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blâme et les méprise, et s'ils viennent à perdre la position qui les rendait si orgueilleux, chacun applaudit, tant ils s'en étaient montrés indignes.
Qu'y a-t-il de plus beau, au contraire, qu'un homme distingué par son travail et ses talents, qui revient à la pauvre chaumière d'où il est sorti, pour rapporter à ses parents tout l'honneur du rang qu'il a conquis? Je vous ai dit l'histoire d'Abraham Lincoln, ce fils de bûcheron devenu président de la République des États-Unis d'Amérique : jamais il ne renia ses parents, celui-là! jamais il ne les oublia! il se fit toujours gloire de se proclamer leur fils et de les honorer tant qu'ils vécurent. Après leur mort, il ne parlait qu'avec des larmes de tout ce qu'il leur devait.
Sans doute, si par malheur les parents n'étaient ni vertueux ni honnêtes, s'ils commahdaient à leur fils de se rendre coupable d'actions mauvaises, de mentir, de voler, de tromper les autres, le fils aurait le devoir de ne pas obéir. Mais alors encore ce devoir n'irait pas jusqu'à les mépriser ni les condamner. Il s'éloignerait d'eux, la tristesse au cœur, en attendant de les voir revenir au bien.
D'ailleurs pourquoi songer à cela? De tels exemples sont si rares! Souvent la vue de leur enfant a sufli pour empêcher les parents de commettre une mauvaise action ! Quel supplice pour eux de rougir devant lui ! Et puis l'enfant n'a pas à juger sort père ni sa mère : il sait ce qu'ils sont pour lui, et c'est assez.
...Goôylc
LES EîiFANTS.
SOMMAIRE
L'obéissance aux parents doit être, chez les enfants, accompagnée de respect.
Le respect est le sentiment qu'inspire à l'âme bien née tout ce qui est bon, généreux, beau, sublime.
La supériorité de la position et de l'instruction ne suffît jamais à dispenser les enfants du respect filial.
18« Xd rdconnalwaiMi» •( l'amoar pour Im panati.
Quand le voisin t'appelle au passage et te fait entrer dans son verger pour te donner des fruits, tu le remercies, n'est-ce pas, mon enfant? Et s'il prend l'habitude de le combler ainsi de friandises, de bonbons, — lorsqu'il n'y a pas de fruits, — de jouets et de cadeaus, tu lui es refwnnattmutt, c'est-à-dire que tu !ê considères comme ayant le droit d'exiger de toi quelque chose en retour^ des égards et du respect d'abord, et ensuite quelque petit service au besoin, comme dé faire une commission pour lui, ou d'empêcher tes camarades de jeter des pierres dans ies arbres qui bordent son jardin. Si lu lui refusais cette espèce de remerciement en action, tu passerais pour un petit ingrat.
Or, l'ingratitude est un très vilain défaut ; c'est même une grosse injustice. Car celui qui fait du bien à un autre devient par là même supérieur à cet autre, qui contracte une espèce de dette envers lui. Prenons un exemple : Pierre est commerçant; ses affaires ont
mal marché pendant l'année -, il a de grosses sommes à payer à la fin du mois. Si l'on ne vient pas à son aide, il va Être mis en faillite. Jacques, son ami, lui prête mille francs qui le tirent hors du danger.
Eh bien, Pierre doit d'abord rendre à Jacques les mille francs en question, maiscela ne suffit pas. Il doit de plus, en cas de besoin, être tout prêt, dans la limite du possible, à rendre à son voisin le service qu'il en a reçu, en lui prêtant à son tour ce qui peut venir à lui manquer. Autrement, il est aussi coupable, selon le cœur et devant la loi morale, qu'il le serait devant la loi civile s'il refusait de restituer une somme qu'on lui aurait prêtée. En ne rendant pas les mille francs, il agit comme un voleur; en ne rendant pas générosité pour générosité, il agit comme un ingrat. C'est presque la même chose, car l'ingratitude est une espèce de vol.
Avez-vous remarqué que le mot dont on se sert dans ce cas constate l'espèce de devoir qu'un bienfait reçu impose à celui qui en profite? On dit : a Pierre est l'obligé de Jacques. » Cela veut dire : 11 est obligé de lui témoigner (a même bonté; ii a ie devoir d'être pour l'autre ce que l'autre a été pour lui.
La reconnaissance n'est pas autre chose que le sentiment de ce devoir, et la volonté de s'acquitter le mieux et te plus souvent possible de l'obligation que nous crée le bien qu'on nous a fait.
Or, mes enfants, à ce compte, quelles sont -les personnes les plus dignes de voire reconnaissance ? Vous n'hésitez point, n'est-ce pas? ce sont vos parents dont les bienfaits ont commencé au jour de votre naissance et ne cessent même pas au jour de leur mort,
car ils vous laissent en héritage le finit de leurs économies, le produit du travail de toute leur vie dont vous jouirez sans avoir eu aucune peine à l'acquérir ; vos parents, dont nous avons énuméré déjà les soins matériels, intellectuels, moraux; vos parents, qui ne vous ont pas seulement nourris, habillés, entretenus, mais qui vous ont fait instruire, qui vous ont appris à pratiquer la vertu et à fuir le vice.
Votre reconnaissance pour eux doit être sans bornes, comme a été leur bonté. Quelques torts qu'ils puissent un jour avoir envers vous, vous ne devez pas vous y arrêter: qu'est-ce qu'une parole vive, un excès de sévérité ou d'exigence auprès de tant de bienfaits!
Un enfant ingrat est ce qu'il y a de plus laid au monde: qu'est-ce que ia patrie, qu'esl-ce que la société peuvent attendre de celui qui ne sait pas reconnaître ce qu'il doit à ses parents? comment serait-il bon envers qui que ce soit, celui-là, s'il n'est même pas juste envers la mère qui l'a bercé sur ses genoux et le père qui a travaillé pour l'élever?
Du reste ce n'est pas par un simple sentiment de justice que nous devons obéir lorsque nous témoignons à nos parents les égards auxquels ils ont droit ; il ne faut pas que ce soit seulement parce que nous avons contracté envers eux une dette, que nous nous montrons respectueux et empressés auprès d'eux ; il ne suffit pas de vouloir leur rendre, dans la mesure de nos forces, le bien qu'ils nous ont fait jadis. Il y aurait là l'apparence d'une sorte d'échange, ou plutât de payement qui ne conviendrait nullement à l'idée de la piété filiale. L'obéissance, le l'espect et la reconnais-