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LES PARENTS

lui parie de fées, de sorciers, de revenants, de (oiipsgarous, de croquemitaines; on lui apprend à craindre le nombre treize, le vendredi, les couteaux mis en croix, et mille niaiseries analogues. Le devoir des parents est de combattre ces superstitions indignes d'une personne .de notre temps. Il faut enseigner h l'enfant que l'Univers est une immense machine admirablement réglée, par raison et par mesure, oîi rien ne se produit que suivant des lois fixes, certaines, que ta science a pour but de découvrir. On peut ajouter que cet ordre prodigieux de toutes choses ne s'explique pas par lui-même, et que, de même que toute horloge suppose un' horloger, le monde révèle un Dieu qui l'a organisé et qui le dirige.

On lui inspirera surtout l'admiration et le respect de tous les efforts que tentent les savants pour lever un coin du voile qui cache le secret de la vie universelle : la physique, qui étudie les forces de la nature (pesanteur , chaleur, électricite, lumière , etc.); la chimie, qui recherche les lois des' combinaisons des différents corps naturels (métaux, gaz, minéraux, sels, ete.); l'histoire naturelle, qui recueille et classe tous les êtres vivants d'après leur structure et leur organisation (plantes, animaux, hommes); et, dans uo autre domaine, les mathématiques, qui servent à compter et à mesurer tous les corps dont se compose le monde oii nous nous trouvons placés ; l'histoire, qui nous fait connaître les origines et le passé de notre pays et des autres pays, les gloires et les malheurs de notre nation ; l'économie politique, qui nous enseigne à profiter pour le mieux des richesses que la nature met à notre disposition ; l'instructioncivique, qui nous

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apprend à devenir de bonscitoyens, sachant quels sont leurs droits et leurs devoirs dans l'État où ils sont appelés à vivre. Tout cela doit être présenté à l'enfant, qui en prendra une connaissance plus ou moins complète, selon que ses facultés naturelles ou sa position sociale lui laisseront le moyen de pousser plus ou moins avant ses études.

Mais là ce ne sont plus les parents qui se chargent

de l'instruire : ils confient ce soin au maître que l'État

leur offre, et qui, par ses études spéciales, par son

^ application de tous les instants, se trouve plus capable

que le père de diriger ce jeune esprit.

Le père ne peut refuser dé faire jouir son enfant du bienfait que la Patrie met à la disposition de tous. Sans doute, il préférerait quelquefois garder son fils auprès de lui, comme la mère préférerait ne pas se séparer de sa fille : le fils aiderait le père dans sa besogne journalière, la fille soulagerait la mère qui est chargée de tous les soins du ménage. Hais tous deux doivent considérer qu'ils n'ont pas le droit d'enlever à l'enfant le bénéfice inestimable d'une solide instnictioii. Quel père se résignera à avoir un fils incapable de lire et d'écrire, et destiné par là même à traîner une existence misérable, à travers les moquelies et les tromperies de tous ceux qui seront disposés à abuser de son ignorance?

L'étroit égoïsme consisterait à garder son fils près de soi, pour le faire travailler dès qu'il le peut, ou à le mettre en apprentissage pour qu'il soit en état de gagner sa vie te plus tôt possible; mais le véritable Intérêt de la famille n'est pas là : il consiste à donner à l'enfant une sérieuse instruction qui lui permette

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d« mieux s'acquitter de son métier et de se tenir au courant des progrès qui se produisent dans tous les ordres de travaux et d'industries.

Tdnez, j'ai connu deux cultivateurs, qui étaient mes voisins de campagne; chacun d'eux avait un fils, et ni l'un ni l'autre n'avait j'grande fortune pour l'élever. L'un, Benoit, se hâta de retirer son fils de l'école (c'était le temps où l'instruction n'était point encore (Aligatoire), et, avant d'attendre qu'il sût seulement lire et écrire correctement, l'emmena aux champs atec lui. Le gars désapprit hien vite ce qu'il savait, et, coihme il était incapable d'employer ses loisirs à quelque chose d'utile, il prit l'habitude de passer ses dimanches au cabaret, h jouer et à boire avec les camarades.Vintla conscription, qui l'enleva a son pays pendant cinq ans. Ignorant comme il l'était et déshabitué du travail intellectuel, il fut souvent puni et sortit simple soldat du régiment. Son père était mort dans l'intervalle, sa mère se trouvait sans ressources. Il fallut aller en journées chez les autres. .4^ucune iille du village ne voulut l'épouser. Maintenant c'est un vieux garçon fatigué et triste qui regrette bien de n'avoir pas profité de l'école. Je viens de lui persuader de suivre le soir le cours d'adultes que fait l'instituteur, n a compris le prix de l'instruction, je suis sûr qu'il fera tous ses efforts pour rattraper le temps perdu.

L'autre cultivateur, Lefranc, agit tout autrement. 11 laissa son Jils à l'école jusqu'à quatorze ans, et lorsque le jeune homme fut appelé sous les drapeaux, il savait tout ce, qu'on est en droit d'esîgei- d'un conscrit intelligent. .4ussi, après la terrible bataille do

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Coulmiers, pendant la dernière guerre, put-on faire de lui un sous-officier. Il aimait le régiment et y resta la paix faite. U fallut bien continuer à travailler pour se maintenir à la hauteur de son grade. Envoyé en Tunisie et blessé au bras gauche, il fut décoré et revint au foyer, avec une petite retraite. Tout près de chez lui, à la ville, un gros marchand de draps cherchait un caissier honnête et habile ; il prit le fils Lefranc, qui se maria alors, et qui vit heureux et tranquille, à deux pas de ses bons parents qu'il va souvent revoir et qui viendront s'établir auprès de lui quand ils seront trop vieux pour remuer la terre- N'est-ce pas là une bonne preuve des bienfait de l'instruction?

Mais ce n'est pas seulement l'esprit de l'enfant que les parents doivent s'appliquer à cultiver et à entretenir, c'est aussi et principalement leur caractère et leur cœur: surveiller et développercnlui les bons instincts, combattre les mauvais, régler ses habitudes et lui inspirer avant tout le respect de sa personne et de celle d'autrui; voilà quel doit être leur soin de tous les jours,-et c'est le but de l'éducation monde. Le pire châtiment des parents négligents est d'avoir des enfants mal élevés et méchants; la meilleure récompense des parents vigilants est de voir leurs enfants grandir dans l'honnêteté et la vertu.

Ce n'est pas seulement aux conseils qu'il faut recourir, dans cette tâche pénible et délicate de l'éducation : c'est surtout à l'exemple, qui est la tneilleure de toutes les leçons. En voyant ceux qui l'entourent aimer et pratiquer le bien, l'enfant l'aimera et le pratiquera à son tour.

On raconte qu'à la fin du siècle dernier vivait, en

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Sicile, un ancien chef de partisans, à moitié brigand, qui s'était acquis, à force de pillages et de rapines, une immense fortune dont il jouissait en paix dans son domaine inaccessible de la montagne. Devenu vieux, Pietro Mica s'était réconcilié avec la religion et désirait mourir eh honnête homme. Mais un souci troublait son bonheur : il avait un fils unique sur lequel il reportait toute sa tendresse et qui trompait ses espérances, car c'était bien le pire garnement qu'on pût voir. '

Un jour qu'un malheureux paysan s'était égaré dans la montagne et avait tué quelque gibier appartenant au seigneur Pietro, celui-ci s'avisa de le retenir prisonnier pour le punir de son audace. Le lendemain, un jeune hoinme se présenta, demandant en grâce à parler au chef. « Je suis le fils de celui que vous avez saisi hier, dit-il simplement; mbn père est vieux et incapable de supporter le traitement que vous lui faites subir. Prenez-moi à sa place, je suis plus vigoureux que lui, et si vous me gardez en otage, je vous servirai mieux ! »

L'ancien brigand ne put s'empêcher de faire un retour sur lui-même : son fils, à lui, envers qui il avait usé toujours de tant de bonté et même de faiblesse, avait, quelques jours auparavant, tenté de le faire assassiner! « Mais comment as-tu donc fait pour avoir un bon fils? » s'écria-t-il en s'adressant au paysan. « J'ai été bon moi-même, » répondit l'autre.

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SOMMAIRE

Les soins que les parents doivent donner non plus au corps de l'enfant, mais à son cœur, s'appellent l'éducation.

L'éducation intellectuelle commence dans la famille, où l'on met l'esprit de l'enfant à l'abri des préjugés et des superstitions ; elle se continue à l'école, où on lui apprend les éléments des sciences et des lettres.

L'éducation morale a pour but de donner à l'enfant l'habitude du bien : elle s'exerce surtout par l'exemple.

EXERCICES

N'y a-t'll pas de familles d'animaux, cornrae il y a des familles humaines? — Quelle difTérence existe-t-il entre les unea et les autres''

— Montrer conuuent une famille d'au le père a disparu est jncomplèle.

— Mêoie chose pour une famille où les enfants sont privés de leur raère. — Qu'est-ce qu'un préjugé, une superstition? — Citei des exemples- — Pourquoi les parents ne peuvent-ils pas se refuser â faire doDiier de l'inslruction à leurs enfants? — Nontrez quelle est l'influence des exemples que reçoit l'enfanl, pour sa conduite morale i

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