagnes, mais qu'ils sont esclaves dans les jardins publics où nous en faisons un objet d*étude ei de curiosité. — Les animaux domestiques; le chat, le chien, nous dSt encore Marie, ne sont pas libres dans nos habitations où ils subissent notre loi ; ils sont libres à l'état sauvage. — Tout cela est juste. — Et remarquez, mes enfants, que l'homme aussi, par tout un côté de son être, participe à la vie instinctive.

Comme les animaux, comme les plantes, il possède des besoins, des penchants, des inclinations naturelles, et on dit qu'il est libre quand il a la faculté de les satis- • faire.

Ainsi, rhomme est libre quand il peut manger à sa faim, boire à sa soif, marcher ou s*asseoir selon son besoin d'activité ou de repos, et il ne Test plus quand, en vertu des circonstances extérieures, il se trouve condamné à des privations ou contraint à des travaux qui lui répugnent.

Dans la classe, par exemple, n'y a-t-il pas des heures où le mattre dit: Vous êtes libres? — Oui, répond Hortense, c'est le moment où la récréation commence. — Et que faites-vous alors? — Vous vous envolez comme une troupe d'oiseaux, riant et chantant, et parlant à tort et à travers , et vous trouvez, je n*en doute pas, ce bruit et ce mouvement fort agréables. La discipline de la classe, l'obligation de vous tenir d'une certaine manière, d'écrire avec soin penchés sur vos pupitres, de prêter attention à la parole du professeur, de concentrer vos idées pour retenir la leçon, toutes ces choses qui demandent un effort suivi fatiguent à la longue. Nous les accomplissons dans la première jeunesse par un acte de la volonté qui se soumet à une autorité supérieure, non par un attrait de la nature ; elles gênent au contraire notre liberté instinctive, et lorsqu'on nous la rend, ne fût-ce que pour une heure, nous la retrouvons avec joie. De là ces récréations parfois bruyantes qui ne sont que l'expression de la liberté naturelle reprenant ses droits.

Il y a donc pour Thomme, comme pour le reste de la nature, une sorte de liberté qui consiste dans le pouvoir de satisfaire l'instinct, et nous y aspirons tous en tant que nous participons à la vie instinctive.

Bst-ce de cette liberté-là que nous avons entendu parler dans notre dernière leçon quand noas avons dit que les hommes étaient tous égaux parce que la conscience les déclare tous libres ) Âvoos-nous aloi^ prétendu que, tous, nous pouvions satisfiiire nos goûts, nos fantaisies, nos désirs, nos besoins, et développer dans une mesure même légitime nos facultés et nos forces ?

Vous secouez la tète, mes enfants, et vous avez raison* Au point de vue des satisfactions propres, Thomme, loin d'être libre, est le plus enchaîné de tous les êtres ; il est environné de liens,

Êtes-vous libres, mes enfants, de choisir votre tempérament, par exemple, votre forme, vos dispositions naturelles? de vous donner plus ou moins de force, de souplesse, de taille, de beauté? de déterminer la nature de votre intelligence, les qualités de votre esprit, votre facilité et votre adresse dans les œuvres d*art? Sans doute, vous pouvez agir sur vous-mêmes, vous pouvez vous développer, vous modifier, vous créer dans une certaine mesure; mais les éléments, sur lesquels vous avez à agir, vous sont donnés d'avance , sans que vous ayiez contribué en rien à en déterminer le choix. Il en est de même des circonstances extérieures au milieu desquelles votre existence se trouve confinée. Êtes-vous libres de choisir votre famille, l'esprit qui y règne, les opinions qui y prévalent? de choisir votre pays, le gouvernement auquel vous êtes subordonnés, les lois qui vous régissent? Êtes-vous libres de déterminer le point du globe et Tépoque de Thistoire oh vous prenez naissance, l'état de société, la nature de la civilisation qui vous entourent et qui pèsent sur vous do tant de sorties?

Vous secouez la tèu, nVvst ce pas ? — Non» sommes

tous, en effet, entourés de ebatues que noua n'avons pas formées.

Ces chaînes sont parfois des appuis, parfois des obstacles, mais elles sont avant tout des chaînes; elles se croisent et se recroisent autour de nous, et, indépendamment de notre volonté, nous enlacent de mille manières, si bien qu'à Tégard de nos attractions même légitimes, de nos penchants, de nos désirs, les plus heureux d'entre nous sont généralement moins libres que les plantes et les animaux dont nous parlions tout à l'heure.

Il y a pourtant un point par lequel nous échappons à la servitude. Nous sommes toujours libres de conformer notre volonté au mal ou au bien, et de travailler dans la mesure de nos forces à réaliser l'un ou l'autre. C'est cette liberté-là qu'on appelle MOBiJLE en opposition à la liberté de l'instinct qu'on appelle naturelle.

Il y a donc deux sortes de libertés bien distinctes : la liberté naturelle^ qui consiste dans le pouvoir de satisfaire nos instincts; la liberté morale^ qui se résume dans la faculté de nous déterminer nous-mêmes, par rapport au mal ou au bien.

La liberté naturelle est essentiellement relative , mesurée aux mille circonstances de notre vie extérieure. Incessamment variable, sujette à mille changements, elle ne nous donne que des joies éphémères comme elle, et nous prépare le plus souvent des déceptions bien plus vives que les joies.

J'en appelle à votre expérience, mes enfants. Quand vous avez vivement et pendant lontemps désiré quelque chose, un objet qui répond à un de vos goûts, et que vous l'obtenez, le plaisir n'est-il pas presque toujours moins vif que vous ne l'espériez ? Et remarquez surtout combien ce plaisir dure peu. Une fois Timpression

passée, une fois que vous avez usé de cette chose qui vous semblait si délicieuse à Tavance, vous n*y penses même plus* Je me rappelle dans mon enfance avoir soupiré pendant un mois pour obtenir une belle poupée, une alsacienne, qui étalait ses grâces derrière la porte vitrée d*un magasin proche de notre demeure. Mon grand-père m'en fit cadeau au jour de Tan, et« en moins de huit jours, elle avait perdu tous ses charmes : je la reléguai dans un coin avec mes vieux joujoux. Je me rappelle aussi certaine partie en bateau dont on se promettait toutes les joies possibles. A peine sommesnous embarqués, la pluie tombe à torrents ; tout est inondé, provisions et personnes; il faut revenir dans le plus piteux état et sans avoir pu atteindre le but de la course. — Les choses, il est vrai, ne se terminent pas toujours aussi mal ; je suis sûre pourtant que vous pourries trouver dans vos souvenirs des événements analogues. — Cherches bien I — Vous aves quelque chose i dire, HOrtense, nous vous écoutons. — La pre* mière grande déception d*Hortense a été son premier bal. Elle en avait rêvé plusieurs nuits; elle se représentait une féerie. En entrant dans la salle, Timpression qu'elle ressent est déjà un mécompte : tout est moins beau, moins grand» moins brillant qu'elle ne pensait^ et, à mesure que le temps passe, le mécompte augmente. Les danseurs sont rares et fort ennuyeux; Hortense reste sur sa chaise à côté des mamans, ou elle danse d'une façon guindée, sans entraînement et sans plaisir. Tout le monde autour d'elle a l'air de s'ennuyer. Enfin, rheure du départ arrive, Hortense quitte le bal sans regret, et, quand elle *se trouve seule dans sa chambre, elle ne peut s'empêcher de rire d'elle-même en se rappelant son enthousiasme passé. — Je vois, Hortense, que votre bal peut marcher de compagnie

avec ma partie de bateau. — C'est mainteaant Georges qui a quelque chose à nous dire. — L'histoire de Georges ressemble à celle de mon alsacienne, mais elle est plus significative encore. Au lieu d'une poupée, Georges souhaitait avec ardeur un cheval de bois, un beau cheval avec une queue et une crinière, un cheval qui marchait tout seul au moyen d'une mécanique trèsingénieuse. Après avoir attendu et désiré assez longtemps, Georges obtint enfin Tobjet de ses vœux. Mais, à peine a-t-il connu les joies de la possession, qu'il €st pris d'un autre désir non moins vif : celui de pénétrer le secret de la mécanique mystérieuse cachée dans le corps de l'animal ; Georges est combattu quelques jours par le respect que lui inspire son cheval; enfin il cède à la tentation. On était à la campagne ; il s'enferme dans une grange abandonnée» avec une pointe de fer, un marteau et des tenailles, et il commence l'œuvre de destruction. Son cœur bat avec violence lorsque le premier morceau tombe. U regarde avec anxiété, et il voit seulement quelques fils de fer, des rouages qu'il ne comprend pas. Il poursuit son travail; les morceaux tombent les uns après les autres ; il ne comprend pas davantage, et il ne voit toujours rien, sinon que le cheval est en pièces. C'étçiit bien la peine de l'avoir tant et si longtemps souhaité 1

Je n'ai pas l'intention, mes enfants, de vous enseigner une philosophie morose.

II est bien naturel à votre âge d*aspirer à la vie extérieure, et il y a certainement des parties de campagne qui réussissent, des soirées oii l'on s'amuse, et des objets attrayants qui nous donnent un agrément plus durable que la poupée et le cheval dont nous avons entendu l'histoire. Je ne vous propose nullement de vivre à la façon des anachorètes et de vous priver de

tout; je voudrais seulement arriver à vous faire apprécier avec exactitude la valeur de chaque chose, afin que vous ne vous mépreniez pas sur les moyens du bonheur. Or, il résulte jusqu'à présent, de notre expérience respective* que la liberté de satisfaire nos désirs est un privilège rare et incertain. Alors même que nous la possédons, elle nous donne moins de joie que nous n'en espérions , et ces joies s'épuisent vite, bien que la faculté de désirer ne s'épuise pas.

La liberté morale, bien différente de la liberté naturelle, est absolue en ce sens qu'elle ne dépend pas des circonstances extérieures; elle ne dépend que de nous; elle est donc constante par rapport à nous et partout la même- Quelles que soient les conditions qui nous entourent, les forces mêmes qui nous oppriment, nous pouvons toujours disposer de notre volonté; c'est pourquoi nous disons que la liberté nous fait souverains. On peut, il est vrai, nous imposer des règles extérieures et exercer contre nous des violences, mais ni les unes ni les autres n'attaquent la conscience. Le bien et le mal imposés ne sont pas le bien et le mal moraux; ils ne sauraient prendre ce caractère que par notre volontaire acceptation.

Voici une classe : elle a sa discipline et sa hiérarchie. Dans un sens, vous n'êtes pas libres de me désobéir, car mon autorité pèse sur vous. Au nom de cette autorité, je puis vous forcer à m'écrire, par exemple, un devoir de grammaire ; mais je ne puis vous forcer ni à vouloir qu'il soit bon, ni à faire pour cela les efforts nécessaires d'attention et d'intelligence. Si donc vous êtes un mauvais élève, alors même que vous paraîtrez m'obéir, vous pourrez toujours me résister; et si vous êtes un bon élève, en paraissant m'obéir, vous n'obéirez

qu'à vous-même, car vous accomplirez un acte intérieur auquel aucun maître ne saurait vous contraindre.

Si on ne peut pas imposer le bien, on ne peut pas non plus imposer le mal.

Admettez qu'en sortant d'ici vous rencontriez dans la rue un être brutal qui s'empare de votre main et s'en serve pour frapper un de vos camarades, du moment que, par votre volonté, vous êtes resté étrangers à l'acte vous n'en êtes pas coupables, car la pression extérieure ne saurait porter sur la conscience.

Me comprenez- vous bien, mes enfants? — Oui dites-vous. — Dans ce cas, citez-moi à votre tour quelques exemples qui appuient mes paroles.

Voyons, vous vivez, n'est-ce pas, dans votre famille et sous l'autorité de vos parents ? Eh bien, dans cette situation subordonnée, ne vous sentez-vous pas seuls maîtres du bien et du mal que vous accomplissez? — Louise ne comprend pas très-bien la liberté dont nous parlons; elle pense qu'on remplit beaucoup de devoirs malgré soi. Ainsi, elle se lève tous les matins à six heures. Sa mère l'exige, et elle obéit. Mais si elle était libre, elle ne se lèverait qu'à sept; ce serait assez tôt pour ses leçons, et Louise ne voit pas de nécessité à ce que sa chambre, tous les matins, soit mise en ordre. Elle n'accomplit donc ce devoir que contrainte et forcée.

L'exemple que vous donnez, Louise, rentre tout à fait dans notre théorie. — Ne vous disais-je pas. tout à l'heure, qu^ne maîtresse dans une classe pouvait vous forcer à faire certain travail, mais ne pouvait pas vous forcer à vouloir que ce travail fût bon ? — Il en est de même de votre mère, dont le commandement atteint vos actes, mais non votre volonté. 'Aussi, vous protestez même eu obéissant, et vous protestez tout haut et

jusque devant nous. Votre volonté vous appartient donc à vous seule; elle est insaisissable et incompressible, et si, dans ce cas particulier, vous avez le mérite de l'obéissance filiale, vous n*avez pas celui de sacrifier librement votre disposition à dormir à un bien d'un ordre supérieur, que votre mère a conçu pour vous. — Louise continue à secouer la tète, je Tentends dire à demi-voix qu'elle n'aspire pas à ce mérite. — > C'est possible. Remarquez, Louise, que je ne discute pas vos raisons; je constate seulement votre liberté, et il me semble qu'avec un tel pencbant à l'indépendance vous devez vous-même prendre plaisir à la reconnaître.

— Qu'en pensent vos compagnes ? — Je voudrais connaître l'opinion de Charlotte qui semble avoir quelque chose à dire.

Charlotte reconnaît que, pendant longtemps, il lui en a beaucoup coûté aussi de se lever de bonne heure; elle le fiiisait alors, comme Louise, par obéissance, tout en se répétant qu'un jour viendrait où elle ne le ferait plus. Maintenant Charlotte en a pris l'habitude. Elle se lève très-aisément, et elle reconnatt combien cette habitude est excellente. On travaille mieux le matin; le temps se décuple en quelque sorte, et cette victoire remportée sur la nonchalance double toutes nos forces.

— Tout cela est juste, et j'espère qu'un jour, mes enfiints, vous partagerez tous l'opinion de Charlotte.

Si maintenant nous analysons les exemples cités, nous reconnaîtrons que la liberté naturelle s'y trouve aux prises avec la liberté morale.

La liberté naturelle c'est le pouvoir de dormir aussi longtemps que nous y sommes enclins.

La liberté morale, c'est la faculté de sacrifier la satisfaction du sommeil à un bien que nous avons conçu comme supérieur à cette salisfiiction.

Or, il est important de remarquer dans quel ordre la liberté naturelle et la liberté morale se manifestent dans Texistence.

Ifous commençons tous par la vie instinctive.

Le petit enfant, au sein de sa nourrice, ne connaît pas, ne peut pas connaître la liberté morale, mais il connaît très-bien la liberté naturelle, et vous savez de quelle façon bruyante il proteste quand on la lui enlève. Suivez-le pendant ses premières années. Il restera sous l'empire exclusif de l'instinct, et l'éducation commence à lui imposer des règles morales avant que sa conscience paisse les accepter.

C'est ainsi que nos mères nous ont obligés tout petits i faire la part des autres, alors que nous prétendions tout rapporter à notre personne. Elles nous ont accoutumés aussi, contrairement aux caprices de l'instinct, à un certain ordre, une certaine régularité dans l'existence; elles ont exigé de nous de l'attention, des soins, puis un travail suivi. Voici, par exemple, que vous avez été contraints de vous lever à six heures quand il vous paraissait beaucoup plus agréable de vous lever à sept. D'abord vous cédez sous l'empire d'une autorité qui vous domine, tout en trouvant le commandement dur, voire même un peu injuste, et en prenant plaisir à murmurer. Peu à peu, cependant, la raison mûrit, la conscience s'éveille, et l'habitude du bien qu'on vous fait contracter contribue à ce développement. Vous apercevez alors le but supérieur qu'on avait vainement essayé de vous faire voir; vous en reconnaissez la valeur et vous lui faites volontairement le sacrifice de votre inclination naturelle. Alors seulement vos actes prennent un caractère moral.

C'est ce qui est arrivé à Charlotte, c'est ce qui arrivera bientôt à Louise, quoiqu'elle continue à secoue . la

tête comme une personne bien décidée à repousser toute conciliation. Ne craignez rien, Louise, je ne vous ferai pas de sermon. L'expérience est le meilleur des maîtres, bien qu'elle soit quelquefois le plus rude. C'est elle qui a convaincu Charlotte, c'est elle qui vous convaincra.

Pour en revenir, mes enfants, à notre point de départ, nous dirons donc que notre volonté nous appartient à nous seuls, que nous sommes les créateurs de nos actes moraux, que nous sommes, en un mot, des causes.

Dans notre prochaine leçon, nous reprendrons cette idée, et nous nous rendrons bien exactement compte des divers sens attachés au mot cause.

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