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CHAPITRE ni — LE BIEN

7" La dignité btimaliM.

Nous avons employé plusieurs fois déjà les mots bien et mal sans les définir; nons le pouvions : la conscience nous fait très clairement entendre ce qu'ils signifient. Quand on dit : « tromper son ami est mal; secourir un pauvre est bien, » tout le monde comprend sans peine la distinction qu'on établit par là.

Il faut pourtant s'expliquer avec plus de précision, et montrer ee qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise, ee que la loi morale nous commande et nous défend, sous le couvert de ces deux termes.

Admettons d'abord que le mal ne peut se définir en lui-même : quand on a affirmé que c'est le refus d'obéir à la conscience, le désordre, la violation de la loi, on n'a guère avancé les choses. 11 vaut mieux s'en tenir à ceci : le mal est le contraire du bien.

Qu'est-ce donc (jue le Bien?

Ce serait esquiver la question que de répondre : « C'est ce que commande la loi morale, » puisque nous ne savons encore rien de la loi morale, sinon

ceci qu'elle commande de faire le bien. Cherchons une esplicatian pins nette.

Pour la trouver, faisons un retour en arrière. L'homme nous est apparu comme un lîtrc libre, responsable et raisonnable, le seul être du monde à qui nous puissions reconnaître une conscience, le seul qui soit soumis à une loi qu'il peut violer et qu'il ait du mérite à respecter. Tous ces caractères lui donnent une digrnité qu'il est évidemment tenu de conserver, sous peine de tomber au rang des autres ôtres de la nature que régissent des lois fatales.

Le premier commandement de la loi morale sera donc celui-ci : Respecte en toi la personne humaine, dont la dignité est confiée à ta volonté, et ne doit pas décroître par ton fait..

Parla sont interdites à l'homme toutes les mauvaises passions, qui l'abaissent et l'avilissent; et par là lui sont recommandées toutes les vertus. qui permettent de combattre et de vaincre ces passions.

Les trois principales de ces vertus, qui ont pour but de protéger la dignité humaine, sont la prudenise, la tempérance, le <!oiirace.

La prudence n'est guère que la bonne santé de l'esprit, qui est nécessaire à la santé de la volonté ellemême. Quand on ne sait pas distinguer le vrai du faux, il est à craindre qu'on ne soit également incapable de distinguer le bien du mal. Certaines etreurs passent facilement dans la pratique et deviennent. des fautes. Tels sont en général les préjugés : est-il rien de plus sot que de croire à l'infl^ience du vendredi, du nombi'e treize, de la salière renversée? Et, sans aller aussi loin, est-il rien de pii% que cette espèce de vio-

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