‹ Cours de morale et opuscules en vers et en proseChapitre 7 sur 44 · J> E MO 11 A L · texte numérisé non relu

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(iamnoit à mort les hommes et non les philosophes ; et soudain Platon fut absous.

Est-ce en bien , est-ce en mal que cette distinction fut interprétée ? Je l'ignore , et je ne déciderai pas, surtout aujourd'hui , si un philosophe est plus qu'un homme ; mais s'il s'agissoit d'une femme , voici quelle seroit mon opinion.

Bélise commente Newton ; De sou vaste génie elle embrasse la splière : Elle analyse Lock , subtilise Platon , F,t pour mieux parcourir sa brillante carrière , Secouant le fardeau des soins de sa maison , Elle s'élève aux cieux , se perd dans l'horizon , Et laisse son époux végéter sur la terre.

Cependant , sans cravons , sans livres ni compas , Se traînant terre à terre , et suivant pas à pas

L'instinct grossier de la nature ,

Louise élève ses enfahs , Prépare de sa main leur simple nourriture , Veille sur leur santé , file leurs vêtemens ,

Sème dans leurs cœurs innocens

Une morale douce et pure , Seconde sou époux , partage tous ses soins , L'adore , le lui dit , le lui redit sans cesse , Et le prouve encor mieux dans ces momens d'ivresse Qui n'ont que le mystère et l'amour pour témoins. Par la bonté du cœur , les qualités de l'ame ,

ipO COURS

Amante , épouse et mère , Louise est une femme. B élise est cent fols plus par son rare savoir ; La nature et ses soins ne sont pas dignes d'elle;

Dans sa marche surnaturelle A peine l'œil humain peut-il l'appercevoir : Mais l'amour, mais l'hymen , mais la raison m'assure

Qu'être au dessus de la nature ,

C'est être bien loin du devoir.

Platon , en échappant pour la seconde fois au trépas , retomboit dans la servitude ; mais Anicéris de Cyrène le racheta pour ie rendre à ses amis. Ceux-ci renvoyèrent à Anicéris les vingt mines dont il avoit payé la liberté du philosophe ; mais le bienfaiteur refusa le prix d'un bienfait qui ne pouvoit être apprécié ; et cette somme fut , dit-on , employée à acheter dans l'enceinte de l'académie, ce jardin qu'enchantèrent si long-temps le génie sublime et la divine éloquence de Platon.

Denys ayant appris qu'il étoit libre , lui écrivit aussitôt pour le supplier de garder le silence sur la rigueur dont il avoit usé envers lui. Platon lui répondit :

« J'ai supporté le poids de votre inimitié. a Pourquoi m'en parlez-vous ? Je l'avois oublié, a Sur ce mal passager vous m'imposez silence ; o Pour la première fois j'aime à vous obéir.

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a Ne redoutez point ma rengeance , •< Je n'ai pas le temps de haïr. »

Le tyran , touché de cette réponse , supplia le philosophe de revenir à sa cour , lui promettant de gouverner d'après ses leçons , et d'abdiquer enfin la tyrannie. Platon se rendit à ses sollicitations , attiré moins par l'espoir de le persuader que par celui de faire rentrer en grâce Dion , que Denys avoit exilé pour s'être expliqué trop librement en faveur de Platon et de la liberté des Syracusains.

Denys promit à Platon un gouvernement plus doux , et le prochain rappel de Dion. Mais bientôt , pressé par le philosophe d'être fidèle à ces deux promesses , il lui répoiïdit par des injures, et le menaça de nouveau d'attenter à ses jours. Enfin , lassé de ses menaces, Platon l'abandonna au sort fatal qui l'attendoit , et revint au sein de l'académie goûter le bonheur et la paix à l'ombre de ses oliviers.

En abordant aux rives de la Grèce , il s'arrêta près de la ville d'Olympie. En ce moment , les Grecs étoient assemblés à ces jeux célèbres , où les rois et les conquérans venoient disputer aux simples citoyens de Sparte et d'Athènes la palme du génie , la

seule peut-être qui donne au vainqueur un bonheur sans mélange , puisqu'elle n'a coûté de pleurs qu'à ses rivaux , et qu'elle est pure de sang humain. Déjà de toutes parts les fiers athlètes s'avancent dans la carrière. Soudain les coursiers d'Elide hennissent en mordant leur frein écumeux , frappent la terre d'un pied impatient , bondissent , s'élancent , et se perdent dans l'espace. Là , rotdent les chars etincelans,dont les roues rapides semblent immobiles à l'œil qui les voit fuir dans la poussière. Ici , les coureurs légers , rivaux des enfans d'Eole, rasent la surface de la mobile arène qu'efileure à peine l'empreinte de leurs pas ; tandis que les lutteurs, affermis sur leurs reins nerveux , déploient leurs bras luisans d'une huile ondoyante , s'entrelacent , se serrent , se pressent , plient, se relèvent et se repUent , toujours attachés à cette même place où leurs pieds inébranlables ont fixé leur défaite ou leur victoire.

Cependant les successeurs d'Amphion et d'Orphée exercent sur la multitude le charme de leurs divins accords et de leur lyre enchantée. Les élèves de Zeuxis et de Praxitèle attirent , séduisent , attendrissent les yeux captifs de leurs admirateurs ; et les favoris de Clio , de Thaiie et de Melpomène , excitant à

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leur gré l'enthousiasme , la folie bruyante ou la douleur majestueuse d'un peuple immense, partagent son ivresse et balancent ses suffrages. Partout l'émulation , la crainte , l'espérance et la gloire indécise planent sur la tête des vainqueurs.

En ce moment , un homme simplement vêtu approche modestement , et se confond dans la foule des spectateurs attentifs. Aucun d'eux ne s'est apperçu de sa présence. Mais à peine le regard d'un Athénien a-t-il rencontré ses traits , qu'un léger murmure trouble une partie de l'assemblée silencieuse. Le nom de l'inconnu passe mystérieusement de bouche en bouche , les yeux distraits se détournent et se fixent sur lui , le mouvement croît et s'étend au loin , l'agitation devient générale , le tumulte universel. « C'est lui , s'écrie-t-on , c'est «lui-même, c'est le législateur d'Athènes, K c'est le cygne de l'académie , c'est le divin «Platon. Platon ! Platon ! «Voilà le cri de triomphe , d'alégresse et de reconnoissance. Les chars , les coursiers, et le disque, et les pinceaux , et la lyre , tout cède à l'admiration qu'inspire la sagesse d'un seul homme. Tous les cœurs à l'envi lui décernent la couronne olympique ; et la vertu par sa seule présence attire à elle r^,tte moisson de lauriers que 1. 17

venoient partager la force , le génie et les talens des premiers peuples de l'univers.

Platon , depuis cette glorieuse époque , ne quitta plus l'académie ; il refusa même les honneurs et les emplois publics , consacrant tous ses momens à semer dans le cœur et dans l'esprit de la jeunesse d'Athènes , des vertus et des lumières qui pussent amener le bonheur de la génération suivante.

Après quarante années de ces glorieux travaux , il mourut , le jour même où il étoit né , à l'âge de quatre-vingt-un ans. Jamais il ne connut les douleurs ni les infirmités de la vieillesse. Son dernier jour fut consacré au travail , son dernier instant à l'amitié. C'est ainsi qu'au terme le plus reculé de la vie , il recueillit encore les fruits de la victoire qu'il avoit remportée sur les passions de sa jeunesse.

Pour les combattre plus sûrement, il s'étoit entouré , dès son adolescence , de la société des muses et des beaux arts. Ces consolateurs de la vie , ces gardiens aimables de la vertu , souvent utiles à l'homme , sont toujour.s nécessaires à ces êtres plus foibles et moins distraits, que l'amour et la mélancolie assiègent avec plus d'avantage , surtout lorsqu'au mrîiçu de leurs travaux sédentaires , la-^tendre rêverie

s'empare de leur imagination et charme les heures de leur solitude.

« Dans ce réduit , asyle du mystère , « Qu'il est doux d'être seule et charmant de rêver ,

« Sans que rien puisse me distraire 't De la tendre langueur que me fait éprouver

« Le souvenir d'une image trop chère , « Qu'en mon cœur pour jamais l'amour a su graver ! « L'ingrat !.... s'il étoit là !... s'il alloit arriver!

« Que devenir ? où retrouver « Ce courage cruel qui me rend si sévère ?

« O Ciel , si la vertu t'est chère , « Toi qui connois mes vœux , ne les exauce pas.... * On vient... Grands dieux ! c'est lui ! j'ai reconnu ses pas « Clière et redoutable présence !

a A mon secours , arts protecteurs , « Chastes amis de l'innocence ; « Couvrez mon désordre et mes pleurs « Du voile de l'indifférence.

« Que cet écrit , que ce tableau , « Que cette romance plaintive - Occupent le moment du péril. Il arrive : » Prenons en même temps l'aiguille et le pinceau. u Le plaisir , me dit-il , l'a conduit sur mes traces?... «Taisons-nous... Son regard interroge le mien?... <' Lisous ou dessinons, pour éviter le sien... « 11 poursuit?... éludons. ..Vous me parlez des Grâces? ' Je crayonne leurs traits... Tous vantez mon esprit ? « Frivole et stérile avantage !

«Mais si l'esprit vous plaît , parcourons cet écrit »

«Il étincelle à chaque page....

« A ces mots , il enrage , et lit.. . M Vous me peignez l'amour , l'amitié , la constance ? «Dans cette idylle aussi j'ai peint ces sentimens..

« Vous me jurez... point de sermens :

« Les entretiens de l'innocence ,

« Ses paisibles épanchemens « Sont naturels comme cette romance :

« Écoutez. .. ou plutôt , unissons nos accens. »

Rare et précieuse prudence !

Tandis qu'il garde le silence ,

L'Amour est un dieu triomphant ;

Dès qu'il chante, c'est un enfant.

En jouant avec lui , la vertu s'en défend , Elude de ses feux la vive impatience ; Du péril qui menace abrège les instans , Fatigue l'ennemi , le force à la retraite ,

Le subjugue en gagnant du temps ; Et les arts protecteurs ont sauvé sa défaite.

Le tombeau de Platon fut placé au milieu de l'académie , et couvert d'inscriptions honorables. On lui éleva même une statue, et plusieurs monumens célèbres. Les raonumens , les inscriptions , le mausolée , tout s'est évanoui , ses écrits et sa gloire restent et brillent encore de leur premier éclat.

Le reproche le plus grave que l'on puisse

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faire à ce grand ho:nme , c'est d'avoir donné dans les erreurs du scepticisme. Les subtilités de sa dialectique l'anienoient souvent lui-même à douter de tout. Ainsi , dupe de sa propre imagination , l'abus des mots annulloit pour lui l'existence des choses.

Cependant il crut toujours fermement à Dieu , à la vertu , à l'honneur et à l'amitié , tandis que parmi nous , un peuple de jeunes gens ridicules et d'hommes en délire croyent s'élever au dessus de leurs contemporains en affichant la misérable prétention de ne croire à rien , sinon à leur propre mérite , qui par une juste punition , ne rencontre que des pyrrhoniens.

L/ioGÈNE naquit à Sinope , vers la quatrevingt-onzième olympiade. Il éto't fils d'Iscésius , riche banquier. Accusés l'un et l'autre d'avoir falsifié la monnoie , le père mourut en prison, le fils s'enfuit à Athènes, et se présenta chez Antisthène , qui le chassa en levant son bâton. « Frappez, lui dit Diogène , vous ne « trouverez jamais de bâton assez dur pour '< m'empêcher de vous entendre. » A ces mots, le philosophe posa son bâton et lui tendit la main.

Diogène banni de sa patrie, sans asyle , sans espérance, réfléchissoit tristement sur son sort, lorsqu'il apperçut une souris, qui isolée comme lui , couroit gaîraent , heureuse de n'avoir ni besoin , ni prévoyance. Frappé de cet exemple , il ôta ses sandales , doubla son manteau pour qu'il lui servît de lit et de vêtement, prit, pour tous meubles une écuelte de bois , une besace et un bâton , et pour maison un tonneau , qu'il rouloit devant lui , quand il vouloil changer son domicile. Encore trouva-t-il du superflu dans son mobilier; ayant apperçu

au bord d'un ruisseau un jeune homme qui puisoit et buvolt dans le creux de sa main, il jeta son écuelle. Il mangeoit , parloit , dormoit et séjournoit dans tous les lieux indistinctement. « Je suis , disoit-il , citoyen du « monde , et tout ce que je vois m'appar- « tient , car toutes choses appartiennent aux a dieux ; les sages sont les amis des dieux ; or « les amis possèdent tout en commun , donc « tout appartient aux sages. »

C'est en s'affranchissant de tous les besoins inventés par le luxe et la délicatesse , que Diogène s'étoit rendu vraiment indépendant. Cette chaîne de voluptés factices dont nous contractons l'habitude, est plus difficile à rompre que celle du plus dur esclavage. A mesure que la jouissance de ces voluptés s'attiédit , leur servitude se fait sentir. Mais trop foibles pour secouer le joug de l'habitude , nous nous résignons à supporter aujourd'hui comme une gêne , ce que nous regardions jadis comme un plaisir. Ah ! rappelons- nous souvent qu'en restreignant par degrés ces besoins supposés , nous recouvrons peu à peu notre véritable indépendance. Mais gardons-nous de prétendre encore , comme Diogène , à l'indépendance absolue de notre cœur , et plaignons le malheureux qui diroit comme lui : « J'ai pour

« ami , moi , pour patrie , le monde , et les

« champs pour sépulture. »

Il y a dans les discours de Diogène une originalité naïve , qui grave d'autant plus ses pensées dans Tesprit , qu'elles sont plus naturellement exprimées.

Un charlatan lui parloit d'astrologie : « De- « puis quand , interrompit-il , es-tu revenu des « ci eux ? »

Un homme corrompu avoit écrit au dessus de sa porte : Que rien d'impur ne passe par ici. « Par où donc , s'écria Diogène , entrera le « maître de la maison ? »

Un sophiste voulant lui prouver qu'il n'existe point de mouvement , le philosophe , sans daigner lui répondre , se lève , marche et rentre dans son tonneau.

Un homme se faisant chausser devant lui par son esclave : « Lie-toi les mains , dit-il , et " qu'il te mouche ».

En ce moment , il vit des juges conduisant au supplice un homme qui avoit pris un peu d'or dans le trésor public. « Bien ! s'écria-t-il , « les grands voleurs prennent soin des petits. »

Un maladroit tiroit de l'arc : Diogène court se placer au but, et dit : « Me voici en sûreté. »

Un dévot se lavoit pour se purifier : « Mal- X heureux , lui dit-il, si cette onde n'efface pas

« même tes fautes de grammaire , comment « purifîera-t-elle tes crimes ? »

Un autre jour, il apperçoit un enfant dans une posture indécente , court à son père , le frappe rudement , et lui dit : « Traître , c'est « toi qui es coupable. »

A quatorze ans , Lise est déjà coquette.

Son air mignard , son sourire apprêté ,

Savent déjà trahir la vérité.

Tout ment , sa voix , son r<?gard, sa toilette.

Nature en vain lui donna la beauté ,

Elle aime mieux celle que l'art lui prête.

O vous , sur qui ses yeux mal assurés

Ont essayé letirs traits prématurés !

Vous qui , trompés p.^^ son air de franchise ,

Cherchiez le coup dont vous fûtes atteints ,

Sauvez-vous. Mais si vous méprisez Lise ,

Vous avez tort : moi , je la plains ;

C'est sa mère que je méprise.

Chloé , dans la fleur de ses jours , Plaît , sans songer qu'il est un art de plaire. La vérité règne dans ses discours.

Son cœur est pur autant qu'il est sincère , Et quand il aime , il aime pour toujours. Sa mère est là , qui , d'un regard tranquille , Veille sur elle et guide avec douceur Son ame tendre et son esprit docile.

A chaque trait de grâce ou de candeur ,

Quand Dieu créa la femme , il voulut adoucir

Les maux (ju'il nous avolt condamnés à souffrir.

Les grâces dans son sein germent dès sa naissance.

Dans les jeux innocens de sa première enfance ,

On entrevolt l'instinct des devoirs maternels ;

A sa poupée , objet de ses soins éternels ,

Vous l'entendez , ainsi qu'au sein de sa famille ,

Bégayer les sermons d'une mère à sa fille.

A ces jeux les talens succèdent tour à tour ;

Les arts viennent finir l'ébauche de l'Amour.

Dans ses pas , cadencés au son de l'harmonie ,

La volupté s'unit avec la modestie.

Sur la toUe les fleurs naissent entre ses doigts.

Tout s'émeut , tout pnlplte aux accens de sa voix;

Elle en mêle le charme aux accords de sa lyre ,

Et chante innocemment les désirs qu'elle inspire.

Sa mère la présente aux autels de l'Hymen

Pour gage de sou cœur elle y donne sa main.

Bientôt entre les bras d'un époux qu'elle adore ,

Elle a connu l'amour ; son ame est vierge encore.

Sans trouble , sans regret , la timide pudeur

D'un air recounoissaut sourit à son vainqueur.

Bien loin que sa défaite intéresse sa gloire ,

Elle s'enorgueillit des fruits de ma victoire ,

Et marchant près de moi , porte avec dignité

L'appareil imposant de la maternité.

La voilà mère enfin ! je vois tout ce que j'aime ,

Tous les ans , sous mes yeux , renaître de lui-même ,

Mes filles de leur mère ont les touchans attraits ;

Leur ame , de son ame a conservé les traits.

DE MORALE. 2o5

Dans mes enfans j'adore et respecte leur mère. Guidés par ses avis , empressés de lui plaire , Vers le bien , chaque jour , ils font un pas de plus. Je vieillis , entouré de leurs jeunes vertus.

Quoique ma femme et moitoucliions à la vieillesse , îfous nous rajeunissons encor de leur jeunesse. Mais quand mon sang glacé circule avec lenteur , Quand l'âge sur mes pas amène la douleur , L'amitié m'encourage à souffrir ses atteintes; Son feu ranime encor mes forces presque éteintes. Que de soins ! que d'amour ! au plus beau de nos ans, Ma femme n'eut jamais des bras si caressans.

La mort , si formidable à l'homme solitaire , S'approche avec respect d'un époux et d'un père. A sa famille entière il le faut arracher ; La mort tremble , en frappant , de se laisser toucher. Ma femme , mes enfans lui disputent sa proie : Leur tendresse en mon cœur jette un rayon de joie , Et de mes foibles bras les pressant tour à tour , •l'exhale dans leur sein ma vie et mon amour.

Plaignons Diogène d'avoir ignoré ce bonheur, et retournons à ses leçons. Quand le peuple ne goùtoit pas ses piéceptes , il usoit de stratagème pour les lui faire adopter. « Je « ressemble , disoit-il , aux maîtres de musi- « que , je baisse le ton pour me mettre d'ac- « cord avec mes écoliers, » Il parloit un jour

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