DISCOURS PREMIER
Sur ia Religion chrétienne.
lis m'ont haï sans cause. *$". Jean , chap» i5 jj
1 L s m' ont haï sans cause. Cétoîent-là les douces paroles de Jësus-Chrîst , au milieu des ëgaremens du peuple Juif; et il s adressoit principalement aux chefs de la nation, qui s'ëtoîent montrés ses persécuteurs.
Vous ferez de vous-mêmes une application de ces paroles au tems présent.
Ils mont haï sans cause, C'est-là, sans doute , ce que diroit encore de nos jours le Législateur des chrétiens, en voyant;
son nom dépouilla du saînt respect que mille et huit cents ans d'une même croyance y avoient attaché ; en voyant sa mémoire abandonnée, etTèredeses bienfaits solennellement détruite.
Ils 171 ont haï sans cause. Voilà ce que diroit le Législateur des chrétiens , s il venoit nous rappeler les enseignemens de bonté , de charité , d'espérance , qu'il a répandus sur la terre.
Ames pieuses, âmes chrétiennes, âmes alarmées du spectacle qui vous en visionne, tout est dans ces paroles : Ils mont haï sans cause. Ouï , cans cause ; oui , sans^ motif, sans raison , sans justice , et avec la plus profonde ingratitude.
Vous voyez le sujet de méditation que nous nous proposons : nous venons réfléchir avec vous sur fimportance de la Religioa chrétienne ; et en retraçant , comme nous le ferons , les émînens services que cette Religion nous a rendus, les réflexions plus particulières à notre texte se présenteront d'eiles-mémes.
Vous
Vous le savez , le premier caractère de la Doctrine chrétienne et le plus distinctif , c'est son accord parfait avec toutes les idées que lliomme peut acquérir par Faction de son esprit et par ses lumières naturelles ; et je parle ici de rhom* me enrichi de toutes les pensées que la succession des siècles nous laisse en héritage. Un seul Dieu , Tame du monde ; un seul Dieu , ne tenant sa puissance que de lui et gouvernant T uni vers selon des lois qu'il a faites; un seul Dieu présent à tout , aux actions , aux pensées , et régnant sur l'espace iiilini et sur les tems éternels ; un Dieu qui se plait dans le bonheur des êtres sensibles; un Dieu bon, un Dieu sage, un Dieu parfait, et dont Téclatante majesté, la sublime essence, ne peuvent être ni exprimées par nos paroles , ni conçues par notre imagination.
Telle est Tidée que la révélation nous donne de TEtre suprême; et quand elle fixe nos rapports avec lui , avec le Maître souverain de la terre et des cieux , ellç