‹ Cours de morale ... cours supérieurChapitre 30 sur 44 · LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ

B J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux....

J'ai des jambes, et vous des yeux.

Moi, je vais vous porter; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront oit voudrez. ' Ainsi sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi. Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. »

Et voici la morale de cette fable qu'on vous a fuît apprendre à l'école :

Aidons-nous mutuellement, charge des malheurs en sera plus légère; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. »

FlOBIAfl.

C'est pour cette raison que les patrons doivent désirer voir heureux et contents les ouvriers qui travaillent dans leur atelier ou leur usine. Dans les pays industriels, le propriétaire d'une fabnque fait souvent construire de petites maisons qu'il loue à ses ouvriers pour une très petite somme, afin d'aider à leur bienêtre; il leur donne des instruments de travail, leur procure le moyen de s'instruire en ouvrant des écolcb à leur usage. Le plus souvent, c'est par bonté qu'il le fait, mais la solidarité sultirait à lui en faire une obli gation. En revanche, les ouvriers ont l'avantage à ce que l'atelier ou l'usine où ils sont employés prospère, et ils doivent en tout cas servir les intérêts du patron.

La reconnaissance mutuelle des services que la solidarité permet aux hommes de se rendre les uns les autres, développe dans leur cœur un sentiment moins utilitaire et plus doux, (a finttemlté.

En voyant souffrir les autres, en se souvenant de ce qu'il doit lui-môme à ceux qui l'ont soulagé quand il souiTrait, tout individu bien né sent qu'il est un enfant de la grande famille humaine et que ses frères ont droit à sa bienveillance et à son dévouement.

De là naissent d'autres relations entre les particuliers et d'autres institutions sociales. On ne songe plus seulement à faire du bien à ceux qui peuvent nous en rendre, à secourir les autres dans la pensée qu'on pourra un jour avoir besoin soi-même d'être secouru : on fait le bien uniquement pour le faire, sans espoir de retour ni de réciprocité; on secourt des personnes qui ne peuvent être d'aucune utilité à la société, des infirmes, des mourants, des fous, des aveugles. C'est la fraternité qui a élevé, dans le monde civilisé, partout où le besoin s'en est fait sentir, ces milliers d']i6pit»nx où les malades sont reçus et traités avec respect et douceur. C'est la fraternité qui a suggéré à des. hommes de bien l'idée de fonder des asiles où les orphelins et les enfants abandonnés sont recueillis et élevés avec soin, jusqu'au jour où ils peuvent gagner leur vie et se rendre utiles à la société qui les a adoptés.

La fraternité, qui n'est autre chose que la charité commune, lient une si grande place dans les préoccupations de la société, que la Révolution française, résumant en trois mots tous les droits et les devoirs de l'homme et du citoyen, y a fait entrer son nom. et

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