II
nous quî aurions tort sî nous ne vous faisions pas aimer ses commandemens.
Ah! si nos paroles pouvoient jamais vous inspirer de leloignement pour la morale religieuse , quittez -nous , quittez -nous ; mais que ce soit pour aller lire et relire Tëvangile de Christ , ce livre parfait , ce livre adorable , où une si grande douceur est employée au soutien de la raison ; où les vertus sociales nous sont préchëes avec tant d'amour y et où vous trouverez par-tout l'esprit des paroles de notre texte : Souviens- toi de ton Créateur aux jours de ta jeunes se j aidant que les jours mauvais arrivent^ desquels tu dises : Je ri y prends point de plaisir.
C'est dans tous les momens , c'est dans tous les états, que vous pouvez vous souvenir de l'Eternel. Vous le ferez, vous vous en souviendrez,, si , courant après la fortune , après le crédit , après le pouvoir, après l'opinion même, vous n'employez pour atteindre à votre but que des moyens légitimes. Vous le ferez , vous vous en souviendrez, si, loin de vous enorgueillir
dans le succès, si, loin de dire, C'est mon génie , c'est mon talent qui seuls m'ont servi de secours , et c'est la force de mon bias qui ma acquis toutes ces choses ; si , loin de tenir ce langage , vous élevez votre pensée vers TEtre suprême , vous vous pénétrez de sa providence , et rapportez à la bonté céleste vos prospérités et vos triomphes. Enfin , vous vous souviendrez de TEternel , si vous êtes généreux dans les combats , intègres dans l'administration , consciencieux dans le commerce, fidèles dans vos engagemens et vrais dans toutes vos paroles.
Il n'est sur la terre aucune autre image , aucun,e autre empreinte des perfections divines , que la vertu parfaite et la morale dans sa plus grande beauté. Oui, la magnificence de l'ordre ; voilà le signal éter-. nel de la Majesté suprême. Hâtez- vous donc , jeunes gens , de vous unir aux principes qui n'ont point de fin. Vous faites un moment l'ornement du monde , et vous vous glorifiez de votre préémi-^ nence; mais ne vous fiez pas à cet éclat
( i32 ) personnel dont vous êtes ëprîs ; à cet éclat que nous avons vu naitre, et que d'autres verront se flétrir. N'attendez pas que vos traits s affaissent , que vos pas chancèlent , et que le tems sillonne votre front , pour rendre hommage à la seule grandeur réelle , et pour obéir aux lois morales et religieuses qui furent avant vous , et qui vous suivront.
Et vous , les premières entre les créatures mortelles , les premières par les grâces et par une autorité qui semble audessus de la force et qui la domine ; vous qui êtes l'ambition, la gloire du jeune homme , et le prix auquel il aspire ; vous enfin, les brillantes compagnes de sa destinée , et qui l'obligez à fléchir sous votre empire tandis que son ardeur altière ne connoît aucun maître ; guidez ses inclinations , décidez ses heureux penchans , et rendez-le digne d'aimer et d'être aimé. Oui , c'est à vous , sexe doux et timide ^ et pourtant si capable de passions ; c'est à vous qu'il sied , c'est à vous qu'il appar-
tient , d'înspîrer aux jeunes gens des goûts généreux et des sentimens élevés. Ils sont appelés à devenir vos alliés et vos défenseurs ; et si de bonne heure ils ont respecté dans FEtre suprême le type mystérieux et Timage sublime de toutes les vertus , ils apporteront un cœur fidèle à réponse qui aura reçu leurs sermens. Oui , vous le saurez un jour , âmes innocentes et pures qui voudriez tout soumettre à Tempire du sentiment ; vous saurez un jour que la morale donne aux liaisons les plus intimes un salutaire appui ; elle ne forme pas les goûts , mais elle les replace dans leur tendance naturelle , lorsque des contradictions passagères ou des momens d'humeur les dérangent ; et T imagination la plus troublée retrouve la routede la sagesse , lorsque les idées de devoir mettent le remords à sa suite.
Ainsi, jeunes épouses, préparez le cœur de votre ami au culte de la morale et au respect de la Religion , et donnez' un si beau soutien au sentiment dont voua êtes jalouses; au sentiment dont la longue
( i34 ) durée est presque , en ce moment , Tunique objet de vos vœux.
Associez-vous de plus à une réflexion générale : les lois n appellent point les femmes au maniement des affaires , et leur éducation les y rend étrangères ; il leur importe donc de maintenir entre elles et leurs époux un intérêt commun , et toujours subsistant; un intérêt, le premier de tous , le désir de plaire à FEtre suprême : car pour le ménagement de cet intérêt , pour Fétude et le choix des moyens que ce ménagement exige, les femmes sont égales aux hommes en facultés; elles connoissent, comme eux, ce qui est juste , honnête, délicat et moral ; et à Faide d'une ardente et sensible imagination , elles saisissent mieux et plus promptement les idées sublimes qui forment Fessence de la Religion et qui tracent une route à nos espérances.
Nous devons le dire ; c'est Faffoiblissement delà piété, Faffoiblissementdu plus grand des intérêts communs entre deux époux, qui rend de nos jours leur union
C i35 ) sî relâchée, et leur amitié sî mobile. Tous leurs rapports tiennent aux choses du monde , à des goûts versatiles , à des passions éphémères.
Vous donc , nous le redirons encore , vous qui , parées dans votre jeunesse des plus beaux dons de la nature , exercez sur les hommes un si puissant empire , et qui le conservez par vos soins dans un âge plus avancé ; vous à qui cette espèce orgueilleuse ouvre son cœur et ses pensées , tandis qu'elle s observe et se cache devant ses pareils et ses rivaux, connoissez votre autorité , mais n^en faites jamais qu'un estimable usage. Vous trouverez des périls au milieu même des triomphes qui vous attendent. Demandez à Dieu la sagesse dont vous avez besoin , et souyenez-vous de l'Eternel, afin qu'il vous protège et afin qu'il vous aide. Jeunes Esther ! on aura besoin de vous : oui , les uiœurs et les vices du siècle vous donneront des oppresseurs à combattre, et plus d'un Assuèriis à fléchir ou à détromper. Ayez le courage de la vertu ; et que l'imposante
Simplicité de vos paroles , la candeur de vos témoignages, confondent la calomnie, et soient un bouclier pour Finnocence contre les artifices des mëcbans.
Enfin , et c'est notre dernier conseil , qu'une noble décence, une sainte pudeur, ce] premier ornement de votre sexe, annoncent la pureté de vos pensées et leur servent comme d'auréole. Que votre empire, votre mystérieux empire, ignoré de vous-mêmes , paroisse un don du ciel ; et qu'une impression de respect se mêle à tous les sentimens dont on vous apportera Thommage. Ne vous permettez aucune lecture , aucune conversation, aucune rêverie solitaire qui puisse jamais altérer l'innocence de votre ame et la chasteté de votre imagination. C'est un cœur tout neuf pour aimer , c'est un cœur sans aucune tache , que vous devez un jour offrir comme échange à un époux dont le dévouement , l'estime et la fidélité feront le sort de votre vie ; à un ami qui jurera d'être votre défenseur et votre appui ; à un ami dont le nom sera le vôtre, et
( 1^7 ) riionneur votre honneur , la gloire votre gloire. Cultivez de bonne heure les sentimens qui vous donneront des droits à sa confiance , et qui vous autoriseront à* le guider dans la route de la morale et dans les voies de la piétë. O délices pour vous, si enFaimant vous le perfectionnez, si en Taimant vous le rendez heureux ! O délices pour vous, si, vous étant soupenues de votre Créateur aux jours de 'votre jeunesse , il vous donne en partage dans un âge avancé les douces jouissances de Tamour maternel ! O délices, ô délices pour vous , si vous voyez à votre suite , en entrant dans ce temple, une famille bénie du Seigneur; si vous la voyez croître en vertus et en prospérités ; et si , dans les tems d'alarme, vous êtes pour elle et pour un époux chéri , la colombe de Tarche qui rapporta la première la branche d'olivier et le signe de paix !
Qu il est donc salutaire , qu'il est utile pour tous , le conseil de Salomon , le précepte du Sage : Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse ; et après
il est dît : Aç^ant que les jours maui^aîs viennent , et que les ans arrivent des^ quels tu dises : Je ri y prends point de plaisir,
E3CAMIN0NS avec respect le sens et Tapplication de ces dernières paroles.
L' écrivain sacré ne croyoit pas , ne vouloit pas nous dire qu en aucun tems on put songer à Dieu sans contentement :
mais lorsque les sentimens religieux sont le fruit tardif d'un âge avancé , lorsqu'ils commencent avec la vieillesse , ils sont , leplus souvent, accompagnés d'une sombre inquiétude ; ils n ont pas du moins ce caractère de confiance et de paix que donne une douce habitude de la piété , et qui naît aussi d'un accord entre nos dernières pensées et nos premières inclinations.
La dévotion des mondains , au moment où l'âge les enlève aux plaisirs et aux intérêts de la terre , au moment où le découragement les abat , où l'ennui les poursuit, cette dévotion n'est pour eux qu'une
( iSg ) dernière ressource. Ils jouent à Tavenir , à la vie nouvelle , quand ils ont épuisé toutes les chances du présent. Leurs mauvais ans sont arrivés , et ils essaient de se prendre à ces mêmes idées religieuses qu'ils ont négligées dans leurs beaux jours, qu'ils ont repoussées pendant leur jeunesse. Mais pourront- ils aimer Dieu comme il doit être aimé , s'ils ne destinent au plus sublime de tous les sentimens que les débris de leur être ou les facultés languissantes de la vieillesse? Nous Favons déjà dit , c'est à Tâge des plus ardentes émotions qu'il faut rendre un culte à l'Eternel ; car on atteint à lui par inspiration , bien plus que par la science. Il se laisse chercher par l'esprit ; mais il semble n'entrer lui - même en communication qu'avec les âmes tvendres et les cœurs passionnés.
Nous reprocherions encore à la piété tardive d'être rarement dégagée des liens de la superstition. On n'a point de sûreté dans un sentiment nouveau , et l'on s'attache aux petites pratiques extérieures de
la dévotion : on les suit avec exactitude , on les exagère , on les multiplie , dans Tespoir spéculatif de racheter ainsi le teins qu'on a perdu ; et , par un aveuglement singulier , ce sont des gènes inutiles aux autres , des puérilités de 1 imagination , qu'on ose offrir en hommage au Dieu de Tunivers , au Maître de la terre et des cieux. Ah ! sans doute/ si la piété se composoit d'observances minutieuses , de devoirs étrangers à nos sentimens et à nos pensées, on pourroît la commencer à tout âge, on pourroit presque y donner une date comme on le fait pour les actes ou les obligations de la vie civile : mais la véritable piété, qui n imite rien, ne peut point être imitée ; à peine même pourroiton la définir avec précision , tant elle se termine par nuances , et se confond dans Fessence d'un ame sensible. La véritable piété est en nous une disposition constante à aimer , à honorer la divinité ; elle est un souvenir continuel de fauteur de nos jours , et un souvenir inséparable d'une respectueuse obéi^ance à ses vo^
îontés et à ses lois. On la reconnoît encore à une douce confiance dans la bonté de TEtre suprême, et à une sorte de calme et d affermissement qui nous permet de résister aux coups de la fortune , et d'opposer aux événemens du monde , aux injustices des hommes , le courage de Tes^ pérance et les consolations sublimes de la Religion.
Voyez donc , jeunes gens , si cette piété, si pure dans son esprit, si noble dans son but, si cette piété qui élève Famé sans aucun effort , n'est pas en accord parfait avec les qualités brillantes et généreuses auxquelles vous aspirez ; voyez si , dans Tâge du bonheur, vous devez rejeter la reconnoissance , ce caractère essentiel de la piété ; ou s'il vous paroît mieux d attendre que les Jours mauvais viennent ^ pour vous souvenir de TEternel. Qu estce donc qui vous arrête ou qui vous tient en suspens ? Auriez-vous peur du sourire dédaigneux des esprits forts , ou des propos moqueurs de quelques libertins ? Vous prétendez à tous les courages ; reculeriez-
VOUS devant les impies , ou redouteriezvous leur censure ? Vous étiez , avant de les avoir entendus, les adorateurs d'un Etre suprême ; vous dëclareriez-vous, sur leur parole , les enfans du hasard , et les esclaves de la nëcessité ? Le monde et sa magnificence, le monde et ses merveilles, fera-t-il moins d'effet sur vous que lé vain sifflement d'un étourdi ou le langage sérieux des instituteurs qui ne croient ni à leur raison , ni à F existence de la pensée ? Ah ! laissez-vous instruire par la nature , vous qui dans vos heureuses années avez tant de rapports avec «es bienfaits. Elle vous parle au lever de Faurore ; elle vous parle à Féclatante apparition des majestueux rayons du soleil ; elle vous parle dans cet épanouissement des fleurs qui charment vos regards ; elle vous parle dans ces richesses innombrables qui s'élèvent du sein de la terre , qni croissent d'un commun accord pour assurer votre subsistance et pour répondre à vos goûts ; elle vous parle enfin dans tous les plaisirs dont elle vous invite à jouir avec inno-
( 143) cence et avec une sage modération. La piété ne les décolorera pas ces plaisirs ; et rappelant , comme elle le fait , leur céleste origine , elle en double le prix pour les âmes sensibles.
Ecoutez -nous encore , jeunes gens, écoutez un dernier avertissement de celui qui vous parle au nom du Seigneur; nous vous le devons cet avertissement , au risque de vous montrer quelques ombres dans le riant tableau dont votre imagination est frappée. Vous ne voyez en vous que force et puissance: mais, vous l'éprouverez , les divers objets d'ambition n'ont qu'un éclat passager ; leur couleur brillante s'efface ; la faculté d'en jouir s'éteint ou s^'affoiblit ; votre règne superbe n'aura qu'un moment ; et déjà vous pourriez apercevoir sur vos traces les courriers précurseurs de la génération qui s'approche , nouveaux arrivans qui vous passeront comme vous nous avez passés , impérieux successeurs à qui vous céderez à votre tour la gloire et les plaisirs du monde. Cultivez donc à l'avance le seul bien qu'aucune
révolution ne peut détruire ; cultivez U Favance la piété , ce souvenir de FEternel , et la source intarissable des plus douces consolations. Ah ! s'il est dans votre cœur ce sentiment , s il y existe avec force , et s'il s y mêle de bonne heure à vos intérêts et à vos pensées , vous vous trouverez les mêmes dans un âge avancé ; vous vous trouverez jeunes encore , aux portes du trépas.
Enfin j je ne dois pas écarter une réflexion , et c'est l'expérience du vieillard qui l'adresse aux jeunes gens. Il est un âge où les idées ne se renouvellent plus , où l'imagination est sans mouvement , où la mémoire fait des pertes journalières. Il faut vivre alors à part soi des sentimens qu'on a recueillis dans sa route ; et si le respect pour la Religion n'est pas du nombre, la piété qu'on cherche, la piété qu'on acquiert tardivement, n'a pas assez d'énergie pour être notre consolatrice ; elle se trouve confondue en nous avec les idées toutes mondaines qui nous sont restées d'une longue pratique de la vie ;
idées.
idées dont Tîm pression subsiste après que notre intérêt a cesse*
La jeunesse a sans doute des distractions plus vives à combattre; mais ces distractions n ont pas eu le tems de se transformer en habitudes : ce n'est pas d'un être use dont elles ont pris possession ; et la jeunesse peut aisément en triompher : elle le peut , avec du courage et de la volonté ; elle le peut , elle a toutes ses forces. Ah ! combien de jouiSvSances lui vaudront un jour ses premières victoires ! Oui , c'est à vous , adorateurs de TEternel dès vos jeunes années , c'est à vous qu'il sera donné de pouvoir chercher dans ua âge avancé, Tami que vous aurez servi toute votre vie. C'est à vous qu'il sera doux, au milieu des peines , au milieu des traverses dont nul mortel n est affranchi , c'est à vous qu'il sera doux d'invoquer l'Etre suprême ; car vous ne serez pas un. étranger dans son temple , et vous pourrez lui dire : Seigneur , je me suis approché de vous de bonne heure , et je ne vous ai point quitté ; daignez me reconnoitre , //. lO
c'est un de vos enfans ; daignez le rassurer dans ses alarmes ; daignez le secourir dans son infortune. Et lorsque les premières ombres de 1 éternelle nuit s'approcheront, lorsqu'elles vous environneront, il vous sera doux de pouvoir dire , en élevant votre ame au Dieu créateur : Ma voix n'a plus assez de force pour célébrer vos bienfaits ; mais tant qu'elle put se faire entendre j elle se joignit au chœur des fidèles : mes regards n'aperçoivent plus qu'avec peine les merveilles de l'univers ; mais , dans la vigueur de mes sens , dans leur puissance passée , je contemplois avec admiration vos œuvres magnifiques ; mon cœur s'enflammoit de reconnoissance, et je n'ai pas attendu que les jours mau^^ais arrivassent pour me souvenir de l'Eternel.
Oui, c'est ainsi que les premières années de l'homme peuvent adoucir l'hiver de sa vie ; mais , par un triste aveuglement , ou suit une marche contraire ; et c'est l'âge avancé qu'on destine au rachat des égaremens de sa jeunesse. Ah ! com-
( 47 ) bien nous souhaiterions pouvoir vous détourner de cette fausse combinaison , de ce calcul dangereux. Hélas ! nous avons été jeunes aussi , et nous fûmes un jour ce que vous êtes : nous avons parcouru les divers âges de la vie , et nous assistons au dernier : nous avons vu des deux côtés cet avenir que vous considérez en face , et dont vous ne connoissez pas le revers- Ecoutez-nous donc, lorsque après avoir traversé le monde et ses illusions , nous osons vous en parler avec autorité.
Mais si nous la prenons cette autorité; si notre expérience , si notre ministère sur- tout , nous inspirent de la confiance au moment où nous donnons aux jeunes gens des avertissemens sévères , nous ne sommes pas moins disposés à rendre hommage aux qualités brillantes dont nous les voyons ornés. Ah ! qu ils viennent avec^ nous adorer FEternel , et nous leur céderons le pas. Qu ils viennent consacrer au Dieu fort Tardeur qui les anime , et nous nous rangerons derrière eux. Qu'ils viennent offrir au Dieu de bonté les prémices
lO *
de leur reconnoîssance , et nous paroîtrons les derniers , nous qui n'avons plus à présenter que des sacrifices d'expiation^j Qu'ils entrent dans le sanctuaire , avec une ame encore pure et le regard rempli d'espérance , et nous nous tiendrons à Técart, intimidés par nos souvenirs et par nos regrets. Qu'ils viennent enfin se déclarer les amis et les défenseurs de la morale et de la Religion, et nous les suivrons de nos vœux, et nous les honorerons, et nous prierons le Seigneur de seconder leurs efforts et de soutenir leur courage. Oui , la palme leur sera due , et nous le reconnoîtrons ; ils auront combattu mieux que nous le bon combat , et le Dieu de miséricorde recevra peut-être leurs efforts et leurs triomphes, en réparation de notre indolence et de nos défaites. Ah ! qu'une seule des générations qui passent sur la terre soit digne , par ses vertus , de lac faveur du ciel, et la cause de la race humaine ne sera point perdue. O Dieu !
nous, voudrions racheter , ou par nos enfans , ou par les enfans de nos enfans , le
"( i49 ) tems quenons avons perdu ; ne repoussez pas nos souhaits. Ah ! si nous nous étions souvenus de TEternel aux jours de notre jeunesse ; si nous nous en étions souvenus^ durant ces jours qui ne reviendront plus, toutes nos pensées en ce moment seroient douces , toutes seroient à la joie et à Tespérance. Vous qui voyez nos regrets ; vous, les témoins de notre repentir ; jeunes gens, profitez des leçons que vous donne la Religion ; une Religion pleine de sagesse , une Religion affectueuse , dont les préceptes tendent au bonheur. Ce sont nos vœux , nos tendres vœux pour vous J yeuille le Dieu tout-puissant les entendre et les exaucer.