‹ Cours de morale et opuscules en vers et en proseChapitre 14 sur 44 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Huit jours après.

Da^s le premier accès de la douleur , la solitude est affreuse. Il semble au malheureux solitaire que la nature entière l'abandonne. Une voix secrète lui répète alors cette maxime désolante : Les raalheureuxn'out point d'amis.

Mais quand la douleur cuisante dégénère en mélancolie, quand le cœur se dilate, quand les pleurs commencent à couler , les malheureux cherchent la solitude. Seuls , ils sont plus entiers à l'objet qu'ils regrettent ; ils se rassasient plus librement de leurs larmes. Leur imagination étend son deuil sur tout ce qui les environne. A leurs yeux le jour est plus pâle , la verdure plus sombre , et la nature entière semble pleurer avec eux.

Il me cherchoit avant de pleurer ; depuis qu'il pleure il me fuit. Si , dans les environs de sa demeure , il est une grotte retirée , un détour solitaire , un rocher ombragé d'ifs ou de cyprès , c'est-là que je suis sûr de le ren-

Page 1