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U LIBERTÉ

libre, et que toutes les influences dont on parle ne la détruisent pas.

Mais on a encore trouvé d'autres raisons pour soutenir que cette liberté, dont nous sommes si fiers, quoique nous appartenant bien en principe, nous échappe pourtant dans la plupart des cas particuliers de la vie. Ce serait comme un domaine dont nous aurions la propriété mais non la jouissance, parce que nous y laisserions toujours entrer des gens qui nous empê- ■ cheraient de profiter de nos droits, les uns parce que nous leur aurions donné des hypothèques, les autres parce que nous leur aurions abandonné la récolte.

Voici comment on s'y prend pour soutenir cette idée-là. On dit que toute notre vie est un tissu d'habitudes : habitude de se lever, de se coucher, et de manger à telle heure; habitude de remplir teilc ou telle profession, de suivre les conseils de telle ou telle personne, d'agir d'après telles ou telles règles, de penser d'après les opinions qu'on nous a données ou qu'on garde .autour de nous, habitudes partout, habitudes toujours. Or, l'habitude est l'ennemie de la liberté : voyez celui qui s'est accoutumé à abuser du tabac, ou de la boiss«n, il ne peut plus s'en passer; il en est de même dans tous les cas.

L'homme laisse des lambeaux de sa liberté à tous ces obstacles comme le mouton laisse sa taine aux ronces qu'il traverse. Si bien qud, entré libre dans la vie, une fois qu'il est formé et qu'il a pris tontes ses habitudes, il ne lui reste plus aucune indépendance. H est esclave aujourd'hui de tout ce qu'il a fait hier; il est semblable à une machine, qui se serait peu à peu réglée et qui ne pourrait plus produire d'autres

mouvements que ceux qu'elle accomplit d'ordinaire.

Eh bien, que réponds-tu à cela?

— ■ Qu'on est maître dé prendre les habitudes qu'on veut, et qu'en somme on n'est jamais attaché que par les liens qu'on s'est faits à soi-môme.

Mais, même dans ce cas-là, je ne crois pas qu'on puisse jamais perdre tout à fait sa liberté. Est-ce qu'on ne voit pas des ivrognes renoncer au vin, des fumeurs au tabac, des hommes vicieux et criminels se repentir et devenir bons? Moi j'ai l'habitude d'aller jouer tous les soirs; mais, les jours où j'ai trop de devoirs à faire, je m'en prive; et, si je rentre, ce n'est pas parce que j'y suis forcé, car mes parents ne savent même pas combien j'ai à travailler; c'est parce que je le veux; et je ' suis bien sûr que c'est pour cela seulement, puisque je le sens, et puisque je sens en même temps que je pourrais vouloir autre chose.

— Tu as raison, mon enfant. Ce sentiment que tu as de ta liberté vaut mieux que tous les raisonnements. ■ Cest la meilleure preuve que l'homme puisse donner de son indépendance.

Borne-toi à répondre ceci à quiconque te soutiendra que l'homme est soumis à la fatalité, comme le reste de la nature : « Je suis libre, parce que je sens que je le suis, et que, à supposer môme que je cède, en agissant, à une force cachée, cette contrainte, en tout cas, ne pèse pas sur ma volonté, qui n'en a pas connaissance, ni par conséquent sur mon véritable moi qui ne fait qu'un avec ma vo-. lonté. »

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SOMMAIRE

La volonté humaine est libre. Ni les desseins de Dieu, considérés comme une sorte de destin fatal, ni les dispositions naturelles du tempérament, ni l'entraînement des habitudes, ne suffisent à rendre impossible notre liberté. Elle nous est prouvée par le sentiment que nous en avons.

EXERCICES

Donnez quelques eiemfdea de lois naturelles, fsUles el immuables.

— Qu'eal-ce que le hasarîlî — Qu'est-ce que la science? — La science admet-elle que le hasard ait une place dans la marche générale des choses? — Quelle idée tous faites-ïous de l'ordre du monde T — Peut-on croire A la science, ai oo ne croit pas A l'ordre du monde? — Pourquoi ne croyez-vous pas que lea plnntes et les gnimaui soient libres?

— Qu'est-ce qu'avoir une âme? — E«pliquei la différence qui existe entre une pei'sonne et une chose. — Jusqu'à quel point peut-on dire que le tempérament ïnQue sur le caractère et la volonté? — Qu'est-ce que l'tiabitudeî

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