U FAMILLE
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal. » Et ckacun d'eux riant {l'enfant rit quand il tue) Se mit à le piquer d'une branche pointue...
....Et le sang, sang affreux, de toute part coulait Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid! ....Le crapaud se traînait tout sanglant dans la boue. Et les enfants, avec leprintemps sur la joue, Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis. Tous parlaient à la fois, et les grands aux petits Criaient : « Viens voir ! Dis donc, Adolphe, dis donc, [Pierre, Allons, pour l'achever, prendre une grosse pierre. » ...Vunpartit et revint apportant un pavé Pesant, mais pour le mal aisément soulevé.
Et dit : ï Nous allons voir comment cela va faire ! » Or, à ce moment-là, juste à ce point de terre, Le hasard amenait un chariot très lourd, Traîné par un vieux âne éclopé, inaigre et sourd. . Cet âne harassé, boiteux et lamentable, Après uiijour de marche approchait de l'étable. Il roulait la charrette et portait un panier. Chaque pas qu'il faisait semblait l'avantrdemier. Cette bêle marchait, battue, exténuée, Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée; C'était comme un lugubre et rauque arrachement, El l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant, La route descendait, et poussait la bourrique.
Les enfants, entendant celte roue et ce pas, Se tournèi-ent, bruyants, et virent la charrette: n JVe mets pas le pavé sur le crapaud, arrête ! Prièrent-ils : vois-tu, la voiture descend, , -
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Et va passer dessus, c'est bien plus amusant !... » Tous regardaient. — Soudain avançant dans Cornière Où le monstre attendait sa torture dernière, L'âne vit le crapaud, et ti'iste, — hélas ! penché Sur un plus triste encor, — rompu, morne écorcké. Il sembla le flairer avec sa tête basse.
Ce forçat, ce damné, ce patient fit grâce. .
U rassembla sa force éteinte, et, raidissant Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang, Résistant à l'ânier qui lui criait : « Avance », Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence.
Avec sa lassitude acceptant le combat.
Tirant le chariot et soulevant le bât. Hagard, il détourna la roue inexorable.
Laissant derrière lui vivre ce misérable !
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin. Alors, lâchant ta pierre échappée à sa main.
Un des enfants, celui qui conte cette histoire. Sous la voûte infinie, à la fois bleue et noire, Entendit une voix qui lui disait : « Sois bon ! >
SOMMAIRE
La maison comprend encore, à un degré inférieur, les animaux, envers qui nous avons des devoirs.
Les animaux domestiques, utilisés pour le travail et pour la nourriture de l'homme, ne doivent jamais être maltraités. La Loi les défend contre les brutalités.
Les animaux restés libres, môme ceux qui ne sont point utiles, doivent 6tre également respectés et épar-^ gués, h moins de nécessité évidente. ,
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Voilà donc tous les membres de la famille passés en revue, ainsi que tous les devoirs qui s'établissent entre eux. Aux père et mère, aux enfants et aux serviteurs, h tous ceux avec qui l'enfant est mis en rapport à la maison ou à l'école, il faudrait joindre encore les parents plus éloignés, sans lesquels la famille n'est pas complète : le crand-père et la crand'mère, envers qui l'enfant doit garder les mêmes sentiments de respect obéissant, d'affectueuse reconnaissance qu'envers ceux qui lui ont donné directement la vie, avec une tendresse plus caressante encore, une vénération plus attendrie pour leur âge et leur faiblesse; l'onole et la tonte, qui sont pour lui un autre père et une autre mère, — comme les tmiiBlas, les cousines, les beaux-frAres, les belles-sœurs, sont d'autres frères et d'autres sœurs.
Le plus souvent, c'est le nom qui sert de signe extérieur à cette union de tous les membres d'une même famille. Le respect du nom est un des sentunents les plus naturels à l'homme, un de ceux qui l'aident (e plus à rester dans la voie de l'honneur et de la probité. Que de pères ont été protégés contre la tentation d'une faute par la pensée qu'ils allaient déshonorei' le nom dont leurs enfants devaient hériter et par là ces enfants eux-mêmes ! Que de fils ont été retenus dans le droit chemin par le souvenir du nom respecté qu'ils partagent avec leur père et avec leurs frères, et qu'ils n'ont pas droit de souiller, puisqu'il ne leur