DISCOURS III
Obligations des en/ans envers leurs pères.
Et que leur rendras-tu en récompense , au prix de ce qu'ils t*ont donné ? Ecclésiasce , cliap, y , f. 28.
O I les hommes étoîent appelés à faire un choix entre les différentes vertus ; si , par uiie supposition qu on nous permettra , ils étoient réduits à en garantir une seule contre une subversion universelle , à en sauver, pour ainsi dire, une seule d'un déluge moral ; celle qu ils devroient préserver , celle qu ils devroient placer dans Tarche conservatrice , ce seroit la reconnoissance : oui , la reconnoissance ; car , fortement et généralement sentie , elle nous prépareroit à tous nos devoirs, et deviendroit le principe du bonheur individuel, du bonheur domestique et du bonheur social.
( 73 ) C'est la nature même qui a donne Fînitîative des vertus humaines à la reconnoissance. Le sentiment que les bienfaits de nos parens nous inspirent , forme en quelque manière le commencement de notre existence morale , et devient notre première obligation. Nous n'avons encore aucune connexion avec les hommes, nous n'avons encore aucun moyen , aucune occasion d'exercer la charité , la générosité, la justice, que nous pouvons déjà connoitre la reconnoissance ^ et avant de la pratiquer comme vertu , nous y avons obéi par instinct. Cependant , cette reconnoissance envers nos parens, un des principes de notre confiance à leurs onseignemens, influe essentiellement sur nos dispositions honnêtes ; et aussi long-tems qu'elle conserve de la force, elle fait jouir le jeune homme de la sagesse et de Texpérrience du vieillard.
Nous avons cru devoir retracer ces dernières réflexions sur la reconnoissance , avant de fixer particulièrement votre
(74) altenlîon sur les paroles de nôtre texte r Et que leur rendras^tu en récompense , au prix de ce quils t'ont donné ? Ce sont les bienfaits des pères envers leurs enfans que le Sage rappelle ; et son ame en paroît pénétrée , lorsqu'il défie , en quelque manière , le sentiment de la reconnoissance par cette interrogation expressive : Et que leur rendras^tu en récompense , au prix de ce quils t'ont donné ?
Vous ne vous en souvenez plus de ces bienfaits , vous qui marchez maintenant sans appui dans la carrière du monde , et qui croyez pouvoir vous fier à vos forces. Vous ne vous souvenez plus de ces bienfaits , vous qui , attirés vers l'avenir avec véhémence , ne tournez jamais vos regards en arrière ; et ^\ vous faites un: moment le compte de vos obligations, vous ne prenez pour date que F époque où vos intérêts de fortune ont été fixés, et où les sacrifices de vos parens ont consacré votre indépendance ; mais , bien avant ce tems , ils vous avoient prodigué les plus tendres soins , et leur
(75) constante inquiétude vous avoit servi de défense.
C'étoit , il est vrai , sans jamais songer à votre reconnoissance , que des parens sensibles ont entouré votre berceau ; c'étoit par un doux instinct qu'ils s occupoîent de vous , qu'ils vous réchauffoient dans leur sein , et qu'ils se fussent exposés à toutes les privations , à tous les périls , pour rester constamment votre égide :
leurs regards étoient sur vous , leur ame vous appartenoit , leur vie avoit passé dans la vôtre. Où est mon enfant ? que fait mon enfant ? que demande-t-il ? que désiret-il ? O langage d'une mère passionnée , accens pénétrans de sa voix , vous n'eûtes point de modèle , et nulle imitation ne pourra vous rendre ! Il grandit cet enfant, l'objet de votre idolâtrie ; et les développemens de ses grâces et de ses manières inondent votre cœur de joie. C'est un second amour qui commence ; vous formez, vous cultivez , de concert avec un époux chéri , le cœur et les sentimens d'un fils qui réunit et qui met en commun
(76) toutes vos affections : vous voyez croitre sa science et perfectionner sa raison ; vous dirigez ses qualités ou les prémices de ses talens, et vous jouissez à Tavance du moment où il pourra connoitre tout ce que vous avez fait pour lui. Votre fils y arrive ; il y est , il a presque franchi la courte période de l'adolescence : mais déjà vers cet âge on ne songe plus au passé ; et lorsque les jeunes gens écoutent avec intérêt les détails de leurs premières années^ c'est rarement pour s'instruire et pour se pénétrer de leurs obligations ; ils ne prêtent Foreille à ces récits que pour assister en souvenir aux commencemens d'euxmêmes, et pour se contempler en miniature dans le tableau de leur enfance. Ils consentent à être entretenus des sentimens qu ils ont inspirés de bonne heure ; mais ils rapportent tout à leur personne y ils prennent tout pour elle ; et Faveugle prédilection d'un père ou d'une mère ne leur {)aroît le plus souvent c[ue l'effet inévitable des agrémens dont ils sont doués. Funeste amour-propre ^ qui cachez aux
( 77 ) hommes tant de vëritës utiles , tant de vérités nécessaires ; funeste amour-propropre, quand cesserez-vous d'être notre plus dangereux ennemi ?
Humilions-nous en pensant que nous avons besoin de rendre des services et d'en avoir rendu , pour apprendre la reconnoissance et pour en dire du bien.
Humilions-nous en pensant que les devoirs des autres envers nous éclairent les premiers notre morale , et créent souvent notre amour pour les plus belles vertii-s. Pauvre humanité J Ton ne gagne rien en bonheur en vous observant de près, en vous étudiant, en analysant vos foi blesses; et cependant on doit le faire pour triompher de soi - même et pour se rendre meilleur.
On ne peut en disconvenir : les enfans , dans le calcul de leurs obligations , laissent communément en arrière leurs premières années ; ils comptent la vie , du jour seulement où ils dirigent leur destinée; et comme c'est aussi F époque des ardentes passions , ce n est pas un tenis
(78) non plus pour la reconnoîssance. Ils demandent , par-dessus tout , des associas qui les égalent en activité , et qui courent à leurs côtés dans les routes de la fortune et de l'ambition : mais leur père ne peut répondre à tant d'impatience ; il essaie encore de les suivre, mais sa marche est trop lente ou trop réfléchie ; il parle de prudence, et Ton ne veut que des encouragemens ; il offre des conseils , et déjà Ton est trop en avant pour Fentendre.
Hélas ! il est trop vrai ; ce père qui vous a conduit par la main sur le théâtre du monde , cette mère qui vous a couvert de sa protection pendant votre enfance, ces parens enfin qui vous ont tant aimé , ne peuvent plus vous rendre que de foibles services : on pressent que bientôt ils seront hors de combat dans les guerres d'intérêt et de vanité dont nos rivalités sont la source , et Ton cherche d'autres alliés. Eux-mêmes aperçoivent ce délaissement ; et le déclin de leurs forces les avertit.de ne pas lutter inutilement contre ces nouveaux maîtres de la terre , contre cette
( 79 ) arrogante jeunesse , qui , dans son înconsidération , et juge aveugle du temscomme nous lavons été , ne voit point de terme à sa puissance.
Qu'elle seroit effrayante pour les vieillards cette bruyante arrivée des usurpateurs de leur domaine \ qu'elle seroit effrayante pour eux si le sage Auteur de la nature , en divisant par familles la race des hommes , n'avoit pas mis dans chacune un principe d'union ; s'il n'avoit pas confié les enfans à Tamour des pères , et les pères à la reconnoissance des enfans ; s'il n'avoit pas établi une continuité morale là ou les apparences ne présentent qu'une séparation ! Admirable continuité^ et l'une des parties de cet enchaînement universel , de cet assemblage de rapports sans lin qui forment l'harmonie du monde !
L'amour paternel et l'amour filial sont la plus vive expression des lois de la nature. Malheur à Fétre inaccessible aux plus heureux penchans, et qui résiste à l'instinct dont le Créateur l'a doué !
Je ne vous quitte point, enfans rebelles à cet instinct qu'un Dieu bon , éternellement bon , a placé dans votre cœur : je ne vous quitte point ; car c'est à vous, et à vous seuls , que j'ai affaire aujourd'hui ; c'est à vous que je dois adresser des reproches ; ou , si vous voulez de moi un langage plus doux, c'est à vous que je dois adresser des plaintes , au nom de la Religion.
Direz -vous que vos parens ne vous rendent plus aucun service ? ils vous en ont rendu. Qu'ils ne vous défendent plus ? ils vous ont défendus. Qu'ils ne se jettent plus avec vous dans la mêlée pour y seconder vos passions hostiles ? mais ils étoient seuls; ils étoient sans vous, quand ils ont garanti votre jeune âge de tant de dangers et de tant d'écueils : c'est à regret encore aujourd'hui qu'ils ne peuvent plus Vous suivre. Est-ce à vous de les avertir de leur affoiblissement ? est-ce à vous de les punir par votre dédain ou par un cruel abandon ? Hélas ! ils craignent déjà de vous être à charge ; leurs goûts ne sont
plus
plus les vôtres ; leurs pensëes ne sont plus vos pensées : ils descendent de cette colline où vous montez avec une pleine confiance ; et leurs pas ne peuvent plus marquer ni précéder les vôtres. Rassurez-les , ou bientôt ils seront réservés et discrets : oui, rassurez-les, ils en ont besoin. Forcez , avec respect , ce noble sentiment , cette sainte pudeur d'un père qui résiste à rien exiger, à rien demander au nom de ses bienfaits , et qui hésite peut-être à faire ainsi l'abandon d'une supériorité dont il a depuis si long-tems Thabitude. Entrez avec ménagement dans un cœur où vous avez régné jusqu'à présent par l'amour , et qu'un empire nouveau peut si facilement blesser. Que vos soins paroissent toujours purs et désintéressés ; et que votre reconnoissance elle-même ait cette liberté, cet abandon , qui annoncent un sentiment naturel : fût-elle pour vous une servitude, pleurez de la trouver telle, et pourtant payez cette dette. Combien vous auriez à rougir de vous - mêmes si vous calculiez l'âge de vos parens , et si vous // 6
regardiez avec impatience IVpoque de votre affranchissement. Vous feriez , nous le croyons , des efforts pour soustraire votre conduite à Tiniluence de vos sentimens secrets ; mais les actions se commandent une à une , et les vides ne peuvent être remplis que par laffection.
Ah ! qu'il faut peu de chose pour ren* dre dëfians d'eux-mêmes un père et une mère avancés dans la vie : ils croient aisément qu'ils sont de trop sur la terre ; ils croient aisément qu'il est tems de laisser leur fortune à des enfans envieux d'en jouir , qa il est tems de les dégager des liens de la reconnoissance. A quoi se croiroient-ils bons pour vous, qui ne leur demandez plus de conseils ? Vous vivez en entier dans le moment présent J vous y êtes consignés par une passion dominante ; et tout ce qui ne se rapporte pas à ce moment vous paroît antique et suranné. Enfin, vous êtes tellement en votre personne , et de cœur et d'esprit , que , croyant former avons seuls un point historique, les ressemblances éternelles entre
(83) les tems et les hommes échappent à vôtre attention ; et Fautoritë de l'expérience vous semble une fiction , ou une vaine garantie destinée uniquement au crédit des vieillards et aux dernières jouissances de leur amour-propre. Quelle erreur est la vôtre ! Le monde, ce vaste théâtre, ne change pas d'acteurs ; c'est toujours Thomme qui s'y montre en scène : mais rhomme ne se renouvelle point , il se diversifie ; et comme toutes ses formes sont dépendantes de quelques passions principales dont le cercle est depuis longtems parcouru, il est rare que, dans les petites combinaisons de la vie privée , r expérience, cette science du passé, ne soit la source féconde des enseignernens les plus utiles.
Honneur donc aux pères et aux mères , honneur à eux , et honneur et respect , ne fut-ce que pour leur règne passé, pour ce tems dont ils ont été seuls maîtres , et qui ne reviendra plus ; ne fut-ce que pour ces années à jamais perdues , et dont ils portent sur le front l'auguste empreinte :
Juève-loi devant les cheveux blancs , et honore le vieillard; et crains ton Dieu: je suis l'Eternel.
Voilà votre devoir, enfans présomptiieiix , et qui paroissez impatiens de courir seuls dans la route de la vie. Ils s'en iront , vous n en pouvez douter , ces parens qui tardent à vous faire place ; ce père , dont les discours ont encore une teinte de sévérité qui vous blesse , cette mère dont le vieil âge vous impose des soins qui vous importunent : ils s'en iront, ces surveillans attentifs de votre enfance , et ces protecteurs animés de votre jeunesse : ils s'en iront , et vous chercherez en vain de meilleurs amis : ils s en iront , et dès qu'ils ne seront plus , ils se présenteront à vous sous un nouvel aspect ; car le tems , qui vieillit les gens présens à notre vue , les rajeunit pour nous quand la mort les a fait disparoitre ; le tems leur prête alors un éclat qui nous étoit inconnu : nous les voyons dans le tableau de l'éternité où il n'y a plus d'âge , comme il n'y a plus de graduation ; et s'ils avoient
laisse sur là terre un souvenir de leur vertu , nous les ornerions en imagination d'un rayon céleste , nous les suivrions de nos regards dans le séjour des élus , nous les contemplerions dans ces demeures de gloire et de félicité ; et , près des vives couleurs dont nous composerions leur sainte auréole , nous nous trouverions effacés au milieu même de nos beaux jours, et au milieu des triomphes dont nous sommes le plus éblouis.
Ah ! qu'elle est vaine et ridicule cette jeunesse dans ses sentimens d'orgueil et dans la supériorité quelle s'adjuge sur les vieillards , sur les hommes qu'elle voit descendre au sépulcre, et dont elle envahit le domaine. Quels triomphes pourroient donc se partager entre euxlesdfvéré successeurs ri cet instant que Ion nornme la vie ? Ils se touchentdans le grand espace des tem^ , et encore plus dans ce fleuve rapide, ce . fleuve allégorique où leur mémoire va se perdre. '
Il nV: a d'homme jeune que l' homme juste , l'homme religieux ; car lui seul
peut Vivre d'espérances jusqu'à son dernier moment; lui seul peut croire à de longs jours , lui seul peut voir dans sa fin le plus beau des commencemens.
Et vous qui, emportés par des passions ardentes , ou follement asservis aux opinions licencieuses de notre siècle, voulez prendre pour seul guide la philosophie de l'intérêt personnel , vous devez encore méditer les paroles de notre texte, et y chercher une instruction : vous le devez , en ne songeant qu'à vous; car dans le cours borné de cette vie oii votre attention se concentre , vous serez pères un jour ; et Texemple d'ingratitude que vous aurez donné dans votre jeune âge, vous laissera peut-être sans défense contre l'ingratitude de vos enfans.
Pourriez- vous en effet appeler la morale à .votre' aide , pourriez-vous l'employer à l'appui de vos droits paternels , quand vouSi jl'auriez ; dédaignée au moment pu elle vous astreignoit .à de& devoirs , et à 4e& devoirs • précisément semblables aux pkJig^ÛoîiS dqati vous voulez, que fe&aiitres
soîont tenus envers vous ? La grande autorité de la morale est dans son unité constante, et dans son application universelle ; elle ne se plie point en tous les sens, comme les raisonnemens des hommes : majestueuse et fîère, elle n'est plus, au moment où son empire cesse d'être absolu.
Fils ingrats ! la punition dont vous serez les instrumens sera terrible ; elle le sera , si votre père , en butte à vos dédains, ne peut trouver dans ses souvenirs aucune consolation ; s'il a la con-science de l'abandon où lui - même il a laissé les auteurs de ses jours , et s il croit que le ciel vous a choisis pour être leurs vengeurs.
Ah ! fussions - nous réduits aux idées naturelles, n'eussions -nous encore aucune des lumières de la Religion , comment ne serions - nous pas entraînés à penser que Tingratitude filiale est une des plus grandes offenses envers l'Ordonnateur souverain du monde moral ? Il semble ^^ en" jeffet, qu'une foible empreinte-
dès yues gëaérales du Créateur ait été inai^qwée dans l'esprit de famille; dans cet esprit , lorsqu'il est encore pur , lorsqu'il conserve à nos yeux son caractère primitif. Innocence et foi blesse d'une part ; cette condition de Tenfance : amour et protection de l'autre ; ce premier instinct des pères : voilà l'image imparfliite des rapports de l'homme avec la Divinité.
Et si vous tourniez vos regards vers TEtresupréme, si votre ame étoit remplie uniquement de lui , nous pourrions vous dire de même;, et en empruntant les paroles de notre texte rÇwe lui donnerezvous en récompense ^ au prix de ce qu il a fuit pour vous ? Oui, ces paroles , par une juste application , nous rappellent aussi les relations desenfans de là terre avec le Père céleste, avec l'Etre unique eti\5ans parallèle , auquel ils ne peuvent rien : offrir , ni en; échange ni en ressemblance de ce qu'ils ont reçu de lui.
-irBUé^:diiissoKô-Nous en voyant, à Ik)rigine et au ternie de nos méditations ,
(89) à Torigine et au terme de nos intérêts les plus précieux, en voyant par-tput le Dieu qui ftOjus gouverne. Owi , sa haute sagesse, sa bonté, sa puissance, tant de perfections, et le cercle lumineux quelles décrivent , Jes instructions qui en naissent , les espérances que nous y attachons , cette effusion d'idées magnifiques, donnent de la vie à la morale et adoucissent pour nous tous les devoirs : elles nous présentent comme un moyen de plaire à l'Etre suprême , comme un sujet de récompense , nos obligations les plus faciles, notre amour, notre respect pour Jes auteurs de nos jours ; enfin , notre obéissance aux penchans les plus naturels. -
Heureux les enfans qui pourront dire un jour en s'approchant du tribunal céleste : O Dieu .'nous n avons pu, foibles mortels , élever nos pensées jusqu'à vous avec autant de constance .et- de ferveur tjuè nous le devions^ '5 vds* perfections , votre majesté, <^tonriôiaiit nôtre entendement ;. -mais vous nous aviez donné des guides , et nous les avons suivis ; dès
(90) pères, et nous les avons aîmés. O notre Juge ! daignez les entendre , daignez recevoir leur témoignage , et qu'ils nous servent encore en ce grand jour. Ah ! vous l'obtiendrez ce témoignage , enfans déjà bénis sur la terre à cause de votre piété filiale : un père tendre , une mère sensible , ont eu pour récompense de leurs vertus la permission de plaider votre cause ; ils se tiennent à genoux dans les parviâ célestes , afin d'implorer pour vous la miséricorde divine ; et c'est encore le nom de leur enfant qu'ils prononcent au séjour de l'éternelle paix : leur amour survit aux idées terrestres, qui toutes se sont évanouies pour eux; et cet amour est la seule chaîne qui les unit à leur existence passée.
, O douces et sublimes affections , le commencement et le type de noire immortalité, vivez dans le cœur de l'homme; et par votre association à toutes les vertus généreuses , élevez , animez notre foible nature , et rendez-la digne de sa dernière destination.
't90 Hélas ! pour divers d'entre nous , déjà Tâge de la mort s'approche , et les portes dé Favenir s'en tr ouvrent ; nous voilà prêts à obéir , et nous quitterons avec résignation toutes les pompes de la terre : mais vous pardonnerez , ô notre bon , notre souverain Maître , vous pardonnerez à ce vieillard les larmes qu'il verse en disant à ses enfans un dernier adieu ; vous lui pardonnerez le déchirement qu'il éprouvé ■et le regard c|u'il jette sur eux ; vous lui pardonnerez ,; is'il; s'efforce encore, en expirant , d'étendre ses mains défaillantes 3ur une famille éplorée qui demande à grands cris sa bénédiction. Ce n'est point là le mond(^ et ses vanités qui le retienne^jtj; it (:^ifpte.*i jusqu'à ^a; fin, ce que ^qus lui avQz donné à aimer; il s'abandonne aux senti mens que vous avez gravés dansf son ame ,im^i^x > sentimens qui dériveiïtid^ vous, 0t qiii ramènent
à:VOUS, .i ,• .■ '■. ; . . ,,. m;^^^: . -
- Dieu puîsôànt! faites prospérer les béïiédictions des pères , et donnez à la voix duj juste j, J'^Tfttprité nécessaire pour ren-
(90 idre encore imposantes les leçons de la vieillesse. Dieu de bonté ! répandez la paix an sein de nos familles , a/in que les en/ans^ etlesenfans des en/ans ^ soient la couronne du vieillard , et afin quils parois sent comme des plantes £ olivier autour de sa table. Dieu de bonté ! répandez la paix au sein de nos familles , et qu'une douce piété , ce nœud de toutes les affections , fasse de nos maisons autant de temples où le nom du Seigneur soit loué; où ce nom, ce saint nom , éveille chaque jour notre reconnoissance. O reconnoissance ! nous le dirons encore , nous le dirons en terminant ce discours , comme nous Favons fait en commençant notre méditation ; ô reconnoissance !
émotion des âmes pures et vertu des cœurs fidèles j vous serez notre premier sentiment et notre sentiment chéri, puisque Dieu Tagrée. O reconnoissance ! devenez notre guide dans toutes les situations de la vie : instruisez Tenfant à respecter leô frôles de son. père, le jeune homme a vénérer le vieillard > le peuplé
à défendre ses magistrats , les citoyens à servir leur patrie ; et que tous les fils de la terre , les hommes de V Orient et ceux de r Occident j s unissent et se répondent pour adresser des cantiques à leur commun Bienfaiteur.