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QU'EST-CE QUE 1,A PATRIEÎ

— C'était injuste pourtant, puisque le hameau dont nous parlons a près de trois cents habitants. Aujourd'hui, grâce à la générosité de la patrie et du gouvernement qui la représente, ce hameau a une école particulière. Voilà donc tous les enfants de la commune mis en état de s'instruire, de devenir des citoyens intelligents et éclairés.

La patrie ne borne pas ses bienfaits à l'enseignement primaire': un grand nombre de collèges, tous les lycées, toutes les facultés (c'est-à-dire les établissements où l'on donne l'instruction nécessaire pour devenir médecin, avocat, ingénieur, professeur, etc.), sont entretenus par l'État. Les établissements scientifiques, les observatoires, les musées, sont payés et entretenus par lui. Enfin, tout ce qui sert à instruire la population, tout ce qui peut aider au^rogrès humain, à la gloire pacifique des lettres, des sciences et des arts, tout cela, nous le devons à la patrie.

— Et les avantages moraux que la société nous procure, je suis bien sûr que c'est la patrie qui nous les vaut.

— Tu ne te trompes point ; lorsque je t'ai expliqué comment la justice et la charité, au lieu de rester des vertus particulières à tel individu, deviennent des intitutions communes, c'est de la patrie que je parlais.

Pour que ces règles de justice soient cl^oses certaines, fixes et pratiques, il faut qu'elles aient été convenues et posées par les habitants d'une même contrée, animés des mêmes sentiminls et obéissant

1. Voir le détail de l'organisation de l'enseigoement ëd France dans te Court tapérieur d'hUruetion civique, du in£me auteur, paragi'apbes SI ei 22.

108 LA PATfUE.

aux m ,mes idées. C'est donc à la patrie que la justice doit de pouvoir fitpe reconnue et observée.

La charité également. Les membres de la société humaine sont trop dispersés, trop inconnus les uns aux autres pour pouvoir se secourir entre eux. C'est la patrie qui construit les hospices, les asiles, où sont recueillis les malades et les orphelins.

Sans elle, tu le vois, l'homme isolé ne pourrait pas faire observer les règles de justice et de charité.

— Âh! je comprends bien maintenant qu'il faille aimer la patrie, et je l'aimerai toute ma vie, et de toutes mes forces !

SOMMAIRE

La patrie n'est pas seulement une famille, c'est une société, dont la nécessité et les bienfaits peuvent être directement démontrés.

D'abord la Société humaine n'est guère réalisable que sous la forme de la patrie, qui rapproche les hommes et leur permet de s'entendre pour profiter des avantages matériels, intellectuels et moraux que procure l'association.

36" Ii8 patiiotisms.

— La patrie est une famille et une société : nous devons donc avoir pour elle les mêmes sentiments que pour notre famille et pour l'humanité. Sais-tu par quel mot on désigne tous ces sentiments, quand ils s'appliquent à la patrie?

— Le patri<iUBme.

— C'est cela. Et que commande le patriotisme?

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