‹ Cours de morale et opuscules en vers et en proseChapitre 39 sur 44 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

à une jeune femme qui , contente d'avoir un amant , refusait d avoir un ami.

U N jour la Violette éclose Sous le gazon , dans un verger , Humblement disoit à la Rose :

« Ma sœur , voudrois-tu m'obliger ?

« Hélas ! Tamitié la plus tendre «Ne peut m'élever jusqu'à toi ; «t Mais si l'amitié peut descendre , « Que ne descends -tu jusqu'à mol !

« Le sort , dit la fille de Flore ,

« Sous le gazon t'a fait venir ;

* Dans les airs il m'a fait éclore ,

« Ce n'étoit pas pour nous unir :

a Je ne puis quitter mon empire. »

La Violette ne dit rien ; \

Mais elle eut recours à Zéphire ,

Qui la servit dans son dessein.

Le dieu léger , du bout de l'aile , Caressa la reine des fleurs ; Celle-ci ne fut pas cruelle , Et laissa voler des faveurs.

Son amaat fit tant , que sa tête Sous son haleine se baissa Jusqu'à la tendre Violette , Et que celle-ci l'embrassa.

L'Amour partage ainsi , Climène , Son empire avec l'Amitié ; Mais enûu d'un si beau domaine Illui cède l'autre moitié.

Par le temps courbée et flétrie , Lorsque Zéphire la quitta , La Rose eut besoin d'une amie ; La Violette lui resta.

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